L'enfant chez les Témoins de Jéhovah
Un article de TJ-Encyclopedie.
Le rapport parlementaire de 1995 classait le mouvement des Témoins de Jéhovah dans les sectes qui pratiquent « l'embrigadement des enfants sous une forme plus ou moins insidieuse. » Des rumeurs prétendent que tous les enfants sont battus dans ce mouvement et d'autres que l'enfant de Témoins de Jéhovah est privé de tout.
Qu'en est-il exactement ?
Cet article a pour ambition de présenter d’une façon aussi exhaustive que possible, tous les aspects de la vie de l’enfant élevé dans le mouvement des Témoins de Jéhovah, afin que chacun puisse se faire une opinion sur le sujet.
Sommaire |
Historique de l'engagement des enfants dans l'organisation
1935 à 1943: Le conflit du Salut au drapeau américain
1940
Dans le numéro d'Informant de janvier 1940, une campagne spéciale de distribution des revues La Tour de Garde et Consolation est mise en place pour le mois de février. À cette occasion, en page 4 de ce numéro, les enfants sont invités à aider de manière plus élargie en distribuant ces revues au personnes déjà interessées et à en chercher eux-même de nouvelles pour en faire des "routes de périodiques".
1941
C'est la date la plus manifeste concernant la volonté de l'engagement des enfants dans la religion jéhoviste. Le 16 juin de cette année, Rutherford envoie une lettre à tous les parents Témoins de Jéhovah pour leur rappeler l'engagement que les enfants doivent avoir dans la Théocratie ( Informant July 1941 Page 1). Le 10 août de cette année-là est instituée comme journée des enfants, lors de l'assemblée de district. Rutherford prononce ce jour-là, le discours "Les enfants du Roi" et annonce la parution du livre "Enfants". À cette occasion, les 15.000 enfants présents adoptent par acclamation une résolution considérée comme "une déclaration de guerre contre les ennemis de la Théocratie", censée démontrer qu'ils sont " pleinement consacrés au Seigneur et prêts à le servir à partir de maintenant." (Informant Septembre 1941 Page 1).
Outre que Rutherford promet à ce moment-là la protection de Dieu pour ces enfants qui s'engagent, il assimile cette volonté de faire entrer les enfants dans la prédication comme une "lumière venant du Temple de Jéhovah". (même source). La Page 2 de l'Informant de septembre révèle que par ce moyen, le nombre de proclamateurs américains que la direction s'était fixée pourra être atteint (70.000). Lors du discours, Rutherford déclare en face des 15.000 enfants présents à l'assemblée: "Regardez 15.000 nouveaux Témoins pour le Royaume" (Informant October 1941 Page 1). De plus, après l'édition du questionnaire en 3 volumes distincts pour l'étude du livre "Enfants", une campagne nationale de distribution dans les boites aux lettres des personnes ayant acheté le livre prend place. Les enfants sont sollicités chaque lundi pendant 3 semaines, après l'école, pour économiser les frais d'envoi par la Poste. (Informant September 1941 Page 3)
Le numéro de la revue interne Informant d'octobre 1941, propose aux parents qui vont de porte en porte, d'introduire leur enfant auprès du maître de maison et de le laisser passer les disques des discours de Rutherford pendant que le parent va faire une autre "nouvelle visite" plus loin (Page 2 Informant 1941). Cette idée est présentée comme "une voie ouverte par le Seigneur pour que les enfants soient occupés dans le champ" et d'après l'article ils en tireront "une riche bénédiction de la part du Seigneur".
En décembre 1941, l'Informant (Page 1) préconnise de profiter des vacances des enfants non pour "les envoyer au cinéma", mais pour qu'ils accompagnent leurs parents en prédication.
A partir de 1942
A partir de 1942 et les années suivantes, les enfants sont sollicités durant la campagne d'avril pour être "pionniers de vacances" et il leur est conseillé de profiter des vacances d'été pour accomplir 150 heures de prédication par mois.
En conséquence, dans les Consolation des années 40, apparaissent de temps à autre des photos d' enfants parfois de très jeunes (4 ans), portant des pancartes, ou allant de porte en porte, bravant le froid ou la chaleur pour la glorification du nom de Jéhovah.
Néanmoins, la décision de la Cour Suprême des États-Unis du 31 Janvier 1944 dans l'affaire Prince v. Massachusetts entraînera à défaut d'un arrêt, une limitation de cette pratique d'une manière moins ostentatoire. En 1941, la petite Betty Simsons, âgée de 9 ans, prêchait en vendant des revues du mouvement dans les rues de Brockton (Massachusetts) avec sa tante et tutrice légale Sarah Prince. Un officier du système scolaire lui demanda d'arrêter car pour lui la fille était trop petite pour vendre des revues. Même si Prince rentra chez elle avec l'enfant, l'officier porta plainte contre elle en invoquant la loi sur le travail des enfants du Massachusets, car ce n'était pas le première fois qu'il le lui reprochait. Il gagna devant la cour local et la cour Suprême de l'Etat, et enfin devant la Cour Suprême des Etats-Unis.
Hayden Convington tentera néanmoins de lutter contre cet arrêt dans une autre affaire, en 1944, devant la Cour Suprême de l'Orégon, dans une affaire impliquant une jeune témoin de 10 ans ayant prêché dans les rues de Portland. Néanmoins cette Cour Suprême suivra l'avis de celle des Etats-Unis entraînant un renforcement de la jurisprudence.[1]
Le baptême des enfants
Les Témoins de Jéhovah ne baptisent pas les nourrissons, c’est un argument qu’ils utilisent pour démontrer le "libre choix " du baptême, chez eux. Toutefois, les enfants ont la possibilité de se faire baptiser, s’ils apportent la preuve qu’ils désirent devenir des disciples. Ils doivent pour cela, s'identifier à des "proclamateurs de la bonne nouvelle du Royaume" en participant régulièrement à l’activité de prédication de porte en porte, et prendre une part active aux réunions organisées dans la congrégation. De plus, avant le baptême, il faut qu'ils acceptent de se soumettre à un questionnaire assez long. Cet examen est mené à tour de rôle par les différents responsables du groupe local. Des questions vont leur être posées (basées sur la Bible et sur un livre que le candidat reçoit avant le baptême, livre où se trouvent en fait toutes les réponses), et vont déterminer s'il est apte à devenir un "serviteur" de Jéhovah. Au final, ce sont les responsables ou "anciens" de la congrégation qui décideront. Si la réponse est affirmative, les jeunes candidats pourront se faire baptiser par immersion lors des prochaines assemblées de circonscription ou de district.
On comprend donc, que le baptême n'est pas réservé à de jeunes enfants, mais à des enfants qui ont été capables d’assimiler l’enseignement prodigué par le mouvement. Dans la pratique, certains se font baptiser vers l'âge de 10 ans, et d'autres ne le sont pas encore à 15 ans (d’autres attendent même plus tard). Il est tout à fait possible de concevoir qu’un enfant ait réussi à intégrer toutes les connaissances nécessaires à son baptême, celles-ci étant répétées à longueur d’années lors des réunions tenues dans la congrégation et l’étude des publications de la société Watchtower.
Cependant, il se pose la question du mimétisme parental, voire de la nécessité pour l'enfant de réaliser les vœux de ses parents en se faisant baptiser. De plus, on peut se demander si un enfant jugé apte, ayant pour unique référence le discours enseigné par les Témoins de Jéhovah, est capable de prendre une décision aussi grave que celle du baptême dans ce mouvement. Car s’il décide de quitter celui-ci, quelques années plus tard, il devra subir les lourdes conséquences de l'excommunication. En théorie, celle-ci ne rompt pas les liens familiaux, mais en pratique, il s’avère le plus souvent que les contacts avec la famille Témoins de Jéhovah sont extrêmement réduits, quand ils ne sont pas inexistants. Ceci dépendra évidemment du niveau d'engagement spirituel de la famille Témoins de Jéhovah. La Tour de Garde du 15 janvier 2007, à la page 20, donne toujours des consignes très sévères sur la conduite que les parents Témoins de Jéhovah doivent adopter avec leur enfant excommunié :
« Il n’en va pas de même lorsque l’enfant excommunié est majeur et n’habite plus sous le toit familial. L’apôtre Paul a ordonné aux chrétiens de Corinthe de « cesser de fréquenter celui qui, appelé frère est un fornicateur, ou un homme avide, ou un idolâtre, ou un insulteur, ou un ivrogne, ou un extorqueur, et de ne pas même manger avec un tel homme » (1 Corinthiens 5:11) . Même si certaines questions familiales peuvent vous obliger à avoir quelques contacts avec votre enfant excommunié, vous devriez vous efforcer d'éviter les rencontres qui ne sont pas indispensables. »
La question est donc posée : un enfant a-t'il la maturité nécessaire pour prendre un engagement aux conséquences aussi graves ?
Un emploi du temps chargé
Les Témoins de Jéhovah ont un programme de réunions de 5 heures par semaine, réparties en deux soirées et un après-midi le week-end. Mais il faut savoir que les enfants de Témoins de Jéhovah ont souvent le même emploi du temps, très chargé. En effet, la société Watchtower recommande aux parents, d’emmener régulièrement leur progéniture à toutes les réunions et ce, dès le plus jeune âge. C’est d’après elle, leur santé spirituelle qui en dépend et par voie de conséquence, leur survie le jour d’Har-Maguédôn, ainsi que leur vie éternelle. De plus, elle affirme dans ses publications, qu’assister à ces réunions n’est pas suffisant, il est aussi indispensable pour les enfants, d’écouter et d’être attentifs, ceci bien évidemment en fonction de leur âge et de leurs capacités. Pour cela, la société Watchtower donne des conseils pour développer l’attention des jeunes enfants, en engageant les parents à faire prendre des ‘notes’ aux petits qui ne savent pas encore lire, en les incitant à faire un bâton chaque fois qu’ils vont entendre des mots comme ‘Jésus’ ou ‘Jéhovah’(exemple de tableau de prise de notes). On peut le constater : les réunions pour un enfant Témoin de Jéhovah ne sont pas des moments de détente et représentent un gros effort de concentration.
Les Témoins de Jéhovah sont aussi encouragés à préparer consciencieusement ces réunions avant d’y assister, soit en famille, soit individuellement. Pour cela, ils vont lire une première fois les publications qui seront étudiées à la salle du Royaume, et souligner dans chaque paragraphe les réponses aux questions qui figurent dans celles-ci ou encore, préparer leurs ‘devoirs’ pour l’Ecole théocratique.
A la durée de la réunion, il faut ajouter celle des trajets aller et retour pour y assister, ainsi que le temps passé à la salle du Royaume par la famille, après celle-ci. La société Watchtower met l’accent sur la nécessité de profiter de ce moment, pour renforcer les liens entre les chrétiens de la congrégation. Certaines réunions, le soir en semaine, se terminent parfois fort tard pour les enfants de Témoins de Jéhovah et il peut arriver que certains n’aient pas le temps de faire tous leurs devoirs scolaires, comme en témoignent d'anciens adeptes ayant été enfants dans le mouvement. La Tour de Garde, 1 Novembre 2006, p 31 rappelle d'ailleurs que les devoirs scolaires ne doivent pas être un frein à l'assistance régulière aux réunions du groupe :
« Alors que la fin approche, nous devrions être plus déterminés que jamais à assister à nos réunions chrétiennes. Par respect pour le caractère sacré de nos réunions, nous ne laissons pas le travail profane, les devoirs scolaires ou des cours du soir nous empêcher de nous réunir régulièrement avec nos compagnons dans la foi. »
Aux réunions et à leur préparation s’ajoute parfois une étude de la Bible, que le père de famille (ou la mère, à défaut d’un père Témoin de Jéhovah) est invité à conduire avec ses enfants, d’une durée qui varie de quelques minutes à une heure chaque semaine, en fonction de l'âge et des aptitudes de l'enfant.
Enfin, il ne faut pas oublier l’activité de prédication, à laquelle il est recommandé d’emmener les enfants, afin de les former à devenir des proclamateurs de la « bonne nouvelle », cette activité peut facilement représenter deux heures par semaine.
Si on comptabilise toutes les heures que l’enfant cumule, en plus de son temps scolaire, on se rend compte que ses semaines sont très chargées. Cependant, il faut nuancer, certains parents raisonnables, se rendront compte que leurs enfants sont fatigués et ne les emmèneront pas à toutes les réunions, au rique de passer pour spirituellement faibles aux yeux de leurs coreligionnaires ; d’autres, convaincus de faire la volonté de Jéhovah, s’en tiendront scrupuleusement à cet emploi du temps.
Intégration sociale
Les interdits (Cas général, hors France)
- Les anniversaires de naissance :
Il est absolument interdit de fêter les anniversaires de naissance chez les Témoins de Jéhovah. Par conséquent, l’enfant élevé dans le mouvement ne doit pas accepter les invitations à des petites réceptions organisées au domicile de ses copains du « monde », ni les inviter chez lui pour cette occasion, ce qui peut parfois entraîner l’incompréhension de ses camarades. En classe, il ne doit pas apporter de gâteau pour cette occasion comme le font beaucoup d’enfants, ni fêter celui des autres élèves. Pareillement, il n’a pas le droit de souhaiter l’anniversaire des membres de sa famille qui ne sont pas Témoins de Jéhovah, ce qui peut générer des frictions dans les familles. Il arrive que certains enfants se sentent frustrés et vivent mal cette interdiction, tout en éprouvant parfois un sentiment de culpabilité de se sentir aussi faibles spirituellement.
- Fêtes des mères, des pères et célébrations semblables :
À ces occasions, les élèves préparent toujours une lettre, un dessin, un poème, un petits cadeau avec leur enseignant. Les enfants 'Témoins de Jéhovah' » doivent refuser, au grand étonnement de leurs petits camarades et ce moment peut se révéler difficile à vivre. Si un de leurs parents ou certains membres de leur famille concernés par ces fêtes ne sont pas Témoins de Jéhovah, il arrive que leur refus de leur souhaiter celles-ci, engendre des tensions, les mettant dans une situation inconfortable.
- La Saint Nicolas et Noël :
Ces fêtes sont considérées comme étant d’origine païennes et donc strictement interdites dans le mouvement. À la maison comme à l'école, l’enfant ne doit pas participer aux préparations de ces festivités : pas de sapin, pas de chants de Noël, pas de crèche, pas de cadeaux, pas de réveillon. Encore une fois, il peut arriver qu’il vive assez mal cette situation, un des moments les plus dur étant le retour en classe après les fêtes, quand ses petits copains lui racontent ce qu’ils ont eu et lui demandent ce qu’il en est pour lui. Répondre « Rien, on ne fête pas Noël chez moi » est parfois vécu comme une épreuve, s’accompagnant d’un fort sentiment de culpabilité de n’être pas à la hauteur des attentes de Jéhovah.
Les Témoins de Jéhovah disent qu’ils offrent des jouets à leurs enfants à d’autres moments de l’année, qu’ils n’ont pas besoin d’une occasion spéciale pour faire un cadeau. Mais les petits vivent parfois assez mal le fait d’être traités différemment des autres enfants et d’être privés de la magie de ses fêtes, sans toutefois le reconnaître ouvertement, étant tiraillés par des sentiments contradictoires.
- Pâques, Carnaval, Halloween :
Là encore, ces fêtes étant vues comme païennes, pas de chasse aux œufs dans le jardin, pas de décoration d’œufs, pas de lapin et de cloche en chocolat, pas de déguisement pour carnaval ou halloween, ni à la maison, ni à l'école.
- La Bonne Année :
Il est interdit de souhaiter la « Bonne année » chez les Témoins de Jéhovah : pas de vœux oraux, pas de cartes de vœux, ni aux amis, ni à la famille, ni à personne. Et si quelqu’un leur présente ses vœux, ils ne doivent surtout pas répondre "vous aussi", mais uniquement "merci".
Certains enfants du mouvement éprouvent une certaine gène de ne pas pouvoir souhaiter la "bonne année" à leurs petits amis, enseignants ou membres de la famille non-Témoins de Jéhovah.
- Les élections de délégués de classe :
Il est interdit aux collégiens et lycéens du mouvement de participer aux élections des délégués de classe car ils doivent apprendre à rester "neutres quant aux affaires du monde". Cette situation peut s’avérer très embarrassante vis-à-vis de leurs camarades qui ne comprennent pas toujours cette prise de position.
- Fête nationale :
Pour préserver leur neutralité chrétienne, les enfants ne doivent normalement pas prendre part aux fêtes patriotiques : ni feux d'artifices du 14 juillet en France, ni participation aux festivités organisées dans les communes pour cette occasion.
Les interdits (Cas de la France)
Tous les interdits cités ci-dessus sont valables pour les enfants français de Témoins de Jéhovah : ni fêtes dites païennes, ni fêtes patriotiques. Cependant, depuis le milieu des années 90, le mouvement a assoupli sa position sur l'attitude qu'ils doivent adopter à l'école. Ils peuvent désormais prendre part aux goûters organisés pour ces diverses occasions, dessiner des sapins de Noël, participer aux activités liées à ces évènements, s'ils leur donnent une autre signification : le sapin est une création de Jéhovah, etc. De la même façon, ces enfants ont maintenant le droit de voter lors des élections des délégués de classe, au collège et lycée.
À l'inverse, les publications internationales de la Watchtower prônent toujours la fermeté quant au refus de prendre part aux activités contraires à la foi des 'Témoins de Jéhovah', à l'école. Récemment aux USA, pays où la liberté de culte est totale, une directrice d'école a demandé à son fournisseur de supprimer les croix tracées sur une brioche traditionnelle de Pâques, par respect pour les croyances des enfants 'Témoins de Jéhovah'. Ces croix ont été jugées offensantes pour eux, comme l'a déclaré un représentant de la congrégation locale[1]. De même, en 2007, une enquête effectuée auprès de 145 directions d'établissement scolaire du Quebec a révélé que la majorité des demandes d' accommodements pour motif religieux provenait de parents témoins de Jéhovah refusant que leur progéniture se déguise et participe aux festivités d'Halloween, de Noël, ainsi qu'aux anniversaires de naissance[2].
On peut remarquer que cet assouplissement de la position de la société Watchtower, pour la France, a vu le jour dans la période où les dérives sectaires de cette organisation ont commencées à y être dénoncées . Pour se conformer à la loi sur la laïcité en milieu scolaire, le mouvement demande aussi aux enfants français de ne plus pratiquer le prosélytisme à l'école, alors que de nombreuses publications des Témoins de Jéhovah continuent d'en faire régulièrement l'apologie. Ces dispositions particulières aux enfants 'Témoins de Jéhovah' français, sont de nature à faciliter leur vie sociale et leur intégration à l'école.
Les activités extra scolaires
Si ces activités ne sont pas formellement défendues, elles sont en tout cas déconseillées dans les publications des Témoins de Jéhovah. Puisque ce monde est mauvais, il vaut mieux éviter de le fréquenter en dehors de l’école et se tenir à l’écart des « mauvaises fréquentations », de plus les activités extra-scolaires peuvent être considérées comme préjudiciables, si elles ont des répercussions sur la vie spirituelle des enfants.[2]
Toutefois, certains parents choisissent de faire pratiquer des activités extra-scolaires à leurs enfants, alors que d’autres, privilégiant leur spiritualité, préfèreront suivre scrupuleusement les consignes de la société Watchtower.
Ne pas se faire d’amis « dans le monde
On apprend à l’enfant élevé chez les Témoins de Jéhovah, qu’il vit dans un monde mauvais dominé par Satan, dont il doit se méfier. Il lui est donc déconseillé de fréquenter trop assidûment les jeunes de ce ‘monde condamné’, qui risqueraient de le détourner de l’organisation des Témoins de Jéhovah. Mieux vaut pour lui se contenter de la fréquentation de ses amis au sein de la congrégation chrétienne.
En conséquence de cet enseignement, certains enfants ont du mal à s’intégrer et à se sentir vraiment épanouis dans le milieu scolaire ou hors de leur congrégation.
Les études supérieures
Là encore, la société Watchtower n’interdit pas impérativement les études, mais elle s’efforce de démontrer au travers de ses publications qu’il vaut mieux en limiter la durée pour éviter de mettre en danger sa spiritualité au contact de l'enseignement profane : philosophie, préhistoire, évolution, etc...[3] De plus, elle suggère qu’il n’est pas très utile de faire de longues études dans un monde qui n’a pas d’avenir, mieux vaut consacrer le peu de temps qu’il reste avant l’intervention de Jéhovah, à l’œuvre de prédication.[4]
Néanmoins, certains parents font le choix de faire suivre des études plus longues à leurs enfants.
Depuis un certain temps, des observateurs extérieurs constataient qu’un revirement se manifestait dans l’organisation des Témoins de Jéhovah, encourageant des études plus poussées, changement que certains mettaient sur le compte de besoins de la société Watchtower, notamment en informatique ou dans le domaine du droit [5]. Cependant, de récents articles de La Tour de Garde, comme celui précédemment cité, ou le discours prononcé lors d' une assemblée par un membre du Collège Central, Gerrit Losch, qui tout en affirmant ne pas donner d'ordre aux fidèles Témoins a comparé "les études supérieures" à un suicide [3], nous font nous interroger sur un possible retour en arrière de la position de l'organisation des Témoins de Jéhovah.
Conclusion
Les différentes consignes de la société Watchtower peuvent être considérées comme des freins à l’intégration dans la société des enfants de Témoins de Jéhovah, qui sont privés d'une partie de ce qui constitue la vie sociale des autres enfants. Néanmoins, certains d'entre eux semblent ne pas trop souffrir de leur différence et se sentent bien dans le mouvement ; alors que d'autres enfants éprouvent un sentiment de frustration refoulé, assorti de la culpabilité de ne pas être assez forts spirituellement face à tous ces interdits, surtout si leurs parents se montrent exigeants quant à leur spiritualité. Ce décalage entre leurs aspirations réelles et leur vie peut en partie expliquer le fait que de nombreux enfants élevés dans le mouvement des Témoins de Jéhovah le quittent un jour, mais gardent souvent très longtemps des séquelles psychologiques plus ou moins graves de cette enfance "volée".
La discipline
Position de la Watch Tower
La société Watchtower axe une grande partie de son enseignement sur les bienfaits de la discipline. En s’appuyant sur un verset biblique, elle affirme qu’il n’appartient pas à l’homme qui marche de diriger son pas (Jérémie 10 :23). Pour elle, les humains imparfaits ont besoin d’être disciplinés par Jéhovah pour que celui-ci continue de les bénir, et ce dès le plus jeune âge. Quand la discipline est acceptée et appliquée, elle conduit à la vie éternelle.
Dans ses publications qui parlent de l’éducation des enfants, la société Watchtower fait souvent référence à des versets bibliques assez durs :
Cependant, elle précise que la discipline doit toujours être appliquée de façon réfléchie et d’une manière proportionnelle à la faute, pour qu’elle reste une preuve d’amour et soit bénéfique ; en s’appuyant cette fois sur le texte biblique :
Quant au « bâton de la discipline » , elle indique qu’il n’est pas forcément à considérer au sens littéral, mais on peut noter sur ce point une évolution de l’enseignement au fil des années :
Dans une Tour de Garde des années 50, on peut lire que si la verge (bâton) n’est pas nécessairement la verge littérale, les parents peuvent quand même y avoir recours.[6]Jusqu’au début des années 80, les écrits de la société Watchtower encouragent l'usage de la fessée, du « martinet » ou de « quelque autre type de “baguette” appropriée » ; si la gravité de la faute à corriger le justifie [7] [8]. Puis, dans une Tour de Garde de 1987, on apprend que la discipline « s’applique généralement au moyen de paroles, et non de fessées [9]. En 2004, le mot fessée n’est même plus associé à l’expression « bâton de discipline », on peut lire que « les parents auront plus de succès s’ils exercent leur autorité avec amour, et non de manière brutale ».[10] . La position de la société Watchtower, vis a vis des châtiments corporels, a donc évolué au fil du temps. Cependant, si elle a encouragé l’usage de ceux-ci à une époque, ils devaient être utilisés avec discernement et jamais sous le coup de la colère..[11]
Dans la pratique, certains témoignages font état de problèmes de maltraitance au sein du mouvement des Témoins de Jéhovah, ils ne représentent pas le cas général, mais plutôt le fait de dérives. Les écrits de la société Watchtower ne peuvent être directement incriminés, néanmoins, des critiques du mouvement pensent que l'utilisation régulière de versets bibliques assez durs pour traiter le sujet de l’éducation des enfants, peut avoir été considérée par des personnes psychologiquement fragiles ou naturellement violentes comme des recommandations divines, au point qu’elles en ont oublié que ceux-ci ne sont pas à prendre au sens littéral. Toutefois, même s'il existe de nombreux témoignages attestant l'existence de problèmes de maltraitance au sein du mouvement des Témoins de Jéhovah, aucun élément statistique ne permet d'affirmer qu’ils y sont plus nombreux que dans le reste de la population. C'est donc sur la réaction de la communauté Témoin de Jéhovah face à la maltraitance infantile, que les critiques sont les plus axées, car celle-ci, bien que parfois au courant de ces violences, n’a pas pris les mesures nécessaires pour protéger ces enfants.
Dans son audition du 12 juillet 2006 par la nouvelle commission d'enquête parlementaire relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs, M.Jancovici [12]; chargé de mission pour la coordination, la prévention et le traitement des sectaires ; confirme qu'il existe des situations isolées de maltraitance chez les témoins de Jéhovah comme dans tout groupe social, mais il fait remarquer qu'il existe aussi dans cette communauté une autre forme de maltraitance qui n'est ni induite par la doctrine, ni par le groupe, mais par la volonté de l'adepte d'appartenir au groupe et de montrer qu'il est un bon adepte. Il explique que lors des réunions à la Salle du Royaume, qui sont parfois longues pour des petits enfants, il leur est demandé de rester calmes et s'ils ne sont pas sages, certains parents, pour montrer qu'ils sont de bons parents, se retirent à l'écart pour corriger leurs enfants. De nombreux témoignages confirment ce point.
Faits divers en rapport avec la maltraitance d'enfants de Témoins de Jéhovah
- 13 novembre 2001 : (État-Unis) Des parents sont accusés d'avoir battu leur fille de 12 ans jusqu'à la mort . Constance Slack, une infirmière travaillant dans un hôpital d'enfant, a bâillonné sa fille, Laree, tandis qu'elle a été attachée par les pieds à un futon. Son père, Larry Slack, a alors frappé à plusieurs reprises l'enfant avec un câble électrique de trois centimètres de large, caoutchouté et rempli de fils. Elle est morte suite à une hémorragie interne. Les deux parents étaient des fidèles Témoins de Jéhovah qui enseignaient leurs six enfants à la maison, enfants âgés de 8 à 17 ans. Les deux parents sont mis en examen pour assassinat, et en plus pour coups aggravés sur leur fils de 8 ans. [4]
- 26 avril 2006 : (État-Unis) Le procès de Larry Slack, le père Témoin de Jéhovah qui a battu sa fille de 12 ans jusqu'à la mort, en 2001, avec un câble électrique (voir ci-dessus 13 novembre 2001), se tient actuellement à Chicago. Le frère de la victime a rapporté que le père et la mère, tous deux Témoins de Jéhovah, avaient l'habitude de battre les cinq frères et soeurs avec des câbles électriques pas seulement sur les fesses mais aussi sur tout le corps,et que cette fois-ci le père avait porté plus d'une centaine de coups.[5]
- 9 Septembre 2006: (France) Un témoin de Jéhovah aubussonnais a été condamné à trois années de prison ferme pour violences sur ses cinq enfants et agressions sexuelles sur deux d'entre eux. L'homme, âgé de 52 ans, régnait en tyran sur son foyer, infligeant fréquemment des punitions corporelles [6].
- 21 Mars 2007 : (Royaume-Uni) Pendant 20 ans, une Témoin de Jéhovah considérée comme un pilier de sa congrégation locale a maltraité trois des enfants dont elle avait la charge, les battant à coup de bar de fer, leur grattant la peau avec du papier de verre, les forçant à manger leur vomi ou des excréments de rats. Elle pensait que ces enfants étaient possédés par le démon. C'est la faillite du système social anglais qui est pointé du doigt dans cette affaire, qui malgré de nombreux signalements n'a pas agi. La femme avait décidé de retirer les enfants du système scolaire suite à un signalement, et les éduquait à domicile. Un des enfants, devenu adulte, s'est confessé à un ami de sa religion, qui l'a incité à porté plainte.[7]
- 5 octobre 2007 : (Belgique) Un petit garçon de 8 ans, qui avait volé quelques bonbons ou quelques bons points à l'école, a été victime de brutalité de la part de son père et sa belle-mère Témoins de Jéhovah. Son père en furie l'avait jeté dans la baignoire et l'avait aspergé à l'eau glaciale au point de le faire sombrer dans l'hypothermie. Ils ont ont été mis sous mandat d'arrêt pour coups et blessures volontaires et tortures sur un mineur sur lequel ils avaient autorité. Voir : Geoffrey, petite victime de parents indignes( La Dernière Heure 05/10/2007 ).
Conséquences possibles de l'enseignement des Témoins de Jéhovah
Enseignement se référant à Satan
Une grande partie de l’enseignement de la société Watchtower repose sur la croyance en l’omniprésence de Satan dans notre monde actuel : le monde va mal car il est dirigé par Satan, les fausses religions sont sous son emprise pour détourner l’humanité du vrai Dieu, tout ceux qui ne sont pas Témoins de Jéhovah sont égarés par le prince du mal et tout ce qui va à l’encontre des idées promulguées par les Témoins de Jéhovah provient de celui que la Bible appelle aussi l'adversaire. L’enfant élevé dans une famille Témoin de Jéhovah baigne en permanence dans cet enseignement, au travers de toutes les publications qu’il étudie, avant et durant les cinq réunions de la congrégation et aussi par des références courantes de son ou de ses parents Témoin(s) dans la vie quotidienne.
Tant que cet enfant adhère complètement aux idées du mouvement, on n'observera pas de traumatismes spectaculaires, car il se considère lui-même « dans la Vérité », et donc en sécurité parmi les vrais serviteurs de Dieu ; ce sont les méchants de ce monde mauvais, sous l’influence de Satan, qui seront détruits.
Cependant, il faut noter que l'enfant peut être troublé psychologiquement par cet enseignement, d'abord si l’un de ses parents n’est pas Témoin de Jéhovah, et plus encore si ce dernier s’oppose à ce que sa progéniture fréquente ce mouvement. Dans ce cas, l'enfant sera amené à voir en celui-ci, non seulement un opposant de Jéhovah, mais aussi un suppôt de Satan, lui faisant ainsi beaucoup de mal, sans même s’en rendre compte.[13] De plus, il peut se sentir affectivement tiraillé entre le parent qui adhère aux idées du mouvement et l'autre, qui n'y adhère pas, car même s’il voit en ce dernier un suppôt de Satan, il ne peut s’empêcher de l’aimer.
Ensuite, un jeune qui à l'abord de l'âge adulte décide de ne plus suivre ses parents dans le mouvement des Témoins de Jéhovah, peut éprouver un « handicap social » à sa sortie du mouvement, handicap qu’il mettra parfois des années à surmonter. En effet, il gardera longtemps une méfiance plus ou moins consciente vis à vis des gens du monde, qu’il a appris à considérer comme sataniques durant toute son enfance, alors que son esprit était très malléable. S’investir dans la vie sociale, politique ou associative présente dans ce cas de grandes difficultés psychologiques.
L’autre effet néfaste de cet enseignement faisant souvent référence à Satan, pour le jeune élevé chez les Témoins de Jéhovah qui ne souhaite pas le rester, est que cette éducation, répétée tout au long de son enfance va laisser en lui une marque profonde, car il a appris à mettre toute pensée critique à l’égard du mouvement des Témoins de Jéhovah sur le compte de Satan. A ce propos, on peut lire dans les publications de la société Watchtower que ‘Satan fait valoir ses idées en les présentant sous un jour attrayant’ pour détourner les fidèles serviteurs de Jéhovah de la « Vérité ». La Tour de Garde du 1 avril 2004, p 12 :
« À l’instar d’un publicitaire, Satan fait valoir ses idées en les présentant sous un jour attrayant, sachant qu’à force, il pourra amener les gens à partager sa vision des choses »
Ce qui signifie qu’une pensée, une idée, une lecture qui s’oppose à l’enseignement des Témoins de Jéhovah, provient forcément de Satan. Par conséquent, sans même en avoir conscience, celui qui a été élevé dans le mouvement, refoule tout ou partie de ce qui lui permettrait de poser un regard critique sur l’éducation reçue chez les Témoins de Jéhovah. Il arrive que se libérer totalement de l’emprise de cet enseignement, lui demande de nombreuses années voire qu'il n'y parvienne pas, surtout si la doctrine des Témoins de Jéhovah a été son unique référence [14].
Enseignement Apocalyptique
L’autre grand axe de l’enseignement de la société Watchtower, fondé sur sa lecture du livre de l’Apocalypse, consiste à croire en l’imminence de la destruction de ce système de choses, le jour d’Har-maguédôn. Là-encore, l’enfant va constamment baigner dans cette doctrine, au travers des diverses publications qui lui sont soumises et dans le discours quotidien des parents (par exemple : «si tu n'obéis pas à Dieu, tu seras détruit à Har-Maguédôn»). Ces publications et ce discours vont lui présenter des descriptions de cette ‘guerre’, empreintes d’une grande violence, ainsi que la promesse d’un magnifique paradis pour les serviteurs zélés de Jéhovah — qui sera perdu si l'enfant n'est pas «obéissant». Pour augmenter l’efficacité de son enseignement, la société Watchtower utilise de nombreuses images qui opposent des scènes bucoliques de paradis terrestre à de terribles scènes de destruction : hommes et femmes terrifiés tentant de fuir une pluie de météorites, crevasse s’ouvrant sous les pieds d’une foule apeurée, éclairs vengeurs de Jéhovah zébrant le ciel, etc…
Là encore, tant que l’enfant adhère aux idées du mouvement, on n'observera pas de traumatismes spectaculaires. Le plus souvent, il retient surtout de ses lectures le beau paradis qui lui est destiné, puisqu’il est « dans la Vérité » ; la destruction, c’est pour les autres : les méchants aveuglés par Satan. Néanmoins, il peut être perturbé à l’idée que des membres de sa famille non-Témoins de Jéhovah, puissent être détruits, mais il pourra aussi se rassurer en se disant qu’ils s’ouvriront peut-être aux croyances des Témoins de Jéhovah, avant que Dieu ne détruise ce mauvais système de choses.
D'autre part, et même si tous ses parents sont Témoins, le fait de se croire « dans la Vérité » ne l'empêche pas de se sentir humainement solidaire de l'ensemble de l'humanité, même si son éducation, insistant sur une opposition nette entre Témoins de Jéhovah d'un côté et « gens du monde » de l'autre, ne l'y incite guère.
Comme il lui est enseigné qu'Har-Maguedôn peut survenir à tout moment, par surprise, et que seuls les Témoins de Jéhovah auront des chances sérieuses d'y survivre, il se persuade que les personnes réelles, celles qui l'entourent au quotidien et qui ne sont pas nécessairement Témoins de Jéhovah (ses maîtres à l'école, ses camarades de classe) sont susceptibles de périr à tout moment, de la main de Dieu, dans les conditions terribles décrites ci-dessus. Comme il est souvent en partie isolé socialement, du fait de comportements, de vêtements, de paroles spécifiques aux Témoins de Jéhovah, il pourra se sentir indifférent au sort de ses camarades de classe, d'autant plus qu'en général, les autres enfants ne ménagent pas leurs quolibets et leurs moqueries face à tout comportement un peu hors-normes. Mais il peut aussi arriver que les «gens du monde» qu'il côtoie ne lui paraissent pas si méchants que cela, notamment de petits camarades ou de simples enfants qui n'y sont pour rien dans le fait que leurs parents ne soient pas Témoins. Le sentiment d'une grande injustice peut alors s'emparer de lui à l'idée qu'ils pourraient être détruits du jour au lendemain tout en devant pourtant le refouler, étant incapable de l'exprimer, de peur de passer lui-même du côté de Satan et d'être promis à une destruction certaine.
Les problèmes engendrés par cet enseignement, vont surtout devenir manifestes, si à l'abord de l'âge adulte, le jeune élevé dans le mouvement décide de le quitter. Même s’il ne peut plus croire en tout ce qu’on lui a inculqué, il peut mettre de nombreuses années à évacuer complètement cet enseignement ancré très profondément , d’autant plus qu’il rejette inconsciemment une partie de ses pensées critiques à l’égard du mouvement. Par conséquent, il est possible qu’il éprouve une très grande difficulté à se projeter dans l’avenir, car pour lui, il n’y a plus d’avenir, maintenant qu’il a rejoint le camp de ceux qui vont être détruits. L’idée insidieuse de sa destruction imminente, peut rester présente très longtemps dans son esprit, le hanter lors de cauchemars, et l’empêcher d’élaborer des projets d’avenir. Certains jeunes quittant le mouvement des Témoins de Jéhovah adoptent même des comportements à risques, soit parce qu’ils veulent profiter de ce que le monde leur offre avant de disparaître, soit parce qu’ils n’arrivent pas à surmonter les séquelles psychologiques de cet enseignement.
Conclusion
L’enseignement des Témoins de Jéhovah ne traumatise pas de façon spectaculaire les enfants qui adhèrent complètement aux idées du mouvement. Les troubles peuvent cependant être discrets, au point que l'enfant lui-même n'en a pas clairement conscience, ne sachant pas très bien à quoi attribuer le sentiment de malaise qui l'envahit souvent. Par contre, le conflit intérieur devient manifeste pour ceux qui, à un âge avancé, décident de ne pas confirmer par le baptême leur appartenance de fait au mouvement des Témoins de Jéhovah. Ceux-là vont payer un lourd tribu pour une éducation qu’ils n’ont pas choisie de recevoir.
L'enfant et la transfusion sanguine
Situation actuelle
Les Témoins de Jéhovah doivent refuser toute transfusion sanguine pour obéir à un commandement divin, tel que leur en donne la compréhension de la Bible des membres du Collège Central de la société Watchtower. Chaque Témoin de Jéhovah baptisé possède une carte qu’il renouvèle chaque année pour demander aux médecins de ne pas lui administrer de transfusion sanguine en cas d’accident ou d’opération chirurgicale.
La règle est la même pour les enfants mineurs qui doivent eux-aussi s’abstenir de sang. Les parents qui suivent les recommandations de la société Watchtower, doivent refuser toute transfusion sanguine, même en cas de danger mortel pour leur enfant. Il est évident qu’ils ne désirent pas la mort de celui-ci, mais comme ils sont convaincus que la Bible défend l’absorption de sang, ils doivent choisir la douloureuse option qui consiste à refuser la transfusion sanguine, qu’elles qu’en soient les conséquences. S’ils désobéissent à ce commandement, ils croient se priver de la vie éternelle, alors qu’ils sont persuadés qu’ils reverront leur enfant dans le paradis qu’ils pensent voir instauré très prochainement, s’ils refusent ce traitement. De la même façon, des enfants un plus âgés, parfois baptisés, vont aussi émettre cette volonté, s’ils sont un jour confrontés à ce terrible cas de conscience. Ils devront suivre la consigne biblique mise en avant par les Témoins de Jéhovah, même si leur vie est en jeu, car ils sont persuadés qu’ils ressusciteront très bientôt.
Les techniques ne faisant pas appel à la transfusion de sang sont de plus en plus fiables et courantes, néanmoins il reste encore de nombreuses situations où la transfusion sanguine demeure la seule solution thérapeutique, notamment en cas d'accident. De plus, certains pays ne peuvent proposer tous les traitements de substitution qui sont parfois extrêmement coûteux. Dans de nombreux pays, la justice intervient dans les cas litigieux et ordonne que l’autorité parentale soit suspendue afin que la transfusion soit administrée. En France, dans le cas des mineurs, le médecin doit prendre les décisions qu'il juge nécessaires à la santé de l'enfant, même contre l'avis des parents . [15] Cependant, tous les pays ne protègent pas l’enfant mineur et aujourd’hui, des enfants meurent encore pour avoir refusé cette technique médicale.
Controverse
Les opposants du mouvement dénoncent les pressions exercées dans la littérature des Témoins de Jéhovah et par les responsables des congrégations, qui incitent les parents à entraîner leurs enfants à affronter cette situation dramatique en défendant fermement leur refus de la transfusion. Ainsi le Ministère du Royaume de novembre 90 donne aux parents les consignes suivantes : « assurez-vous que le document médical personnel de tous les membres de votre famille est entièrement rempli », « Veillez ensuite à ce que tous les membres de votre famille aient CONSTAMMENT ces documents avec eux » et « Révisez ces questions en famille et répétez ce que vous direz et ferez, surtout en cas d’urgence ». [16] Le Ministère du Royaume de la semaine du 19 au 25 Décembre 2005, encourage quant à lui, les parents à faire des « séances d’exercices avec leurs enfants au sujet des commandement bibliques relatifs au sang », pour leur apprendre à « exprimer leurs croyances de façon convaincante. »[17]
Enfin, certains observateurs extérieurs au mouvement , accusent l’organisation des Témoins de Jéhovah d’entretenir le « culte du martyr » dans ses publications[18]. A cet égard, ils signalent le Réveillez-vous ! du 22 mai 1994, dont la couverture est un montage constitué du portrait d’une vingtaine d’enfants, ayant pour titre : « Jeunes qui ont mis Dieu en premier lieu », dans lequel on peut lire à la page 2 :
« Dans les temps anciens, des milliers de jeunes gens sont morts pour avoir accordé à Dieu la priorité. Aujourd’hui encore, des jeunes montrent la même détermination, à ceci près qu’ils le font dans des hôpitaux et des salles de tribunal, et qu’il est question de transfusions sanguines. »
Dans cette publication, l’organisation des Témoins de Jéhovah met l’accent sur de tels actes de loyauté, en faisant l’apologie de la fermeté de certains enfants qui ont déclaré « préférer mourir plutôt que de ne pas tenir la promesse faite à Jéhovah », quand ils ont été confrontés à ce problème :
- Réveillez-vous ! du 22 mai 1994, p. 10-11 :
« Je leur ai répété: ‘Je ne veux ni sang ni produits sanguins d’aucune sorte. S’il le faut, je préfère mourir plutôt que de ne pas tenir la promesse que j’ai faite à Jéhovah Dieu de faire sa volonté.’(…)Le 22 septembre 1993, à 6 h 30, après une longue et pénible nuit, Lenae s’est endormie dans la mort, dans les bras de sa mère. La dignité et le calme de ces dernières heures sont restés dans l’esprit de ceux qui étaient présents . »
- Réveillez-vous ! du 22 mai 1994, p. 14 :
« Lisa a dit clairement et très catégoriquement à cette cour que si l’on tente de lui transfuser du sang, elle s’opposera de toutes ses forces à cette transfusion. Elle a dit, et je la crois, qu’elle hurlera, se débattra, arrachera la perfusion de son bras et essaiera de détruire la poche de sang au-dessus de son lit. Je refuse d’émettre une ordonnance qui soumettrait cette enfant à ce calvaire.”(…) Lisa et ses parents ont quitté l’hôpital le jour même. La fillette a effectivement combattu sa maladie avec dignité et dans la sérénité. Elle s’est éteinte paisiblement chez elle, dans les bras de son père et de sa mère. Par sa détermination, elle a imité les nombreux autres jeunes Témoins de Jéhovah qui ont accordé à Dieu la priorité. Comme eux, elle en sera récompensée, conformément à cette promesse de Jésus: "Celui qui perd son âme à cause de moi la trouvera ". »
Des enfants, ayant pour unique référence la doctrine des Témoins de Jéhovah, ont-ils réellement la maturité nécessaire pour prendre une décision aussi grave ?
Enfin, peut-on être certains que les enfants qui sont morts à cause de la doctrine des Témoins de Jéhovah sur le sang seraient restés dans le mouvement s’ils avaient vécu, alors qu’il est connu que de nombreux jeunes quittent un jour celui-ci ? [19].
Cas de mineurs décédés suite à un refus de transfusion sanguine
- 7 juin 1985 : (Japon) Un garçonnet de dix ans, qui avait été renversé par un camion près de son domicile, est mort à Kawasaki (Japon). Les médecins de l'hôpital où il avait été transporté ont estimé que son état nécessitait une transfusion sanguine et une opération chirurgicale. Bien que leur fils les ait suppliés en disant "je veux vivre, je ne veux pas mourir", les parents, témoins de Jéhovah, ont refusé la transfusion en raison de leurs convictions religieuses.[8]
- 13 août 1991 : (Chesterfield) Un garçon de 14 ans, heurté par une voiture, est mort pendant qu'une audition de la Cour était conduite pour déterminer si le juge devait ordonner une transfusion, malgré l'opposition du garçon qui était témoin de Jéhovah. Le juge venait d' ordonner la transfusion, il avait estimé que ne pas administrer le traitement aurait été une "négligence médicale" (Detroit News/August 13, 1991 By Gene Stealth ). [9]
- Septembre 2001 : (Congo) Décès d’une jeune fille âgée d'un peu moins de 15 ans, dont les parents Témoins de Jéhovah ont refusé le recours à la transfusion sanguine, alors que son état était devenu critique. [10]
- 18 juillet 2002 : (Espagne) Un couple de Témoins de Jéhovah a estimé devoir faire respecter le refus de toute transfusion exprimé par leur fils – un enfant de 13 ans , refus qui a finalement entraîné le décès de celui-ci (Rapport UE en 2002, p 39).
- 6 septembre 2002 : (Canada) Un père dont la fille de 17 ans, membre des Témoins de Jehovah, est morte de la leucémie, affirme qu'il va poursuivre la communauté religieuse en dommages. Lawrence Hughes s'était démené pour que sa fille Bethany reçoive les soins de la médecine conventionnelle et la jeune fille avait pu recevoir des transfusions après que le gouvernement albertain en ait obtenu la garde, mais les traitements avaient dû être interrompus car sa leucémie était trop avancée.[11]
- 29 Novembre 2007 : (USA, Seattle) Un Jeune Témoin de Jéhovah de 14 ans, atteint de leucémie, est décédé après avoir refusé des transfusions sanguines. La cour suprême du Comté lui a donné le droit de refuser ce traitement, car elle considère qu'un adolescent de cet âge peut choisir son traitement[12]. Les parents biologiques, qui n'avaient pas la garde de l'enfant, étaient contre ce refus de transfusion, la tante qui avait la garde de l'enfant était elle aussi Témoin de Jéhovah. [13](fr :Le Monde 29/11/07).
Références
- ^ Judging Jehovah's Witnesses - Religious Persecution and the dawn of the rights revolution Shawn Francis Peters Editions University Press of Kansas Page 318 Note 54
- ^ cf. Réveillez-vous ! du 22 juin 1991, p16 :
« Ne sous-estimez pas non plus les répercussions que vos activités sportives pourraient avoir sur votre programme d’activités spirituelles (Hébreux 10:23-25). “Souvent, c’étaient ou les matchs et les entraînements, ou les réunions chrétiennes”, raconte Gerald.(...) Néanmoins, chez les Témoins de Jéhovah, les jeunes gens évitent en principe les activités sportives extra-scolaires. »
- ^ cf. La Tour de Garde du 15 Décembre 1975, p764 :
« Mais jusqu’où doivent-ils poursuivre leurs études profanes ? Il ne serait guère raisonnable pour un jeune garçon, ou une jeune fille, de poursuivre de son propre gré des études coûteuses au delà de ce qu’exige la loi ou ses parents. D’après I Timothée 6:20, il serait peu sage de se remplir l’esprit des philosophies des hommes imparfaits(…)C’est pourquoi des années d’étude à l’université peuvent présenter des pièges. On peut subir un véritable “lavage de cerveau” à cause de l’enseignement de philosophies humaines et permettre ainsi la destruction de sa foi en Dieu et dans la Bible. »
- ^ cf. Tour de Garde du 1er octobre 2005, p29 :
« De nos jours, il est communément admis qu'il faut impérativement passer par l'université ou par une grande école pour réussir. Mais les chrétiens ne suivent pas l'opinion populaire. (…)Nous ne devons pas céder à l'esprit matérialiste du monde, mais bien plutôt 'rester dans notre bon sens', c'est-à-dire garder notre orientation spirituelle. Aussi, jeunes chrétiens, posez-vous ces questions : Est-ce que je fais le maximum pour 'accomplir mon ministère', pour acquérir les qualités requises d'un ministre de la Parole de Dieu ? Qu'ai-je prévu de faire pour m'acquitter de mon ministère "pleinement" ? Ai-je envisagé de faire du service à plein temps l'activité principale de ma vie. »
- ^ L'enfant face aux parents Témoins de Jéhovah
- ^ cf. La Tour de Garde du 1 mai 1954, p135 :
« En résumé, administrez la correction dans un esprit d'amour et non sous le coup de la colère (Prov. 15: 1).les punitions peuvent varier selon la docilité ou l'obstination de l'enfant. Vous pouvez punir en refusant un témoignage d'affection ou récompenser en donnant un tel témoignage. Vous pouvez exclure l'enfant insolent de la compagnie de l'obéissant, lui refuser un plaisir, un dessert, un jeu ou, parfois, vous pouvez vous servir de la verge littérale pour préserver l'ordre du foyer.(…) 9 Cependant, lorsque la Bible parle de la verge de la correction, elle n'entend pas nécessairement la verge littérale. la verge signifie, au sens large du mot, l'autorité des parents. »
- ^ cf. La Tour de Garde du 1 Février 79, p31 :
« Il arrive qu’un enfant ait besoin d’être mis en présence d’une discipline énergique, telle une fessée (qu’il la voie infligée à un autre ou qu’il la reçoive personnellement), pour apprendre à éviter une mauvaise conduite. Mais dans bien des cas où l’enfant reçoit de la part de ses parents une formation sous forme de correction ferme et logique, il progresse au point d’être capable d’apprendre grâce aux paroles de réprimande ou aux conseils de ses parents. C’est déjà en soi une leçon qui lui servira toute sa vie. »
- ^ cf. Réveillez-vous ! du 22 août 79, p27-28 :
« Si les allusions à la “baguette” recouvrent divers aspects de la discipline à laquelle les parents soumettent leurs enfants, elles incluent, entre autres, les punitions corporelles. Que la fessée soit administrée à la main, au martinet ou avec quelque autre type de “baguette” appropriée, Dieu autorise de toute façon les parents à discipliner ainsi avec amour leurs enfants »
- ^ cf. La Tour de Garde du 1 octobre 1987, p17 :
« Il peut arriver qu’il faille donner la fessée à un enfant pour le discipliner, mais ce n’est pas souvent le cas. Proverbes 8:33 ne dit pas “sentez” la discipline, mais “écoutez la discipline et devenez sages”. La discipline s’applique généralement au moyen de paroles, et non de fessées : “Les réprimandes de la discipline sont le chemin de la vie.” “Saisis la discipline; ne lâche pas. Sauvegarde-la, car elle est ta vie.” (Proverbes 4:13; 6:23) »
- ^ cf. La Tour de Garde du 15 Août 2004, p6 :
« Et la Bible ? Que dit-elle à ce sujet ? Elle conseille aux parents d’exercer leur autorité avec amour et fermeté. On y lit : « La sottise est attachée au cœur d’un garçon ; le bâton de la discipline, voilà ce qui l’éloignera de lui. » (Proverbes 22:15). Bien sûr, toute discipline devrait être adaptée à la situation. Elle doit être administrée avec douceur, maîtrise et considération. C’est ainsi qu’elle est une marque d’amour. Les parents auront beaucoup plus de succès s’ils exercent leur autorité avec amour, et non de manière brutale. »
- ^ Cf. Réveillez vous ! du 22 août 79, p. 27-28 :
« Les sévères mises en garde de la Bible contre les accès de colère aident les parents à rester maîtres d’eux (Prov. 16:32; 25:28; Col. 3:8). Si, dans un accès de rage, des parents allaient jusqu’à frapper sauvagement un enfant, ce serait contraire aux prescriptions de la Parole de Dieu qui montrent que la discipline est une manifestation d’amour. La Bible n’est pas du tout d’accord que l’on fouette un enfant sous l’empire de la colère ou qu’on lui porte des coups si violents qu’ils laissent des ecchymoses et risquent de l’estropier. Ce n’est plus de la discipline affectueuse, mais de l’abus de puissance. »
- ^ Audition de Emmanuel Jancovici
- ^ cf. Le Progrès, 25 décembre :
« Témoins de Jéhovah : le combat d'un père.Un père de 28 ans se démène pour que son fils, qui vit avec sa mère, adepte des Témoins de Jéhovah, ne soit plus soumis aux préceptes de la secte. Un gamin de cinq ans pour lequel « Noël, c'est satan ».« Noël, c'est avec Satan ! Et moi, je suis avec Jéhovah et toi t'es avec Satan. Facile ! Satan est méchant, moi j'suis gentil. Bien sûr Jéhovah il est gentil ! Et toi, t'es dans le coté de Satan ». Cette conversation téléphonique, Laurent (1), l'a eue avec son fils il y a quelques semaines. »
- ^ Voir à ce propos cette analyse sur l'incidence psychologique de cet enseignement et des moyens de s'en libérer
- ^ « Le consentement du mineur ou du majeur sous tutelle doit être systématiquement recherché s'il est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision. Dans le cas où le refus d'un traitement par la personne titulaire de l'autorité parentale ou par le tuteur risque d'entraîner des conséquences graves pour la santé du mineur ou du majeur sous tutelle, le médecin délivre les soins indispensables. » (Article L. 1111-4 du Code de la santé publique.)
- ^ cf. Ministère du Royaume 11/90 p. 3-6 :
« 7 En premier lieu, assurez-vous que le document médical personnel de tous les membres de votre famille est entièrement rempli — daté, signé et certifié par des témoins.(…)8 Veillez ensuite à ce que tous les membres de votre famille aient CONSTAMMENT ces documents avec eux. Vérifiez chaque jour que vos enfants l’ont avec eux, avant qu’ils ne partent à l’école, et même avant qu’ils ne sortent jouer. Nous devons tous veiller à emporter ces documents au travail, en vacances ou aux assemblées. Ne les oubliez jamais! (…)Que devez-vous faire de ces renseignements pour être prêt à affronter un problème médical qui mettrait votre foi à l’épreuve? D’abord: Révisez ces questions en famille et répétez ce que vous direz et ferez, surtout en cas d’urgence. »
- ^ cf. Ministère du Royaume, semaine du 19 au 25 Décembre 2005 :
« Votre enfant est-il en mesure de prendre une décision mûre?" Partie présentée par un ancien. (...) Terminez en encourageant les parents à revoir cet article de La Tour de Garde et à organiser ensuite des discussions et des séances d'exercice avec leurs enfants au sujet du commandement biblique relatif au sang. Les enfants apprendront ainsi à exprimer leurs croyances de façon convaincante. Les chefs de famille s'assureront que ceux de leurs enfants qui sont baptisés ont tous sur eux la carte Instructions médicales, et que ceux qui ne sont pas baptisés portent tous la Carte d'identité. »
- ^ Quand l’intérêt de Jéhovah prime sur celui de l’enfant BULLES N°87, 3ème trimestre 2005, Spécial Témoins de Jéhovah
- ^ Nathalie Luca, anthroplogue au CNRS déclare que " des recherches sociologiques ont montré que très peu de ces enfants devenaient eux-mêmes Témoins de Jéhovah, ce qui montre qu'ils ne sont pas totalement aliénés par le groupe " (La Croix, lundi 6 août 2001, p. 3) Ce que confirme une enquête sociologique de la SOFRES : parmi l'ensemble des foyers ayant des enfants, seuls 27% ont baptisé tous leurs enfants, et 28% certains d'entre eux (TÉMOINS DE JÉHOVAH - Rapport de synthèse, réf. MHI-MVN 98-204, octobre 1998, SOFRES.)
Voir aussi
- La commission parlementaire de 2006: "L'enfance volée : Les enfants dans les sectes "
- Le prosélytisme et les enfants chez les Témoins de Jéhovah
Liens externes favorables aux TJ
- La Watchtower encourage-t-elle ses lecteurs à martyriser leurs enfants
- Privés d'enfance?
- religion et famille
- Caractère sacré du sang/La question des mineurs

