Le symbole de la croix et les Témoins de Jéhovah
Un article de Témoins de Jéhovah: TJ-Encyclopedie, l'encyclopédie libre sur les Témoins de Jéhovah.
Depuis 1936 [1], les Témoins de Jéhovah considèrent que Jésus-Christ est mort sur un poteau et non une croix. Ce point de vue a été officialisé dans le livre Richesses[1]Partant du principe que la croix est un symbole païen, ils considèrent avoir purifié leur mouvement d'une erreur doctrinale et d'une idôlatrie contraire aux Ecritures [1][1][1].
Le premier argument des Témoins de Jéhovah pour ce changement est d'ordre étymologique, le terme grec σταυροσ, traduit dans nos bibles par "croix" aurait comme signification principale "poteau". Le second vient du fait que les romains ont bien utilisé ce mode d'exécution et ce aux temps de Jésus. Les sources qu'ils utilisent datent néanmoins du XIXème siècle ou du début XXème: Il s'agit notamment du dictionnaire de W.E Vines (1940), d'un ouvrage de Hermann Fulda (1878), d'un ouvrage du spirite John Denham Parsons (1898), du dictionnaire The Companion Bible de E.W Bullinger (1909-1922) qui est la première source citée par le mouvement dans la revue l'Age D'or en Novembre 1935. [1]
Sommaire |
Etymologie
Etymologie biblique
ets (hébreu)
Dans le livre d'Esther, Mardochée est menacé d'être attaché (talah en hébreux) à un arbre ou un bois (ets en hébreu) par les Perses jusqu'à la mort. (Esther 2:23;Esther 5:14)
Stauros (grec)
Se basant sur Matthieu 27:40, les Témoins de Jéhovah citant plusieurs biblistes [1], signalent que le mot grec rendu par "croix" dans ce passage (σταυροσ) dans différentes traductions de la Bible, emporte comme sens premier celui de "poteau".[1][1] Ils reconnaissent néanmoins que ce mot grec a fini par représenter la croix mais datent indirectement ce glissement sémantique en citant Vine qui pense que cela eu lieu au IIIème siècle de notre ère notamment,au temps de l'Empereur Constantin[1] [1]. Néanmoins, un philosophe romain du IIème siècle de notre ère (117-180) dénommé Lucien de Samosate, dans un essai sur les voyelles, discutant sur la lettre Tau (notre T), montre que ce glissement sémantique est beaucoup plus vieux:- " Les hommes gémissent, se désolent, et maudissent souvent Cadmus lui-même d'avoir introduit le Tau dans la famille des lettres. Ils disent que c'est à son image, que c'est à l'imitation de sa figure que les tyrans ont fait tailler le bois sur lequel ils les mettent en croix (25). C'est de lui, en effet, qu'on a donné ce nom sinistre à cette sinistre invention. Or, pour tous ces forfaits, de combien de maux le jugez-vous digne ? Quant à moi, je ne sais qu'un supplice qui puisse égaler ses crimes, c'est qu'il soit attaché à sa propre figure, puisque c'est sur lui que les hommes ont pris modèle pour fabriquer la croix (stauros dans le texte original), et que c'est de lui qu'ils l'ont ainsi nommée."[1]
Lucien toujours, dans son texte Prométhée ou le Caucase dans un dialogue entre Vulcain et Mercure sur le sort de Prométhée précise aussi le sens du verbe anastaurou qui a la même racine que stauros:
- "mais, si tu veux bien, attachons-le (anestaurusthai) à une hauteur moyenne, ici, au-dessus de ce précipice, les mains étendues, l'une sur ce rocher, l'autre sur celui qui est en face."
Ainsi les mains de Prométhée forment bien une croix et le texte de faire dire à Mercure:
- "Tu as raison. Ces roches sont escarpées, inaccessibles et pendantes de tous côtés : ce précipice n'offre qu'une place étroite où l'on puisse poser le pied ; à peine s'y peut-on tenir sur la pointe : nous ne saurions trouver de croix plus commode. Allons, Prométhée, pas de retard : monte ici, et laisse-toi de bonne grâce clouer à cette montagne."[1]
Pour défendre son point de vue le mouvement cite générallement des dictionnaires en ommettant généralement les passages qui leur posent difficulté:
- Le Dictionnaire encyclopédique de la Bible de Alexandre Westphal est cité de manière incomplète par l'encyclopédie jéhoviste Perspicacité (Page 623) article "Poteau (être attaché sur un)", vous trouverez en gras ce qui a été oublié:
- "Le mot croix [...] traduit (comme crux de la Vulgate) le grec stauros, qui signifie d'abord pieu (élément de palissade ou de fortification), pal (instrument de supplice employé par Assyriens, Perses, Carthaginois, Égyptiens), ou encore poteau auquel était attaché ou suspendu le supplicié jusqu'à ce que mort s'ensuivît.Ce pal et ce poteau sont nommés en latin crux simplex. Les Grecs et les Romains qui employèrent ce mode de supplice modifièrent de bonne heure l'aspect du poteau en le surmontant d'une traverse. C'est la crux commissa, en forme de T.
- "La forme généralement connue (la croix) est la crux imniissa des Romains ou croix latine. Il est probable que la croix de Jésus avait cette dernière forme, portant au sommet l'inscription (voir ce mot)." [1]
Xylon (grec)
Mot utilisé par les apôtres Pierre et Paul pour désigner l'instrument de torture sur lequel Jésus est mort ( Actes 5:30; Actes 10:39; Actes 13:29; Galates 3:13; 1 Pierre 2:24). Les Témoins de Jéhovah font remarquer que ce terme signifie "bois" ou "poteau" [1], . Pour ce dernier sens, il s'agit d'une interprétation restreinte de la part des rédacteurs jéhoviste, ce mot a plusieurs sens : bois, arbre, branches, unité de mesure, instruments de torture comme dans Aristophane ou Hérodote (pilori, poteau ou croix par exemple). Il a été utilisé par Paul en Galates 3:13 pour faire un lien prophétique avec Deutéronome 21:22.Dans le livre "Comment raisonner" des Témoins de Jéhovah on peut noter une citation partielle et partiale d'un dictionnaire sur ce terme grec, dictionnaire qui éclaire justement le sens du mot:
"Quel fut l’instrument utilisé pour l’exécution du Fils de Dieu? On notera avec intérêt que les Écritures le désignent parfois par le mot xulon, qu’un lexique grec-anglais (Greek-English Lexicon de Liddell et Scott) définit ainsi: “Bois coupé et prêt à être utilisé, bois de chauffage, bois de construction, etc. (...), pièce de bois, bûche, poutre, pieu, (...) gourdin, bâton, (...) poteau sur lequel les criminels étaient empalés, (...) bois sur pied, arbre.” Il ajoute “dans le NT, croix” et cite l’exemple d’Actes 5:30 et 10:39 (Oxford, 1968, pp. 1191, 1192). "
Les (...)mis en gras correspondent à la définition "instrument de torture" qui n'est mentionné dans la citation du livre jéhoviste que par la fin de sa phrase "poteau sur lequel les criminels étaient empalés". Il faut comprendre que la citation des Témoins de Jéhovah reprend bien chaque définition principale des 6 sens possibles de xylon sauf sur ce point de "instrument de punition" où la citation ne cite que la fin de la définition à savoir "poteau". En effet si les Témoins montrent à leurs lecteurs que xylon peut signifier n'importe quel sorte d'instrument de torture ou d'éxécution en bois, il faudrait reconnaître qu'il peut aussi désigner une croix, ce que déclare clairement ce dictionnaire et ce juste avant "poteau...." Voici cette définition (en gras la partie tronquée):
ξύλον [ῠ], τό (pl. spelt ξύλεα Abh. Berl. Akad. 1928(6).32 (Cos, v B. C.)), wood cut and ready for use, firewood, timber, etc., Hom., mostly in pl., Il.8.507,547, Od.14.418 ; ξ. νήϊα ship-timber, Hes.Op. 808 ; ξ. ναυπηγήσιμα Th.7.25, X.An.6.4.4, Pl.Lg.706b, D.17.28 ; ξ. τετράγωνα logs cut square, Hdt.1.186, cf. Pl.Prt.325d, Arist.EN 1109b7.
2 in pl., also, the wood-market, ἐπὶ ξύλα ἰέναι Ar.Fr. 403.
II in sg., piece of wood, log, beam, post, once in Hom., ξ. αὖον . . ἢ δρυὸς ἢ πεύκης Il.23.327 ; ξ. σύκινον spoon made of fig wood, Pl.Hp.Ma.291c ; peg or lever, Arist.MA701b9 ; perch, ἐπὶ ξύλου καθεύδειν Ar.Nu.1431 : by poet. periphr., Ἀργοῦς ξύλον A.Fr.20 ; ἵπποιο κακὸν ξ., of the Trojan horse, AP9.152 (Agath.) : hence anything made of wood, as,
2 cudgel, club, Hdt.2.63,4.180, Ar.Lys.357, PHal.1.187 (iii B.C.); μετὰ ξύλων εἰσπηδῆσαι PTeb.304.10 (ii A.D.); ξύλοις συντρίψειν Luc.Demon.50 ; of the club of Heracles, Plu.Lyc.30.
3 an instrument of punishment, wooden collar, put on the neck of the prisoner, ξύλῳ φιμοῦν τὸν αὐχένα Ar.Nu.592 ; ἐς τετρημένον ξ. ἐγκαθαρμόσαι . . τὸν αὐχένα Id.Lys.680 ; or, stocks, in which the feet were confined, Hdt.9.37, 6.75, Ar.Eq.367, D.18.129 ; ξ. ἐφέλκειν Polyzel.3 ; ἐν τῷ ξ. δεδέσθαι Lys.10.16 (v. ποδοκάκκη), cf. Act.Ap.16.24, OGI483.181 (Pergam., ii A.D.) : also in pl., ἔδησεν ἐν τοῖς ξ. And.1.45. πεντεσύριγγον ξύλον (v. sub voc.) was a combination of both, with holes for the neck, arms, and legs, Ar.Eq.1049. gallows, κρεμάσαι τινὰ ἐπὶ ξύλου LXX De.21.22 ; ξ. δίδυμον ib.Jo.8.29 : prov., ἐξ ἀξίου τοῦ ξύλου κἂν ἀπάγξασθαι, i.e. if one must be hanged, at least let it be on a noble tree, App.Prov.2.67, cf. Ar.Ra.736 ; in NT, of the cross, Act.Ap.5.30,10.39.'stake on which criminals were impaled, Alex.222.10.
4 bench, table, esp. money-changer's table, D.45.33.
5 πρῶτον ξύλον front bench in the Athenian theatre, Ar.Ach.25, V.90, cf. Sch.adlocc. : hence οὑπὶ τῶν ξύλων the official who had to take care of the seats, Hermipp.9 (according to Meineke).
6 the Hippocratic bench, Hp.Fract.13, Art.72.
III of live wood, tree, [ὄρος] δασὺ πολλοῖς καὶ παντοδαποῖς καὶ μεγάλοις ξύλοις X.An.6.4.5, cf. Call.Cer.41, Agatharch.55, LXX Ca.2.3, al. : opp. σάρξ, Thphr.HP1.2.6,al. ; τῷ ξ. τοῦ δένδρου ἀνάλογον τὴν λεγομένην εἶναι γῆν Plot.6.7.11 ; τὸ ξ. τῆς ἀμπέλου E.Cyc.572; εἴρια ἀπὸ ξύλου, of cotton, Hdt.3.47 ; εἵματα ἀπὸ ξύλων πεποιημένα Id.7.65, cf.Poll.7.75. of persons, blockhead, APl.4.187 ; of a stubborn person, σίδηρός τις ἢ ξ. πρὸς τὰς δεήσεις Ach.Tat.5.22. a measure oflength, = 3 (also 2 2/3) cubits, the side of the ναύβιον, Hero *Geom.23.4,11, POxy.669.11,28 (iii A.D.), 1053 (vi/vii A.D.)[1]
Etymologie profane
skolops (grec)
Terme désignant un pieu ou un poteau en grec servant à l'empalement c'est à dire destiné à transpercer le corps du supplicié de bas en haut[1]. Dans le même ordre d'idée le verbe qui en dérive aneskolopise désigne chez plusieurs auteurs grecs l'empalement. Néanmoins avec le temps et chez un auteur du IIème siècle de notre ère comme Lucien de Samotase, ce verbe sera associé à la crucifixion sur un T ou Tav.[1]
Patibulum (latin)
Ce mot désigne en latin aux temps de Jésus, la barre transversale de la croix sur laquelle étaient attachés de part et d'autres les mains du crucifiés. Il a comme sens originel celui de fourche pour la vigne ou de barre horizontale de soutien d'une porte, par extension il en est venu à signifier l'instrument de supplice mis sur le dos des esclaves punis par leur maîtres, qu'ils devaient transporter à travers la ville en se faisant flageller. Par la suite le patibulum a été lié au supplice de la croix, pour finir par désigner celle-ci dans son entier. L'utilisation de ce terme et son sens sont attestés plusieurs siècles avant Jésus Christ comme par exemple dans les écrits de Plaute (254–184 Av J.C). Dans Miles Gloriosus, il fait dire à un de ces personnages, Palaestrio, "Te voilà dans la bonne posture pour marcher dans un instant à la porte de la ville, les deux mains en croix et le carcan au col", l'expression en italique peut être traduite littéralement du latin par "tes mains étendues sur le patibulum".[1] Dans un autre texte Plaute fait la différence entre le patibulum qui devait être porté par le supplicié, et la croix sur laquelle ce supplicié était finalement attaché.[1]. Quelques siècles plus tard un auteur comme Plutarque, utilise le mot grec stauros de la même manière qu'un auteur romain aurait utilisé patibulum en latin.[1]Crux (latin)
Pour désigner l'instrument de la crucifixion, les romains utilisaient le mot latin crux. La crucifixion étant attestée bien avant la naissance de Jésus et pour être cohérent avec leur théorie, les Témoins de Jéhovah doivent croire que ce mot désignaient un simple poteau au moment de la crucifixion de Jésus. Pour celà ils citent plusieurs travaux soit en tronquant leur source, soit en lui faisant dire ce qu'ils ne disent pas:- Tite-Live aurait selon eux utiliser le mot crux dans le sens de "poteau" [1]. Néanmoins ils ne fournissent ni une citation de Tite-Live, ni l'ouvrage qui affirmerait ces propos. Après quelques recoupements, il s'agit de l'ouvrage qu'ils citent par ailleurs de John Denham Parsons au chapitre 2 [1], celui-ci donne comme référence le chapitre 28 paragraphe 29 de "l'histoire romaine de Tite-Live. Dans ce passage Tite-Live n'utilise pas "crux" mais "palos" ce qui signifie "poteau"[1].Il s'agit donc d'une grossière erreur des auteurs jéhovistes par Parsons interposé, Tite-Live n'a pas utilisé le mot crux dans le sens de "poteau".
- Dans l'appendice 5C de leur Bible à référence (1996) ils citent le dictionnaire de Lewis et Short (A Latin Dictionnary - 1879) pour le mot crux en ne citant que la première partie de la définition principale quand il y en a deux l'une emportant l'idée d'arbre ou potence qui est citée[1] l'autre qui emporte l'idée de la croix qui n'est pas citée [1].
- Le livre "Comment Raisonner à partir des Ecritures" (1985) cite The Imperial Bible Dictionnary (1874) Vol I, P. 376[1]:
- "C’est ce que reconnaît un dictionnaire biblique en ces termes: “Le mot grec [stauros] que l’on traduit par croix signifie à proprement parler poteau; c’est un pieu dressé, ou palis, auquel on pouvait pendre quelque chose, ou qui pouvait servir à clôturer un terrain. (...) Même chez les Romains, la crux (dont dérive notre mot croix) devait être à l’origine un poteau droit.” — The Imperial Bible-Dictionary (Londres, 1874) de P. Fairbairn, tome I, p. 376." Livre "Comment Raisonner" Article "Croix" Page 77.
- L'article complet de ce dictionnaire peut se traduire comme suit (en gras les passages omis):
- "Le mot grec [stauros] que l’on traduit par croix signifie à proprement parler poteau; c’est un pieu dressé, ou palis, auquel on pouvait pendre quelque chose, ou qui pouvait servir à clôturer un terrain.Mais une modification fût introduite tandis que l'usage et la domination de Rome s'étendaient aux peuples parlant grec. Même chez les Romains, la crux (dont dérive notre mot croix) devait être à l’origine un poteau droit et resta toujours la partie la plus proéminente. Mais à partir du moment où il fût utilisé comme un instrument de punition, une pièce de bois transversale fût ajoutée: néanmoins pas à tous les coup (...) Il ne fait néanmoins aucun doute que la dernière forme fût la plus courante, et que durant la période des évangiles, la crucifixion était couramment exécutée en suspendant le criminel sur une pièce de bois en forme de croix." [1]
Les informations de la Bible
Plusieurs versets bibliques sont souvent évoquées dans le débat pour en déduire le mode d'exécution de Jésus: Deutéronome 21:22, 23 cité par l'apôtre Paul en Galates 3:13
Deutéronome:
"Si l’on fait mourir un homme qui a commis un crime digne de mort, et que tu l’aies pendu à un bois,son cadavre ne passera point la nuit surle bois (hébreu ets -Traduction du Monde Nouveau: poteau ) ; mais tu l’enterreras le jour même, car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu, et tu ne souilleras point le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour héritage."
Galates:
"Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous-car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois (grec xulon. Traduction du Monde Nouveau : poteau)"[1]
Il s'agit dans le passage de Galates plus d'une signification théologique que physique (Jésus n'a pas été pendu mais fixé sur son instrument de supplice). Les termes tant hébreu (ets) que grec (xulon) ne sont pas assez précis pour désigner la forme de l'instrument d'exécution, chacun pouvant se rapporter à une foultitude d'instrument composé de bois, y compris un vulgaire arbre. La traduction "poteau" est donc orientée, la traduction "bois" fait par contre bien ressortir l'impossibilité de savoir sur quoi exactement le condamné est pendu. De plus la coutûme juive reliée à Deutéronome 21:22 prévoyait que les condamnés soient tués par lapidation puis attachés ensuite au bois après leur mort comme le montre en exemple le contexte du verset. (Jésus est mort sur le gibet et non avant d'avoir été fixé sur celui-ci):
"Ils diront aux anciens de sa ville : Voici notre fils qui est indocile et rebelle, qui n’écoute pas notre voix, et qui se livre à des excès et à l’ivrognerie. Et tous les hommes de sa ville le lapideront, et il mourra. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi, afin que tout Israël entende et craigne." (Deutéronome 21:20,21)[1]
Jean 20:25
Ce verset rapporte les propos du disciple Thomas après la résurrection de Jésus. Ce disciple parle qu'il veut voir la marque des clous dans les mains de Jésus écartant ainsi la possibilité d'un seul clou planté dans les mains de Jésus tel que le représentent les Témoins de Jéhovah, si Jésus avait été cloué sur un poteau. Ce texte s'harmonise donc avec l'idée d'un Jésus crucifié avec un clou dans chaque mains, ce qui donne plusieurs clous en tout, néanmoins on peut aussi supposer que les romains même dans le cadre d'un poteau aient plantés plusieurs clous dans les mains de Jésus
- Le fait que Jésus est dû porter sa croix ou son poteau de supplice. Il est admis par plusieurs textes anciens que les suppliciés du temps des romains portaient le patibulum [1], c'est à dire la partie transversale de la croix qui pouvait faire de 37 à 55 Kg [1] sur leurs épaules attachés à leurs bras. Comme notez plus haut, Plutarque dans un de ces textes montre qu'en grec stauros a pu remplacé en grec ce qui signifiait patibulum chez les auteurs latins.
Matthieu 27:37
Ce verset déclare, que Jésus mis sur son instrument de supplice, avait "posé au-dessus de sa tête" le titulum, l'écriteau sur lequel la raison de sa condamnation était écrite pour en informer les passants. Ce détail laisse penser que Jésus est mort sur une croix, puisque l'écriteau se trouvait au-dessus de sa tête et non de ses mains dans le cas d'un poteau. Néanmoins un Témoin de Jéhovah sur un forums attire l'attention sur le terme grec epano traduit par "au-dessus", qui ne signifie pas forcément "immédiatement au-dessus" mais aussi "plus haut", et qui peut être utilisé même avec un obstacle entre les deux objets qu'il relie.
Données historiques
Les auteurs classiques
9ème siècle avant J.C
- Chez Homère, on retrouve le terme stauros qui prend comme sens celui de pieu:
"Et il le trouva assis sous le portique, en un lieu découvert où il avait construit de belles et grandes étables autour desquelles on pouvait marcher. Et il les avait construites, pour ses porcs, de pierres superposées et entourées d'une haie épineuse, en l'absence du Roi, sans l'aide de sa maîtresse et du vieux Laertès. Et il avait planté au dehors des pieus (staurous en grec) épais et nombreux, en coeur noir de chêne ; et, dans l'intérieur, il avait fait douze parcs à porcs."[1]
5ème siècle avant J.C
- Thucydides dans son Histoire de la guerre du Péloponèse parle de
"Inaros, ce roi des Libyens, l'instigateur des troubles de l'Ëgypte, il fut pris par trahison etempalé. (anestaurotheen grec)"[1]
Epoque de Jésus Christ
- '''Sénèque le Jeune(4 av.JC-65 ap. JC)
"Je vois chez les tyrans des croix de plus d'une espèce, variées à leur fantaisie : l'un suspend ses victimes la tête en bas ; l'autre leur traverse le corps d'un pieu qui va du tronc à la bouche, d'autres leur étendent les bras à une potence(alii brachia patibulo explicuerunt)[1]
Les Pères de l'Eglise
1er siècle de notre ère
L'épitre de Barnabé est datée de la fin du 1er siècle, au maximum avant 135 de notre ère. Prétextant que Abraham avait circoncis 18 et 300 membres de sa maison, l'auteur de l'épitre explique:" 8 L'Écriture dit en effet: " Abraham circoncit les hommes de sa maison au nombre de 18 et 300 . De quel mystère reçut-il donc la connaissance? Remarquez qu'on nomme d'abord les dix-huit, et après un intervalle les trois cents. Dix-huit, c'est: dix, iota, huit, êta --ce qui fait I H = Jésus. Et comme la croix (σταυρὸς - stauros en grec) en forme de tau est source de la grâce,on ajoute encore trois cents = T'. Jésus est désigné par les deux lettres, la croix par la seule troisième." (Epitre de Barnabé 9:8)[1]
'
Dans le même ordre d'idée au Chapitre 12:2
"Dieu parla encore à Moise lorsque Israël était à se défendre contre les tribus étrangères; il lui remémora que cette guerre même était le signe de la mort qu'ils méritaient à cause de leurs péchés. L'Esprit-Saint inspira à Moïse une attitude figurant la croix et Celui qui devait y souffrir, car voilà le sens du geste: moins d'espérer en cette croix, ils seraient livrés à une guerre éternelle. Moïse entassa donc boucliers sur boucliers au milieu du champ de bataille, et se plaçant sur le tas de façon à dominer les autres, il étendit les bras; (grec: ἐξέτεινεν τὰς χεῖρας-exeteinen tas cheiras) c'est ainsi qu'Israël reprit l'avantage."[1]
2ème siècle de notre ère
Justin de Naplouse (100-168 de notre ère), père de l'Eglise grec, dans son Dialogue avec Tryphon évoque la croix du Christ à plusieurs reprises[1]:
"Quand le Peuple fît la guerre contre Amalec et que le fils de Nun, Josué diriga la lutte. Moïse en personne pria Dieu, étendant ses mains(tas cheiras echateros echpetasas en grec) et Hur et Aaron les soutenaient toute la journée afin qu'elles ne tombent pas quand il était fatigué. En effet s'il renonçait à faire ce signe, qui était une imitation de la croix (stauron en grec), le peuple était battu, comme il est dit dans les écrits de Moïse; mais s'il restait dans cette position, Amalek était battu, et celui qui prenait le dessus, le prenait par la croix.(staurou en grec)" Dialogue avec Tryphon chapitre 90:4,5[1]
"De même la prescription de faire rôtir l'agneau tout entier: C'était un symbole de la souffrance sur la croix (tou patous tou staurou en grec) dont Christ devait souffrir. L'agneau qui est rôti, est rôti et préparer en forme de croix (stauros en grec): l'une des brôches dressées le transperce des membres inférieurs jusqu'à la tête, l'autre passe au travers du dos, sur laquelle on fixe les pattes de l'agneau." Dialogue avec Tryphon Chapitre 40[1]

