ONU
Un article de Témoins de Jéhovah: TJ-Encyclopedie, l'encyclopédie libre sur les Témoins de Jéhovah.
"Le clergé de la chrétienté et les rabbins juifs ont beau prier pour que le ciel la bénisse, l’ONU n’est une bénédiction pour personne. Elle est plutôt “l’image de la bête sauvage” qui figure l’organisation politique de Satan, le “dieu de ce système de choses”. Aussi sera-t-elle bientôt détruite avec cette organisation bestiale. — Révélation 13:1-18; II Corinthiens 4:4." Tour de Garde du 15 Décembre 1984 Page 26
Dans la théologie des Témoins de Jéhovah, et ce depuis 1919, la Société des Nations puis l'Organisation des Nations-Unis sont des créations de Satan pour égarer les hommes, et toutes les religions qui pactisent avec et donc éloignées et opposées à Dieu. Cependant, en 2001, un ex-Témoin de Jéhovah canadien a découvert que l'organisation Watchtower Bible and Tract Society était affiliée en tant qu'Organisation Non Gouvernementale au bureau DPI des Nations-Unis. Il en a fait la publicité sur un forum d'ex-Témoins de Jéhovah et à la presse. Quelques jours après la publication d'un article sur le sujet par le journal The Guardian, la société Watchtower résiliait cette association.
Doctrine
La génèse: La Société des Nations
1919, les hésitations
La première référence à la Société des Nations apparait dans La Tour de Garde du 1 Février 1919 (anglais). L'auteur citant une revue qui en cite une autre, pense lire dans l'article une possible domination de l'Église Catholique sur la future Société des Nations. Néanmoins il n'en tire encore aucune conclusion. [1]
Encore plus floue est La Tour de Garde du 15 Février 1919, l'auteur tournant ses yeux vers la future et parfaite "Société des Nations" venant de Dieu, ne peut en retour "qu'admirer les hauts principes contenus dans la Société des Nations proposée" (celle qui vient donc des hommes). Détaillant le programme de la Société des Nations tel que le président américain Wilson la voit, l'auteur finit par écrire "C'est vraiment idéal, et approche en petit ce que Dieu a prévu de fournir après la grande tribulation",[1]. Néanmoins les Étudiants de la Bible sont toujours dans l'optique du début de l'anarchie générale ou grande tribulation qu'ils pensent avoir vu débuté en Octobre 1917 comme le dénote une lettre d'un lecteur (Woodworth ?) dans le même numéro,[1] dès lors on peut se demander si la création de la Société des Nations leur est antipathique quand leurs yeux sont tournés vers les prédictions du livre Le Mystère Accompli. Au contraire, toujours dans le même numéro, un auteur de cette revue note que la capitale proposée pour la Société des Nations a été Jérusalem, et il y voit la main de Dieu. [1] Alors en Février 1919, la Société des Nations est-elle l'ennemi de Dieu selon le mouvement des Étudiants de la Bible? Il ne semble pas que celà soit si claire, bien qu'elle soit différenciée du futur Royaume de Dieu, tant l'esprit de sa constitution que le choix possible de sa capitale sont interprétées positivement comme en harmonie avec Dieu... mais pour combien de temps encore?
La Tour de Garde du 1er Mars 1919 déclare que les chrétiens attendent la solution aux problèmes actuels " ni par le socialisme, ni par une régulation gouvernementale ni par une quelconque Société des Nations, néanmoins, aussi désirable une telle solution soit-elle, mais par le pouvoir du Christ Jésus et son Église."[1]
La Tour de Garde du 15 Mars 1919 note avec joie le 19ème article de la constitution en débat de la future Société des Nations instaurant le retour des juifs en palestine et la constitution d'un État juif, il y voit un accomplissement de la prophétie divine. Il faut noter que cette interprétation des Écritures a été depuis abandonnée en 1929 par les Témoins de Jéhovah [1]
En Avril, l'anarchie n'est pas réalisée, il s'agit dès lors de valider le fait que la Société des Nations arrive bel et bien. La Tour de Garde du 1er Avril 1919 fait un parallèle entre les dix rois qui doivent gouverner une heure seulement en Revelation 17:12-13 et les 10 nations Européennes supposées faire partie de la Société des Nations. De plus le soutien de l'Église Catholique est de nouveau présenté [1]
Rutherford et ses collaborateurs sont libérés depuis la fin mars 1919, il semble par l'évocation à peine subliminale de la libération de prison que La Tour de Garde du 15 Avril 1919 accueille les propos du président dans l'article qui a pour titre "La liberté en Christ". Dans cet article, on peut noter la possible première évocation de l'interprétation qui va devenir officielle, en effet l'auteur évoque le fait que la création de la Société des Nations va aboutir car elle est prévue dans les Écritures. Ainsi sans détailler son avis, l'auteur voit bien cette Société des Nations dans les prophéties bibliques.[1]
À partir de Septembre 1919
En guise de préparation à ce qui deviendra une doctrine claire sur la Société des Nations, la Tour de Garde du 15 Mai 1920[1] cite la Société des Nations en même temps que les mouvements religieux interconfessionnelles comme des institutions humaines faillibles qui n'apporteront pas la solution contrairement au Royaume de Dieu, plus tard le Golden Age du 7 Juillet 1920 prend pour thème "l'imbroglio de la Société des Nations", il s'agit de plusieurs articles tirant un portrait politique et négatif de la Société des Nations: La Société des Nations serait contraire à l'esprit que voulait lui donner le président américain Wilson par la faute des diplomates européens, le Traité de Versailles couplé à la création de la SDN serait injuste. Les États-Unis ne pourrait faire parti d'une super-structure qui aliénerait sa liberté de décision politique. Les races blanches seraient en minorité dans cette nouvelle structure, ce qui selon le rédacteur est "à prouver que ce soit pour le bien général" (Page 613). Ainsi la SDN donnant le pouvoir à quelques nations au détriment des autres, les USA n'ayant qu'un droit de vote comme tout autre nation de second rang (au même titre qu'un "insignifiant protectorat mahométain et autre peuples de second plan" (page 619) ) ainsi que le fait que cette SDN ne regroupant pas vraiment toutes les nations du monde, entraine une critique générale de la SDN par le Golden Age. Les arguments politiques peuvent surprendre ceux qui n'ont pas lu cette revue dans cette période, on est effectivement très loin du thème de la neutralité politique, néanmoins c'est une habitude du Golden Age, de plus il semble que les arguments présentés, y compris les arguments racistes évoqués ci-dessus, sont couramment évoqués aux États-Unis à cette époque et cela amènera ce pays à ne pas participer à la SDN. Enfin la revue aborde la question de la SDN en rapport avec Dieu, très loin de la doctrine de la "fornication spirituelle", elle note négativement que l'évocation de prière à Dieu a été écartée des cérémonies de la SDN et que le Pape et le Vatican pourraient être invité à participer à la SDN. L'article conclue alors par la citation Isaie 8:9-13 déjà citée dans la Tour de Garde du 15 Mai 1920.
La Tour de Garde du 1er Juin 1920 publie une lettre étonnante d'un étudiant de la Bible allemand. Se basant sur l'alliance de plusieurs rois protestants en 1528 et leur chute trois années après, cet étudiant fait une comparaison avec la Société des Nations qui a été créée en 1918 et arrive à la date 1921 tant pour la chute de l'église Catholique que des églises protestantes.[1]
C'est dans le Golden Age du 29 Septembre 1920 que la doctrine sur la Société des Nations est clairement définie pour la première fois dans son intégralité dans une revue du mouvement: une conspiration est fomentée par les clergés protestant et catholique et les géants financiers et les milieux politiques (la Trinité non Sainte ), contre les "oints du Seigneur" et le commun peuple en mettant en place une contrefaçon du Royaume de Dieu: La Société des Nations. (Page 708,719).Celle-ci est saluée comme un Sauveur par ceux-ci. Le clergé cherchant à s'allier avec les éléments politiques et financiers commettent la "fornication spirituelle" (Page 709).
"La bête écarlate" d'Apocalypse 17 et "l'abomination de la désolation"
Le 1er Janvier 1921, la Tour de Garde identifie la Société des Nations avec la bête écarlate d'Apocalypse 17[1] Pour le rédacteur il s'agit d'un complot britannique pour avoir la mainmise sur les Etats-Unis. De même, il considère que le contrôle de la Palestine par le Royaume-Uni sous la juridiction de la Société des Nations prouve que celle-ci est "l'abomination de la désolation" prévue par le prophète Daniel et Jésus pour marquer la fin des temps. Selon l'auteur depuis 1918, la palestine appartient à Jéhovah et ne doit plus être contrôler par une autorité humaine, qui dès lors se "tient dans un lieu saint" (Matthieu 24:15). Se basant sur Révélation 17:8 qui déclare que la bête est tombée puis remontée de l'abîme, il déclare que la Société des Nations est la résurgence de l'Empire Romain.[1] La Tour de Garde du 1er Avril 1922 nous apprend que cette Société des Nations a été monté par Satan pour contrer l'arrivée du Royaume de Jésus en 1914.[1]
Le 10 Septembre 1922, lors de leur assemblée tenue à Cedar-Point (USA) les Etudiants de la Bible produisent une déclaration pour annoncer que le Royaume de Dieu sera le seul moyen pour apporter une paix et une sécurité durable, la Société des Nations y est mentionnée, pour affirmer son échec [1]
En 1931, dans le volume 2 du livre Lumière, Rutherford identifie toujours la Société des Nations à la bête écarlate de Révélation 17:3, mais il la définit comme la résurgence de la conférence internationale de paix de la Haye formée en 1899 après la première guerre mondiale et plus à la résurgence de l'Empire Romain [1]
La difficile transition de la Société des Nations vers l'ONU
Au début de la guerre, la Société des Nations ne sert à rien, bien qu'elle soit en retrait dans les affaires internationales par son inutilité, le mouvement continue à parler d'elle. Selon une Tour de Garde du 1er Novembre 1940, c'est elle qui a ouvert la voie au totalitarisme, "l'abomination qui cause la désolation" est maintenant l'alliance des dictatures et de l'Eglise Catholique et plus la Société des Nations [1] Pour assurer la transition, alors que l'attention du mouvement est maintenant concentré sur Hitler, un article de La Tour de Garde de 1941 explique que Hitler a pris le pouvoir grâce a un complot visant à rétablir "le Saint Empire Romain" et fomenté par des nations appartenant à la Société des Nations, y compris les Etats-Unis. Hitler pourrait être Gog de Magog[1]
1986, l'ONU en tant que conspiration mondiale satanique
L'apogée de la théologie de Frédérick Franz se matérialise dans une série de livres dans les années 80, les derniers de cette série, se voient expliciter dans les Tour de Garde de l'époque, par exemple une Tour de Garde d'Avril 1987 faisant référence au livre "Prince de Paix"décrit "les Nations Unies" comme "une gigantesque conspiration mondiale" [1] orchestrée par "les nations soumises au prince de ce monde, Satan le Diable".
Vers un changement doctrinal comme le concept de "génération" ?
Ayant à l'esprit les nombreuses tentatives de collaboration des Témoins de Jéhovah avec les instances internationales comme l'ONU, l'OSCE ou le Conseil de l'Europe, souvent par le biais du status d'ONG des officines officielles des Témoins de Jéhovah ou par une association parallèle comme l'AMS, on peut se demander si la théologie des Témoins de Jéhovah sur "l'image de la bête", à savoir l'ONU pourra encore tenir longtemps. Peux-t-on décrire comme "satanique" un instrument dont on se sert régulièrement pour asseoir ses droits à la liberté de religion?
Déjà on peut noter un changement dans l'absence de citations régulières de la prophétie concernant l'ONU: il est devenu rare que les revues Témoins de Jéhovah évoquent l'ONU en rapport avec la fin des Temps et comme étant l'ennemi de Dieu. De plus quand celà lui arrive, un leger changement a été noté, ce n'est plus l'ONU qui détruira les religions et se retournera ensuite contre les Témoins de Jéhovah, mais bien des éléments au sein de l'ONU. [1] Dès lors, assiste-t-on à une amorce de changement sur l'identité de "l'image de la bête" comme on a pu le vivre dans les années 90 pour le concept de génération ? Si c'était le cas, c'est un point doctrinal central depuis 1919, qui serait remis en cause, bien plus important que le concept de génération qui si l'on suit son historique, a été dans un premier temps redéfini pour finalement disparaître des revues Témoins de Jéhovah sans être officiellement abandonné.
Un Témoin de Jéhovah peut-il s'associer, aider ou soutenir l'ONU suivant les écrits du mouvement?
Livre Révélation chapitre 34 page 248:
L’ONU n’a pas de solutions à proposer. En effet, ce n’est pas Celui qui donne la vie à tous les humains qui l’a fait venir à l’existence. Son existence sera de courte durée, car, selon le décret de Dieu, “ elle va s’en aller à la destruction ”. Les noms des fondateurs et des admirateurs de l’ONU n’ont pas été écrits dans le rouleau de vie de Dieu. Comment des hommes pécheurs et mortels, dont beaucoup se moquent du nom de Dieu, pourraient-ils réaliser par le moyen de l’ONU ce que, selon ses propres paroles, Jéhovah Dieu est près d’accomplir, non pas par des moyens humains, mais par l’entremise du Royaume de son Christ ? — Daniel 7:27 ; Révélation 11:15.
9 L’ONU est en réalité une contrefaçon blasphématoire du Royaume messianique de Dieu confié à son Prince de paix, Jésus Christ, dont la domination princière n’aura pas de fin (Isaïe 9:6, 7)
L'association Watchtower / Bureau DPI de l'ONU
L'ONU et les organisations non-gouvernementales
Il y a deux types d'associations différentes des Organisations Non Gouvernementales avec l'Organisation des Nations-Unies:
- L'association consultative avec l'ECOSOC (le conseil économique et social). Cette association est définie par la résolution 1296 de 1968 (Dispositions relatives aux consultations avec les organisations non gouvernementales) modifiée par la résolution 1996/31 (Relations aux fins de consultations entre l'Organisation des Nations Unies et les organisations non gouvernementales). Le but de cette association est de débattre de la politique et des orientations de l'ONU.
- L'association avec le bureau d'information de l'ONU (DPI). Cette association est définie par la résolution 1297 de l'ECOSOC qui prend appui sur la résolution 1296 vue ci-dessus. On peut lire sur le site de l'ONU [1] :
- "En 1968, le Conseil économique et social, par la résolution 1297 (XLIV) du 27 mai, a demandé au Département de l'information d'associer les ONG, en gardant à l'esprit la résolution 1296 (XLIV) du 23 mai 1968, qui stipule qu'une ONG "...doit s'engager à aider l'Organisation des Nations Unies, dans son oeuvre et à faire connaître les principes et les activités des Nations Unies, conformément à ses propres buts et desseins ainsi qu'à la nature et à l'étendue de sa compétence et de ses travaux."
Le but de cette association est donc de répandre et fournir de l'information positive sur l'ONU et ses réalisations, et de la soutenir par ce moyen. C'est ce type d'association que la Watchtower a choisi de 1992 à 2001.
Dans les deux cas, ces départements (ECOSOC ou DPI) sont bien une partie de l'ONU, en s'y associant l'ONG s'associe bien sûr à l'ONU. Le but pour une ONG de s'associer avec l'un de ces département c'est de SOUTENIR et AIDER l'ONU ("doit s'engager à aider l'Organisation des Nations Unies dans son oeuvre" résolution 1296 du 23 Mai 1968 reprise dans la résolution 1297 du 27 Mai)
Dans le cas de la Watchtower, il est impossible de prétendre que s'associer avec le bureau DPI ne veut pas dire s'associer avec l'ONU. Il est tout aussi impossible d'oublier qu'une ONG s'associe à se bureau pour aider et soutenir l'ONU dans la diffusion de ses oeuvres et objectifs comme certains sites défendant les Témoins tentent de le faire[1]
La chronologie de l'affaire
- 1991 : BARRY L.W (membre du Collège Central) et AULICINO Ciro (Département de la Redaction) déposent une demande pour associer la société Watchtower au Département de l’Information de l’ONU (DPI) [2].
- 1992 : La société Watchtower est reconnue en tant qu’Organisation Non Gouvernementale au bureau DPI des Nations-Unis, alors que les conditions d’inscriptions en tant qu’ONG sont très claires dès cette époque [3].
- 1994 : Un fasicule de l’ONU rappelle aux ONG inscrites leurs obligations : page 6 :
- "-partagent les idéaux de la Charte de l’Organisation des Nations Unies ;
- opèrent seulement sur une base non lucrative ;
- ont démontré un intérêt pour les activités de l’ONU et ont prouvé leur capacité à sensibiliser des audiences larges ou spécialisées telles que les éducateurs, les représentants des médias, les responsables politiques et le monde des affaires ;
- ont la volonté et les moyens de conduire des programmes d’information efficaces sur les activités de l’ONU en publiant des lettres d’information, des bulletins et des pamphlets, en organisant des conférences, séminaires et tables rondes, et en s’assurant la coopération des médias."
- La société Watchtower sera inscrite comme ONG avec pour mission « la liberté de religion », « l’Environnement », « l’Education » et « Communication et Média ».
- 1996 : L’ECOSOC adopte une résolution. Le partenariat entre les ONG ayant le statut consultatif aupres de l’ECOSOC et l’ONU doit être plus important[4]. Les ONG doivent s’engager encore plus pour promouvoir les actions de l’ONU. Cela ne concerne pas les ONG associées au bureau DPI de l'ONU comme la Watchtower, mais l'engagement précise qu'il faudra par la suite que cela se répercute pour ces ONG.
- 1998 : Le Réveillez-vous ! du 15 Novembre 1998 est clairement une apologie du travail réalisé à l’ONU.
- 1999 : L’inscription est refaite comme chaque année. Cette fois-ci les missions de la société Watcthower concernent d’autres sujets que l’on retrouve dans les abréviations du document officiel :
- DIS : Désarmement.
- HR : Droits de l’Homme
- WOM : Le statut des femmes.
- PEA : La Paix et la Sécurité internationale.
- 3-5 octobre 2000 : Les Témoins de Jéhovah sont recencés comme une ONG pour le forum VILNIUS dédié à l’Holocauste.
- 11 septembre 2001 : Après les attentats sur les Twin Towers, la sécurité est renforcée. Alors qu’auparavant des étudiants et des chercheurs pouvaient obtenir l’accès à la bibliothèque avec un « pass temporaire », dorénavant seuls les membres de l’ONU et ceux des ONG peuvent y avoir accès [7].
- 8 octobre 2001 : Stephen BATES, un journaliste du Guardian révèle que les Témoins de Jéhovah sont associés à l’ONU depuis maintenant 10 ans ! [8][9]. Le même jour, la filiale portuguaise répond à un Témoin de Jéhovah qui a lu l'information sur Internet, que cette association sert à "défendre les droits de nos frères dans des pays où leurs droits sont violés, leur envoyer des soins médicaux, de l'alimentation et toute autre sorte d'aide." [10]
- 9 octobre 2001 : La Watchtower se désengage officiellement de l’ONU en pretextant par la suite qu'elle l'avait fait pour avoir un bagde d’accès à la librairie de l’ONU [11] [12] [13].
- 15 octobre 2001 : Stephen BATES, du Guardian, traite d’hypocrites les dirigeants des Témoins de Jéhovah, dans son article [14] .
- 22 octobre 2001 : Paul Gillies, du Service Presse du Bethel de Londres, répond que Stephen Bates s’est trompé et que c’était pour avoir un accès à la bibliothèque des Nations Unies que la Watchtower s'était associées en tant qu'ONG au bureau de DPI.[15].
- Semaine du 22 octobre 2001 : Stephen BATES se moque de Paul Gillies et de son hypocrisie, alors que c’était à lui qu’il avait demandé des informations sans obtenir de réponse, auparavant. Le fait que l'organisation des Témoins de Jéhovah se soit retirée de l’ONU aussi vite est la preuve, pour lui, qu’elle n’avait pas la conscience nette [16].
- Octobre 2001 : En Caroline du Sud (USA), Ciro AULICIINO (celui qui avait inscrit la Watcthower en tant qu’ONG) fait un discours à une assemblée. Il y fustige l’ONU et indique que le 11 septembre est un tournant dans l’histoire prophétique [17].
- 1er Novembre 2001 : Une lettre du Bethel de Brooklyn envoyée à toutes les filiales explique que l’association avec l’ONU était nécessaire pour l’accès aux recherches universitaires et que la société Watchtower s’est désormais retirée car les critères ont changé pour les ONG [18].
- 24 janvier 2002 : La liste 2001- 2002 des ONG révèle que la Watchtower était bien associée en tant qu’ONG à cette époque, et que depuis la mort de Loyld Barry c’est Don ADAMS (président de la Watcthower) qui le remplaçait sur cette liste.
- 18 Mars 2002 : L’ONU confirme que les critères sont les mêmes depuis 1991 et qu’ils n’ont forcé aucune ONG pour être membre du DPI [19].
- 4 Mars 2004 : L’ONU, ayant reçu de nombreuses requêtes au sujet de l’association de la Watchtower Bible and Tract Society of New York avec le département de l’information publique (DPI), met à disposition sur son site une lettre officielle en ce qui concerne les relations entre la Watcthower et l’ONU [20] ou [21]. On peut y lire :
- "Le département de l’information publique de l’organisation des Nations unies à récemment reçu de nombreuses requêtes au sujet de l’association de la Watchtower Bible and Tract Society of New York avec le département de l’information publique (DPI). Cette organisation a déposé une demande pour s’associer au DPI en 1991 et a été reconnue en 1992. En acceptant l’association avec le DPI, cette organisation a accepté de se plier aux critères d’association, cela comporte le respect et le soutien des principes de la Charte des Nations Unies, ainsi qu’un engagement international consistant à mener des programmes concrets d’information auprès de ses membres ainsi qu’à l’égard d’une audience élargie au sujet des activités des Nations Unies. En octobre 2001, Giro Aulicino, le représentant principal de la Watchtower Bible and Tract Society of New York a demandé que l’on mette fin à l’association de cette organisation avec le DPI. Donnant suite à cette requête, le DPI à décidé d’exclure la Watchtower Bible and Tract Society of New York le 9 octobre 2001."
Les raisons de l'association
Selon l'ONU
- Rappelons encore les seuls buts officiels que doit poursuivre une ONG en s'association avec le bureau DPI de l'ONU, en citant la page Web de l'ONU sur la questions:
*Comment se fait la coopération entre les ONG et le Département de l'information ?Bien avant les critères d'association, les raisons de l'association avec le bureau DPI de l'ONU sont donc à prendre en compte. La même page du site Web officiel de l'ONU continue:
- Le Département de l'information et les ONG coopérent régulièrement. Les ONG associées au Département de l'information disséminent l'information concernant l'ONU à leurs membres, permettant d'approfondir la connaissance et le soutien de l'Organisation à la base. La diffusion prend les formes suivantes :
- -Publicité sur les activités de l'ONU de par le monde sur des questions telles que la paix et la sécurité, le développement économique et social, la défense des droits de l'homme, les affaires humanitaires et le respect du droit international.
- -Promotion des célébrations et années internationales proclamées par l'Assemblée générale, afin d'attirer l'attention mondiale sur des questions importantes confrontant l'Humanité.
L'importance de la coopération avec les ONG comme partie intégrale des activités d'information de l'ONU a été reconnue dès la création du Département de l'information en 1946. L'Assemblée générale, dans sa résolution 13(1), demandait au Département de l'information et à ses bureaux auxiliaires : "...de donner un encouragement et une aide efficaces aux services d'information nationaux, aux établissements d'enseignement et aux autres organisations nationales et privées de tous genres, désireux de faire connaitre les travaux des Nations Unies. A cette fin, et aussi pour d'autres buts, il devrait avoir un service complet de documentation, fournir ou documenter des conférenciers et mettre ses publications, films documentaires, bandes d'images, affiches et autres documents graphiques à la disposition de ces services, établissements et organisations." En 1968, le Conseil économique et social, par la résolution 1297 (XLIV) du 27 mai, a demandé au Département de l'information d'associer les ONG, en gardant à l'esprit la résolution 1296 (XLIV) du 23 mai 1968, qui stipule qu'une ONG "...doit s'engager à aider l'Organisation des Nations Unies, dans son oeuvre et à faire connaître les principes et les activités des Nations Unies, conformément à ses propres buts et desseins ainsi qu'à la nature et à l'étendue de sa compétence et de ses travaux."
Par cette association, le bureau DPI fournit tout une série de service aux ONG désireuse d'aider l'ONU à diffuser ses informations et à se faire connaître. La société Watchtower souhaitait-elle 'aider l'Organisation des Nations Unies" en s'associant à l'ONU, diffusait-elle des informations positives envers l'ONU. La chronologie de la doctrine sur l'ONU en début de cet article en donne un aperçu. Néanmoins pour le mouvement quelle était la ou les raisons de l'association avec le bureau DPI ?
L'histoire continue: 2003 association avec l'IAPSO
En 2003, l'IAPSO (Inter-Agency Procurement Services Organisation), organisme onusien chargé de négocier des prix avec des fournisseur pour le agences de l'ONU et les organismes ou ONG collaborant avec les Nations-Unies, et à l'époque sous la direction du PNUD (Programme des Nations-Unies pour le développement) révèle dans un document mis sur son site à la page 30 que la Société Watchtower a été un de ses clients, c'est à dire que la Société Watchtower a profité des prix et produits proposés par cette agence de l'ONU.Les conditions des services de l'IAPSO à ses clients sont invariables depuis 20 ans, vous pouvez les lire sur leur site Web tant pour les clients qui utilisent leur service Internet que ceux qui ne passent pas par ce service. Dans ce dernier document on peut lire par exemple en introduction:
Services provided by IAPSO are limited t assisting the UN system, governments receiving aid, organizations cooperating with the UN system as donor government aid organizations and non-governmental organizations (NGO's).
- Traduction: Les services fournis par IAPSO sont limités à l'assistance du système Onusien, aux services d'aides gouvernementales, et aux organisations coopérant avec le système onusien, comme les organisations donneuse d'aide gouvernementale ou les organisations non gouvernementale (ONG).
Il est donc clair que la société Watchtower, sûrement pour ses opérations en Afrique a profité des prix avantageux sur le matériel et/ou des services de l'agence de l'ONU spécialisée dans ce domaine, l'IAPSO. Pour cela encore une fois, elle a déclaré ou a véritablement collaboré avec l'ONU.
Un précédent ?
L'hypocrisie de la société Watchtower révélée par cette affaire a été présentée au départ comme une première : la Société Watchtower, pour qui l'ONU est satanique, utilise celle-ci pour défendre sa liberté de culte dans le monde entier et va même jusqu'à promettre de soutenir ses actions, alors qu'elle interdit aux fidèles de le faire sous peine d'exclusion du mouvement.
Ce n'est pourtant qu'un exemple parmi d'autres de la politique du Béthel de Brooklyn, au fil des ans :
1918,1919 et la libération des 8 prisonniers dont le président Rutherford
Si l'affaire en elle-même mérite un article pour référencer les nombreuses compromissions de l'équipe de Rutherford pour demander leur libération de prison par rapport aux standards qu'il fixera lui-même en matière de fidélité face à la persécution, il peut être noté ici comment Rutherford fera appel à de nombreux membres du Congrès pour demander sa libération ou signer une pétition dans ce sens. L'embarras du rédacteur de la Tour de Garde du 1er Avril 1919 pour préciser comment les membres du congrès ont été avertis est palpable: Prétextant la large publicité de l'affaire, il affirme que de nombreux "rédacteurs de journaux, membres du Congrès, sénateurs et gouverneurs ont signés des pétitions pour la libération des Étudiants de la Bible emprisonnés." Il ajoute "Comme exemple de nombreuses lettres que des membres du Congrès ont écrits en réponse aux lettres qu'ils ont reçus, nous citons celle du membre du Congrès M CLyde Kelly de Pennsylvanie..."[1]
Ainsi quand il va de don intérêt et dès 1919, l'intervention politique n'est pas étranger au mouvement des Étudiants de la Bible qui deviendra celui des Témoins de Jéhovah.
Lettonie - 1930
Dans les années 30, la cible préférée de Joseph Rutherford était la "chrétienté" qui seule au début allait subir la colère de Dieu, les nations païennes étant peu concernée par la bataille menée par Dieu. Au sein de la chrétienté, les pays les plus abominables étaient l'Angleterre et les Etats-Unis, identifiés au faux-prophète de la révélation directement sous l'influence de Satan, ceux-ci comme tous les autres pays de la "chrétienté" méritaient une destruction méritée de la part de Jéhovah.
Néanmoins dans le même temps quand la Lettonie n'a pas voulu enregistrer la Société Watchtower dans son pays en 1930, car la loi lettone exigeait un clergé local et non pas composé d'étranger, et que les propos anti-clergé, anti-politique des revues TJ ont été jugé dangereux par le gouvernement letton, c'est l'ambassadeur des Etats-Unis qui sera sollicité par Rutherford pour lui permettre l'enregistrement.
L'historien, Nikandrs Gills, proche du CESNUR et défendant les Témoins de Jéhovah, rapporte pourtant
- "Le 1er juillet 1930, l’ambassadeur des Etats-Unis s’adressa au ministre
- des Affaires étrangères letton (M. Hugo Celmins) pour lui demander
- des explications à propos du refus de la part des institutions de
- permettre à la «Watch Tower Bible and Tract Society» d’ouvrir une filiale
- en Lettonie et pour le prier de lui envoyer une justification légale de ce
- refus (le ministre des Affaires étrangères de Lettonie au département des
- Affaires spirituelles, le 4 juillet 1930, n° 13455). L’ambassadeur des États-
- Unis soulignait que le refus d’enregistrer la société était en contradiction
- avec le 13e paragraphe de l’Accord entre la Lettonie et les Etats-
- Unis sur « Friendship, Trade and Consular Relations ». Dans cette
- lettre, l’ambassadeur citait expressément le motif avancé pour ce refus, à
- savoir que «les activités de la société en Lettonie sont «indésirables » [1]
Allemagne - 1933
Alors que la Société Watchtower publie la brochure La Crise, dont certains passages en appellent à la destruction méritée des Etats-Unis par Dieu, tout comme le livre Préparation ; Rutherford fait une nouvelle fois appel au Département d'Etat américain face à la confiscation des biens de la société Watchtower en Allemagne, afin qu'il intervienne auprès des services de Hitler pour régler le problème .
Liens Externes
Liens critiques
- Watchtower et ONU
- Les preuves définitives de l’association de la Watchtower avec l’ONU
- Brooklyn Tower
- (en)Watchtower and United Nations
Liens favorables
Références

