Caractéristiques des réunions : Différence entre versions

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Les réunions se déroulent donc dans une atmosphère de classe d'école publique dans laquelle les anciens et les assistants ministériels jouent le rôle d'enseignants. Si ces derniers sont des hommes capables au niveau de l'art oratoire, charismatiques et chaleureux, le public peut apprécier la réunion et éventuellement rire et applaudir. En revanche, si ces qualités font défaut aux orateurs, la réunion peut être perçue comme ennuyeuse et le taux d'assistance peut en être affecté.<ref>Penton, James (1997) (anglais), ''[[Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses]]'', Toronto: University of Toronto Press, p. 242 (ISBN 0-8020-7973-3)</ref>
 
Les réunions se déroulent donc dans une atmosphère de classe d'école publique dans laquelle les anciens et les assistants ministériels jouent le rôle d'enseignants. Si ces derniers sont des hommes capables au niveau de l'art oratoire, charismatiques et chaleureux, le public peut apprécier la réunion et éventuellement rire et applaudir. En revanche, si ces qualités font défaut aux orateurs, la réunion peut être perçue comme ennuyeuse et le taux d'assistance peut en être affecté.<ref>Penton, James (1997) (anglais), ''[[Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses]]'', Toronto: University of Toronto Press, p. 242 (ISBN 0-8020-7973-3)</ref>
  
Cette routinisation du culte est particulièrement visible dans le cadre de l'étude de ''[[La Tour de Garde]]''. Comme l'a remarqué le sociologue Arnaud Blanchard, les paragraphes sont des "séquences brèves et closes sur elles-mêmes" avec en bas de page, une ou deux questions "auxquelles on demande des réponses très proches du texte, le plus souvent des paraphrases ou des reprises du texte". Celui qui dirige l'étude doit "se ten[ir] strictement à l'ordre décrit par le périodique"; il "joue le rôle d'opérateur du mécanisme induit par l'architecture de l'article imprimé: il ne doit pas interpréter le texte ou le donner à apprécier par une médiation subjective, mais être le garant de la conformité littérale des réponses obtenues".<ref>Blanchard, Arnaud (2006), "[http://assr.revues.org/3396 Le monde jéhoviste des imprimés]", Archives des Sciences Sociales des Religions, n°134, pp. 37-62</ref> L'auteur Thomas G. Kirsch estime que le système de questions-réponses, sachant que les deux étant fournies par la direction du mouvement, place obligatoirement les adeptes "dans une position d'ignorance" puisqu'ils ne peuvent pas créer leur propre raisonnement, mais adopter celui qui leur est imposé.<ref>Kirsch, Thomas G. (2011) (anglais), ''Spirits and Letters: Reading, Writing and Charisma in African Christianity'', Berghahn Books, p. 162 (ISBN 978-0-8574-5142-2)</ref>
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Cette routinisation du culte est particulièrement visible dans le cadre de l'étude de ''[[La Tour de Garde]]''. Comme l'a remarqué le sociologue Arnaud Blanchard, les paragraphes sont des "séquences brèves et closes sur elles-mêmes" avec en bas de page, une ou deux questions "auxquelles on demande des réponses très proches du texte, le plus souvent des paraphrases ou des reprises du texte". Celui qui dirige l'étude doit "se ten[ir] strictement à l'ordre décrit par le périodique"; il "joue le rôle d'opérateur du mécanisme induit par l'architecture de l'article imprimé: il ne doit pas interpréter le texte ou le donner à apprécier par une médiation subjective, mais être le garant de la conformité littérale des réponses obtenues".<ref>Blanchard, Arnaud (2006), "[http://assr.revues.org/3396 Le monde jéhoviste des imprimés]", Archives des Sciences Sociales des Religions, n°134, pp. 37-62</ref> L'auteur Thomas G. Kirsch estime que le système de questions-réponses, sachant que les deux sont fournies par la direction du mouvement, place obligatoirement les adeptes "dans une position d'ignorance" puisqu'ils ne peuvent pas créer leur propre raisonnement, mais adopter celui qui leur est imposé.<ref>Kirsch, Thomas G. (2011) (anglais), ''Spirits and Letters: Reading, Writing and Charisma in African Christianity'', Berghahn Books, p. 162 (ISBN 978-0-8574-5142-2)</ref>
  
 
Il s'agit donc simplement de l'apprentissage et du rabâchage d'une doctrine, sans discussion ou débat contradictoire, comme le font les enfants à l'école. Ce n'est pas la qualité de l'enseignement qui est valorisée, mais la faculté de pénétration dans l'esprit des pensées développées. Il s'ensuit une certaine langue de bois dans les commentaires qui ne débordent pas du "religieusement correct", c'est-à-dire de ce qui est attendu par la direction du mouvement, même si ces réponses ne traduisent pas la réelle pensée de ceux qui les prononcent (c'est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit d'une situation vécue à l'intérieur du groupe, par exemple l'amour dans la congrégation, qui sera toujours idéalisé, même si les adeptes se plaignent en privé qu'il fait défaut).
 
Il s'agit donc simplement de l'apprentissage et du rabâchage d'une doctrine, sans discussion ou débat contradictoire, comme le font les enfants à l'école. Ce n'est pas la qualité de l'enseignement qui est valorisée, mais la faculté de pénétration dans l'esprit des pensées développées. Il s'ensuit une certaine langue de bois dans les commentaires qui ne débordent pas du "religieusement correct", c'est-à-dire de ce qui est attendu par la direction du mouvement, même si ces réponses ne traduisent pas la réelle pensée de ceux qui les prononcent (c'est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit d'une situation vécue à l'intérieur du groupe, par exemple l'amour dans la congrégation, qui sera toujours idéalisé, même si les adeptes se plaignent en privé qu'il fait défaut).

Version du 22 mars 2012 à 23:02

Chez les Témoins de Jéhovah, les réunions du culte auxquelles les adeptes doivent assister ont des caractéristiques qui leur sont propres, différant de celles pratiquées dans d'autres confessions. En effet, les sociologues ayant étudié le groupe ont noté l'absence d'émotion et le côté très mécanique de ces rassemblements qui visent à infantiliser les adeptes, à resserrer l'apparente unité et à les pousser à agir en conformité avec les instructions données par le mouvement. De plus, l'assistance à ces réunions est généralement plus élevée que celle observée dans les autres groupes religieux.

Description

Selon l'historien James Penton, les réunions des Témoins de Jéhovah sont fréquemment décrites par les non-adeptes comme étant "chaleureuses et amicales" — et cela d'autant plus que les Témoins se désignent alors entre eux comme "frère" et "sœur" —,[1] mais aussi "sans imagination et surtout didactiques".[2] En effet, elles ne donnent pas lieu à des comportements émotionnels ou d'exaltation, même lors des cantiques ou des prières, et ce genre de comportement est d'ailleurs regardés avec suspicion. L'accent est mis sur une approche rationaliste des doctrines présentées, sans manifestation des dons de langues ou de prophéties, ni mysticisme, glossolalia, récitation de credo ou moments de méditations silencieuse, qui sont totalement absents.[3] Il y a même une crainte parmi beaucoup de Témoins de Jéhovah à exprimer de l'émotion lors du culte et, en général, ils ressentent un sens profond de dédain pour les cultes du type de ceux ayant cours par exemple dans les mouvements pentecôtistes, où les sentiments sont exprimés de manière ostentatoire. Le culte jéhoviste est donc quasiment entièrement orienté sur les propres écrits du mouvement, avec en conséquence une connaissance très élevée parmi les membres de leurs doctrines, à un degré supérieur à celui des autres religions.[4] De plus, bien que quelques fidèles se soient avérés être des compositeurs et les musiciens capables, bien peu d'effort est placé sur l'expression musicale ou sur le chant des cantiques.

De même, le sociologue Regis Dericquebourg note que les réunions des Témoins sont même "aux antipodes de la recherche d'une émotion groupale", et que tous les chercheurs sur ce mouvement ont été "frappés par l'aspect d'entreprise du groupe: on y fait sans cesse des bilans, on y enseigne la technique de la prédication et les réunions de culte ressemblent plus à des cours qu'à un service religieux". De même, James A. Beckford, cité par Dericquebourg, qualifia l'atmosphère des réunions de "non-émotionnelle et didactique"; ainsi, "le seul moment où [les Témoins] pourraient exprimer leur affectivité est la prière dont le contenu est en principe, libre", mais le sociologue nota qu'ils se contentent toujours de quelques formules stéréotypées" avec "un court résumé de [la réunion]".[5]

Les réunions se déroulent donc dans une atmosphère de classe d'école publique dans laquelle les anciens et les assistants ministériels jouent le rôle d'enseignants. Si ces derniers sont des hommes capables au niveau de l'art oratoire, charismatiques et chaleureux, le public peut apprécier la réunion et éventuellement rire et applaudir. En revanche, si ces qualités font défaut aux orateurs, la réunion peut être perçue comme ennuyeuse et le taux d'assistance peut en être affecté.[6]

Cette routinisation du culte est particulièrement visible dans le cadre de l'étude de La Tour de Garde. Comme l'a remarqué le sociologue Arnaud Blanchard, les paragraphes sont des "séquences brèves et closes sur elles-mêmes" avec en bas de page, une ou deux questions "auxquelles on demande des réponses très proches du texte, le plus souvent des paraphrases ou des reprises du texte". Celui qui dirige l'étude doit "se ten[ir] strictement à l'ordre décrit par le périodique"; il "joue le rôle d'opérateur du mécanisme induit par l'architecture de l'article imprimé: il ne doit pas interpréter le texte ou le donner à apprécier par une médiation subjective, mais être le garant de la conformité littérale des réponses obtenues".[7] L'auteur Thomas G. Kirsch estime que le système de questions-réponses, sachant que les deux sont fournies par la direction du mouvement, place obligatoirement les adeptes "dans une position d'ignorance" puisqu'ils ne peuvent pas créer leur propre raisonnement, mais adopter celui qui leur est imposé.[8]

Il s'agit donc simplement de l'apprentissage et du rabâchage d'une doctrine, sans discussion ou débat contradictoire, comme le font les enfants à l'école. Ce n'est pas la qualité de l'enseignement qui est valorisée, mais la faculté de pénétration dans l'esprit des pensées développées. Il s'ensuit une certaine langue de bois dans les commentaires qui ne débordent pas du "religieusement correct", c'est-à-dire de ce qui est attendu par la direction du mouvement, même si ces réponses ne traduisent pas la réelle pensée de ceux qui les prononcent (c'est particulièrement vrai lorsqu'il s'agit d'une situation vécue à l'intérieur du groupe, par exemple l'amour dans la congrégation, qui sera toujours idéalisé, même si les adeptes se plaignent en privé qu'il fait défaut).

Conséquences

De ce fait, comme suggéré par Thibaud Meynet qui a étudié le rôle de La Tour de Garde, à travers cette façon de procéder, c'est "l'esprit critique du fidèle qui est annihilé";[9] il ne s'étonne donc pas des griefs formulés par d'anciens fidèles, comme Dany Bouchard pour qui, par le moyen des réunions, "on enfonce dans la tête du sympathisant ce clou de l'anesthésie (...), des heures de fuite en avant obligatoires et pernicieuses, destinées à briser toutes velléités de réflexion personnelle, à s'emparer de chaque personnalité ainsi offerte, à violer ce qu'il y a d'intime en chaque être humain".[10]

Le sociologue Andrew Holden affirme que les réunions créent une atmosphère d'uniformité dans l'esprit des Témoins, intensifient leur sens d'appartenir à une communauté religieuse, et renforcent la plausibilité du système de croyances de l'organisation. Il dit aussi que ces réunions jouent un rôle important pour ce qui est de participer à la conversion des nouveaux membres et de leur faire adopter un nouveau mode de vie.[3]

Comme le note Dericquebourg, les réunions concourent à transformer l'adepte "en militant mécanique du groupe", afin de le pousser à accomplir certains actes. En effet, le culte entier est "un processus d'apprentissage qui porte sur l'acquisition de la doctrine, sur la modification de la personnalité et sur l'acquisition des méthodes de prédication. On ne s'étonnera donc pas de voir que tout ceci aboutisse à une uniformisation des attitudes et des conduites" des adeptes.[5] Cela rejoint la théorie de l'engagement décrite par Beauvois et Joule qui écrivirent: "Si l'on veut induire des changements de comportements avec quelques chances de succès, mieux vaut alors opter pour des stratégies qui ne reposent plus sur la persuasion, mais qui consistent avant toute chose à obtenir des actes. Même s'ils paraissent dérisoires, ces derniers engagent celui qui les émet, rendant ainsi plus probable l'obtention du comportement attendu".

De plus, l'absence d'émotion dans le culte concourt à un déséquilibre chez les adeptes car selon Beckford, "les dimensions dévotionnelle et expérimentielle de la personnalité religieuse sont sous-développées chez les Témoins en comparaison des dimensions doctrinale, éthique et conséquentielle" qui, elles, sont gonflées.[11] Il peut en résulter une profonde insatisfaction chez les personnes sensibles à la vie spirituelle intérieure et à l'expression de sentiments religieux spontanés.

Statistiques de l'assistance

En mai 1978, une étude a révélé que 91% des femmes Témoins de Jéhovah assistaient aux offices religieux de leur religion et que ce chiffre était largement supérieurs à celui des autres confessions chrétiennes (52% pour les femmes membres de l’Église de Jésus Christ des Saints des Derniers Jours (mormons), et 48% pour les femmes baptistes).[12] Ces statistiques sont tout autant valables pour les membres masculins.

Plus récemment, en 1989, il y avait environ 172 000 Témoins actifs en Italie, et 220 458 personnes assistaient à leurs réunions hebdomadaires à la Salle du Royaume. La même année, au Danemark, les le taux d’assistance aux réunions hebdomadaires représentait 94,7% du nombre de proclamateurs. Toujours la même année, un sondage réalisé en Allemagne par l’Institut national de recherche d’opinion à Allensbach montrait qu’en République fédérale, l’assistance hebdomadaire au culte des Témoins de Jéhovah était supérieur au nombre de fidèles. La Watch Tower elle-même met en avant ces chiffres qu'elle estime flatteurs en comparaison de la désertion observée dans les grandes églises.[13]

En France, au début des années 2000, l'assistance à l'étude de livre était la plus faible (60% du nombre des fidèles baptisés y assisteraient), celle à la réunion de milieu de semaine est suivie à 70% environ, et la réunion du week-end réunit à peu près 80% des fidèles.[14]

Un sondage sur les religions a été effectué aux États-Unis en juin 2008 par le Pew Forum on Religion & Public Life, révélant que 82% des Témoins assistaient au moins une fois par semaine au culte, ce qui était le pourcentage le plus élevé (la communauté qui arrivait juste après était celle des mormons avec 75%), 10% une fois par mois, 7% parfois voire jamais. Parmi les 82% de fidèles réguliers, on comptait 77% des personnes ayant entre 18 et 49 ans et 88% des plus de 50 ans.[15]

Ces taux plus élevés peuvent traduire une forte dépendance au groupe ainsi que la peur des remontrances de la part des anciens en cas d'absences répétées.

Voir aussi

Références

  1. Botting, Heather et Gary (1984) (anglais), The Orwellian World of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, p. 85 (ISBN 0-8020-6545-7)
  2. Penton, James (1997) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, p. 241 (ISBN 0-8020-7973-3)
  3. 3,0 et 3,1 Holden, Andrew (2002) (anglais), Jehovah's Witnesses: Portrait of a Contemporary Religious Movement, Routledge, pp. 64–69 (ISBN 0-415-26610-6)
  4. These also Believe, Charles S. Braden, New York, The Macmillan compagny, 1949, p. 380: "No modern Christians make a more constant use of scripture or memorize in greater quantities than the Witnesses.", cité par Penton, James (1997) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, p. 382 (ISBN 0-8020-7973-3)
  5. 5,0 et 5,1 Dericquebourg, Régis (1986), "Le Jéhovisme: une conception comportementaliste de la vie religieuse", Archives des sciences sociales des religions, n°62, juillet-septembre 1986, doi: 10.3406/assr.1986.2409, pp. 161,162,167. Consulté le 22 mars 2012
  6. Penton, James (1997) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, p. 242 (ISBN 0-8020-7973-3)
  7. Blanchard, Arnaud (2006), "Le monde jéhoviste des imprimés", Archives des Sciences Sociales des Religions, n°134, pp. 37-62
  8. Kirsch, Thomas G. (2011) (anglais), Spirits and Letters: Reading, Writing and Charisma in African Christianity, Berghahn Books, p. 162 (ISBN 978-0-8574-5142-2)
  9. Meynet, Thibaud (2008), "La Bible dans une main, La Tour de Garde dans l'autre", Projet de Sciences Humaines et Sociales, Projet SHS de 1e année master, Lausanne, format pdf, p. 17. Consulté le 22 mars 2012
  10. Bouchard, Dany (2001), Dans l'enfer des Témoins de Jéhovah, Éditions du Rocher, p. 65 (ISBN 978-2-268-03860-5)
  11. Beckford, James A. (1975) (anglais), The Trumpet of Prophecy: A Sociological Study of Jehovah's Witnesses, Oxford: Basil Blackwell, p. 203 (ISBN 0-631-16310-7)
  12. Article de magazine McCall's, mai 1978, cité dans Penton, James (1997) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, 1997, p. 242 (ISBN 0-8020-7973-3)
  13. WTBTS (1993), Les Témoins de Jéhovah: Prédicateurs du Royaume de Dieu, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 253
  14. Barbey, Philippe (2003), Les Témoins de Jéhovah - Pour un christianisme original, p. 129 (ISBN 2-7475-4064-2)
  15. Pew Forum on Religion & Public Life (Juin 2008) (anglais), "U.S.Religious Landscape Survey — Religious Beliefs and Practices: Diverse and Politically Relevant", religions.pewforum.org, format pdf, pp. 36,38. Consulté le 22 mars 2012