Didier Leschi

Un article de Témoins de Jéhovah: TJ-Encyclopedie, l'encyclopédie libre sur les Témoins de Jéhovah.
Révision de 18 janvier 2013 à 01:35 par Liberty 84 (discussion | contribs) (Le Ministère de l'Intérieur, le Bureau Central des Cultes et les Témoins de Jéhovah)

(diff) ← Version précédente | view current revision (diff) | Version suivante → (diff)
Aller à : navigation, rechercher

Didier Leschi (né 1959) a été chargé d’étude au ministère de la Défense (1988-1991), directeur du cabinet du député-maire de Chenôve en côte d’Or (1991-1994), rédacteur en chef du magazine « Partenaires » du ministère du Travail (1994-1996). Il a été chargé de travaux dirigés à l’Université de Paris X (1996-1997), conseiller parlementaire au cabinet du ministère de l’Intérieur (1997-1999) puis sous-préfet, chef de cabinet du préfet de la région d’Ile-de France, préfet de Paris (1999-2002) [1]. Il a ensuite été nommé sous-préfet chargé de la politique de la ville dans le Rhône de 2002 à 2004. En 2004, il est nommé chef du bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur [2] et s'est opposé à la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs à propos du statut juridique des Témoins de Jéhovah, lors d'une audition publique qui s'est tenue en octobre 2006.

Maîtrise de Droit

Licence d'Histoire

DEA d'Histoire contemporaine

Biographie

Didier Leschi a été durant de nombreuses années un proche de Jean-Pierre Chevènement, il a été chargé d'étude à son cabinet au Ministère de la défense (1988 à 1991), son conseiller parlementaire au cabinet du ministre de l'intérieur (1997 à 1999), puis son attaché parlementaire. Il a été nommé sous-préfet en chef de la région Ile de France- Paris (1999-2002), puis sous-préfet délégué à la politique de la ville dans la préfecture du Rhône . Durant cette période, pour lutter contre la discrimination à l’embauche, discrimination notamment raciale, il a souhaité développer le système des «CV anonymes» dans cette région [1]. En 2004, il est nommé chef du bureau central des cultes au ministère de l’Intérieur sous les ordres de Nicolas Sarkozy (jusqu'au 30 mars 2004), Dominique de Villepin (30 Mars 2004 - 30 Mai 2005), à nouveau Nicolas Sarkozy (31 mai 2005 - 26 mars 2007), François Baroin (26 mars 2007 - 15 mai 2007), Michèle Alliot-Marie (18 mai 2007-En cours). Depuis son accession à ce poste, ce qui le caractérise le plus c'est le rapport particulier qu’il entretient avec le principe de laïcité à la française, dont il souhaite une modification profonde pour permettre la mise en place d'un culte musulman à la fois harmonieux et indépendant des pressions extérieures. En voici quelques exemples au travers de ses propos et actions :

  • Pour lui, "Les années 1990, c’est l’échec de la laïcité" [2].
  • Il donne, en tant que chef du bureau des cultes au ministère de l’Intérieur, sur OummaTV (site considéré comme islamiste par la revue Prochoix [3]), un entretien qui revient sur le lancement de la fondation des oeuvres de l’islam de France, ayant pour titre « La fondation aura pour objet de collecter des fonds pour les réinvestir dans la construction de mosquées » [4]. Messaoud Bouras, délégué régional Nord-Pas-de-Calais de l'Association des Maghrébins laïcs de France, qui vit dans une semi-clandestinité après avoir reçu plusieurs menaces de mort pour cause d'apostasie [5], signale d'ailleurs que des collaborateurs de Nicolas Sarkozy ou de Dominique de Villepin, dont Didier Leschi,ont donné des interviews au "site islamiste oumma.com" ce qu'il estime être pour le moins contraire aux valeurs de la République", ajoutant que "ce site a lancé le tristement célèbre " appel des indigènes de la République ", véritable appel communautariste à la haine et à la guerre contre la France, les Français et leur République"[3] .
  • Il considère que puisque l’ « administration n’a aucune idée sur le contenu de l’enseignement de la théologie islamique, c’est à l’université de le déterminer », pour qu'une formation en théologie musulmane permette d’ assurer la formation du personnel religieux islamique.C’est le souhait des pouvoirs publics français de fournir aux communautés et associations islamiques, selon ses mots « des managers capables de dynamiser les initiatives locales », connaissant bien l’islam et favorisant l’intégration dans la société française [6]. Il estime qu'il est"préférable d'avoir en France des imams profondéments ancrés dans notre société" plutôt que des imams formés dans d'autres pays, étrangers à la culture française [7].
  • Suite à un jugement du tribunal administratif de Montpellier rendu le 30 juin 2006, qui a annulé une délibération du conseil municipal de la ville qui avait permis le financement de la construction d'une mosquée, il déclare "Ce jugement est bien la démonstration qu'on ne peut pas financer directement la construction de lieux de culte sans modifier le cadre juridique existant" [8].
  • A l’occasion du Colloque du Conseil Franco-Britannique , Didier Leschi précise plusieurs points concernant l’Islam en France : l’armée française n’avait plus « d’aumôniers» musulmans ; ce qui était une régression par rapport à la situation de la première moitié du XXème siècle. Une aumônerie musulmane est en cours de création. Il n’y a aucune donnée chiffrée officielle concernant le nombre de Musulmans en France. L’Etat français ne reconnaît les Musulmans que pratiquants. Il souhaite dialoguer avec des représentants de la communauté musulmane, comme communauté cultuelle. C’est l’objet du soutien apporté par l’administration à la création du Conseil français du culte musulman [9].
  • Dans l’affaire de l’ouverture, à Décines, du lycée Al Kindi, le plus grand établissement scolaire musulman de France, Alain Morvan, recteur de l’académie de Lyon affirme avoir été l’objet de pressions de Nicolas Sarkozy par l’entremise de son directeur adjoint de cabinet, Jacques Gérault et de Didier Leschi, le chef du bureau central des cultes[10].

Didier Leschi est donc un acteur engagé de la remise en cause de la laïcité à la française, notamment de la loi 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat , dont l'article 2 stipule : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte" et semble souhaiter la faire évoluer vers une laïcité à l'anglo-saxonne plus ouverte aux religions. Cette vision de la laïcité, il la partage avec Nicolas Sarkozy qui s'était déclaré "convaincu de la nécessité d'apporter aujourd'hui un certain nombre d'amendements au corpus des textes" régissant la laïcité française qu'il qualifie de « laïcité sectaire » [4] et avec l'actuelle ministre de l'intérieur, chargée des cultes, Michèle Alliot-Marie [5].

Face à la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs

Didier Leschi devant la commission parlementaire
Didier Leschi, le chef du bureau central des cultes s'est opposé à la Commission parlementaire sur les sectes et les mineurs, sur le statut juridique des Témoins de Jéhovah. Lors d'une audition publique organisée par les membres de cette commission le mardi 27 octobre 2006 [6], Didier Leschi a expliqué que ses services accordaient " systématiquement le bénéfice des dispositions prévues pour les associations cultuelles aux associations des témoins de Jéhovah en abandonnant l'argument selon lequel leur doctrine était constitutive d'un trouble à l'ordre public ", en s'appuyant sur la jurisprudence du Conseil d'État de juin 2000. Alors que le président et le rapporteur de la commission parlementaire ont mis en avant la maltraitance psychologique des enfants de Témoins de Jéhovah, le refus des transfusions sanguines ou le prosélytisme de porte en porte, M. Leschi a répondu qu'il n'avait connaissance d'aucune poursuite judiciaire pour maltraitance. Face aux députés engagés dans la lutte contre les sectes, qui lui ont reproché d'ignorer les témoignages d'anciens adeptes, il a répondu : " On ne m'a jamais avancé de dossiers précis sur des cas de maltraitance chez les Témoins de Jéhovah au cours de ces dernières années ". Pour ce qui est du refus sélectif de la transfusion sanguine, il a indiqué que le bureau des cultes considère qu'il ne pose plus de problème d'un point de vue juridique. Il a rappellé à ce sujet l'ordonnance du 16 août 2002 rendue par le Conseil d'État, qui a estimé que " le refus de recevoir une transfusion sanguine constitue l'exercice d'une liberté fondamentale ". Il a cité également la loi Kouchner du 4 mars 2002 sur le droit des malades, selon laquelle : " Le consentement du mineur ou du majeur sous tutelle doit être systématiquement recherché s'il est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision ". En outre, ignorant les arguments des membres de la commission, Didier Leschi a indiqué qu'il " appliquait le cadre juridique " et que le Bureau central des cultes n'était " pas chargé de la protection de l'enfance, ni de la PMI ". Il s'en est aussi pris à la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), l'accusant d'" approximation " et a ajouté qu'il craignait " fort que cette stigmatisation (...) ne constitue à terme des troubles à l'ordre public, ou pour le moins des manifestations d'intolérance à l'égard de l'une des libertés les plus fondamentales de tout homme et de tout citoyen : la liberté de conscience ". Visiblement stupéfaits des réponses de M. Leschi, les députés se sont dit satisfaits de l'avoir convoqué et d'avoir ainsi obtenu des éclaircissements sur la position du bureau des cultes sur cette question[7].
Georges Fenech lors de la conférence de presse donnée par la Commission d'Enquête parlementaire

Lors de la conférence de presse donnée par la Commission d'Enquête parlementaire le 19 décembre 2006, à l'occasion de la présentation du rapport [8], le député Georges FENECH a accusé Didier Leschi de négligence à l'égard des témoins de Jéhovah. En effet, le 24 novembre 2006, en sa qualité de président de la commission parlementaire, il a été destinataire d’une lettre de Monsieur Xavier Bertrand, Ministre de la Santé, lui indiquant :

« Je considère que l’action de certaines sectes, au nombre desquelles je compte les Témoins de Jéhovah, est de nature à troubler l’ordre public. De tels faits me semblent être de nature à justifier le refus de la reconnaissance de ce mouvement comme association cultuelle. »

Cette lettre faisant référence essentiellement, au refus de la transfusion sanguine.

Le député Jean-Pierre BRARD a, quant à lui, accusé le Bureau des Cultes au Ministère de l’Intérieur d'exhiber une sorte de connivence avec les Témoins de Jéhovah, en contradiction avec les propos de son ministre, le Ministre de l’Intérieur, Ministre d’Etat, Nicolas Sarkozy, qui dans une lettre du 27 janvier 2004 souligne « les nombreuses infiltrations jéhovistes au sein du milieu médical qui ont été constatées depuis plusieurs années jusqu’à atteindre à ce jour un niveau inquiétant. » en évoquant Maître Alain Garay. Il ajoute que c'est dans ce ministère que monsieur Leschi, responsable du bureau des cultes, ose dire après la lettre de son ministre, que les Témoins de Jéhovah qui refusent la transfusion sanguine ne présentent pas de menace pour l’ordre public, en contradiction avec l’audition du procureur général près la Cour d’appel de Lyon, Monsieur Viout, qui a été très clair :

« Quand la vie d’un enfant est en danger, l’Etat ne doit pas transiger. Le danger est là et on refuse la transfusion sanguine : C’est un trouble à l’ordre public. » [9].

Pour Jean-Pierre Brard, le ministre d’Etat a une position claire, le procureur général près la cour de Lyon a une position claire et monsieur Leschi contredit les plus hautes autorités de l’Etat.

Après la remise du rapport parlementaire "L 'enfance volée"

Malgré la mise en cause de Didier Leschi par les parlementaires, celui-ci est resté chef du bureau central des cultes et ne dévie pas d'une ligne de son discours. En effet, il a donné une interview à Jérôme Anciberro pour Témoignage Chrétien, en févier 2007 [10], dans laquelle on peut lire :

«La focalisation sur certains groupes s’apparente beaucoup plus à un jugement sur la croyance de ces groupes qu’à leurs activités en tant que groupes. Depuis 2000, il y a sur ce point une continuité de la pratique administrative, avec quatre ministres de l’Intérieur successifs : dès lors qu’il n’y a pas de constatation de trouble à l’ordre public, il n’y a pas de raison, dans le cadre de la loi de 1905, de ne pas accorder à tel ou tel groupe cultuel les bénéfices liés au statut d’association cultuelle. Le Conseil d’État l’a rappelé à propos des Témoins de Jéhovah. C’est d’ailleurs sur cette base d’une absence de trouble à l’ordre public que la commission consultative des Cultes a émis en 2001 un avis permettant aux ministres du Culte des Témoins de Jéhovah d’intégrer la Cavimac (1).
Pourquoi, à votre avis, cette passion française sur la question des sectes ?
Pour des raisons à la fois nationales et sans doute internationales, il y a une peur du religieux dans certains secteurs de la société. Et certains courants religieux minoritaires, parfois mal connus, sont soumis plus facilement que d’autres à la stigmatisation. Il est d’ailleurs étonnant de constater que cette stigmatisation porte souvent sur ces cultes qu’avant 1905 on appelait les cultes « non reconnus », par exemple les Témoins de Jéhovah »

Le Ministère de l'Intérieur, le Bureau Central des Cultes et les Témoins de Jéhovah

Comme Didier Leschi l’explique dans l’interview ci-dessus, la clémence du bureau des cultes et donc du ministère de l’intérieur, à l’égard des associations des Témoins de Jéhovah, semble bien être le fruit d’une politique menée par plusieurs Ministres de l’Intérieur, et non de son seul fait :

Sous l’ère de l'ancien ministre de l’intérieur Jean Pierre Chevènement, époque où Didier Leschi est son conseiller parlementaire, une consultation initiée en octobre 1999 vise à organiser l’islam français dans le respect de la laïcité, en faisant le point des textes de loi régissant la pratique et le financement d’une religion et en examinant la compatibilité avec le droit français de certaines pratiques propres à l’Islam. Un des point abordé par celle-ci est la constitution d’associations cultuelles, recommandées par le ministre, ce statut s’accompagnant de facilités financières permettant de mettre en place une aide au financement des mosquées [11]. Dans cette optique et pour faciliter la constitution d’ associations cultuelles, en 2000, JP Chevènement appelle les préfets à davantage de souplesse en ce qui concerne l’octroi du statut d’association cultuelle et les invite à s'en tenir à une interprétation large de la loi de 1905 et de ce statut. Ce qui mérite d’ être noté, c’est que cette circulaire du ministère de l'intérieur se démarque nettement des travaux parlementaires menés depuis plusieurs années contre les sectes, en précisant : " La qualification de mouvement sectaire qui est donnée à une association par les différents rapports parlementaires ne saurait révéler à elle seule un quelconque trouble à l'ordre public. " (...) [12]. Si l’objectif de M. Chevènement n’est pas de permettre aux Témoins de Jéhovah d’obtenir le statut d’association cultuelle, il n’en demeure pas moins qu’il ouvre à ce moment une brèche dans la lutte menée contre les mouvements sectaires.

Par la suite, c’est le 29 mars 2003, que Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur de l’époque, va pour la première fois faire un pas vers les mouvements sectaires, lors d’un colloque à Paris ayant pour thème : Discrimination religieuse en France. Selon Willy Fautre de "Human Rights Without Frontiers International" (association proche de la scientologie[11]), c'est le premier colloque sur la discrimination religieuse en France, ayant ouvert un dialogue entre les autorités et les « minotités religieuses ». En effet, pour la première fois, le ministre de l'intérieur délègue un représentant officiel de son ministère, en la personne de son chef du bureau des cultes d’alors, M. Vianney Sevaistre, pour aborder cette question dans ce genre de conférence. Alain Garay , avocat des Témoins de Jéhovah, témoin de Jéhovah lui-même et bien connu pour ses activités de lobbying, est présent à ce colloque et fait un discours sur sur la taxation des dons. Mr Vianney Sevaistre admet qu'il y a un manque de contacts entre ces mouvements religieux et son administration et déclare que si chacun fait un pas vers l'autre, beaucoup de problèmes seront résolus. [13] Deux mois plus tard, le 23 mai 2003, M. Vianney Sevaistre, chef du Bureau des Cultes participe à un colloque en partie organisé par Alain Garay : « Quelle "politique religieuse" en Europe et en Méditerranée ? Enjeux et perspectives » [14]. La même année, des membres de la Mission de vigilance envers les dérives sectaires (Miviludes) se souviennent avoir assisté à un colloque où l'avocat des Témoins de Jéhovah et Danièle Gounord, la porte-parole de la Scientologie, ont dîné en compagnie d'un responsable du bureau des cultes du ministère de l'intérieur [15]. A la rentrée suivante, Alain Garay est nommé co-responsable d'un nouveau diplôme de troisième cycle : le "diplôme universitaire de droit des cultes et des associations religieuses", cette formation ayant le soutien du Bureau des Cultes [16].

En avril 2005, Alain Garay et Didier Leschi, devenu chef du Bureau des Cultes, participent aux colloques organisés à l'occasion du Centenaire officiel de la loi de 1905 « La République et les religions depuis 1905 :cadre juridique et pratiques institutionnelles ». Alain Garay s'engage aussi, à cette époque, dans la défense des intérêts de l'Islam, thème cher à Didier Leschi, au Bureau Central des Cultes et au Ministère de l'Intérieur. Il participe à plusieurs colloques sur ce thème et apparaît, ainsi que Didier Leschi, dans une émission de télévision sur France 2, ayant pour thème "Les chemins de la foi-Droit et islam en France". De plus, le programme d'une journée d'études consacrée au financement du culte musulman en France, le 03 Mars 2005, annonce un débat qui compte parmi ses intervenants Alain Garay et Nicolas Sarkozy (sous réserve) [17]. Un tel programme ne peut manquer de surprendre, alors que, comme nous l'avons vu dans le chapitre précédent, Nicolas Sarkozy a écrit le 27 janvier 2004 une lettre qui souligne « les nombreuses infiltrations jéhovistes au sein du milieu médical qui ont été constatées depuis plusieurs années jusqu’à atteindre à ce jour un niveau inquiétant. » et dans laquelle il parle de Maître Garay [18].

Le 18 juillet 06, le Ministre des Cultes, Nicolas Sarkozy, prend publiquement la défense des Témoins de Jéhovah lors d'une polémique autour de leur rassemblement au stade Bollaert de la ville de Lens. Alors que le maire socialiste de Lens, Guy Delcourt, regrettant de ne pouvoir interdire ce rendez-vous annuel des Témoins de Jéhovah pour des raisons légales, accuse les gouvernements de "manquer de courage politique" face à aux Témoins de Jéhovah qui "prônent des comportements qui sont contraires à la République " [19], Nicolas Sarkozy lui répond, dans une interview sur Europe 1, que "les témoins de Jéhovah sont une association cultuelle, reconnue expressément par le conseil d’Etat et qui bénéficie, à ce titre, de la liberté de réunion" [20]. Suite à cette interview, le député Jean-Pierre Brard, dans un communiqué de presse du 19 juillet, déclare : "Nicolas SARKOZY pratiquerait-il l’amnistie pour les Témoins de jéhovah ?", rappelant que la prétention des Témoins de jéhovah à bénéficier d’un statut cultuel ne peut les exonérer de l’application des lois de la République et invite Nicolas Sarkozy à se joindre au consensus des députés et sénateurs de gauche et de droite qui agissent clairement pour la défense des libertés fondamentales individuelles et collectives garanties par les lois de l' Etat, plutôt que de venir en renfort de groupes à caractère sectaire [21].
Jean-Pierre Machelon devant la commission parlementaire

Par ailleurs, le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, demande au professeur Jean-Pierre Machelon de constituer une commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics, dont la tâche est d'étudier les amendements possibles aux multiples textes régissant l’exercice public des cultes dont la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des églises et de l’État. La commission de Jean-Pierre Machelon rend son rapport en septembre 2006 et provoque aussitôt une réaction de protestation du député JP Brard, engagé dans la lutte contre les sectes, dans un communiqué de presse : RAPPORT MACHELON – UNE COMMISSION SOUS INFLUENCE ?. Les députés de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes de 2006 décident d'auditionner M. Jean-Pierre Machelon et lui font remarquer que sa commission a choisi d'interroger plusieurs personnes représentant les sectes, dont M. Jean-Claude Pons, porte-parole des Témoins de Jéhovah. Jean-Pierre Machelon répond que les membres de sa commission ont considéré qu’il n’était pas absurde d’entendre des représentants des Témoins de Jéhovah [22]. Interrogé sur le contenu du rapport de la commission de M. Machelon, Didier Leschi répond quant à lui, qu'il réservera son appréciation au ministre de l’Intérieur.

Enfin, l'avocat Alain Garay est maintenant l'un des trois experts choisis par le Quai d'Orsay pour représenter la France sur les questions de liberté religieuse à l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération Européenne (OSCE). Ce panel est chargé, entre autres, de proposer des modèles de lois sur la liberté religieuse aux pays de l'OSCE[12]. On peut donc en conclure que les intérêts communs à ce maître du barreau et spécialiste en droit des cultes, Alain Garay (et son mouvement) et à Didier Leschi (et son Ministère), à savoir un assouplissement de la loi 1905 vers une laïcité plus ouverte et plus favorable aux mouvements sectaires, ne sont sans doute pas étrangers à la "connivence" affichée par Didier Leschi envers les Témoins de Jéhovah, soulignée par les parlementaires.

Approche libérale sur la question des sectes

Extraits de la thèse : LES RÉPONSES POLITIQUES À LA « QUESTION DES SECTES » L’exemple français de "l’impossible tolérance" par Monsieur Lionel Mariani.

  • p 19-20:
«Ce stage au sein du Bureau des Cultes a été l’occasion de rencontrer divers acteurs responsables de la prise en charge du phénomène sectaire (outre Didier Leschi[…]). Ce stage fut l’occasion d’une introduction particulière à la politique publique de réponse à la "question des sectes". En effet, au contact de Didier Leschi, j’ai été initié à une approche plutôt "libérale" du sujet: le terme de secte est inadapté, les personnes membres d’une "secte" ne sont que des "doux dingues", les Témoins de Jéhovah ne posent plus de problème, la lutte contre les dérives sectaires ne doit se faire qu’en terme de trouble à l’ordre public, la nouvelle Mission Interministérielle semble durcir, inutilement, le ton. [...] En d’autres termes, au contact de Didier Leschi j’ai été invité à adopter ce qu’il appelle lui-même une "logique du fait" et délaisser toute approche trop idéologique ou militante.»
  • p 137-138:
«Cette présidence intérimaire somme toute symbolique des tentatives de « libéralisation » de la réponse politique à la « question des sectes » s’inscrit dans un contexte particulier où se constitue un réseau d’acteurs publics sensibilisés à une évolution « libérale » de la politique publique. Aucun think tank ou groupe de pression n’est créé, mais un réseau informel se structure autour de plusieurs acteurs, hauts fonctionnaires, universitaires, acteurs religieux et journalistes. Didier Leschi, chef du Bureau central des Cultes, en est le porteflambeau. Il est en contact permanent avec plusieurs de ces acteurs avec lesquels il continue d’échanger sur la politique publique en question. Ainsi, lors de notre stage au Bureau central, nous avons pu constater l’étendu de ce réseau, Didier Leschi s’entretenant régulièrement avec Gilles Bottine, Laurent Stefanini (Conseiller aux Affaires religieuses au ministère des Affaires étrangères), ou d’autres acteurs du monde universitaire ou religieux, développant un regard plus « libéral » sur cette question. Par ailleurs, au cours du même stage, il a été possible de constater la réalité du caractère « libéral » de la pensée du chef du Bureau des Cultes :il ne considère pas les sectes comme des groupes intrinsèquement dangereux (« tous les courants cultuels sont susceptibles de connaître des dérives sectaires »), ce sont tout juste des « doux dingues » qui, s’il enfreignent les lois et règlements, seront punis, au même titre que les membres d’autres cultes, de partis politiques ou pour tout autre citoyen lambda.»

Didier Leschi, remercié ?

Selon le journal Libération du 25 janvier 2008, Didier Leschi serait sur le point d’être remercié. «A la dernière réunion du bureau, Leschi n’est pas venu. Des gens proches de la ministre nous ont dit qu’il était sur la sellette» (Un autre tête pourrait tomber, Libération', vendredi 25 janvier 2008).

Monsieur Leschi quitte le bureau des cultes, il est remplacé par monsieur Bertrand GAUME. Toutefois, il est encore  prématuré d'évaluer les conséquences de ce remplacement  sur la politique du Bureau des cultes, en matière de dérives sectaires [23].

Nouvelle affectation

Didier Leschi passe du ministère de l’intérieur à celui de la justice , il est finalement nommé : chef du service de l’accès au droit et à la justice et de la politique de la ville à l’administration centrale du ministère de la justice. Ce service de Monsieur Leschi a dans ses attributions le “Bureau d’aide aux victimes et de la politique associative” ce qui peut inquiéter, dans la mesure où la notion de victime en relation avec les dérives sectaires, semble être pour le moins absente de ses préoccupations ...[24]

Colloques au programme desquels figurent aussi des Témoins de Jéhovah

  • 25 au 27 avril 2005 : Centenaire officiel de la loi de 1905 « La République et les religions depuis 1905 :cadre juridique et pratiques institutionnelles »". Didier Leschi intervient sur le thème Les pouvoirs publics et les religions en France : un « état des lieux ». Alain Garay participe aussi à ce colloque et intervient sur le thème : Questions juridiques un siècle après la loi de 1905 [13].
  • 19 septembre 2006 : BILAN DE LA LIBERTE RELIGIEUSE EN FRANCE[14] Ce colloque est organisé à l’occasion de la présentation publique d'une collection de plusieurs ouvrages et actes de colloques consacrés à la problématique de la laïcité et de la liberté religieuse, aux Editions L’Harmattan. Participent à ce colloque : Didier Leschi, Régis Dericquebourg, Christian Paturel, Raphaël Liogier, Jean Baubérot, Laurent Stefanini (Conseiller pour les affaires religieuses au ministère des Affaires étrangères).
  • 19 janvier 2007 : LE DROIT DE LA SECURITE SOCIALE DES « PERSONNELS RELIGIEUX » EN DEBAT LA SITUATION DU CULTE CATHOLIQUE EN FRANCE. Didier Leschi intervient sur le thème Le régime social du culte catholique vu du Bureau Central des Cultes. Alain Garay y anime un débat ainsi que Frédéric-Jérôme Pansier [25].

Émission de télévision en rapport avec l'islam

  • 12 juin 2005 : "Les chemins de la foi-Droit et islam en France", France 2- Sujet faisant l'historique des relations entre la religion musulmane, l'état et le droit en France. Interview de Renaud LEFEBVRE, directeur éditorial des éditions Dalloz. Interview deAlain Garay, avocat à la cour de Paris, Didier LESCHI, chef de bureau central des cultes [26].

Ressources sur le sujet

Voir aussi

Références

Ressources vidéos