Maria Russell

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Maria Russell

Maria Frances Ackley (10 avril 1850 - 12 mars 1938) était l'épouse de Charles Taze Russell avec qui elle vécu jusqu'en 1897, et était aussi la sœur de l'épouse du père de Russell, Joseph. Elle fut sa fidèle collaboratrice jusqu'au milieu des années 1890, après quoi de nombreuses discordes finirent par briser le couple. Les procès qui officialisèrent sa séparation d'avec son mari firent ressortir des comportements bien peu chrétiens chez le pasteur, tels que la cruauté envers sa femme, l'orgueil, la calomnie ou l'égoïsme, autant d'informations que les Témoins de Jéhovah actuels ignorent complètement, puisque c'est Maria qui, dans les publications de l'organisation, est présentée comme l'unique responsable de la rupture et la traîtresse.

Famille et profession

Maria était la fille de Mahlon Foster Ackley, charpentier puis constructeur automobile, et de Selena Ann Ackley née Hammond.[1] Elle avait trois sœurs: Emma H. [nom d'épouse: Russell], Lena [Guibert] et Laura J. [Raynor]. Emma (1855 - 1929) fut l'épouse de Joseph Russell, le père de son futur mari. Ainsi, lorsqu'elle épousa Charles, Maria était aussi la sœur de sa belle-mère.

Maria était plus instruite que son mari, Charles, car elle était diplômée et avait assisté à la Curry Normal School, un institut de formation des enseignants[2] et devint professeur le 18 juin 1870.

Mariage

1879-1892: Années d'entente et de coopération

Charles et Maria se marièrent en mars 1879, moins de trois mois après leur rencontre. John Paton célébra leur union qui parut dans la Gazette de Pittsburgh du 14 mars 1879.[2] Dès le départ, il fut prévu que le mariage ne serait pas consommé et qu'ils ne vivraient pas nécessairement ensemble. De ce fait, ils n'eurent jamais d'enfant. Selon Russell, les treize premières années de leur mariage furent heureuses, et c'est donc en 1891 que des troubles conjugaux survinrent.

Elle fut secrétaire-trésorière de la Watchtower Bible and Tract Society et la secrétaire particulière de Charles Russell. Toutefois, elle affirma plus tard « ne jamais avoir vu les livres [de comptes] de la Société, jamais fait n'importe quel travail qui appartenait à une secrétaire ou une trésorière ».[3]

Elle signa à peu près 90 articles de La Tour de Garde et resta éditrice associée du magazine jusqu'en 1896. Elle co-écrit également les trois premiers livres de Charles Russell. Avant même leur mariage elle rédigeait déjà des ouvrages. Selon son témoignage lors de sa demande de séparation, elle aurait écrit plus de la moitié des premiers ouvrages composant la série des Milennial Dawn, que ce soit au niveau du plan et de l'écriture, ce que Russell contesta.

En 1890, elle publia un recueil de poèmes distribué par la société Watchtower intitulé The Wonderful Story.

1892-1894: Rumeurs de difficultés conjugales récusées

Toutefois, leur conception de la place de la femme et de la sexualité différaient grandement, et cela fut une source de tension entre eux, bien que publiquement ils tentèrent de la dissimuler. Lors des premières années de leur mariage, Maria fut toutefois la plus fidèle supportrice de Charles et prit même sa défense publiquement quand, en 1894, il y eut la première dissension au sein des Étudiants de la Bible; en effet, des disciples en virent à contester l'autorité du pasteur et essayèrent de rallier Maria à leur cause, mais sans succès.[4]

En effet, en réponse aux accusations proférées contre son mari, Maria effectua un voyage de 18 jours afin de prendre la défense de son mari au sujet des accusations proférées à son encontre par certains Étudiants de la Bible. Elle se rendit dans dix congrégations (Brooklyn et New York le 13 mai 1894, Chicago, Londres), prononça un total de neuf discours et chercha à confondre les accusateurs qui avaient voulu la rallier à leur cause - bien que ceux-ci n'étaient pas forcément tendres avec elle. Constatant qu'elle se rangeait résolument du côté de son mari, de nombreux Étudiants de la Bible délaissèrent également les liens qu'ils avaient jusque-là avec elle.

Elle voulut publier une lettre qui figura dans la Zion's Watch Tower du 25 avril 1894, sous le titre "A conspiracy exposed". Voici quelques extraits:

« Je saisis cette occasion de parler pour défendre mon mari contre l'attaque audacieuse de nos ennemis qui calomnient son caractère et dénaturent nos relations privées. Notre foyer est composé uniquement de nous-mêmes et nos estimés et aimés collaborateurs du bureau la WATCH TOWER, qui ont tous un plaisir de témoigner de la tranquillité et le bonheur de notre maison, à l'exception des intrusions de faux frères et intrigants qui parfois le dérangent. »
« Notre maison, loin d'être discordante, est tout le contraire, - des plus heureuses. Je ne pourrais pas, en effet, prier pour de plus grandes bénédictions terrestres à tous les saints bien-aimés que leur vie domestique puisse être aussi paisible et heureuse que la nôtre. La liberté avec laquelle le Christ rend libre est appréciée par tous ceux qui sont de notre famille ou d'une quelconque façon en lien avec l'œuvre, non pas la liberté de l'anarchie, cependant, mais de soumission à l'Esprit et la Parole de Dieu. »
« Au sujet des réponses ci-dessus de mon mari bien-aimé aux accusations de ses détracteurs, je donne mon approbation sans réserve en tout point. Bien que de telles calomnies soient graves, et doublement difficiles à supporter quand elles viennent de ceux que nous avions supposé être des amis, mais qui, nous nous en rendons compte maintenant, ont tramé ces mauvaises actions depuis plusieurs années, je vous assure tous que Dieu nous a soutenus et nous a donné sa paix à travers tout cela. Au début, cela est survenu avec à peu près la force et la soudaineté d'une avalanche, à la fois sur nous et sur l'Église d'Allegheny, et bien que nous ayons craint pour la stabilité de certains, nous pouvions être sûrs que cela était permis par le Seigneur dans le but d'un criblage nécessaires. Mais, Dieu merci, l'Église a ici bien résisté à la tempête, et maintenant des lettres de certains des plus forts qui sont à l'étranger, qui reçurent les circulaires diffamatoires, en viennent à exprimer une confiance renouvelée et à démontrer que les arts de Satan sont reconnus, et ceux-ci sont une source d'encouragement supplémentaire à nos cœurs et une réponse à nos prières, bien que nous soyons toujours soucieux des nombreuses personnes qui sont encore jeunes dans la Vérité, et qui peuvent être mal préparés pour résister à un tel choc, car nous savons bien que le laps de temps entre la réception du rapport calomnieux et la présente réponse est l'une des incertitudes et une rude épreuve pour tout le monde. »
« Cependant, nous tenons compte du fait que "le Seigneur connaît ceux qui sont les siens", et qu'il est capable et disposé à les empêcher de tomber, et que, comme avec l'armée de Gédéon, certains ont besoin d'être refoulés. Qui est du côté du Seigneur? (...) "Qui pourra monter à la colline [le Royaume] du Seigneur ou qui se tiendra dans son lieu saint?" "Celui qui a les mains propres, et un cœur pur;. Qui ne livre pas son âme à ce qui est vain, qui ne jure pas [une alliance solennelle] trompeusement?" »
[Puis Maria termine en citant un passage des Psaumes.]

Elle prit également la défense de son mari à propos de déclarations d'Étudiants de la Bible qui pouvaient sembler défavorables. Voici un extrait de sa lettre ouverte à l'Église, publiée dans Zion's Watch Tower de juin 1894:

« M. Adamson a également dit que mon mari interdit aux gens de se marier, et comme preuve de cela, il raconta comment il envoya une fois M. Bryan en voyage de trois jours dans le pays à une dépense de douze dollars, afin d'empêcher un mariage. J'ai répondu que cette affirmation est aussi fausse que les autres; que M. Russell n'a jamais interdit à personne de se marier, et que pas un être vivant ne peut honnêtement dire qu'il ou elle avait été interdit de la faire, mais que je savais que si son avis avait été spécialement demandé, il donna les conseils de l'Apôtre Paul, et, autant que cela soit possible dans ses paroles, de les citer (1 Cor. 7:25-35). Et quand j'ai donné une véritable explication de sa preuve, ci-dessus mentionnée, tous virent qu'elle était au crédit de mon mari et qu'il n'a épargné ni peine ni dépens pour laisser une sœur en Christ savoir quelque chose de ce qu'il savait du caractère de l'homme qu'elle allait épouser; qu'ainsi informée, elle pourrait être le meilleur juge pour elle-même si oui ou non il ferait un mari souhaitable. M. Bryan, qui prit cette lettre, et qui la apporta non livrée parce que trop tard pour servir à la sœur, connaît la vérité sur cette question, tout en connivence avec M. A. sur sa présentation inexacte du caractère et des enseignements de mon mari. Tout ce qui peut diminuer l'influence de M. Russell - semble être leur devise. »
« Dans le même contexte, M. Adamson est en train de dire que M. Russell a écrit pour lui peu de temps après qu'il soit marié, lui disant qu'il devrait faire son testament de façon à donner l'argent qu'il avait à la Tract Fund, et d'être sûr de ne pas le laisser à Mme A. (voir cette lettre). Ils affirmèrent cette histoire en ma présence, et dirent qu'ils avaient la lettre en main. Je dénié cela catégoriquement, sachant bien que la disposition de mon mari était le contraire. Je leur ai demandé de lire la lettre à haute voix à nous tous, mais ils refusèrent de le faire, et cela montra clairement à toutes les personnes présentes que la déclaration n'était pas digne de foi. Seulement depuis mon retour à la maison ai-je appris la vérité sur le sujet, comme suit: »
« Peu de temps après le mariage de M. A., Mme A., il semble, a déclaré qu'elle "ne va pas courir à travers le pays après lui, comme un chien enragé". En écrivant à M. Russell sur le sujet, M. A. dit en substance: "Que l'argent que j'ai soit entièrement consacré au Seigneur avant de me marier; et dans le cas de ma mort, je n'ai pas l'intention que quoi que ce soit aille à Mme Adamson ou ses gens: tout doit aller à la Tract Fund. »
« Dans sa réponse à cette lettre, mon mari insista pour que Mme Adamson ne soit pas ignorée; qu'en tant qu'épouse, elle avait une demande juste à son sujet; que sur les principes généraux n'importe quelle femme qu'il appellerait son "épouse" mériterait de la considération en tant que telle, même en cas de désaccord sur des sujets religieux, ce qui était alors le cas pour Mme A., suivant l'image que son mari en avait donnée. Mais il indiqua que si M. A. décidait de donner une partie de ses biens à la Tract Fund, il serait sage, étant donné les circonstances qu'il décrit, et dans l'intérêt de son bonheur conjugal, de ne pas informer Mme A. de cela. Cela était sans doute le contenu de la lettre qu'ils avaient en main, et qu'ils ont eut peur de lire de crainte que leurs fausses informations ne soient révélées. Ainsi les mensonges obligent-ils la vérité à s'afficher. -- Matt. 10:26. »
« Comme illustrant la profondeur de la méchanceté de ces hommes qui s'abaisseraient sous l'influence de l'envie et l'ambition. J'ai dit à l'Église comment M. Adamson avait écrit à Frère Wright (et nous ne savons pas à combien d'autres), citant 1 Cor. 5:1-6 sans commentaire, comme étant applicable à mon mari. M. Adamson ne pouvait pas nier le fait, étant donné la preuve, mais protesta qu'il n'avait pas l'intention d'une quelconque réflexion sur le caractère moral de M. Russell. Quelques-uns des frères présents firent remarquer qu'une telle accusation n'aurait aucun poids auprès de ceux qui connaissaient M. Russell (...). En racontant quelle conclusion il souhaitait donner de la citation, M. Adamson a répondu qu'il voulait dire que M. Russell est un "railleur". Mais étant donné que les railleurs ne sont pas du tout mentionnés dans la citation, mais cinq versets plus loin dans ce chapitre, j'ai montré que ce n'est là qu'une des nombreuses méthodes de fausses déclarations utilisées par ces méchants hommes - parce qu'ils ne connaissent aucun véritable crime à mettre à sa charge. Je mentionne ces points ici, parce qu'ils ont sans doute été rapportés de la même façon incorrecte par voie orale ou par lettre à d'autres; et de montrer que le même esprit qui incita les fausses déclarations de leur première attaque continuent de les contrôler, et que la réconciliation avec ces personnes, dans de telles conditions, ne serait ni possible ni souhaitable, ni bonne, ni scripturaire. »

(à compléter)

En décembre 1895, elle appliqua ouvertement les termes bibliques d'"esclave fidèle et avisé" à son mari mais le considéra comme l'"esclave méchant" dès l'année suivante.

1895-1897: Proposition de séparation

Malgré la défense que Maria affichait publiquement envers son mari, le couple se disputait fréquemment en raison de points de vue qui les opposaient durablement (voir section "Motifs de séparation selon les historiens et sociologues"). Les époux décidèrent de se séparer en 1895, pour des motifs d'incompatibilité. Maria expliqua que l'initiative venait de son mari, déclarant: "Il proposa, au motif d'incompatibilité, que nous soyons d'accord pour nous séparer, et si j'acceptais le faire, il me donnerait cette maison où nous vivions, et quand j'ai brisé cette suggestion, il dit que si je n'acceptais pas, je ne recevrai rien".[5] L'historien James Penton considère qu'une telle proposition étant cruelle de la part de Russell, et que ses déclarations (dans le cadre de la séparation légale qui les opposa ultérieurement) montraient qu'il avait une haute opinion de lui-même dans ses relations avec son épouse.

De son côté, Russell expliqua que sa femme s'était mise sous de mauvaises influences à son retour d'un voyage, qu'elle s'était laissée séduire par les idées mises en avant dans la littérature féministe, et qu'elle fut flattée par des éloges qui aurait avivé son orgueil. De ce fait, il affirma qu'elle souhaitait tout régenter dans la publication des articles de The Watchtower, demandant avec succès d'être considérée comme rédacteur-chef adjointe et utilisant les discours de son mari pour écrire des articles. Par ailleurs, elle modifia l'application de la doctrine de l'"esclave fidèle et avisé" dont elle était elle-même à l'origine. Rapidement, Russell refusa ses articles, non seulement parce qu'il y voyait là le signe qu'elle souhaitait devenir rédactrice principale, mais aussi parce qu'il n'était pas d'accord d'un point de vue doctrinal. En réaction, elle ne lui donna que deux articles pour le numéro de février 1897, articles que Russell refusa, et le nom de sa femme disparu du périodique dans deux numéros vers le début de 1897. Puis, après avoir souffert d'une maladie, elle convoqua un comité formé de deux frères afin de faire état, devant deux témoins, de ses griefs contre son mari: 1/ un testament qu'il aurait rédigé pour son père, Joseph Russell, et qui déplaisait à Emma et à elle-même, testament qui, selon Russell, avait déjà été complètement révisé; 2/ un manque d'égards lors d'une réunion où il l'interrompit alors qu'elle exprimait son opinion sur une question doctrinale, et que Russell considérait comme non biblique. Les deux témoins refusèrent que Maria obtienne davantage de droit sur le magazine, ce qui aurait énervé cette dernière. Toutefois, lors d'une réunion biblique, elle aurait consentie à se réconcilier publiquement avec son mari.

Par la suite, Maria prit la tête d'un groupe de femmes, incluant ses trois sœurs, au sein de l'Église d'Allegheny qu'elle présidait, et selon Russell, elles prévoyaient toutes une action contre lui qui aurait atteint son paroxysme le 12 septembre 1897, sans toutefois préciser de quoi il s'agissait. Russell riposta en convoquant, le 4 septembre, une cinquantaine de frères pour une réunion afin de les informer du complot. Le lendemain, une réunion fut prévue afin qu'un groupe d'ancien auditionne les deux sœurs qui propageaient l'idée que Russell traitait honteusement sa femme. Cette dernière et ses sœurs charnelles furent exclues ce jour-là. Pensant que sa femme était sous une influence mauvaise en fréquentant sa famille, Russell leur écrivit des lettres pleines de colère, leur ordonnant de couper tout contact avec sa femme. Finalement, le couple se réconcilia dans le mois.

Penton estime que Russell se méprenait lorsqu'il déclara que les contestataires avaient "cherché à semer la discorde dans le cœur de [s]a femme par la flatterie, par des arguments relatifs aux "droits de la femme"", alors qu'en réalité, selon lui, ces personnes avaient simplement estimé que le pasteur se montrait inutilement condescendant envers sa femme, argument qui semblait tout à fait être justifié. Penton pense malgré tout que Maria ne fut pas exempte de faute à cette période, car elle exaspérait probablement son mari à vouloir contrôler le contenu des publications. Il déclare toutefois qu'on ne peut pas savoir si les déclarations de Russell sont toutes rigoureusement exactes, bien qu'on puisse raisonnablement penser qu'il se contente de relater les événements. Toutefois, il n'y a aucune preuve que Maria se soit appliquée le titre d'"esclave fidèle et avisé", comme Russell semble l'affirmer.

1897-1903: Abandon du domicile conjugal

Le 9 novembre 1897, après une réconciliation de deux mois, le 9 novembre, Maria quitta définitivement le domicile conjugal et se rendit à Chicago afin de faire campagne contre son mari. Puis en janvier 1899 et pendant un an et demi elle vécut avec sa sœur Emma à Allegheny. Par la suite, elle vécut quatre années seule en louant les chambres garnies de son appartement.[6]

Or, à partir de 1899, elle décida de préparer un tract intitulé Readers of Zion Watchtower à destination des membres de la Société Watch Tower comportant des extraits de lettres qu'ils lui envoyaient afin de révéler des traits inconnus de sa personnalité selon elle, à savoir la méchanceté, l'égoïsme et le caractère autoritaire.[7] Russell réagit en mars 1903 en la chassant, elle et ses locataires, de l'appartement où elle vivait. Deux des locataires le poursuivirent en justice à cause de cela.

1903-1909: Séparation de corps et de biens

À partir de cette date, Maria fut particulièrement vindicative envers son mari.[8] En juin 1903, elle intenta un procès en séparation légale devant une cour de Pittsburgh. En effet, elle se plaignait que Russell ne se comportait pas comme un mari envers sa femme, ce qui impliquait le fait qu'ils n'avaient pas de relations sexuelles. D'après ses déclarations, il ne lui adressait pas la parole, mais communiquait avec elle au moyen de mots écrits sur des papiers.[9] Pendant le procès, lorsque son avocat demanda à Maria si elle estimait que son mari était coupable d'adultère avec Rose Ball, alors jeune sténographe de Russell, elle répondit : "Non".

En 1906, elle obtint cette séparation en raison de la cruauté mentale que Charles lui faisait subir du fait leur contrat de mariage du célibat perpétuel. L'affaire fut relayée par voie de presse. Compte tenu de la publicité négative que cette issue défavorable occasionna à la réputation du pasteur, Clayton J. Woodworth conseilla à ce dernier de s'expliquer publiquement, ce qu'il fit dans une Watchtower de juillet 1906 (voir les extraits plus haut). Russell fit appel de la décision obtenue en première instance, mais le jugement fut confirmé en 1908.

Toutefois, celui-ci transféra en plusieurs fois toute sa fortune qui s'élevait à 317 000 $ à la Société Watch Tower, réservant toutefois un montant de 200 $ à sa femme dont elle hériterait après son décès. Alors que la cour avait accordée un pension mensuelle de 40 $ à Maria, pension qui fut réévaluée à 100 $ en janvier 1908, Russell ne lui versa que 40 $ en tout et pour tout en date de juin 1909. Cette attitude fut critiquée par la cour comme étant une violation de la pension alimentaire qu'il devait à sa femme. En définitive, ce sont ses amis Étudiants de la Bible qui récoltèrent les fonds nécessaires pour payer une pension dont le total s'élevait alors à 9 000 $[10] en arriérés de paiement et en avances pour jusqu'en 1913.[11]

La décision de justice de leur séparation, qui compte 150 pages, fut publiée le 19 octobre 1908.[11] Lors du procès, il fut établi que :

« Le comportement [de Russell] envers sa femme démontre un égoïsme persistant et une louange extravagante de lui-même [...], ce qui aurait rendu la vie de n'importe quelle femme chrétienne insupportable et intolérable. Son inconvenance de la traiter comme une servante en face des domestiques, l'accusant d'être folle et sous l'influence de personnes mauvaises et traîtres motive amplement son abandon du toit conjugal et justifie la crainte qu'il avait l'intention de l'humilier davantage avec la menace de recourir au droit de la déclarer malade mentale. Il n'y a pas une seule syllabe dans tout son témoignage pour justifier ses calomnies continuelles en confrontation avec sa personnalité ou son état d'esprit, ni de la façon qu'il explique sa conviction qu'ils étaient différents, si ce n'est avec le fait que elle n'était pas d'accord avec lui sur le mode de vivre et de mener ses affaires. Il dit lui-même qu'elle est une femme de hautes qualités intellectuelles et d'un parfait caractère moral. Tandis qu'il nia d'une manière générale le fait qu'il tenta de diminuer sa femme comme elle le prétendait, l'effet général de son propre témoignage est une excellente confirmation de ses allégations. »
Article du Brooklyn Eagle, 15/11/1911, partie 1
Article du Brooklyn Eagle, 15/11/1911, partie 2

Un article du Brooklyn Eagle daté du 15 novembre 1911 (voir scans à droite) rapporta les raisons pour lesquelles la femme du pasteur le quitta. L'article cite textuellement le long mémoire préparé par Me Porter, l'avocat de Maria Russell, et qui fut présenté à la Cour Supérieure de Pennsylvanie. Ce mémoire fut rédigé après que Russell eut fait appel du verdict autorisant la séparation entre les époux, et contient les preuves qui motivèrent la Cour de Common Pleas à prononcer cette sentence. Il contient les conclusions prononcées par le juge Orlady dans lesquelles celui-ci estime que la mauvaise conduite de Russell "justifiait pleinement l'abandon de domicile de Mme Russell". Puis les conditions de vie de Maria sont décrites par le juge Orlady :

« Les appartements dans lesquels les Russells vivaient étaient au quatrième étage d'une maison commerçante de Arch Street, Alleghney, Pa. Il n'y avait pas de voisin à une distance d'appel dans la nuit, et bien que pendant un certain nombre d'années, le bâtiment avait été occupé par les employés de la Watch Tower la nuit; encore peu après que l'intimé [Russell] eut commencé ses rapports au sujet de la santé mentale de sa femme, tous les employés furent enlevés de l'immeuble, laissant Mme Russell seule lorsque son mari était absent. »
« Les conditions étaient celles de désolation totale en ce qui la concerne. Quels durent être les sentiments de cette femme après ces deux années d'indignités ? Pas de doute, elle fut écrasée, humiliée et le cœur brisé, et aurait naturellement des appréhensions lors de l'absence de son mari ou prendrait une sorte de procédure basée sur le prétexte allégué [par son mari] de son inconsistance mentale [à elle], et il ne fait aucun doute que son mari envisageait sérieusement à l'époque l'opportunité d'enquêter sur l'état mental de sa femme par une expertise, et nonobstant le fait que lorsque la question fut posée au témoin à la barre il nia, sa lettre au juge Breedon (pièce n°15) contient cette déclaration:
"En effet, s'il n'avait pas eu mon aversion pour la publicité sur le compte de la dame tout aussi bien que sur le mien, j'aurais senti cela seulement comme un devoir normal de demander au tribunal de nommer un examen d'experts compétents sur l'état mental de la dame." »
« Tandis qu'il vivait seul avec sa femme dans ce large immeuble, il prépara une lettre astucieusement formulée [dans laquelle il était dit qu'] ils avaient concilié leurs différences, puis le vendredi soir de cette semaine-là il la présenta à sa femme pour qu'elle la signe, et tout le long de la nuit, il la suivit de pièce en pièce, l'exhortant, la câlinant, l'implorant et la menaçant jusqu'à ce que sa tête [à Maria] soit dans un tourbillon de doutes et de peurs, et tous les jours suivants il continua cela et lui imposa donc de signer la lettre sous la protestation. Cela n'a pas été dénié par l'intimé [Russell], et bien que la défense était basée sur le fait qu'une réconciliation était survenue entre le diffamé [Maria] et l'intimé [Russell], le fait remarquable existe que cette lettre, qui fut en possession de l'intimé, ne fut jamais présentée comme preuve. »
« Les lettres insultantes aux parents et amis de Maria, les avertissant de ne pas [mot illisible ?] avec le diffamé [Maria] ou de communiquer avec elle, se répétèrent le 8 novembre 1897 et une copie fut donné au diffamé [Maria] (pièce n°11). Quelques jours après cela, l'intimé [Russell] téléphona à sa femme pour lui dire qu'il était en train de quitter la ville; il ne dit pas où et pourquoi. »
« L'épouse tira ses propres conclusions à propos des intentions de son mari. Puis, avec beaucoup d'esprit, il fit circuler de faux rapports sur le dérangement mental de son épouse, et toutes ces manœuvres finirent d'isoler complètement celle-ci de toute société, même de sa propre famille, le retrait de la nuit de tous les employés de la Watch Tower du bâtiment où elle vivait, et la totale désolation de sa maison, et le retrait de tout support, à son esprit pointait à une conclusion, à savoir qu'il se proposait de traiter avec elle sous le prétexte de la folie et que son but non révélé cette nuit-là pouvait être à cette fin. Le diffamé quitta le bâtiment et prit le train pour Chicago pour chercher protection et conseil auprès de son frère qui est un membre du barreau de cette ville. »

Deux versions de cette histoire furent et continuent d'être rapportées : celle de Russell, qui fut publiée dans La Tour de Garde du 15 juillet 1906, et celle publiée dans la presse et diffusée par le clergé pour nuire à Russell et à son mouvement, et qui basait son argumentation sur la supposée inconduite sexuelle du pasteur. Néanmoins, aucune de ces deux versions n'est exacte car trop extrêmes d'un côté comme de l'autre, et elles ne prennent pas en compte les vraies raisons de la controverse.

Motifs de séparation selon les historiens et sociologues

Qu'il s'agisse de Bernard Blandre, de James Penton ou de Timothy White, tous s'accordent à dire qu'il est délicat d'évaluer exactement la part de responsabilité de chacun des deux époux dans leur séparation (beaucoup d'affirmations de chacune des parties ne sont pas vérifiables et reposent sur le témoignage de celui/celle qui les a déclarées). Toutefois, les raisons qui ont poussé le couple à s'entre-déchirer sont les suivantes:

  • Abstinence sexuelle: certes, les époux y consentirent avant leur mariage, mais tous deux ne vécurent pas de la même manière cette situation. En effet, Russell semblait ne pas être particulièrement intéressé par le sexe, et vivait très bien son absence de relations sexuelles. Ce mode de vie était motivé par des considérations d'ordre religieux: pour lui, il fallait délaisser les plaisirs charnels mêmes à l'intérieur du couple marié - bien qu'il n'en fasse pas une règle générale à suivre - pour mériter la récompense spirituelle. En revanche, Maria apparut comme frustrée et révéla, par l'intermédiaire de son avocat lors de sa séparation officielle, qu'une telle abstinence la privait de l'un des plaisirs de la vie.
  • Différences sur la place de la femme: Russell avait peu d'attentions pour sa femme, et la considérait surtout comme son associée au sein de la Société Watch Tower et la rédactrice de son magazine. De ce fait, Maria estimait qu'elle n'était considérée avec pas plus d'égards qu'une simple servante. Par ailleurs, elle était ambitieuse et profondément influencée les idées féministes, et aurait aimé que son mari lui accorde davantage de responsabilités au sein de la gestion de l'organisation.
  • Jalousie de Maria: celle-ci estimait que son mari accordait trop d'attention à d'autres femmes, notamment Rose Ball et la servante Emily, et était trop familier physiquement avec elles. Cela la contraria beaucoup, bien qu'elle ne pensait pas qu'il allait jusqu'à commettre l'adultère avec elles.
  • Querelles familiales: un testament que Russell aurait rédigé pour son père provoqua la colère d'Emma, la femme de son père, et Maria décida de se ranger du côté de sa sœur dans cette histoire.

Selon le sociologue Massimo Introvigne, « les études les plus récentes [en 1990] font apparaître que Maria Russell peut être considérée comme une féministe avant la lettre, favorable aux droits des femmes d'accéder à des fonctions importantes dans l'Église et de prêcher à égalité avec les hommes ». Il déclare aussi que Maria a éprouvé « une profonde insatisfaction » de son mariage non consommé, et que cela a contribué, conjointement à des soucis financiers, à ses attaques contre son mari. Il dit aussi que d'après les chercheurs, son amertume venait du fait que son mari « s'intéressait non pas trop, mais plutôt trop peu aux femmes ».[12]

Version publiée par Russell

Dans The Watchtower, Russell donna cette version des premières difficultés rencontrées dans son couple:

« C'était peu de temps après notre retour d'un voyage en Terre Sainte et des pyramides, en passant par la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Italie, la Suisse et la France, qui fut une expérience des plus agréables et profitables pour nous deux, que Mme Russell sembla se placer sous une influence néfaste dont je n'avais aucune connaissance à l'époque. Pendant notre absence, lors de ce voyage, l'Adversaire sembla avoir suscité un esprit de lutte, d'ambition et de vaine gloire chez certains qui avaient déjà donné tous les preuves de leur fidélité à la Vérité. Il semble que la littérature sur "les droits de la femme" et les idées anarchistes furent en lien avec cette affaire. Le mauvais fruit ne se montre pas lui-même en une seule fois. Le levain fit son œuvre, et donna lieu, comme certains des lecteurs les plus âgés se souviennent, dans une conspiration de la part de plusieurs afin de nuire à l'œuvre, à la renverser - apparemment dans l'espoir de recueillir de l'épave quelques fragments - à "entraîner les disciples à leur suite". Toute la question est venu sur moi comme une explosion, étant soigneusement planifiée à cette fin. Je n'étais pas au courant à l'époque, mais j'appris par la suite que les conspirateurs avaient cherché à semer la discorde dans le cœur de ma femme par la flatterie, par des arguments relatifs aux "droits de la femme", etc. Toutefois, lorsque le choc se produisit, dans la providence du Seigneur je fus épargné de l'humiliation de voir ma femme parmi les conspirateurs. En effet, quand elle obtint une vue correcte de la situation, leur perfidie accéléra une grande partie de la loyauté qu'elle avait éprouvée au cours des treize dernières années. Elle était excitée et elle se montra une héroïne dans sa défense de son mari et de la Vérité, comme beaucoup d'entre vous se souviendront. »
« Comme des problèmes ont commencé à s'installer, les idées sur les "droits de la femme" et l'ambition personnelle ont commencé à nouveau à venir vers le haut, et je m'aperçus que la campagne active de Mme Russell dans ma défense, et l'accueil très chaleureux que lui donnait ses chers amis à cette époque tout au long d'un voyage (auquel elle participa bénévolement à l'époque, précisément dans le but de me défendre et de me faire valoir parmi les amis qui avaient été perturbés par les calomnies diffusées par ceux qui étaient impliqués dans la conspiration), avait fait sa blessure en augmentant son auto-satisfaction. Au lieu de considérer les gentilles expressions des amis comme s'appliquant à elle en tant que représentant de la Watch Tower, un représentant des vérités qu'elle promulgue, et un représentant de son mari, ainsi que pour sa valeur personnelle, la dame en vint à créditer toutes les manifestations de ces derniers - comme étant la reconnaissance de ses capacités personnelles. Peu à peu, elle semblait en arriver à la conclusion que rien n'était bon pour les colonnes de The Watchtower excepté ce qu'elle avait écrit, et j'ai été continuellement harcelé par des suggestions de modifications de mes écrits. J'ai été peiné de noter que cet état d'esprit grandissait, si étrangère à l'esprit humble qui la caractérisait pour les treize premières années de bonheur. »
« Peu à peu, son interprétation de "ce serviteur" travailla dans sa tête. D'abord, elle suggéra que, tout comme dans le corps humain il y a deux yeux, deux oreilles, deux mains, deux pieds, etc, cela pourrait assez bien représenter [?] - elle et moi comme étant nécessairement un dans le mariage et dans l'esprit du Seigneur. Mais l'ambition ne s'arrête pas là (...). En moins d'une année, Mme Russell conclut que la dernière partie de la déclaration (à savoir, <CiteBible>Matthieu 24:48-51</CiteBible>) n'était pas seulement un avertissement, mais qu'il aurait eu un accomplissement effectif - que cela signifiait que son mari aurait correspondu à cette description, et qu'en conséquence elle prendrait sa place comme "ce serviteur" dans la distribution de nourriture en temps voulu. C'était en 1896. En harmonie avec cette pensée, elle conclut que son indépendance n'était pas suffisamment importante dans les parutions de The Watchtower dont elle a été le rédacteur-chef adjoint. Elle demanda que son nom, par la suite, apparaisse dans chaque article qu'elle avait écrit. Je lui ai dit que cela impliquerait l'effacement de son nom en tant que rédacteur-chef adjoint. Elle y consentit, disant que cela ne changeait pas grand-chose de toute façon, puisque personne ne connaissait ses articles. Elle m'a également avisé à ce moment-là que ses articles devaient apparaître exactement comme elle les aurait écrits, sans corrections ou refontes de ma part. »
« J'ai accepté toutes ces demandes en lui disant, toutefois, que j'avais peur de les lecteurs de The Watchtower considèrent que j'ai été humiliant envers ma femme en la rabaissant de son rôle de rédacteur-chef adjoint, en la plaçant plutôt comme une simple correspondante. En outre, j'ai suggéré que si je ne pouvais faire aucune correction de rédaction à ses articles, cela impliquerait que certains d'entre eux ne figureraient pas dans The Watchtower, parce que là où de nombreuses corrections seraient nécessaires, il serait plus facile d'écrire l'article moi-même. Ceux possédant un grand nombre de Watchtower verront, en les examinant, que le nom de Mme Russell en tant que rédacteur-chef adjoint disparut premièrement de la deuxième page du journal dans le numéro du 1er novembre 1896. Craignant que cela ne puisse être interprété comme une indignité envers ma femme, j'ai parlé de la question dans le numéro du 15 décembre, page 301, le "Tract Society's Annual Report", en ces termes: "Le retrait de notre 'rédacteur-chef adjoint' a été noté par certains, donc nous expliquons à présent à tous que cela lui a été accordé à sa propre demande expresse. Elle préfère se présenter comme un correspondant avec sa propre signature, MRS. MF RUSSELL." »
« Avant cette date, mes sujets de dimanche constitue une partie considérable de la matière pour The Watchtower. Mme Russell prit des notes de mes discours du dimanche après-midi et plus tard les écrivit comme des articles de Watchtower. Ce fut, bien sûr, une grande économie de mon temps, et m'a permis d'assister à d'autres parties de l'œuvre, et justifie mon appellation de "rédacteur-chef adjoint" du journal. Elle m'informa que je ne devais pas m'attendre à une telle aide par la suite, que tout ce qu'elle écrit serait publié sous son propre nom. Apparemment, son idée fut d'entraver le travail, et de me forcer à faire appel à elle pour de plus grandes et encore plus encore plus grandes contributions dans les colonnes du journal - les contributions qu'elle avait déjà prévu devaient être prises telles qu'elle les avait écrites, sans la modification d'un mot. Ce programme aurait été réalisé comme elle avait pour but évident qu'il lui aurait fait pratiquement devenir le rédacteur en chef de Zion's Watch Tower, et aurait ouvert ses colonnes à de la matière que je n'aurais pas pu sanctionnée. En outre, j'ai vu que cela serait encourager ma femme dans une ambition qui tôt ou tard participerait à sa très grave blessure très grave et peut-être à la cause entière de "Vérité Présente". »
« Après avoir fait de la question un sujet de prière, j'ai adopté la méthode consistant à dicter mes articles directement à un sténographe, et agrandi la taille de The Watchtower de 12 pages à 16 pages. La tournure des événements m'amena à voir que, dans au moins un cas dans le passé, cédant à l'importunité Mme Russell, j'avais manqué à mon devoir en autorisant un article qu'elle avait écrit, article avec lequel je n'étais pas d'accord, à paraître dans The Watchtower, pensant qu'il ne causerait pas de mal et en même temps satisferait ses désirs. Dans The Watchtower du 1er février 1897, page 38, j'ai corrigé l'erreur dans la "Colonne Question et Réponse", sur le sujet "En ce qui concerne l'épître de Jacques". Je cite ma réponse comme suit: "L'article auquel vous faites allusion en dernier, comme étant en conflit avec nos présentations générales, n'était pas un article éditorial; et pourtant l'éditeur ne prétend pas que sa négligence en la matière est une excuse suffisante. Une partie de son devoir est d'être critique, et d'exclure tout jugement qu'il n'approuve pas, et il promet maintenant que par la grâce du Seigneur, il sera par la suite encore plus attentif à sa direction, afin que la Zion's Watch Tower puisse toujours s'exprimer comme un "oracle de Dieu"." »
« Malgré cette situation déplorable de l'antagonisme venant de ma femme, le travail continua de progresser. Le coup suivant de Mme Russell fut de me harceler au point de me rendre presque impossible la poursuite de mes travaux. J'ai désigné un tiroir dans lequel j'ai demandé qu'elle place tous les articles qu'elle avait à me proposer. À partir de là, je fis des sélections. Que je n'ai pas le choix dans la sélection de ses articles, en témoigne le numéro de février 1897 dans lequel elle enleva tous ces articles, sauf deux. Aucun de ces deux n'étant acceptables, aucun article d'elle n'apparut dans les éditions du 15 février et du 1er mars. Mme Russell fut indigné, mais j'ai expliqué la situation. »
« C'est à ce moment-là qu'elle tomba malade d'une maladie pénible et exigea beaucoup de mon attention, qui fut gaiement donné au détriment de toute autre préoccupation, avec l'espoir que ce que je croyais être une discipline du Seigneur pourrait se présenter pour son profit. J'ai pensé aussi que mes attentions gentilles et incessantes toucheraient son cœur et lui redonneraient sa première condition, douce et aimante. Je me trompais, cependant. Dès qu'elle recouvrit la santé, elle appela un comité suivant <CiteBible>Matthieu 18:15-17</CiteBible>, spécialement dans le but d'avoir des frères pour m'instruire qu'elle avait un droit égal à moi-même dans les colonnes de The Watchtower, et que je lui faisais du tort en ne lui accordant pas les libertés qu'elle désirait. »
« Le comité était composé de Frère W. E. Page, de Milwaukee, Wisconsin, et de Frère M. M. Tuttle, de Pittsburgh, Pennsylvanie. Mme Russell, avec eux en tant que comité, m'a rencontré dans mon bureau. Tout cette affaire fut une grande surprise pour moi, car j'avais gardé mes troubles secrets même de ceux qui m'étaient les plus proches dans la maison. J'ai assuré Mme Russell et les frères que j'étais très heureux que les problèmes aient pris cette tournure, et que mon souhait était que cela puisse résoudre certaines de mes difficultés, parce que je n'avais aucun doute quant à ce que leurs conseils seraient. la difficulté n'étant pas exclusivement centrée sur la question de The Watchtower, Mme Russell a eu deux autres accusations portées contre moi qui ont été lues en premier. L'une était que le testament que j'avais établi pour mon père à sa demande, et avec lequel il exprima toutes ses volontés, n'était pas acceptable pour ma femme et sa sœur. »
« J'ai expliqué aux frères le genre de testament que j'avais établi, et ils ont dit à Mme Russell que c'était le genre de testament que la plupart des gens considérerait comme excellent. Elle ne fut pas d'accord avec eux. J'ai expliqué en outre que j'avais conseillé à mon père de détruire le testament et d'en faire un autre qui conviendrait aux idées de sa femme, afin que ses dernières années puissent être aussi paisibles que possible. Les frères furent surpris du fait qu'ils auraient été invités à discuter d'un testament qui n'existait plus, et le style de celui-ci fut jugé excellent. »
« Le deuxième chef d'accusation de Mme Russell était que je ne l'avais pas traité avec suffisamment d'attentions lors d'une certaine réunion dans la Bible House Chapel. J'ai expliqué cette affaire à tous: que la leçon pour l'étude de la Bible ce soir-là était sur Jude, sur la seconde mort (...); qu'il fut accordé à Mme Russell beaucoup plus de temps qu'à n'importe quelle autre personne à la réunion pour exprimer son point de vue sur le texte, mais qu'elle s'offensa parce que je lui ai indiqué qu'elle prenait plus que sa part du temps. Je lui ai avoué qu'au cœur j'étais soucieux de peur qu'elle doive réussir à faire comprendre son point de vue sur le sujet, que je considère comme non biblique, et auquel je craignais qu'elle n'aurait adhéré plus que jamais après avoir exprimé son opinion, mais que je n'avais aucune intention méchante sur ce sujet. Je leur ai dit comment Mme Russell avait parue de mauvaise humeur après la réunion, et je me suis renseigné sur sa peine et ai constaté qu'elle se sentait offensée, et que je puis lui assurer que je n'avais aucune intention méchante dans l'affaire, et que j'étais désolé si je l'avais offensée, et que si elle préférait le prendre ainsi je ferai la même expression à la classe le dimanche soir suivant. Je lui ai expliqué qu'elle finirait par pardonner quoi qu'il ait pu y avoir d'injuste sur le sujet ce soir-là, mais qu'elle l'avait rapporté jusqu'à quatre fois par la suite, et j'ai dit: "Maintenant, mes frères, c'est la sixième fois que Mme Russell a soulevé cette question, ayant pardonné à cinq reprises: Je vais maintenant lui demander, en votre présence, pour la sixième fois, de pardonner tout ce qu'elle considérait injuste en rapport avec cette affaire". Les frères regardèrent Mme Russell dans la stupéfaction, et de nouveau elle dit qu'elle pardonnait sur cette question. »
« Puis vint la vraie question pour laquelle on avaient fait appel à eux, l'un d'eux ayant effectué un voyage de près de 1 200 miles. Lorsque les frères comprirent l'idée de l'objet réel de leur visite, ils furent étonnés, et dirent à Mme Russell gentiment, mais très clairement que ni eux, ni personne d'autre dans le monde n'avaient le droit d'interférer dans la gestion de The Watchtower par Frère Russell: que c'était son intendance à lui seulement, et que lui seul était responsable devant le Seigneur pour sa gestion. En outre, ils insinuèrent qu'ils considéraient que Mme Russell avait la plus grandiose de toutes les opportunités dans le monde en étant mon associée et ma co-ouvrière dans le travail de la moisson; ils lui dirent que, personnellement, ils ne pourraient pas penser à un plus grand honneur, et lui conseillèrent d'adopter ce même point de vue, point de vue qui fut évidemment à un moment donné sa propre vision de la situation. »
« Mme Russell fut chagrinée, se mit à pleurer, et quitta la pièce. Par la suite elle fut persuadée que, étant donné que le Comité était venu à sa demande, il était de son devoir de les traiter avec plus de respect et d'accorder au moins une certaine attention à leur conseil. Elle retourna à l'étude et là, dit en substance qu'elle ne pouvait pas être d'accord avec leur décision, qu'elle conservait encore son propre point de vue, mais que par déférence pour leurs conseils, elle s'efforcerait d'examiner ces questions de leur point de vue. Je lui ai alors demandé en leur présence si elle voulait serrer ma main. Elle hésita, mais finalement, me tendit la main. Je dis alors: "Maintenant, allez-vous m'embrasser, ma bien-aimée, comme signe de l'ampleur du changement d'esprit que vous avez indiqué?" Encore une fois, elle hésita, mais finalement m'embrassa et par ailleurs manifesta un regain d'affection, en présence de son Comité. On espérait que ce serait la fin de ce problème. La crise avait été atteinte aux environs de l'époque du Mémorial, mais apparemment grâce à de sages conseils, la tempête était passée sans rupture d'une manière publique. »
« Suite à cette conférence, les articles de Mme Russell apparurent à nouveau dans The Watchtower du 15 mars 1897, indiquant ma propre bonne foi dans l'ajustement des difficultés, et le désir sincère d'utiliser la coopération de ma femme aussi pleinement que possible. Certains membres de la famille de Mme Russell étaient à l'évidence de « mauvais conseillers », et le fruit a rapidement commencé à se manifester. À la demande de Mme Russell, j'ai nommé une réunion hebdomadaire de "Les Sœurs de l'Église Allegheny," avec elle-même comme dirigeante, en pensant peu que ce devait être une nouvelle méthode de m'attaquer moi et les intérêts de l'œuvre que je représentais. Un effort systématique fut déployé alors pour préparer le terrain à un esprit d'opposition à moi parmi les sœurs de l'Église. Pendant des mois ultérieurs, j'ai pu voir qu'une influence mauvaise était à l'œuvre, mais ne voyait pas de façon honorable de la corriger, puisque tout était fait secrètement. »
« Dans l'intervalle, j'ai eu quelques expériences très difficiles avec ma femme qui avait beaucoup changé. J'ai pu voir qu'elle et les membres de sa famille étaient en train de préparer le terrain à une sorte de "bombe" figurée destinée à ma destruction. Ma confiance était dans le Seigneur, cependant, et je n'ai rien dit aux autres jusqu'à ce que, le 30 août, j'appris qu'il y avait certainement une action sur pied au milieu du parti de Mme Russell, qui devait aboutir à une sorte d'explosion le 12 septembre. J'ai agi rapidement, mais discrètement, de sorte que dans la nuit du samedi 4 septembre, environ 50 frères furent réunis dans la Bible House Chapel, aucun d'eux ne sachant à l'avance qu'une réunion devait avoir lieu. J'ai expliqué la situation à tous et ai constaté que certains d'entre eux avaient davantage de connaissances sur l'affaire que je n'en possédais. Comme le problème était passé d'une affaire individuelle à une affaire d'Église, j'ai suggéré qu'il serait du devoir des anciens de l'Église d'agir, et que j'étais trop étroitement identifié à l'affaire pour prendre une part active à l'enquête. À l'unanimité de toutes les personnes présentes, il fut décidé que la procédure appropriée serait qu'une réunion privée des croyants consacrés de l'Église devrait être annoncée pour le lendemain soir, le dimanche 5 septembre, au cours de laquelle les deux sœurs qui avaient fait circulé des déclarations diffamatoires et fausses (probablement reçues de Mme Russell) devraient être accusées de diffamation et de faux témoignage et interrogées pour se disculper en justifiant leurs déclarations si elles le pouvaient. »
« L'une de ces sœurs avaient déclaré qu'ils avaient des femmes de la congrégation qui étaient déjà engagées, et recherchaient maintenant quelques hommes pour cette question, de sorte que celle-ci ne semblait pas tellement une affaire de femmes. Son récit était que Frère Russell traitait Sœur Russell honteusement. L'autre sœur inculpée avait formulé des accusations similaires. Sans entrer dans les détails, elles avaient donné la plus forte sorte de conclusion, et les anciens de l'Église déterminèrent qu'il était temps de mettre fin à ces calomnies, ou que, si elles continuaient toute la congrégation devrait savoir qu'elles étaient totalement sans fondement ou justification. »
« Lors de la réunion de l'Église le soir, Frère M.M. Tuttle présida, et le conseil d'anciens de l'Église servit de jury. On demanda spécifiquement aux sœurs accusés si oui ou non elles avaient dit de telles choses. Au début, elles étaient décidé à nier la question en bloc, mais des témoins à qui elles avaient parlé étaient présents et, appelés, donnèrent leur témoignage. Aucune ne pu offrir une explication ou une défense - ni n'eut une quelconque base pour les accusations. »
« C'est à cette réunion que Mme Russell et ses sœurs furent exclues - parce qu'elles avaient ignoré l'Église, avaient déclaré qu'elles n'en faisaient pas partie, et n'avaient pas assisté à ses réunions pendant plusieurs mois avant cette réunion. Ce fut une réunion strictement privée des croyants consacrés de l'Église, et donc elles n'avaient aucun droit d'être présentes. Elles furent exclues parce que les anciens de l'Église reconnurent que si elles avaient été présentes, elles auraient fait une scène et auraient entravé l'enquête pour laquelle la réunion avait été prévue. Les deux sœurs qui, à cette réunion, se sont révélées coupables de faux témoignages et de diffamation comme accusées ne furent pas condamnées, à ma demande; le conseil des anciens traitant le problème en attente de possibles excuses ultérieures à l'Église pour leur mauvais comportement. Je saisis cette occasion pour expliquer brièvement à la congrégation présente un peu de la peine qui m'entoura, comme explication de la calomnie que je savais avoir circulé. Je pris un soin particulier de protéger ma femme autant que possible, rejetant la responsabilité principale sur l'une de ses sœurs, dont j'avais pu constater l'influence mauvaise à chaque changement de mes affaires. »
« Après cela, je cherchai à séparer ma femme de ses mauvais conseillers dans l'espoir de la récupérer. J'envoyai des lettres à ces faux amis, les avertissant de ne pas venir voir ma femme, etc, et donna à ma femme la lettre suivante qu'elle mit dans le dossier judiciaire de l'affaire: »
ALLEGHENY 6 septembre 1897.
« Ma chère femme: - Je vous envoie une copie de chacun des trois lettres qui viennent d'être envoyées comme notification juridique. [Ci-joints les notifications à M. J.L. Russell, Mme J.L. Russell et Mme L.J. Raynor, "de ne pas recevoir, héberger ou divertir ma femme sous votre toit, sous quelque prétexte que ce soit".] »
« Je voudrais, ma chère, que vous sachiez que ces mesures sont actuellement prises dans votre intérêt ainsi que dans l'intérêt de la cause du Seigneur. Je désire vous protéger de ce que je crois avoir été une influence très pernicieuse sur vous depuis quelque temps. Je le fais dans l'espoir que sous des influences favorables, et par la bénédiction divine, vous puissiez libérer votre cœur de la boue de fausses déclarations que d'autres ont déversé, et donc que, soulagée, vous puissiez prendre conscience de votre premier amour pour moi, et que personne sur terre ne vous aime autant, ou ne désire si véritablement votre progression dans toutes les grâces de l'esprit du Christ et dans le service de notre cher Rédempteur. »
« Revenez vers moi, ma chère! Je vous promets que je ferai tout en mon pouvoir pour vous rendre aussi heureux que vous avez jamais été (...). Pensez, ma chère, que Dieu vous a déjà gratifiée d'une position comme étant ma reine et associée et aide qui, à certains égards au moins, est le second à celui d'aucune dame dans le monde. Et, ma chère, rappelez-vous que l'ambition est l'un des ennemis du peuple de Dieu, qui a pris au piège davantage ceux qui brillaient que peut-être qui que ce soit d'autre. Considérez, je vous prie, dans le temps, avant qu'il ne soit trop tard pour revenir sur vos pas (...). La situation n'est-elle pas assez critique pour vous faire aller avec beaucoup de prudence et par la prière? Arrêtez, je vous en supplie, et joignez-vous à moi dans un cœur humble pour chercher de nouveau à connaître la volonté de notre Seigneur et Maître. Rappelez-vous comment Satan est tombé et comment notre Seigneur se montra digne de sa haute exaltation, et souvenez-vous des mots de l'Apôtre: "Humiliez-vous donc, mes frères, sous la main puissante de Dieu, afin qu'il vous élève au temps convenable". Souvenez-vous de Miriam, et de Coré, et n'oubliez pas les divers conspirateurs, et comment tous laissèrent non seulement Frère Russell, mais aussi le Seigneur et la Vérité. Rappelez-vous que la présente affaire est aussi humiliante pour moi comme pour vous, parce que si une femme est la gloire de son mari, alors toute réflexion, même contre elle, est à sa blessure et à sa honte. Rappelez-vous aussi, que je serai impatient de relever votre tête et votre influence de toutes les manières appropriées, et que je ne me glorifierai pas sur vous comme un ennemi, mais comme quelqu'un qui a récupéré un trésor perdu et très prisé. »
« Et maintenant, ma chère femme, tout ce que je pouvais souhaiter en ce qui concerne ma vie terrestre, c'est que je puisse servir le Seigneur, sa cause et son peuple, parmi lesquels personne ne peut tenir une place si proche et si chère que celle que vous avez occupée et que vous pouvez à nouveau occuper si vous le voulez. Et à côté de mon effort pour servir et satisfaire le Seigneur il y aura mon effort pour vous servir et vous satisfaire comme ma femme, si vous le permettez et si vous coopérez à cette fin. »
« Enfin, non dans la colère, ni dans un autre esprit que celui de l'amour, en tant que dernier pas en votre faveur, et pour vous aider à sortir de l'incendie de la présente épreuve, je donne cette notice juridique et officielle, que je ne serai que trop heureux d'annuler complètement. Fait dans l'amour, et comme un effort désespéré de vous séparer de mauvaises influences, et avec un espoir de réconciliation rapide et d'annulation de cette limitation, Allegheny, en Pennsylvanie, 6 septembre 1897. »
C. T. RUSSELL.

(à continuer)

Après sa séparation

The Evening Independance, du 14 mars 1938, consacra un petit article à la mort de Maria Russell

Après qu'elle ait obtenu sa séparation, Maria publia deux livres de théologie: This Gospel of the Kingdom et The Twain One[13]. La chercheuse Barbara Anderson propose sur son site un manuscrit inédit d'un livre en cours de rédaction de Maria Russell dont le titre aurait dû être The Eternal Purpose.

Le 1er novembre 1916, lors des funérailles de son mari, Maria déposa du muguet sur son cercueil avec un ruban accroché sur lequel était inscrit la phrase : "À mon mari bien-aimé"[14].

À l'âge de 72 ans, elle déménagea en Floride et vécut très près de sa nièce Mabel (la soeur de Russell) et ses trois enfants. Elle assista à quelques réunions des Étudiants de la Bible en compagnie d'anciens amis qui avaient quitté l'organisation sous la présidence de Rutherford. Compte tenu de ses démêlés avec son mari, elle s'y rendait peut-être par curiosité, étant donné qu'elle-même avait participé à l'élaboration de la théologie, et apparemment s'accrochait à son système de croyances passées. Les livres religieux qu'elle écrivit alors témoignent que Maria n'avait pas renoncé à ses anciennes croyances.

Maria décéda à l'âge de 88 ans à St. Petersburg, en Floride, le 12 mars 1938, des suites de la maladie de Hodgkin[15]. C'est le révérend E. R. Bernard, pasteur de la West Central Presbyterian Church à St. Petersburg, qui présida ses funérailles. Elle fut enterrée au cimetière Royal Palm.

Maria dans les écrits jéhovistes

  • Zion's Watch Tower, 15 juillet 1906, Russell dit à propos de sa femme : « Des multitudes considérables furent mis en contact avec la Vérité en ce moment. Parmi les autres était une certaine Maria Frances Ackley, qui est devenue ma femme dans les trois mois de sa première participation à ces réunions, qui a été le début de notre connaissance. La Vérité avait apparemment lancé un appel à son cœur, et elle m'a assuré que c'était ce qu'elle cherchait depuis de nombreuses années, la solution à des perplexités de longue date. Pendant treize ans, elle fut une femme très dévouée et fidèle dans tous les sens du terme ».
  • Dans Le Mystère Accompli, Georges H. Fischer explique en commentant <CiteBible>Ezechiel 24:15-16</CiteBible>, que Dieu a retiré Maria à son mari par le moyen de l'erreur doctrinale. Tout comme Ezéchiel avec la mort de sa femme, Russell a continué son travail malgré sa souffrance en la considérant comme morte[16]. Ce qui est arrivé à Russell typifie ce qui arrive à la chrétienté depuis 1878 et lors de la grande tribulation, proche pour l'auteur (1918), la chrétienté sera détruite et avec elle des milliers de personnes trouveront la mort mais les vivants n'auront pas le temps de la pleurer tellement ils seront tourmentés[17].
  • Prédicateurs du Royaume, pp. 645-46 : Les relations conjugales du couple Russell sont abordées ainsi que le jugement de séparation de corps. Bien que le compte rendu qui y est fait soit véridique, il ne traduit toutefois pas l'intégralité de la situation et utilise un vocabulaire évoquant un complot contre Russell : « attaquer la réputation de frère Russell [...], ignobles mensonges [...], salir sa réputation [...], Russell [présenté] sous un jour honteusement déformé ». Il fait passer Maria pour l'unique responsable des difficultés rencontrées par le couple (« certains ont commencé à flatter Maria et à exciter son orgueil [...], elle a voulu obtenir un plus grand pouvoir de décision sur ce qui paraîtrait dans La Tour de Garde. Quand elle a compris que rien de ce qu’elle écrivait ne serait publié [...] sans l'accord de son mari, elle a été grandement contrariée ») déclarant qu'elle fut en contradiction avec ses propres valeurs puisqu'elle aurait utilisé les méthodes qu'elle avait dans un premier temps condamnées. L'essentiel de l'argumentation se base sur les déclarations d'ecclésiastiques qui accusaient Russell d'infidélité, ce qui était faux, mais ne mentionne pas du tout le comportement du pasteur envers sa femme. Ainsi, le Témoin de Jéhovah actuel ignore les vraies raisons qui ont amené Marie à obtenir systématiquement gain de cause devant la justice, et les éléments susceptibles de nuire à Russell, pourtant bien étayés dans les jugements, sont totalement passés sous silence.

Références

  1. Arrowup.png Page Web généalogique des Ackley Consulté le 17 novembre 2009
  2. 2,0 et 2,1 (en) "Watch Tower History", sur Truth History, 22 avril 2008 Consulté le 17 novembre 2009
  3. Arrowup.png Russell v. Russell, jugement de 1907, pp. 122-23
  4. Arrowup.png Another Gospel: Cults, Alternative Religions, and the New Age Movement, Ruth A. Tucker, 2004, pp. 120-23
  5. Arrowup.png Russell v. Russell, jugement de 1908, p. 130
  6. Arrowup.png Russell v. Russell, jugement de 1907, pp. 127-30
  7. Arrowup.png Jehovah's Witnesses : A study of symbolic and structural elements in the development and institutionalization of a sectarian sect, Joseph Zygmunt, 1967, p. 384
  8. Arrowup.png Apocalypse delayed : The story of the Jehovah's Witnesses, James Penton, Toronto : University of Toronto Press, 1997, pp. 35-40
  9. Arrowup.png The Four Presidents of the Watch Tower Society, Edmond Gruss, Xulon, 2003, pp. 15-17 (ISBN 1-594671-31-1)
  10. Arrowup.png Russell v. Russell, jugement de 1907, pp. 68-69
  11. 11,0 et 11,1 (it) Un popolo per il suo nome, Tony Wills, pp. 19-32 Consulté le 13 décembre 2009
  12. Arrowup.png Les Témoins de Jéhovah, Massimo Introvigne, Le Cerf, 1990, pp. 37-38 (ISBN 2-204-04099-1)
  13. Arrowup.png Site de Barbara Anderson qui fournit moyennant finance le scan de ces deux livres. Consulté le 18 novembre 2009
  14. Arrowup.png Prédicateurs du Royaume, 1993, p. 646
  15. Arrowup.png (en) "Woman religious writer, resident 16 years, passes", The Evening Independent, 14 mars 1938 Consulté le 17 novembre 2009
  16. Arrowup.png Le Mystère Accompli, 1917, pp. 483,484
  17. Arrowup.png Selon <CiteBible>Ezechiel 24:20-25</CiteBible> dans Le Mystère Accompli, 1917, pp. 484,485