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Collège Central

Un article de TJ-Encyclopedie.

Governing Body en anglais. Ensemble des dirigeants spirituels du mouvement qui supervisent l'organisation des Témoins de Jéhovah depuis le Béthel de Brooklyn. Les membres du Collège Central sont tous des membres oints.
Témoignage de Macmillan sur le rôle des directeurs en ce qui concerne la publication du livre "Le Mystère Accompli"
Témoignage de Macmillan sur le rôle des directeurs en ce qui concerne la publication du livre "Le Mystère Accompli"
Au temps de C.Russell, la société Watchtower de Pennsylvanie n'est qu'une société d'édition sans aucun autre but. Les directeurs sont nommés par C.Russell, et ne prennent part à aucune des décisions. Par exemple on peut noter lors du procès de 1918, le témoignage sous serment de Alexandre Hugh Macmillan, concernant la décision de publier le livre Le Mystère Accompli, les directeurs d'alors n'ont pas été consulté par J.Rutherford pour la publication, Macmillan révèle que c'était l'habitude tant de C.Russell que de J.Rutherford de ne pas consulter les directeurs sur ce genre de choix. [1]

Ce mot n'apparait dans le vocabulaire des Témoins de Jéhovah qu'en 1943 dans un numéro de Consolation peu après la mort de Joseph Rutherford [2]. Il est institutionnalisé lors de la réforme des status de la société Watchtower en 1944.

Lors du procès Walsh de 1954 qui s'est tenu en Écosse, le vice-président Frédéric Franz, témoigne sous serment, que tous les pouvoirs sont en fait au main du président, et que les membres du "Collège Central" n'ont pas de droit de vote, ni ne sont amenés à se prononcer sur les décisions. Il explique que tout changement, y compris doctrinal, s'il est proposé par un membre autre que le Président et le Vice-Président, doit d'abord avoir son accord puis au final l'accord du Président.

Introduction

L'appellation : Collège central n'apparaît pas dans l'Ecriture. Néanmoins, dans le N.T il est question du vocable grec presbuterion que l'on traduit généralement par : collège des anciens. En Ac 22,5 il est fait mention de pan to presbuterion (tout le collège des anciens), lorsque Paul prend comme témoins devant la foule, le "Grand Prêtre et tout le collège des anciens" (TOB) pour construire sa défense. Ainsi l'expression grecque pan to presbuterion a servi à désigner les anciens de Jérusalem regroupés dans une fonction commune au sein du sanhédrin.

Ce n'est que tardivement, sous la plume de l'auteur de la première épître à Timothée, que l'on utilisera en 1 Tm 4,14 le même substantif mais cette fois-ci pour désigner le collège des anciens, d'une église. Il s'agit peut-être de l'église d'Ephèse puisque dans l'exordium de l'épître il est demandé à Timothée de demeurer à Ephèse, avec pour mission d'enseigner (cf. 1 Tm 1,3). Les différentes épîtres du N.T Ã©mettent l'existence d'une représentativité dirigeante à l'intérieur même des églises locales disséminées dans le bassin méditérranéen. EIles apparaissent comme indépendantes les unes des autres, et nous ne possédons aucun texte qui fasse référence à une consultation de ce collège central de Jérusalem (censé représenter le groupe de Brooklyn) par la hiérarchie d'une ecclésia (la grande foule dans les congrégations internationales).

L'événement mentionné dans les Actes d'apôtres concernant la polémique sur la circoncision ne peut être invoqué comme un exemple représentatif d'une pratique quotidienne et instituée. Cependant, c'est cet événement que les Témoins de Jéhovah citent dans leurs publications et qui leur fait dire : "Il avait la responsabilité d'examiner les problèmes qui touchaient les chrétiens où qu'ils soient. Il envoyait des lettres et des décrets, qui fortifiaient les congrégations et permettaient aux disciples de préserver leur unité de pensée et d'action. Comme les congrégations obéissaient à la direction du collège central, Jéhovah les bénissait et elles prospéraient. (Actes 8:1,14,15; 15:22-31; 16:4,5)".

Or, si le ch.15 des Actes fait bien mention d'un envoi de Paul et de Barnabas à Jérusalem cette décision fut prise par "les frères" de l'église d'Antioche et non par le "collège central" de Jérusalem. Il semble que l'expression "les frères" de 15,2, englobe l'ensemble des membres de l'église d'Antioche et pas seulement un collège. Le fait que l'auteur utilise le groupe de mots tous adelphous "les frères" alors que pour l'église de Jérusalem l'auteur fait bien la distinction entre "les apôtres et les anciens" v.2. Nous pouvons supposer que l'auteur n'a pas fait d'amalgame entre ces entités et que celles-ci doivent se comprendre dans leur singularité. De même que l'auteur utilisera comme synonyme, pour ne pas faire de répétition intenpestive, "l'église" dont il est dit au v.3 qu'elle accompagna Paul et les autres envoyés, cela confirme que les expressions : "les frères" et "l'église" désignent la communauté de croyants toute entière. Mais cela n'exclu pas le fait que dans cette appellation générale, le collège des anciens, y soit inclu mais pas en tant que seul élément décisionnaire.

Et à leur arrivée à Jérusalem ils furent reçu par l'église de Jérusalem qui est nettement différenciée des apôtres et des anciens : "Arrivés à Jérusalem, ils furent accueillis par l'Eglise, les apôtres et les anciens" (TOB). Nous remarquons aussi au sein de leur citation, l'utilisation abusive du pluriel concernant l'agir primitif des Douze à Jérusalem, alors que nous ne connaissons l'envoi que d'un seul décret emis par l'église de Jérusalem suite à la visite des deux missionnaires d'Antioche.

Le texte nous apprend aussi que ce que les Témoins de Jéhovah désignent comme le collège central (les Douze et les anciens) n'est pas au courant de la polémique qui a eu lieu à Antioche. Cependant, une montée à Jérusalem s'imposait, non pour satisfaire à des exigences organisationnelles, ou théocratiques, mais parce que la polémique a été lancée par des frères venant de Jérusalem. Ac 15,1 désigne ces frères comme venant de la Judée, et dans la lettre qui clôturera leur discussion, les apôtres et les anciens reconnaitront que ses frères venaient bien de Jérusalem ou de Judée "Nous avons appris que certains des nôtres étaient allés vous troubler et bouleverser vos esprits par leurs propos; il n'en étaient pas chargés" (Ac 15,24). C'est ici que nous discernons clairement la proximité des responsables de l'église et des fidèles. Ce n'est pas qu'un problème réservé aux élites, mais aussi à l'ensemble des croyants. Loin d'accepter cet enseignement venant des frères de Jérusalem comme étant une "parole d'évangile", à laquelle chaque ecclésia devait se plier sans broncher, l'église d'Antioche à brillament démontrée qu'elle ne voulait pas se laisser asservir par un enseignement douteux, sous prétexte qu'il tirait son origine de la plus ancienne communautée.

Cette première place que les Témoins de Jéhovah accordent au groupe de Brooklyn, en le définissant comme le "collège central moderne" devant lequel toutes les congrégations doivent s'incliner, ne reflète absolument pas la liberté d'agir, de contester, de résister que l'on retrouve dans cette jeune ecclésia du premier siècle et qui mettra, ne l'oublions pas, entre 2 et 3 siècles pour s'organiser.

Le rôle moderne du Collège central

En ce qui concerne les Témoins de Jéhovah, c'est le groupe des douze disciples qui a reçu l'Esprit saint en Ac 2,2 qui constitue ce qu'ils ont appelé tardivement le :Collège central. Il est donc quelque peu difficile de comprendre ce genre d'argument : ""L'Esclave fidèle et avisé" s'efforce de préserver l'unité et organise les choses de sorte que "tout se fasse décemment et avec ordre". (1 Cor. 14:40.) A cette fin, au Ier siècle, un groupe de chrétiens oints, qui faisaient partie de la classe de l'esclave fidèle, avaient été choisis pour représenter cette classe" 

D'après l'agencement de ce texte, il est possible de comprendre que ce collège central a été choisi par l'esclave fidèle pour le représenter. Puisque "l'Esclave fidèle et avisé" est, selon eux, celui "préserve l'unité et qui organise". Or, le groupe des Douze qui se retrouve à Jérusalem à attendre l'Esprit saint a été constitué, comme le relate les évangiles, par le Christ lui-même. Et encore cet compréhension ne rassemble pas tous les spécialistes. (cf. Guide pour l'étude du N.T, H.Conzelmann, p.). Et pour justifier un hypothétique besoin d'ordre dans l'église primitive (ou congrégation primitive) ils emploient le texte paulinien qui fait référence à l'ordre, taxis en grec, comme principale caution qui vient accréditée la nécessite d'une organisation obligatoirement bien structuré. Cependant, une lecture attentive du ch.14 de l'épître aux corinthiens, met en lumière que ces notions "d'ordre" ou "de paix" en opposition au désordre (cf. 1 Co 14,33.40) ne sont demandées par l'apôtre que dans un cadre bien précis, celui des tous jeunes rassemblements chrétiens qui avaient lieu à Corinthe, mais ne sont pas utilisées par Paul pour qualifier l'objectif inavoué d'un idéal hiérarchique et ecclésiastique où l'ordre et la paix en seraient les pilliers fondamentaux.

Tout en reconnaissant que celui-ci représentait l'ensemble de l'Esclave fidèle et avisé et le représente encore à notre époque, ils définissent le rôle premier de ce collège comme suit : "Depuis la congrégation de Jérusalem, à laquelle ils appartenaient, ils formaient un collège central qui dirigeait la congrégation chrétienne ointe dans son entier" od-F p.17. Cette centralisation du pouvoir est très clairement exposé dans la somme de leurs ouvrages, mais ne correspond aucunement à la réalité primitive. Cette concentration de tous les pouvoirs a été poussée à l'extrème, bien au dela du modèle apostolique dont Paul nous a quand même laissé des traces. Le besoin légitime d'une structure a été absorbé par le désir de vouloir tout controler, au risque de perdre la diversité, la joie, la progression collective et sa propre crédibilité.

Références

  1. ^ transcript du procès de 1918 Page 859
  2. ^ En 1937 Joseph Rutherford condamne le "collège central" de la curie romaine comme étant une distinction (fautive selon lui) entre laîc et clergé