La Tour de Garde — 1er mai 1940
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| La Tour de Garde — 1er mai 1940 | |
|---|---|
| Revue | La Tour de Garde |
| Date | 1940 |
| Sujet(s) | Instruction divine et imminence d’Armageddon |
| Année | 1940 |
| Langue | Anglais[1] |
| Pays | États-Unis |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
Ce numéro de La Tour de Garde place au cœur de son enseignement l’imminence du « grand jour de Jéhovah », identifié à la bataille d’Armageddon, présentée comme une intervention divine inéluctable contre les forces de Satan. Les articles développent une interprétation eschatologique des prophéties bibliques, notamment celles de Sophonie et d’Ésaïe, pour annoncer la destruction des « hautes tours » du système mondial — la religion, la politique et le commerce — incarnées par la hiérarchie catholique, les dictateurs et les magnats économiques. Le ton est à la fois alarmiste et triomphaliste, opposant les « humbles » qui acceptent l’instruction divine aux « insensés » qui la rejettent, ces derniers étant voués à une désolation totale lors du jugement final[2].
La revue insiste sur le rôle actif des Témoins de Jéhovah dans la proclamation de ce message, les comparant à une « armée de sauterelles » chargée de diffuser les avertissements divins avant la catastrophe. Une campagne de prosélytisme pour le mois de juin 1940 est lancée, visant à étendre l’abonnement à la publication, tandis qu’une convention théocratique est annoncée pour juillet, avec la participation de Joseph Franklin Rutherford. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie de mobilisation des fidèles, présentés comme les seuls à détenir la vérité face à un monde condamné. Le numéro mêle ainsi exhortation spirituelle et directives pratiques, soulignant l’urgence d’agir avant l’accomplissement des prophéties[3].
L’argumentation repose sur une lecture littérale et typologique des Écritures, où des événements historiques comme la chute de Jéricho ou la destruction de Jérusalem sont interprétés comme des préfigurations de la bataille finale. Les références bibliques, abondamment citées, servent à légitimer une vision dualiste du monde, divisé entre les serviteurs de Jéhovah et les ennemis de son organisation. Ce cadre doctrinal, centré sur l’imminence d’Armageddon, structure non seulement les enseignements du numéro, mais aussi les appels à l’action adressés aux lecteurs, invités à se préparer activement à l’avènement du Royaume[4].
Analyse
Croyances
L'article « Instruction — 3e partie » structure son exégèse autour d'un commentaire verset par verset de Sophonie 1:14-18, en appliquant systématiquement chaque élément du texte prophétique à la situation mondiale de 1940. Cette méthode, qui consiste à lire un oracle vétérotestamentaire comme une prophétie en cours d'accomplissement, est caractéristique de l'herméneutique des publications Watch Tower depuis les années 1920.[5] Chaque motif de Sophonie — la trompette, le sang répandu comme de la poussière, l'or impuissant, la désolation — reçoit une application précise à des réalités contemporaines identifiables : les dictateurs, le pape, les magnats commerciaux. Ce procédé d'identification terme à terme d'un texte prophétique avec des institutions modernes nommément désignées confère à l'avertissement eschatologique une urgence immédiate et une portée politique très concrète.[6]
Le « Jour de Jéhovah » est identifié sans ambiguïté à la bataille d'Armageddon, présentée non comme un événement symbolique ou spirituel mais comme une intervention militaire divine imminente dans l'histoire humaine.[7] Cette identification est fondée sur une chronologie prophétique précise : l'année 1918 est posée comme le moment charnière à partir duquel le rejet du message divin constitue un péché délibéré, engageant la pleine responsabilité morale des opposants.[8] La doctrine chronologique sous-jacente — selon laquelle 1914 marque le début des « derniers jours » et 1918 le début du jugement des nations — est cohérente avec l'enseignement que la Watch Tower Society développe depuis les années 1920 à partir de son interprétation des prophéties de Daniel et de l'Apocalypse.[9]
La christologie exposée en tête de numéro distingue soigneusement Jéhovah du Logos, identifié à Jésus Christ : ce dernier est décrit comme l'agent actif de la création, subordonné à Jéhovah et investi de tout pouvoir en vertu de sa résurrection.[10] Cette formulation, qui rejette implicitement la consubstantialité trinitaire, s'inscrit dans la ligne doctrinale que la Watch Tower Society maintient depuis la présidence de Charles Taze Russell et que Rutherford a systématisée notamment dans La Harpe de Dieu (1921), où le Logos est présenté comme la première créature de Jéhovah et son agent exclusif de création.[11] La désignation de Jésus comme « Grand Josué » et « Grand Juge » dans l'article relève de la même logique : elle situe le Christ non dans une égalité d'essence avec le Père mais dans une relation fonctionnelle de mandataire royal.[12]
La distinction ecclésiologique entre les membres oints, les Jonadabs et les « boucs » constitue le cadre doctrinal qui organise la sotériologie de ce numéro. Les « autres brebis » de Jean 10:16 sont identifiées aux Jonadabs, destinataires secondaires du salut, distincts des 144 000 oints appelés à régner dans les cieux. Cette doctrine, formellement établie lors de la convention de 1935 à Washington — où Rutherford annonça que la grande foule de Apocalypse 7:9 constituait une classe terrestre distincte des oints célestes[13] — est ici appliquée dans son contexte missionnaire : les Jonadabs sont chargés de proclamer l'avertissement d'Armageddon et de fuir vers l'organisation théocratique pour y trouver protection.[14]
L'usage de la méthode typologique est particulièrement dense dans cet article. La chute de Jéricho sous Josué, la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor en 606 av. J.-C. et la prière de Sophonie constituent autant de « types » dont les Témoins de Jéhovah et la destruction de la « Chrétienté » sont présentés comme les « antitypes ».[15] Cette lecture typologique systématique du Premier Testament, héritée de l'exégèse puritaine et adventiste, est au cœur de la méthode herméneutique adoptée par la Watch Tower Society depuis Russell, mais elle atteint ici une ampleur particulièrement étendue, puisqu'elle englobe simultanément des récits militaires, prophétiques et législatifs.[16]
L'identification de la « Chrétienté » à une « Jérusalem antitypique » vouée à la destruction constitue une position théologique ferme : les Églises institutionnelles ne représentent pas un christianisme dégradé mais une apostasie foncière, assimilée à l'ennemi de Dieu et promise à la même fin que Jérusalem sous Nabuchodonosor.[17] Cette condamnation, qui s'applique en priorité à la hiérarchie catholique romaine nommément désignée, s'étend à l'ensemble des Églises de la « Chrétienté », dont les prétentions à instaurer le règne du Christ sur terre sont qualifiées de « produits de l'esprit fertile des évolutionnistes modernes ».[18]
La démonologie occupe une fonction explicative centrale : Satan est désigné comme « dieu de ce monde » selon 2 Corinthiens 4:4, et c'est à son influence que sont attribués indistinctement le totalitarisme politique, la fausse religion et le commerce cupide.[19] Cette tripartition — religion, politique, commerce — comme expression d'une seule organisation satanique invisible constitue le cadre théologique qui permet de traiter sur le même plan le pape, Hitler et les magnats de la finance. La figure de Nimrod, présentée comme l'instigateur post-diluvien de ce système, illustre l'ambition de l'article de donner à cette dénonciation contemporaine un ancrage scripturaire de plusieurs millénaires, en faisant de la tour de Babel la matrice commune de toutes les formes de domination humaine opposées à la théocratie.[20]
L'usage de Nombres 35:31-33 dans l'article sert à établir une doctrine théologique précise : le sang innocent versé ne peut être racheté par aucune somme d'argent, et la mort du coupable est la seule expiation possible.[21] Appliqué aux dirigeants religieux présentés comme responsables du sang des serviteurs de Dieu, ce texte législatif vétérotestamentaire fonctionne comme une sentence théologique irrévocable, excluant toute possibilité de grâce ou de conversion de dernière heure pour les persécuteurs. Cette logique d'imprescriptibilité de la culpabilité des opposants est cohérente avec la doctrine de la destruction éternelle — sans résurrection — réservée aux ennemis irréductibles de Jéhovah, telle qu'elle est enseignée dans les publications Watch Tower des années 1930.[22]
La doctrine de la « marque de la bête » (Apocalypse 13:16-17) reçoit dans ce numéro une application concrète et précise : l'adhésion à des pratiques propres à la piété catholique populaire — purgatoire, chapelets, culte des images — est explicitement identifiée à la réception de cette marque, engageant la responsabilité spirituelle personnelle de chaque fidèle.[23] Cette interprétation, qui fait du rituel catholique ordinaire une allégeance satanique objectivement condamnable, prolonge la polémique anti-catholique systématique que Rutherford développe depuis Ennemis (1937) et Fascisme ou Liberté (1939), où la hiérarchie romaine est présentée comme la principale force d'opposition à la théocratie.[24]
L'eschatologie de la restauration terrestre post-Armageddon constitue le versant positif de cette théologie du jugement. Fondée sur Ésaïe 35:1-7 et Ézéchiel 36:34-35, elle présente la transformation de la terre en paradis non comme une métaphore mais comme une réalité géophysique promise : les déserts deviendront fertiles, les nations reconnaîtront la gloire de Jéhovah, et les humains obéissants retrouveront le mandat adamique de Genèse 1:28.[25] Ce tableau de restauration terrestre distingue nettement la sotériologie de la Watch Tower Society de celle des courants millénaristes qui projettent le salut définitif dans une réalité exclusivement céleste.
Enfin, la conception de La Tour de Garde comme canal d'instruction divine actuelle — explicitement présentée dans l'encart de mission comme un outil par lequel Jéhovah fait connaître ses desseins à ceux qui cherchent la vérité[26] — implique une doctrine de la révélation continue : l'organisation théocratique n'est pas seulement une communauté de croyants mais l'intermédiaire herméneutique autorisé entre les Écritures et le fidèle. Cette prétention à une autorité interprétative exclusive sur la Bible fonde en dernier ressort l'ensemble des condamnations doctrinales portées dans ce numéro contre toute institution religieuse extérieure.
Organisation et histoire
La campagne organisationnelle désignée dans ce numéro sous le nom d'« Armée de sauterelles » constitue un fait institutionnel concret et daté : prévue pour le trimestre de juin 1940, elle vise à augmenter le nombre d'abonnés à La Tour de Garde en proposant une offre structurée — un abonnement d'un an accompagné d'un livre relié et d'une brochure, pour une contribution d'un dollar.[27] La coordination de cette campagne est assurée par The Informant, bulletin interne de la Watch Tower Society dont la parution remonte à juillet 1936 et qui sert de principal outil d'instruction aux publicateurs de terrain, fournissant des informations sur les campagnes en cours, les nouvelles publications, les conventions et les statistiques d'activité.[28] Les lecteurs dépourvus de groupe organisé dans leur région sont invités à contacter directement le siège de la Société pour être mis en relation avec des publicateurs locaux.[29]
La convention théocratique annoncée dans ce même numéro pour juillet 1940, à Columbus (Ohio), constitue un événement institutionnel d'envergure. Prévue du 24 au 28 juillet, elle doit être diffusée par liaison directe et haut-parleurs dans plusieurs villes simultanément, avec la présence personnelle de Joseph Franklin Rutherford, président de la Watch Tower Bible and Tract Society.[30] Il convient de rappeler que c'est à Columbus, lors d'une précédente convention en 1931, que le nom collectif de « Témoins de Jéhovah » avait été adopté officiellement par le mouvement[31] ; la ville conserve donc une signification symbolique particulière pour l'organisation à l'époque de ce numéro.
Ce numéro contient également un appel au financement de l'œuvre du Royaume, présenté sous une forme institutionnellement structurée : les fidèles sont invités à adresser une carte postale au siège de Brooklyn, indiquant le montant qu'ils espèrent pouvoir offrir au cours de l'année, afin de permettre à la Société de planifier l'allocation de ses ressources.[32] Ce mode de collecte anticipée témoigne d'une organisation financière centralisée, où la transparence des intentions des donateurs est sollicitée en amont des dépenses engagées pour la diffusion du message.
Deux résolutions adoptées par des congrégations de Lincoln Park (Michigan) et d'Aurora (Illinois) sont reproduites dans ce numéro. Ces textes réaffirment l'unité des congrégations locales autour de la Watch Tower Society et rejettent toute tentative de division interne, désignant la Société comme la « représentation visible » du gouvernement théocratique de Jéhovah.[33] Ce type de résolution, publié dans la revue à titre d'exemple et de caution collective, est caractéristique de la dynamique de consolidation institutionnelle qui suit la réforme théocratique de 1938, laquelle avait centralisé l'autorité organisationnelle au détriment des structures électives locales.
Enfin, ce numéro publie un rapport détaillé sur les activités missionnaires menées dans les provinces de l'Ouest canadien au cours de l'hiver 1939-1940. Les conditions climatiques décrites — températures descendant entre -10 et -70 degrés Celsius — sont présentées comme des obstacles surmontés grâce à des méthodes de prédication adaptées, notamment l'utilisation de traîneaux et de « cabooses », cabines chauffées posées sur des traîneaux, typiques des Prairies canadiennes de l'époque et dont les agriculteurs faisaient usage pour tous déplacements hivernaux en zone rurale.[34] Ce rapport mentionne une augmentation du nombre de pionniers malgré les difficultés économiques liées à la sécheresse en Saskatchewan, et souligne l'importance des assemblées de zone comme événements structurants pour les congrégations dispersées dans ces territoires.[35]
Contenu
Mission de La Tour de Garde
La mission de *La Tour de Garde*, publiée par la Watch Tower Bible and Tract Society, est définie comme un outil de diffusion doctrinale et d’orientation spirituelle. Elle a pour but d’enseigner les desseins de Jéhovah tels qu’exprimés dans la Bible, en fournissant une instruction biblique destinée aux Témoins de Jéhovah et à toute personne de bonne volonté. Les Témoins de Jéhovah structurent des études bibliques systématiques, accompagnées de supports pédagogiques, et produisent des émissions radiophoniques ainsi que d’autres matériaux destinés à l’enseignement public des Écritures. Elle se présente comme strictement attachée à la Bible comme autorité, indépendante de toute religion, parti ou organisation mondiale, et entièrement dévouée au Royaume de Dieu sous le règne de Jésus Christ. Elle invite à un examen critique de son contenu à la lumière des Écritures et évite les controverses ou les attaques personnelles[36].
Les croyances fondamentales des Témoins de Jéhovah incluent notamment leur interprétation de la Bible, leur organisation ecclésiale et leur eschatologie. - Jéhovah comme seul vrai Dieu, créateur du ciel et de la terre et source de vie. - Le Logos (Verbe) comme agent actif de la création, identifié à Jésus Christ glorifié, doté de tout pouvoir dans les cieux et sur la terre. - La création de l’homme parfait, sa chute dans le péché, et la nécessité de la rançon offerte par Jésus pour racheter l’humanité obéissante. - L’organisation théocratique de Jéhovah, appelée Sion, avec Jésus Christ comme chef et roi légitime du monde. - La fin du "monde" (système de choses actuel) et l’établissement progressif du Royaume de Dieu sur la terre, marquant le début des derniers jours. - La destruction imminente de l’organisation de Satan lors de la bataille d’Armageddon, suivie de l’établissement d’une race humaine juste sur une terre transformée[37].
« Armée de sauterelles » — Témoignage périodique
La période de témoignage intitulée « Armée de sauterelles » est annoncée pour le mois de juin 1940. Elle vise à augmenter le nombre d’abonnés à La Tour de Garde dans le cadre d’une campagne contre la religion. Une offre spéciale est proposée : un abonnement d’un an à la revue, accompagné d’un livre relié et d’une brochure à couverture souple, pour une contribution d’un dollar (1,50 dollar pour les pays étrangers). Cette campagne s’inscrit dans une mobilisation de trois mois, et les lecteurs sont invités à s’organiser localement pour y participer. Ceux qui ne connaissent pas de groupe organisé de publicateurs dans leur région peuvent contacter le siège de la Société pour être mis en relation. Des détails supplémentaires sont disponibles dans The Informant (gratuit)[38].
Convention théocratique des Témoins de Jéhovah
Une convention théocratique des Témoins de Jéhovah est prévue pour juillet 1940, avec Columbus (Ohio) comme ville principale. L’événement, qui se déroulera du 24 au 28 juillet, sera diffusé par liaison directe et haut-parleurs dans d’autres villes. Le président de la Watch Tower Bible and Tract Society, Joseph Franklin Rutherford, y assistera en personne. Les détails logistiques seront publiés ultérieurement pour permettre aux participants de s’organiser[39].
Études de La Tour de Garde
Les études de La Tour de Garde pour les semaines à venir sont précisées : - Du 2 au 8 juin : « Instruction » (3e partie), couvrant les pages 1 à 33 du présent numéro. - Du 9 au 15 juin : « Instruction » (3e partie), couvrant les pages 34 à 61 du même numéro[40].
Correction
Une correction est apportée concernant le numéro du 1er avril 1940 de La Tour de Garde. À la page 103, dans la dernière phrase du paragraphe 15, le terme « Preparation » doit être remplacé par « Preservation »[41].
Instruction — 3e partie
L’instruction divine, présentée comme essentielle à la compréhension humaine, est illustrée par une référence à Proverbes 15:5. Elle présente Jéhovah comme la source de toute connaissance véritable, révélant les ennemis de l’humanité et identifiant les amis de ceux qui cherchent la vérité. Les « humbles » (ou « meek » en anglais) acceptent cette instruction avec joie, tandis que les « insensés » (ou « fools ») la rejettent, prouvant ainsi leur mépris pour Dieu. Ces derniers, en niant l’existence de Dieu ou en promouvant la religion comme solution aux malheurs du monde, ignorent délibérément les avertissements divins concernant la catastrophe imminente[42].
La prophétie de Sophonie 1:14-18 est citée pour annoncer l’approche rapide du jour de Jéhovah, identifié à la bataille d’Armageddon. Ce jour est décrit comme un temps de terreur et de vengeance divine contre les orgueilleux et les hauts lieux de l’organisation de Satan. Les hommes puissants et les « artisans de paix » du monde seront réduits au désespoir, tandis que les pécheurs endurcis, aveuglés spirituellement, échoueront dans leurs tentatives de trouver une issue. Aucun bien matériel ne pourra acheter leur délivrance, et Jéhovah procédera à un nettoyage complet de l’organisation ennemie. Ce jugement sera rapide et sans délai, conformément à la volonté divine[43].
Le prophète Sophonie est présenté comme un exemple de fidélité, délivrant un message de malheur aux dirigeants d’Israël malgré leur incompréhension. La prophétie de Sophonie 1:14 est interprétée comme une annonce de l’imminence du « grand jour de Jéhovah », identifié à Armageddon. Les Témoins de Jéhovah contemporains, considérés comme les héritiers spirituels de Sophonie, avertissent que ce jour est proche et que la bataille qui s’y déroulera constitue « l’acte étrange » de Jéhovah (Ésaïe 28:21). Ce message, fondé sur les Écritures et non sur des spéculations humaines, est présenté comme une parole autoritaire de Dieu, destinée à préparer les humbles à l’action rapide[44].
La bataille finale, déterminée par Jéhovah, est annoncée comme imminente et inéluctable, conformément à l’interprétation de Matthieu 24:17-20. Bien que ce jour soit venu sur le monde comme un « voleur dans la nuit », son déclenchement sera marqué par des signes audibles, notamment les cris de victoire des serviteurs de Dieu et les lamentations des ennemis. Les « hommes puissants » du monde, qu’ils soient dictateurs politiques, magnats commerciaux ou dirigeants religieux (comme le pape ou les hiérarques), seront réduits à l’impuissance et au désespoir. Leur richesse et leur influence ne leur seront d’aucun secours, et ils reconnaîtront trop tard l’intervention divine contre eux[45].
Désastre
Le désastre annoncé pour les nations et leurs dirigeants est décrit comme une conséquence directe de leur rejet des avertissements divins. Les « puissants » de la terre, qu’ils soient politiques, religieux ou commerciaux, sont présentés comme incapables d’échapper à la colère de Jéhovah, malgré leurs tentatives de se convaincre mutuellement de leur sécurité. Leur prospérité matérielle et leurs alliances, notamment celles de la hiérarchie catholique romaine avec les dictateurs et les magnats du commerce, sont dénoncées comme des illusions destinées à s’effondrer lors de la bataille d’Armageddon. Les traités, concordats et autres ententes entre ces « hautes tours » de l’organisation de Satan sont décrits comme des remparts fragiles, incapables de résister à l’intervention divine[46].
La prophétie de Amos 8:10 est citée pour illustrer la transformation des fêtes et des chants des orgueilleux en lamentations, tandis que Sophonie 1:15 annonce un jour de colère, de trouble et de désolation. Ce jour est présenté comme une période de ténèbres littérales et spirituelles, où les ennemis de Dieu, aveuglés par leur propre orgueil, seront incapables de trouver une issue. Les dirigeants politiques et religieux, en particulier ceux de la « Chrétienté », sont désignés comme les principaux responsables de cette situation, leur refus d’écouter les avertissements divins les condamnant à une destruction certaine[47].
Le prophète Habacuc est évoqué pour souligner l’intensité de ce jour de bataille, décrit comme si terrifiant que le prophète lui-même en trembla. La prière d’Habacuc, demandant à Jéhovah de se reposer « au jour de la détresse », est interprétée comme une anticipation de l’intervention divine contre Gog et ses troupes, symbolisant l’organisation de Satan. Les nations et leurs peuples, plongés dans le désespoir, sont invités à chercher refuge uniquement sous l’organisation de Dieu, présentée comme le seul lieu de sécurité. La promesse de Nahum 1:7-8 est rappelée : « Jéhovah est bon, un refuge au jour de la détresse ; il connaît ceux qui se confient en lui », tandis que les ennemis seront poursuivis par les ténèbres[48].
La « désolation » est décrite comme une caractéristique centrale de la bataille d’Armageddon, conformément à la prophétie de Sophonie 1:15. Les Témoins de Jéhovah contemporains, identifiés aux témoins fidèles de Dieu, sont chargés de proclamer cet avertissement jusqu’à son accomplissement. Leur responsabilité est soulignée comme inévitable, bien que le moment exact de la catastrophe ne leur soit pas révélé. La prophétie d’Ésaïe 6:11 est citée pour illustrer cette obligation : « Jusqu’à ce que les villes soient dévastées, sans habitants, et les maisons sans hommes, et que le pays soit réduit en désolation »[49].
Le prophète Jérémie est mentionné pour avoir annoncé la désolation de Jérusalem, présentée comme un type de ce qui attend la « Chrétienté ». Les dirigeants religieux, en particulier, sont critiqués pour leur arrogance, affirmant pouvoir transformer la terre en un lieu digne du retour du Christ. Ces prétentions sont qualifiées de « produits de l’esprit fertile des évolutionnistes modernes », sans valeur aux yeux de Dieu. Au contraire, les méchants et leurs œuvres seront réduits en pièces, conformément à la volonté divine[50].
Trompette
La trompette est présentée comme un symbole d’alarme, utilisé par les témoins fidèles de Jéhovah pour annoncer l’approche du jour d’Armageddon. Ce jour est décrit comme un temps où la trompette retentira pour marquer l’assaut divin contre les forces ennemies, tandis que les armées célestes pousseront un cri de victoire. La prophétie de Sophonie 1:16 est citée pour illustrer ce moment : « Un jour de trompette et d’alarme contre les villes fortifiées et contre les hautes tours »[51].
La bataille de Jéricho est évoquée comme un type de la lutte à venir entre les forces célestes de Jéhovah et les ennemis de Dieu. Les instructions données par Josué à son armée, ordonnant de marcher autour de la ville pendant sept jours avant de pousser un grand cri, sont interprétées comme une préfiguration de l’action des Témoins de Jéhovah contemporains. Ces derniers, en proclamant le message du Royaume, sont décrits comme marchant symboliquement autour des « villes fortifiées » de l’organisation de Satan, avant que le cri de victoire ne retentisse sous la direction de Christ Jésus, le « Grand Josué »[52].
La chute de Jérusalem en 606 av. J.-C., sous les coups du roi Nabuchodonosor, est présentée comme une préfiguration de la chute de la « Chrétienté » moderne. Cette dernière est identifiée à l’« Jérusalem antitypique », destinée à tomber sous les coups de Christ Jésus, le Roi du gouvernement théocratique. La prophétie d’Ézéchiel 21:22 est citée pour illustrer cette destruction : « À sa droite était la divination pour Jérusalem, pour y établir des chefs, pour ouvrir la bouche dans le carnage, pour élever la voix avec des cris de guerre, pour établir des béliers contre les portes, pour élever des terrasses, et pour bâtir des forteresses »[53].
Les « hautes tours » de l’organisation de Satan sont identifiées aux trois piliers du système mondial : la religion, la politique et le commerce. La hiérarchie catholique romaine, avec le pape à sa tête, est désignée comme la principale « haute tour » religieuse, tandis que les dictateurs politiques et les magnats commerciaux sont présentés comme les « hautes tours » de leurs domaines respectifs. Ces dirigeants, décrits comme s’étant retranchés derrière des lois, des traités et des alliances, sont voués à l’échec, leur sécurité étant illusoire face à l’intervention divine[54].
Christ Jésus est présenté comme la « pierre angulaire » de l’organisation capitale de Jéhovah, le Vindicateur de son nom. Lors d’Armageddon, il est annoncé qu’il renversera et écrasera toutes les « hautes tours » de l’organisation de Satan, tant visibles qu’invisibles. La prophétie d’Ésaïe 2:12,15 est citée pour illustrer cette destruction : « Car le jour de Jéhovah des armées sera contre quiconque est orgueilleux et hautain, contre quiconque s’élève, afin qu’il soit abaissé ; et contre toutes les hautes tours, et contre toutes les murailles fortifiées »[55].
L'acte de Jéhovah
L’« acte » de Jéhovah est présenté comme une réponse à l’obstination des dirigeants mondains et de leurs partisans, qui refusent d’écouter les avertissements divins. La prophétie de Sophonie 1:17 est citée pour annoncer leur sort : « Je mettrai les hommes dans la détresse, et ils marcheront comme des aveugles, parce qu’ils ont péché contre Jéhovah ; leur sang sera répandu comme de la poussière, et leur chair comme de la boue »[56].
Cette détresse est décrite comme une conséquence directe du refus des hommes de prêter attention à la Parole de Dieu. Les dirigeants politiques, religieux et commerciaux, aveuglés par leur orgueil, sont présentés comme incapables de trouver une issue à leur situation, malgré leurs tentatives désespérées. Leurs remèdes annoncés pour soulager les maux du monde sont décrits comme des échecs, les laissant dans un état de désespoir et d’hystérie. Leur violence les uns envers les autres est comparée à celle des Madianites, vaincus par Gédéon et ses trois cents hommes, illustrant leur autodestruction imminente[57].
La raison de cette calamité est explicitement attribuée au péché contre Jéhovah, en particulier depuis 1918. Les dirigeants de la « Chrétienté », ainsi que leurs partisans, sont accusés d’avoir rejeté délibérément la vérité divine et d’avoir préféré s’attacher au démonisme ou à la religion. Leur mépris pour le message de Dieu est présenté comme une preuve de leur ignorance volontaire, les condamnant à une destruction certaine. La prophétie de 2 Pierre 3:5-7 est citée pour rappeler que les cieux et la terre seront détruits par le feu, conformément à la volonté divine[58].
Les « sages » du monde, qui ignorent les avertissements de Dieu, sont annoncés comme voués à une fin ignominieuse. Leur sagesse sera réduite à néant, et ils reconnaîtront trop tard que la main de Jéhovah est contre eux. La prophétie d’Ésaïe 29:14 est citée pour illustrer ce sort : « Je vais accomplir une œuvre merveilleuse parmi ce peuple, une œuvre merveilleuse et un prodige ; la sagesse de ses sages périra, et l’intelligence de ses intelligents disparaîtra »[59].
Raison de la calamité
La raison principale de la calamité annoncée est identifiée au péché contre Jéhovah, en particulier depuis 1918. Les dirigeants religieux de la « Chrétienté », ainsi que leurs partisans, sont accusés d’avoir rejeté le message divin et d’avoir persécuté les serviteurs fidèles de Dieu. Leur hostilité ouverte et leur indifférence méprisante envers les avertissements divins sont présentées comme des preuves de leur mépris pour Jéhovah et son Royaume. Le Psaume 14:1-4 est cité pour illustrer leur folie : « L’insensé dit en son cœur : Il n’y a point de Dieu. Ils se sont corrompus, ils ont commis des actions abominables ; il n’en est aucun qui fasse le bien »[60].
Les opposants volontaires à Jéhovah et à son Royaume sont accusés d’avoir versé le sang de nombreux innocents, notamment celui des fidèles serviteurs de Christ Jésus. La prophétie de Sophonie 1:17 est rappelée pour annoncer leur châtiment : « Leur sang sera répandu comme de la poussière, et leur chair comme de la boue ». Les dirigeants religieux, en particulier ceux de la hiérarchie catholique romaine, sont désignés comme les principaux coupables de cette violence, leur mépris pour la loi divine étant présenté comme sans égal sur terre[61].
L’influence démoniaque est identifiée comme un facteur clé de la résistance des ennemis de Dieu. Ceux qui persistent dans le démonisme ou la religion, adhérant à des doctrines comme le purgatoire ou à des pratiques telles que le culte des images et les prières avec des chapelets, sont présentés comme marqués par la « marque de la bête » (Apocalypse 13:16-17). Leur ignorance de leur responsabilité ne sera pas une excuse, et ils seront tenus pour responsables de leur soutien à l’organisation sanguinaire de Satan. Les Témoins de Jéhovah sont chargés de proclamer ce message, même si les obstinés refusent de l’écouter, leur responsabilité se limitant à transmettre l’avertissement[62].
La prière du Psaume 83:9-10 est citée pour illustrer le sort réservé aux ennemis de Dieu, en particulier aux dirigeants de la « Chrétienté » qui ont persécuté ses serviteurs. Cette prière, demandant que ces ennemis deviennent « comme du fumier pour la terre », est présentée comme devant être exaucée lors d’Armageddon. Les ennemis, aveuglés par leur obstination et leur folie, sont décrits comme voués à une destruction totale, leur sang étant répandu comme de la poussière et leur chair dispersée comme du fumier[63].
Voici la suite de la section **== Contenu ==** pour la tranche 3/5 (pages physiques 9 à 12) de *La Tour de Garde — 1er mai 1940*, en respectant strictement les règles éditoriales :
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Trésors terrestres et impuissance
Les dirigeants religieux et politiques de la « Chrétienté » sont accusés de s’appuyer sur leurs richesses matérielles pour échapper au jugement divin. Leur accumulation de trésors terrestres, présentée comme une forme d’assurance contre les calamités, est jugée vaine face à la colère de Jéhovah. Selon la publication, l’or et l’argent se révèlent incapables de sauver quiconque lors du jour de la colère divine, comme l’illustre Sophonie 1:18 : « Ni leur argent ni leur or ne pourront les délivrer au jour de la colère de Jéhovah »[64].
La hiérarchie catholique romaine est particulièrement visée pour ses pratiques financières jugées frauduleuses. Les revenus tirés des « racket[s] du purgatoire », des messes pour les défunts, des quêtes forcées (« Payez en entrant »), des jeux d’argent (bingo, loteries), ou encore des investissements dans l’alcool, les actions boursières et les assurances-vie sont dénoncés comme des preuves de leur cupidité. Ces richesses, accumulées au détriment des fidèles, sont présentées comme des « trésors d’iniquité » (Proverbes 10:2) qui ne leur offriront aucune protection lors d’Armageddon[65].
L’exemple des dictateurs comme Hitler, dont les avoirs à l’étranger sont décrits comme inutiles en cas de fuite, illustre cette impuissance. Le Vatican, avec ses réserves d’or et de pierres précieuses, est cité comme un symbole de cette accumulation stérile, incapable de racheter les péchés de ses dirigeants. La conclusion est sans appel : « Aucune somme d’argent ne peut corrompre Jéhovah »[66].
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La « ville de refuge » et le jugement
La seule issue pour échapper à la destruction est identifiée à la « ville de refuge », métaphore de l’organisation théocratique dirigée par Christ Jésus. La doctrine enseignée affirme que le sang versé ne peut être expié par des offrandes matérielles, mais exige la mise à mort du coupable, conformément à Nombres 35:31-33. Cette loi divine est présentée comme une preuve que les dirigeants religieux, responsables du sang des innocents, ne pourront éviter leur châtiment[67].
Le jugement en cours, mené par Christ Jésus en tant que « Grand Juge », est décrit comme une séparation entre les « boucs » (ennemis de la Théocratie) et les « brebis » (serviteurs fidèles). Les « boucs » symbolisent tous ceux qui rejettent l’autorité divine, qu’ils soient dirigeants religieux, politiques ou simples fidèles. Leur destruction est annoncée comme imminente et totale, sans possibilité de résurrection pour ceux qui auront persécuté les serviteurs de Jéhovah[68].
Les « autres brebis » (Jean 10:16), c’est-à-dire les Jonadabs et les membres oints, sont invités à fuir vers l’organisation théocratique pour y trouver protection. Leur rôle est de proclamer l’avertissement d’Armageddon et d’appeler les peuples à se réfugier dans le Royaume de Dieu. Ceux qui refusent de quitter les institutions religieuses, affirmant par exemple « Je ne changerai jamais de religion », sont présentés comme des « Judéens » hypocrites, ignorant délibérément la vérité et voués à partager le sort des démons[69].
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Fin rapide des ennemis
La destruction des ennemis de Jéhovah est annoncée comme rapide et inéluctable. Le jugement divin annoncé dans Sophonie 1:3-4 s’étend à l’humanité et aux animaux, avec la promesse d’une extermination totale : « Je retrancherai les hommes et les bêtes […] et je retrancherai les hommes de la surface de la terre ». Cette prophétie est interprétée comme visant spécifiquement les dirigeants religieux de la « Chrétienté » et leurs partisans, qualifiés de « reste de Baal » et de « prêtres » idolâtres[70].
La prière du Psaume 83:15-18 est reprise pour illustrer la demande des fidèles : que les ennemis de Dieu soient confondus et périssent, afin que tous reconnaissent la suprématie de Jéhovah. Cette prière, présentée comme inspirée par Dieu lui-même, est décrite comme devant être exaucée lors de la bataille d’Armageddon, où les ennemis seront anéantis sans délai. Leur fin est comparée à celle de Joab et Shimeï, exécutés sur ordre du roi Salomon pour leur rébellion (1 Rois 2:6,9)[71].
La destruction annoncée doit survenir sans délai. Une fois le jugement prononcé, l’exécution suivra immédiatement, sans possibilité de repentir ou de rachat. Les dirigeants religieux, aveuglés par leur obstination, sont décrits comme incapables de reconnaître leur erreur, leur sort étant scellé par leur refus d’écouter les avertissements divins[72].
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Participation financière à l’œuvre du Royaume
Les lecteurs de *La Tour de Garde* sont invités à soutenir financièrement l’œuvre de proclamation du Royaume de Dieu. Bien que cette annonce ne soit pas une sollicitation directe, elle rappelle aux fidèles l’importance de contribuer régulièrement aux dépenses liées à la diffusion du message. Les dons, envoyés directement à la Société Watch Tower à Brooklyn, sont présentés comme un moyen de participer activement à l’avancement des intérêts théocratiques[73].
Pour faciliter la planification des dépenses, les contributeurs sont encouragés à informer la Société de leur intention de donner une somme spécifique au cours de l’année. Cette démarche, décrite comme une « provision à l’avance », permet d’allouer les fonds de manière économique et efficace. Les fidèles sont invités à adresser une carte postale à la Société, indiquant le montant qu’ils espèrent pouvoir offrir « par la grâce du Seigneur », sans autre mention écrite[74].
Les résidents en dehors des États-Unis sont priés de s’adresser aux bureaux locaux de la Société pour leurs contributions. Les fidèles sont exhortés à solliciter la direction divine pour que leurs dons servent prioritairement à la proclamation du Royaume[75].
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Première défaite du totalitarisme
Le totalitarisme, défini comme un régime où l’État contrôle toutes les activités des citoyens sous l’autorité d’un dictateur, est présenté comme une menace mondiale. Les régimes fascistes, nazis et communistes, bien que différents en apparence, sont décrits comme identiques dans leur opposition à Jéhovah et à sa Théocratie. Leur refus de reconnaître le droit à l’adoration libre et leur persécution des Témoins de Jéhovah sont dénoncés comme une preuve de leur nature démoniaque[76].
Nimrod est présenté comme l’instigateur du premier régime totalitaire après le Déluge, érigé en opposition à Jéhovah. Ce régime, attribué à Satan, est présenté comme une violation de l’« alliance éternelle » établie par Dieu concernant la sainteté de la vie (Genèse 9:9-11). Les dirigeants religieux actuels, en soutenant ces régimes, sont accusés de trahir leur prétendue foi et de placer l’organisation humaine au-dessus de Dieu[77].
La question de la durabilité du totalitarisme est posée, avec une réponse fondée sur une « règle » biblique vieille de quatre mille ans. Jean 12:31 est interprété comme l’annonce de la défaite prochaine de Satan, désigné comme le « prince de ce monde ». Cette défaite, prévue lors d’Armageddon, marquera la fin de toutes les nations et l’établissement définitif de la Théocratie, où Jéhovah sera reconnu comme le « Très-Haut sur toute la terre » (Psaume 83:18)[78].
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- (La section se poursuit dans la tranche suivante, sans fermeture de balise.)*
Voici la suite de la section == Contenu == pour la tranche 4/5 (pages physiques 13 à 15) du numéro de *La Tour de Garde — 1er mai 1940* :
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Violation de l’alliance éternelle et origine de la religion
La violation de l’« alliance éternelle » établie par Dieu après le Déluge (Genèse 9:6) est attribuée aux régimes totalitaires, accusés de mépriser la sainteté de la vie humaine et animale. Nimrod, présenté comme le premier dirigeant totalitaire post-diluvien, est décrit comme un chasseur sanguinaire influencé par Satan, dont les actions visent à détourner l’adoration des humains de Jéhovah vers des créatures. Son règne marque l’émergence conjointe de la religion et de la politique comme instruments de contrôle, sous l’égide du « dieu de ce monde » (2 Corinthiens 4:4)[79].
La religion est définie comme une forme d’adoration dirigée vers des êtres considérés comme supérieurs, en opposition à la Théocratie. Nimrod, en érigeant la ville de Babel, symbolise la première tentative de centralisation du pouvoir politique et religieux, destinée à unifier les peuples sous une autorité humaine plutôt que divine. Cette initiative, inspirée par Satan, est interprétée comme une rébellion contre l’ordre théocratique et une tentative de substituer l’autosuffisance humaine à la dépendance envers Dieu[80].
La construction de la tour de Babel est présentée comme un acte de défiance envers Jéhovah, où les humains, sous l’influence démoniaque, cherchent à « se faire un nom » pour éviter la dispersion. Ce projet, qualifié de première organisation mondiale post-diluvienne, est décrit comme une stratégie satanique pour détourner l’humanité de la connaissance et du service de Dieu, en promouvant l’idée que le salut dépend des efforts humains plutôt que de la grâce divine[81].
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Première défaite du totalitarisme (suite)
La confusion des langues à Babel est interprétée comme la première défaite historique du totalitarisme, illustrant l’échec des tentatives humaines de s’opposer à la volonté divine. Cet événement, décrit en Genèse 11:5-9, est présenté comme une préfiguration de la défaite finale des régimes totalitaires lors d’Armageddon. Les nations modernes, bien qu’unies dans leur opposition à la Théocratie, sont promises à une confusion similaire, où leurs alliances seront brisées par l’intervention divine[82].
Les régimes fascistes, nazis et communistes sont décrits comme des manifestations contemporaines de cette opposition, unis dans leur hostilité envers les Témoins de Jéhovah et leur refus de reconnaître la souveraineté de Jéhovah. Leur défaite est annoncée comme inévitable, conformément aux prophéties bibliques, notamment Haggai 2:21-22, où Dieu promet de renverser les « trônes des royaumes » et de détruire la force des nations. Cette destruction est présentée comme une étape nécessaire à l’établissement définitif de la Théocratie sur terre[83].
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La terre rendue habitable
La terre est décrite comme un don de Dieu, créé pour être habité et glorifié (Ésaïe 45:18). Le jardin d’Éden, présenté comme un modèle de perfection, est cité pour illustrer le dessein initial de Dieu : une planète où l’humanité, en harmonie avec son Créateur, aurait pu étendre cette beauté à l’ensemble du globe. Le mandat divin donné à Adam (Genèse 1:28) est interprété comme une promesse de guidance divine pour accomplir cette mission, si l’humanité était restée fidèle[84].
La chute de l’homme, attribuée à sa désobéissance, est présentée comme la cause de la perte des privilèges initiaux, notamment la domination sur la terre. La rédemption, offerte par le sacrifice de Jésus Christ, est décrite comme une restauration de cette relation, permettant à l’humanité de retrouver son rôle dans la transformation de la terre en un paradis. Jésus Christ, désigné comme « héritier de toutes choses » (Hébreux 1:2), est présenté comme l’agent de cette régénération, chargé de purifier la terre de toute injustice lors de la bataille d’Armageddon[85].
Les déserts et les terres stériles, symboles de la dégradation actuelle, sont promis à une transformation radicale sous le règne du Christ. Les prophéties d’Ésaïe 35:1-7 et Ézéchiel 36:34-35 sont citées pour illustrer cette restauration, où les terres arides deviendront fertiles et où les hommes reconnaîtront la gloire de Jéhovah. Cette transformation est présentée comme une preuve tangible de la puissance divine et de la réalisation de ses promesses[86].
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Témoignages de soutien
Plusieurs lettres de lecteurs sont publiées pour illustrer l’impact des enseignements de la Société Watch Tower sur les Témoins de Jéhovah. Une lettre de J. Hemery (Angleterre) exprime sa gratitude pour le rapport annuel, soulignant que les progrès réalisés malgré les persécutions sont une preuve de la bénédiction divine. L’article sur Lazare, présenté comme une révélation prophétique pour les « derniers jours », est particulièrement salué pour sa clarté et son lien avec d’autres Écritures, notamment Isaïe 26:10-14[87].
Deux résolutions, adoptées par des congrégations de Lincoln Park (Michigan) et Aurora (Illinois), réaffirment leur soutien inconditionnel à la Théocratie et à Joseph Franklin Rutherford, rejetant toute tentative de division ou de justification des actions hostiles à l’organisation. Ces déclarations soulignent l’unité des fidèles autour de la Société Watch Tower, présentée comme la « représentation visible » du gouvernement théocratique de Jéhovah[88].
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- (La section se poursuit dans la tranche suivante, sans fermeture de balise.)*
Durant l’hiver 1939-1940, les Témoins de Jéhovah intensifièrent leurs activités missionnaires dans les provinces de l’Ouest canadien, comme en attestent les rapports détaillés de leur action. Les conditions climatiques extrêmes, avec des températures descendant fréquemment entre -10 et -40 degrés Celsius, voire jusqu'à -70 degrés dans certaines régions, sont présentées comme un défi surmonté par les fidèles grâce à des méthodes d'évangélisation adaptées. L'utilisation de chevaux, de traîneaux ou de cabines tractées (*caboose*) est décrite comme une solution efficace pour poursuivre la prédication malgré les routes enneigées et les températures glaciales. Ces moyens de transport, moins coûteux que les automobiles, permettent aux Témoins de couvrir des territoires ruraux et d'être accueillis chaleureusement dans les foyers, où ils sont souvent invités à passer la nuit et à partager un repas[89].
Les progrès réalisés dans ces régions sont soulignés, notamment l'augmentation du nombre de proclamateurs (*publishers*), y compris parmi les pionniers, qui continuent leur activité malgré les conditions hivernales. Dans certaines provinces comme la Saskatchewan, les difficultés économiques liées à la sécheresse et à la pauvreté sont évoquées, mais ces épreuves sont présentées comme un catalyseur de la détermination des fidèles. Les pionniers, en particulier, sont décrits comme des modèles de persévérance, parcourant parfois des centaines de kilomètres à pied ou en voiture sans chauffage pour assister aux assemblées de zone, malgré des engelures ou des températures extrêmes. Un pionnier, par exemple, déclare ne pas s'inquiéter de ses finances, affirmant avoir plus d'argent en poche qu'au début de son service, illustrant ainsi la confiance en la providence divine[90].
Les assemblées de zone sont décrites comme des moments de grande joie et d'enthousiasme, où les Témoins, malgré les obstacles physiques (neige, froid, distances), se réunissent pour célébrer leur foi commune. Les récits insistent sur la ferveur et la détermination des fidèles, qui considèrent ces rassemblements comme un privilège, même au prix de sacrifices personnels. Dans les provinces de l'Ouest, les conditions climatiques plus clémentes de la Colombie-Britannique sont mentionnées, mais il est souligné que les épreuves endurées par les Témoins des provinces centrales ont forgé leur caractère et renforcé leur zèle pour la « Théocratie ». Ces témoignages sont présentés comme une preuve de la vitalité du mouvement et de la bénédiction divine qui l'accompagne, malgré les persécutions et les difficultés matérielles[91].
Leur proclamation du message du Royaume de Jéhovah dans ces régions, marquée par une joie et un dévouement constants, fut présentée comme un exemple de persévérance face aux difficultés.
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Illustrations du numéro
Références
- ↑ Édition originale : The Watchtower — May 1, 1940.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 131-134.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 130.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 134-135.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 131-137.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 133-136.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 131.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 136.
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- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 130.
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- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 134-135.
- ↑ James Penton, Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press, 1985, p. 65-66.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 139.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 134-135.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 131-135.
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- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 134.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 141.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 141.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 138.
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- ↑ Watchtower Newsletters: Kingdom News, Director, Informant, notice Amazon.
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- ↑ « Winter Travel by Caboose », hhhistory.com, consulté en 2025.
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- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 142.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 142.
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- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 145.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 144.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 144.
- ↑ La Tour de Garde — 1er mai 1940, p. 144.
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