La Tour de Garde du 15 août 1940
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| La Tour de Garde du 15 août 1940 | |
|---|---|
| Revue | La Tour de Garde |
| Date | 1940 |
| Année | 1940 |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
Ce numéro est dominé par une réflexion eschatologique sur les « temps et les saisons » précédant Harmaguédon, articulée autour de l'interprétation du cri prophétique « Paix et sécurité ! » de 1 Thessaloniciens 5:3. La question centrale posée est celle du moment exact et de l'identité de ceux qui prononceront ce cri, présenté comme le signe immédiatement précurseur de la bataille finale. Les nations en guerre en 1940, la montée des régimes totalitaires et le recul des démocraties sont lus comme des marqueurs prophétiques permettant de situer le temps présent à l'intérieur du schéma eschatologique.[1]
Le numéro s'inscrit dans une lecture polémique des persécutions contemporaines subies par les Témoins de Jéhovah : les actions judiciaires engagées contre eux, y compris une audience devant la Cour suprême des États-Unis le 25 avril 1940, sont interprétées comme la confirmation que le message du « Gouvernement théocratique » dérange effectivement les chefs religieux et les souverains totalitaires.[2] La Hiérarchie catholique romaine est désignée nommément comme l'adversaire religieux principal de cette proclamation.
Analyse
Croyances
L'exégèse de 1 Thessaloniciens 5:3 développée dans ce numéro repose sur un déplacement chronologique explicite : le « quand » du verset est détaché de la période antérieure à 1918 pour désigner un moment postérieur à cette date, ce qui transforme un avertissement paulinien général en repère daté à l'intérieur d'une séquence prophétique en cours.[3] Le recours simultané à la version Rotherham, à la Version révisée et à l'Emphatic Diaglott pour établir l'absence du mot « car » n'est pas un choix philologique neutre : la Diaglott, traduction interlinéaire grec-anglais réalisée par Benjamin Wilson en 1864 sur le texte du Codex Vaticanus, dont Charles Taze Russell avait acquis les droits et les planches avant sa publication par la Société Watch Tower en 1902, est précisément l'outil par lequel le mouvement avait établi que le terme parousía devait se rendre par « présence » et non par « venue ».[4] Le même instrument textuel qui avait servi à fonder la doctrine de la présence invisible est ici mobilisé pour dater le cri de « paix et sécurité ».
Le rattachement du cri de paix aux dispositifs internationaux n'est pas une improvisation de 1940. Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, la Société des Nations était présentée dans les publications du mouvement comme une contrefaçon du Royaume de Dieu, opposée à lui et non préparatoire à lui.[5] La mention, dans « Le signe », d'une paix éventuelle qui ne serait que « la paix de la Ligue des Nations ou des traités antérieurs » prolonge donc une position formée au lendemain de 1919, lorsque le clergé américain — dont une pétition de 14 450 signataires fut adressée au Sénat le 16 octobre 1919 — soutenait la Société des Nations, et que la presse rapportait le 2 janvier 1919 que le pape plaidait pour l'adoption du projet wilsonien.[6] L'attribution conjointe du cri aux souverains totalitaires et aux chefs religieux reproduit la triade — religion, commerce, politique — que Rutherford condamnait solidairement depuis les années 1920 et que l'article sur le petit livre nomme explicitement comme la partie visible de l'organisation de Satan.[7]
L'année 1918 fonctionne dans ce numéro comme pivot unique, invoqué à trois endroits distincts : datation du « quand » de 1 Thessaloniciens 5:3, ouverture de la section « Conditions actuelles », et réception du « petit livre » par la classe servante. Cette centralité résulte d'une construction progressive : l'intronisation du Christ fut déplacée de 1878 à 1914 en juillet 1920, et 1918 fut redéfini en 1922 comme la venue du Christ à son temple aux fins de jugement, formulation reprise en 1932 sous la forme « le Seigneur vint à son temple en 1918 » et « prit en charge la nourriture du troupeau ».[8] L'écart de « trois ans et demi » entre l'intronisation et la venue au temple, posé ici comme donnée acquise, articule mécaniquement ces deux dates sans qu'aucune justification scripturaire n'en soit fournie dans le numéro.[9]
La constitution du « serviteur fidèle et avisé » de Matthieu 24:45-47 est ici présentée comme un effet du jugement de 1918, et non comme la désignation d'un individu. Cette lecture collective avait été rétablie en 1927, après la période où le titre avait été appliqué à Russell lui-même ; la classe du « mauvais esclave » du verset 48 fut alors définie comme issue des rangs mêmes de l'esclave fidèle, ce qui donne à la division entre approuvés et rejetés un caractère interne au groupe des consacrés.[10]
La description de l'interruption du témoignage au début de 1918 et de sa reprise intensifiée ne relève pas, dans l'économie de l'article, du récit historique mais de la démonstration prophétique : la séquence est située à l'intérieur du « jour du Seigneur » et sert de preuve que le « quand » de Paul désigne bien l'après-1918.[11] Les faits ainsi transposés sont datables : les mandats d'arrêt du 7 mai 1918, la condamnation du 21 juin 1918 à vingt ans de détention et la libération du 26 mars 1919, obtenue après une pétition réunissant quelque 700 000 signatures.[12] L'assemblée de Cedar Point de septembre 1922, avec son mot d'ordre « Annoncez le Roi et le Royaume », avait fixé le cadre de cette reprise ; le bilan chiffré de plus de 300 millions de livres en 78 langues, complété par la radio et les phonographes, invoqué dans « Conditions actuelles », constitue la vérification matérielle de la lecture prophétique.[13]
Le terme « Théocratie », omniprésent dans ce numéro comme critère unique de fidélité, n'était en usage dans les publications du mouvement que depuis 1938 : il est donc ici un vocabulaire récent, dont l'application aux affaires terrestres avait été formulée dans Consolation par l'identification du gouvernement théocratique à l'administration de la Watch Tower Bible and Tract Society.[14] L'audience du 25 avril 1940 devant la Cour suprême des États-Unis relative au salut au drapeau, citée comme preuve de l'hostilité inspirée par le clergé, illustre le point de contact entre cette doctrine et son application pratique : le refus du salut relevait du principe d'obéissance à Dieu plutôt qu'aux hommes tiré d'Actes 5:29.[15]
La réfutation du retour charnel du Christ par 1 Pierre 3:18 et Jean 14:19 s'inscrit dans un ensemble doctrinal cohérent où la négation de l'immortalité de l'âme et l'affirmation d'une résurrection spirituelle des oints en 1918 se soutiennent mutuellement : si le Christ ressuscité est une créature spirituelle invisible, sa présence peut être déjà commencée sans manifestation visible, ce qui rend possible la chronologie de 1914-1918 exposée dans le premier article.[16] Le second article fournit ainsi le fondement christologique dont le premier tire les conséquences chronologiques.
L'application de Daniel 9:25-26 à l'identification de Jésus comme Messie relève de la même méthode que celle qui produit 1914 par le calcul des 2 520 ans à partir de 607 avant notre ère : une prophétie exprimée en unités de temps est convertie en dates historiques vérifiables, la vérification de la première étant présentée comme garantie de la seconde.[17]
La lecture de Jean de Patmos comme figure du « reste » oint contemporain, désigné dans les publications du mouvement sous le nom de « classe Jean », applique une grille type-antitype que Rutherford étendait depuis 1925 aux personnes, aux événements et aux institutions de l'Ancien Testament, en puisant notamment dans l'Exode, Jérémie, Ézéchiel, les Psaumes, Samuel, les Rois et les Chroniques.[18] Les figures de Jéhu et Joram, des faux prophètes de Jérémie et de l'entrée de Jésus à Jérusalem convergent toutes vers le même antitype — la classe servante affrontée aux chefs religieux — de sorte que la diversité des récits bibliques mobilisés ne produit qu'une seule application, appuyée sur 1 Corinthiens 10:11.[19] Le même principe est à l'œuvre dans la qualification de la Pentecôte comme accomplissement « en miniature » de Joël 2:28-29, qui réserve l'accomplissement plénier au temps présent.[20]
L'interprétation du « petit livre » d'Apocalypse 10:1-11 s'écarte sur deux points de la lecture commentariale courante de ce passage. Celle-ci y voit un intermède entre la sixième et la septième trompette, et comprend le double effet doux-amer comme la tension entre l'espérance annoncée et la tristesse devant le jugement à venir.[21][22] Le numéro substitue à cette amertume contemplative une indignation militante dirigée contre une cible institutionnelle nommée — la religion, le commercialisme et la politique — ce qui convertit une expérience spirituelle en programme polémique.[23] La tripartition ainsi obtenue reprend la structure exposée dans la Watch Tower du 1er mars 1925 sous le titre « Naissance de la Nation », où l'humanité entière était répartie entre deux organisations seulement, celle de Dieu et celle de Satan, sans position intermédiaire possible.[24] Le mandat de Apocalypse 10:11 — prophétiser de nouveau sur des peuples, nations, langues et rois — fournit par ailleurs la base scripturaire directe de la reprise du témoignage après 1918 exposée ailleurs dans le numéro, les deux articles se renvoyant l'un à l'autre.[25]
La sécurité promise au « reste » repose sur une relecture de 1 Thessaloniciens 4:17 qui vide le verset de son sens d'enlèvement futur au ciel pour en faire un état déjà acquis depuis 1918, situé « dans le temple » spirituel.[26] Le motif du « lieu secret du Très-Haut » associé à l'attente du passage de la colère divine reprend la structure d'Ésaïe 26:20, où le fidèle est invité à entrer dans sa chambre intérieure et à s'y cacher jusqu'à ce que l'indignation soit passée.[27] L'extension de cette protection aux « autres brebis » suppose acquise la doctrine des deux espérances, formulée lors du discours prononcé à Washington le 3 juin 1935, où la « grande foule » d'Apocalypse 7:9 fut identifiée à une classe de survivants terrestres distincte des 144 000, et suivie du baptême de 840 personnes.[28] Cette doctrine, vieille de cinq ans au moment de la parution, est ici employée sans être rappelée, comme un acquis.
L'usage d'Ésaïe 48:22 pour conclure que la paix proclamée par les religionnaires est fausse opère un renversement notable : le verset ne porte pas sur la validité d'un traité mais sur la condition morale des méchants, et son application à un accord international suppose établie au préalable l'identification des signataires à la catégorie des méchants.[29] Le raisonnement est ainsi circulaire — toute paix humaine est fausse parce que ceux qui la concluent sont méchants, et leur méchanceté est attestée par le fait qu'ils concluent une paix — ce qui rend la thèse structurellement invérifiable et immunise l'attente d'Harmaguédon contre tout démenti par les événements diplomatiques.[30]
Organisation et histoire
L'état institutionnel du mouvement au milieu de l'année 1940 est décrit par une énumération nominative des territoires où la diffusion de ses publications a été interdite ou entravée : l'Espagne, le Portugal, la France, la Belgique, la Roumanie, la Grèce, la Pologne, la Tchécoslovaquie, les États baltes, la Finlande, la Norvège, le Danemark, la Suède, de nombreuses îles, le Japon et le Québec.[31] Cette liste constitue le passage factuel le plus dense du numéro et livre, en creux, une cartographie de l'effondrement des implantations européennes du mouvement à la date de parution : la plupart des pays cités sont alors soit sous occupation ou administration allemande, soit gouvernés par des régimes autoritaires alliés ou neutres. La suppression n'est toutefois pas rapportée à des causes politiques ou militaires, mais interprétée comme une permission divine accordée à l'adversaire d'accomplir ce qui avait été annoncé des siècles auparavant, ce qui neutralise par avance toute lecture de ces interdictions comme échec organisationnel.[32]
La mention du Québec est notable en ce qu'elle est la seule entité infranationale nommée aux côtés d'États souverains.[33] Le contentieux québécois occupe alors une place à part dans l'histoire institutionnelle du mouvement en Amérique du Nord, où il oppose l'organisation non à un régime totalitaire mais à une administration provinciale d'un pays demeuré parlementaire, situation que le numéro traite sur le même plan que les interdictions européennes.
Le second axe institutionnel du numéro est judiciaire. Des décisions de la Cour suprême des États-Unis sont invoquées comme ayant reconnu le droit constitutionnel de prêcher par la parole, par la distribution d'imprimés et par l'usage du phonographe.[34] L'invocation est conforme à l'état de la jurisprudence à la date de parution : Lovell v. City of Griffin, rendu le 28 mars 1938, avait annulé un arrêté municipal soumettant la distribution d'écrits à une autorisation du maire, et Schneider v. New Jersey, du 22 novembre 1939, avait invalidé des ordonnances interdisant la distribution de tracts en porte-à-porte ; Cantwell v. Connecticut, rendu le 20 mai 1940 — soit moins de trois mois avant ce numéro — portait précisément sur trois prédicateurs munis d'un phonographe portatif diffusant des enregistrements dans un quartier catholique de New Haven.[35] La revendication du phonographe comme moyen de prédication protégé n'est donc pas rhétorique : elle renvoie à un appareil de diffusion standardisé, produit à partir de 1934 en machines portables distribuées par milliers aux prédicateurs, dont la légalité venait d'être consacrée.[36]
Une audience datée du 25 avril 1940 devant la Cour suprême est citée, au cours de laquelle l'avocat défendant l'obligation du salut au drapeau aurait reproché aux Témoins de Jéhovah de ne pas accorder aux autres confessions la tolérance qu'ils réclamaient pour eux-mêmes.[37] L'argument est attribué à une inspiration cléricale, sans que la décision consécutive ne soit commentée dans ce numéro.[38]
L'obstruction est ensuite décrite comme se déplaçant du niveau constitutionnel vers le niveau local, par des inculpations pour trouble à la paix publique et conduite désordonnée dont « la seule "preuve" avancée étant que les témoins de Jéhovah » et leurs compagnons parlent du Royaume de Dieu aux gens.[39] Des magistrats, des juges de première instance et des cours d'appel sont nommément accusés de méconnaître quotidiennement les arrêts de la Cour suprême, aux côtés de l'« Action catholique » et des publications de la Hiérarchie catholique romaine.[40] L'opposition est ainsi présentée comme une coalition institutionnelle coordonnée, articulant autorité religieuse et appareil judiciaire inférieur, et non comme une série d'incidents locaux.
Le bilan quantitatif de l'appareil éditorial est avancé comme mesure de l'ampleur de l'œuvre : « Plus de 300 millions de livres contenant » le message auraient été imprimés en plus de soixante-dix-huit langues, auxquels s'ajoutent des millions de périodiques, l'usage de la radio et des milliers de phonographes.[41] L'inclusion de la radio dans ce bilan est rétrospective plutôt qu'actuelle, la diffusion sur les stations commerciales — qui avait compté jusqu'à plusieurs centaines de stations au début des années 1930 — ayant été abandonnée à la fin de 1937 au profit du phonographe et du porte-à-porte.[42]
La légitimité de l'organisation est enfin adossée à une périodisation interne dont les repères sont énoncés à plusieurs reprises. L'œuvre de témoignage est décrite comme interrompue au début de 1918, l'année où le Christ intronisé serait paru au temple pour juger les consacrés, puis reprise et amplifiée après cette date, les serviteurs approuvés ayant alors été constitués en « serviteur fidèle et avisé » selon Matthieu 24:45-47.[43] Le troisième article précise ce schéma en distinguant deux temps : la venue au temple de 1918 aurait remis à la classe servante le mandat contenu dans le « petit livre » d'Apocalypse 10, et c'est en 1919 qu'elle se serait organisée pour l'accomplir.[44] Cette chronologie transpose en catégories prophétiques des événements judiciaires précis : l'émission des mandats d'arrêt contre la direction de la société le 7 mai 1918, la condamnation de Rutherford à vingt ans de détention le 21 juin 1918, et sa libération le 26 mars 1919.[45] La reprise institutionnelle de 1919 devient ainsi le récit fondateur qui autorise l'organisation existante à se présenter comme l'unique dépositaire du mandat de prédication.
Corollaire de cette périodisation, le monopole interprétatif est fondé sur l'identification de l'apôtre Jean exilé à Patmos à une « classe servante » contemporaine, désignée comme le « Jean des temps modernes », chargée d'observer l'accomplissement des visions apocalyptiques et d'en rendre témoignage.[46] Le procédé — assigner à un collectif institutionnel le rôle d'un personnage biblique — est constitutif de la méthode typologique employée par le mouvement depuis le milieu des années 1920, où les récits de l'Exode, de Jérémie, d'Ézéchiel et des livres historiques fournissent des « types » dont le « reste » oint est présenté comme l'antitype.[47] Son effet organisationnel est de placer l'interprétation hors de portée de la discussion individuelle : ce n'est pas un exégète qui lit le texte, c'est le texte qui décrit l'organisation.
Un dernier repère chronologique interne est posé avec l'année 1926, présentée comme le point de départ de la proclamation, dans toute la chrétienté, du message annonçant la destruction des opposants à la Théocratie.[48] Cette datation situe le tournant confrontationnel du mouvement quelque sept ans après la réorganisation de 1919 et fournit à l'argumentation du numéro sa mesure du temps écoulé : quatorze années d'avertissement public au terme desquelles l'endurcissement du clergé est tenu pour établi et le jugement pour acquis.[49]
Enfin, la persécution subie est intégrée au discours institutionnel non comme une difficulté à surmonter mais comme une confirmation : les fidèles, décrits comme placés sous « grande opposition et persécution », y répondent par l'expression de confiance du psalmiste.[50] La sociologie des mouvements religieux minoritaires a analysé ce mécanisme comme une forme de rationalisation de l'hostilité extérieure qui convertit les coûts de l'appartenance en preuve d'élection et renforce la cohésion du groupe ; sur le wiki, il est traité sous l'entrée Culte de la persécution comme validation doctrinale chez les Témoins de Jéhovah. Dans ce numéro, sa fonction est directement opératoire : les interdictions énumérées et les inculpations locales ne fragilisent pas la thèse défendue, elles l'établissent.
Contenu
« Les temps et les saisons » (deuxième partie)
Cet article, présenté comme la suite d'un développement entamé dans un numéro précédent, s'ouvre sur la citation de Proverbes 1:32-33, qui oppose le sort des « simples » et des « fous » à celui des fidèles qui écoutent la parole divine.[51] Le « simple » est défini comme celui qui se tourne vers les dirigeants du monde et suit la sagesse humaine, tandis que le « fou » est assimilé à celui qui, en suivant les hommes ou en s'attachant à la religion, nie en pratique l'existence de Dieu.[52]
Harmaguédon est présenté comme une certitude imminente. Tous ceux qui sont en alliance avec Jéhovah et pleinement dévoués au « Gouvernement théocratique » sont décrits comme étant nécessairement aux aguets des signes annonciateurs de cette bataille finale.[53] Ces fidèles, qualifiés d'« enfants de la lumière », sont dits capables de discerner les « signes des temps » et d'apprendre ainsi à quel moment Harmaguédon doit éclater.[54]
L'apôtre Paul est convoqué comme autorité prophétique centrale : le Seigneur n'aurait pas révélé à Paul le jour ni l'heure de la bataille, mais lui aurait indiqué les signes caractéristiques du moment où sa colère s'exprimerait contre tous les artisans de l'iniquité.[55] Le texte cite 1 Thessaloniciens 5:3 : « quand ils diront : Paix et sécurité ! alors une destruction soudaine viendra sur eux » est interprété comme un signe immédiatement précurseur d'Harmaguédon.[56]
Une attention philologique est portée à ce verset : selon les versions Rotherham, la Version révisée et le Diaglott, le mot « car » serait absent du texte, qui se lirait simplement : « Quand ils diront ».[57] Le terme « quand » est interprété non pas comme une référence au moment immédiatement antérieur à 1918 — date à laquelle le Seigneur Jésus serait apparu au temple — mais comme désignant un point postérieur à 1918.[58] L'œuvre de témoignage au nom et au royaume de Dieu est décrite comme ayant été temporairement interrompue au début de 1918, puis reprise avec une activité accrue après cette date, cette reprise se situant à l'intérieur du « jour du Seigneur ».[59]
La question de savoir qui prononcera le message « Paix et sécurité » est ensuite examinée. Les témoins oints de Jéhovah ne peuvent être ceux qui tiennent ce discours, car Paul s'adresse précisément à eux en leur disant qu'ils n'ont pas besoin qu'il leur écrive, puisqu'ils savent eux-mêmes parfaitement.[60] Le « reste » fidèle est au contraire caractérisé par l'attitude décrite en Psaume 85:8 : « J'écouterai ce que Dieu, le Seigneur, dira : car il parlera de paix à son peuple » — avec l'avertissement que ses saints ne retournent pas à la folie.[61]
Que disent-ils ?
La question de ce que proclament concrètement ces dirigeants est ensuite posée. Leur cri serait motivé par le désir égoïste de se convaincre eux-mêmes qu'ils ont accompli leur dessein et qu'ils demeureront indéfiniment dans leur position.[62] Jéhovah, par l'intermédiaire de son Exécuteur Christ Jésus, est décrit comme manœuvrant l'ennemi en position pour la bataille du grand jour, tandis que l'ennemi se croit lui-même prêt au grand conflit.[63]
Les souverains totalitaires, décrits comme haïssant Dieu et le Gouvernement théocratique, et les grands chefs religieux, convaincus de pouvoir régner sur le monde à la place du Christ, sont présentés comme œuvrant de concert pour réduire au silence quiconque ne s'aligne pas sur eux.[64] Le peuple de Dieu, composé du « reste » et des «autres brebis» de Jean 10:16, est présenté comme le seul groupe qui continuera hardiment à défendre le Gouvernement théocratique, y compris dans des conditions adverses.[65] Les témoins de Jéhovah et leurs compagnons ne se laisseraient pas intimider par le cri de «paix et sécurité» que les puissants religionnaires adresseront à leurs alliés, aux totalitaires et à tous ceux qui demeurent sous leur influence et celle des démons.[66]
Le moment précis où le cri de «paix et sécurité» sera poussé n'est pas défini avec exactitude par les Écritures, mais il est tenu pour certain qu'il précédera de peu la bataille d'Harmaguédon : « Ce n'est pas une question de "peut-être qu'ils le diront" », mais de certitude absolue — ils y seront autorisés par le Seigneur.[67]
Ce cri est interprété comme une demande faite à Dieu et au Christ de cesser de les troubler, illustrée par l'épisode biblique de Joram et Jéhu en 2 Rois 9:20-22 : de même que les messagers envoyés par le roi représentant le diable n'obtinrent aucune satisfaction de Jéhu, représentant l'Exécuteur de Jéhovah, de même les religionnaires ne trouveront aucune trêve.[68] La parole d'Ésaïe 48:22 — « Il n'y a point de paix pour les méchants, dit le Seigneur » — est citée pour conclure que leur «paix» proclamée est fondamentalement fausse.[69]
Le signe
Une analyse de la situation mondiale contemporaine est ensuite proposée. On y est décrit comme se trouvant bien avancé dans les «temps et les saisons» de la présence du Seigneur et du jugement des nations, en approche d'Harmaguédon, bien que le «signe» précédant immédiatement Harmaguédon ne soit pas encore discernable.[70] De nombreuses nations sont en guerre en 1940 et les démocraties disparaissent rapidement sous la poussée du gouvernement totalitaire.[71]
Il est suggéré qu'une paix provisoire pourrait survenir prochainement, les guerres et troubles actuels étant réglés par quelque accord annoncé au monde — mais il est précisé que cette paix entre nations n'est pas celle à laquelle Paul fait allusion dans son épître.[72] La Hiérarchie catholique romaine, présentée comme la plus grande organisation religieuse de la terre, est évoquée comme ayant probablement un rôle déterminant dans l'établissement d'une telle paix temporaire entre nations belligérantes — mais une telle paix ne serait que la paix de la Ligue des Nations ou des traités antérieurs, à laquelle les followers de la Hiérarchie préfèrent la confiance en leur pape.[73]
La Cour suprême des États-Unis est mentionnée comme ayant positivement reconnu le droit constitutionnel des témoins de Jéhovah de prêcher l'évangile du Royaume, tant par la parole que par la distribution d'imprimés ou l'usage du phonographe.[74] Face à cette décision, les grands chefs religieux tenteraient de la contourner en accusant les témoins de Jéhovah et leurs compagnons de troubler la paix publique et de comportement désordonné, « la seule "preuve" avancée étant que les témoins de Jéhovah » et leurs compagnons parlent aux gens du Royaume de Dieu.[75]
Cette situation est présentée comme confirmant que c'est le message du Gouvernement théocratique qui trouble les religionnaires et les souverains totalitaires. Une audience devant la Cour suprême des États-Unis, tenue le 25 avril 1940, est citée comme exemple : l'avocat qui tentait d'imposer le salut au drapeau aurait déclaré, hors de tout rapport avec la cause, que les témoins de Jéhovah n'accordaient pas aux autres religions la même tolérance qu'ils réclamaient pour eux-mêmes — affirmation décrite comme inspirée par des chefs religieux.[76]
La situation contemporaine est mise en parallèle avec les précédents bibliques de la nation juive. Lorsque Jésus entra à Jérusalem selon Matthieu 21:9 et Psaume 118:26, les chefs religieux furent troublés et s'écrièrent selon Jean 12:19 : les mêmes conditions sont déclarées exister aujourd'hui, les «autres brebis» ou «grande foule» de Apocalypse 7:9-17 grossissant leurs rangs et joignant leurs voix à celles du reste dans la proclamation du Royaume.[77]
L'analogie avec l'époque de Jérémie est également développée : de même que les faux prophètes criaient «Paix, paix !» selon Jérémie 6:13-15 alors qu'il n'y avait point de paix, et niaient l'imminence du désastre selon Jérémie 14:13-15, de même les chefs religieux modernes nieraient le message théocratique.[78] L'avertissement de 1 Corinthiens 10:11 — que ces choses furent écrites «pour notre instruction, nous sur qui la fin des siècles est venue» — est cité pour conclure que ces précédents s'appliquent directement au temps présent.[79]
Conditions actuelles
La situation présente est rattachée à l'année 1918, présentée comme le moment où le Christ-Roi, intronisé par Jéhovah trois ans et demi auparavant, parut au temple et commença son jugement des consacrés et des nations.[80] Les serviteurs approuvés furent alors formés en « serviteur fidèle et avisé » selon Matthieu 24:45-47 et envoyés offrir à Jéhovah une offrande en justice selon Malachie 3:1-4. Le Seigneur rassembla ensuite les « autres brebis » selon Jean 10:16, qui rejoignirent le reste pour rendre témoignage au Gouvernement théocratique et inviter le peuple de bonne volonté à fuir vers Jéhovah et son Roi.[81]
L'ampleur de la proclamation du message théocratique est décrite de manière chiffrée : « Plus de 300 millions de livres contenant » le message théocratique auraient été imprimés en plus de 78 langues et distribués parmi les peuples, auxquels s'ajoutent des millions de magazines, l'usage de la radio et de milliers de phonographes.[82] La multitude de ceux qui ont entendu ce message avec joie est comparée au peuple du commun qui entendait avec bonheur les paroles de grâce de Jésus. Les fidèles, désormais sous grande opposition et persécution, sont présentés comme exprimant leur confiance par les mots du psalmiste : « Mon cœur se réjouira de ton salut » (Psaume 13:5).[83]
La division entre « brebis » et « boucs » est considérée comme désormais clairement établie. Jéhovah est décrit comme ayant manœuvré l'ennemi de manière à ce que les boucs se désignent eux-mêmes, conformément au jugement annoncé. Les chefs religieux, en tête de la classe des boucs, sont présentés comme les adversaires de première ligne de la Théocratie, la religion étant définie comme l'instrument de Satan pour détourner les hommes de Jéhovah. Jésus est cité à l'appui selon Matthieu 23:15 : « Malheur à vous, scribes et Pharisiens », hypocrites, qui parcourez mer et terre pour faire un prosélyte et le rendez doublement fils de la géhenne.[84]
Depuis 1926, le message d'avertissement tiré de la Parole de Jéhovah annonçant la destruction des opposants à la Théocratie aurait été proclamé dans toute la chrétienté. Les religionnaires, loin d'y prêter attention, auraient durci leur cœur.[85] La Hiérarchie catholique romaine est désignée comme se trouvant en première ligne, suivie aveuglément par les protestants ; en revanche, les catholiques et protestants sincères, qui aiment la justice, auraient fui ces organisations religieuses pour s'identifier du côté du Christ.[86]
Une liste de pays et régions où la proclamation du message théocratique a été supprimée est dressée, couvrant l'Espagne, le Portugal, la France, la Belgique, la Roumanie, la Grèce, la Pologne, la Tchécoslovaquie, les États baltes, la Finlande, la Norvège, le Danemark, la Suède, ainsi que de nombreuses îles, le Japon, le Québec et d'autres lieux.[87] Cela est interprété non comme un signe de la faiblesse de Dieu, mais comme sa permission accordée à l'ennemi d'accomplir exactement ce qu'il avait prédit des siècles auparavant. La Hiérarchie catholique romaine, par son « Action catholique » et ses publications, ainsi que des magistrats, juges de cours d'instance et cours d'appel sont présentés comme s'employant quotidiennement, aux États-Unis mêmes, à faire taire la proclamation théocratique en ignorant les décisions de la Cour suprême.[88]
Qui sera en sécurité ?
L'alliance religieuse-totalitaire est décrite comme cherchant à se persuader d'être à l'abri de toute destruction. La prophétie d'Ésaïe est citée en réponse : « Nous avons fait alliance avec la mort » et nous sommes en accord avec le shéol, mais Jéhovah annonce que cette alliance sera annulée et que le fléau débordant les piétinera (Ésaïe 28:15,18).[89]
Seuls ceux qui sont entièrement dévoués à Jéhovah et à son gouvernement sous Christ Jésus sont présentés comme pouvant être en sécurité. Le reste fidèle est décrit comme ayant été « enlevé ensemble… avec le Seigneur » dans le temple selon 1 Thessaloniciens 4:17, demeurant dans la sécurité du « lieu secret du Très-Haut ».[90] Des promesses scripturaires sont citées pour les fidèles, notamment en Ézéchiel 34:25,28 : « Je ferai avec eux une alliance de paix, et je ferai cesser les bêtes mauvaises du pays ; ils habiteront en sécurité dans le désert et dormiront dans les forêts », avec d'autres textes à l'appui selon Zacharie 14:11, Jérémie 23:6, Jérémie 32:37 et Jérémie 33:16.[91]
Les « autres brebis » ayant fui vers la Théocratie se voient promettre protection et mise à l'abri jusqu'à ce que la colère de Dieu soit passée. L'ensemble des preuves est présenté comme établissant qu'Harmaguédon est très proche ; les fidèles sont invités à demeurer calmes, fermes et loyaux, dans l'attente du « signe » qui sera manifeste dans un proche avenir, au moment où les religionnaires et leurs alliés politiques proclameront « Paix et sécurité ».[92] L'article se termine par la mention « À suivre ».[93]
Comment le Messie vient-il
Un second article explore la question de la venue du Messie. Le terme « Messie » est rappelé comme signifiant « Oint » et comme équivalent grec de « Christ » depuis la traduction des Septante, quelque trois siècles avant la venue du Christ.[94] La prophétie de Daniel est citée : « Depuis la sortie de la parole pour restaurer et rebâtir Jérusalem jusqu'au Messie le Prince, il y aura sept semaines et soixante-deux semaines » (Daniel 9:25-26).[95] L'identification de Jésus comme Messie est attestée par plusieurs témoignages scripturaires : un Juif joyeux déclarant à son frère Simon avoir trouvé le Messias selon Jean 1:41, puis une femme samaritaine méprisée attestant qu'elle sait que le Messias doit venir selon Jean 4:25-26, avant que ce même Messie soit violemment retranché en mort sans qu'il eût commis de crime, conformément à la déclaration du grand prêtre juif selon Jean 11:49-50.[96]
Le discours de Pierre à la Pentecôte, lors duquel fut accomplie en miniature la prophétie de Joël 2:28-29, est convoqué comme témoignage compétent : Pierre y identifie Jésus comme à la fois Seigneur et Christ (Messie) selon Actes 2:29-36, établissant que Dieu l'a ressuscité pour qu'il siège sur le trône de David.[97] Le livre de l'Apocalypse, présenté comme la révélation donnée par Jésus à Jean après sa glorification céleste, est cité en conclusion : « Celui qui atteste ces choses dit : Oui, je viens bientôt » (Apocalypse 22:20).[98]
La question centrale de l'article est alors posée : comment le Messie vient-il ? L'opinion répandue selon laquelle le Seigneur reviendrait dans son corps de chair crucifié, visible aux yeux humains, est réfutée par les propres paroles de Jésus en Jean 14:19 : « Encore un peu de temps et le monde ne me verra plus ; mais vous, vous me verrez ».[99] Pierre confirme en 1 Pierre 3:18 que Jésus fut « mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l'esprit »: Jésus est présenté comme ayant été ressuscité non comme un être humain mais comme un esprit, avec un organisme spirituel, une personne divine immortelle, dont la gloire est telle que nul homme ne peut le voir et demeurer en vie selon Hébreux 1:2-3 et 1 Timothée 6:15-16.[100]
L'amertume contre la religion
Un nouvel article s'ouvre sur la figure de l'apôtre Jean exilé à Patmos par les autorités de l'Empire romain, qui l'y reléguèrent parce qu'il était « un témoin actif de Jéhovah » (Apocalypse 1:9).[101] Jean est présenté comme préfigurant le « reste » des témoins oints de Jéhovah sur terre aujourd'hui ; la vision apocalyptique qui lui fut donnée des « choses qui doivent arriver bientôt » est déclarée en cours d'accomplissement, le « Jean des temps modernes » — c'est-à-dire la classe servante — en observant la réalisation et en témoignant en conséquence.[102]
Le Christ Jésus est identifié au « puissant ange » de Apocalypse 10:1-6, descendant du ciel, enveloppé d'un nuage, couronné d'un arc-en-ciel, le visage comme le soleil et les pieds comme des colonnes de feu, tenant en main un « petit livre » ouvert. Jehovah est présenté comme ayant envoyé son adjoint au temple spirituel, conformément à la prophétie de Malachie 3:1.[103] Jean — symbolisant la classe servante — est invité à prendre et manger ce livre, image tirée d'Ézéchiel 2:8-10 et Ézéchiel 3:1-2 : « Mange ce que tu trouves : mange ce rouleau, et va parler à la maison d'Israël ».[104]
L'interprétation développée est que la venue du Christ à son temple en 1918 marqua le moment où la classe servante reçut la mission officielle de service contenue dans le « petit livre » ; en 1919, elle s'organisa pour l'accomplir.[105] Manger ce livre ou rouleau symbolise l'acquisition de la connaissance des desseins de Jéhovah quant au Gouvernement Théocratique et à ses ennemis, ainsi que l'exercice des privilèges de service qui en découlent.[106]
Jean décrit l'effet de cet acte en Apocalypse 10:10-11 : le livre est doux comme du miel en bouche, mais amer au ventre. Cette double expérience est appliquée à la classe servante : la parole de vérité est douce à ceux qui ont faim après les épreuves de la Première Guerre mondiale, mais « elle devient amère au ventre : elle remplit la classe servante de Dieu d'une indignation amère contre l'organisation de Satan », dont la partie visible sur terre est composée de la religion, du commercialisme et de la politique.[107] La sagesse céleste reçue par ce biais est comparée au miel de Proverbes 24:13-14, dont la consommation apporte connaissance et sagesse avec un effet purificateur ou purgatif pour la classe servante.
Expériences de terrain
La dernière section du numéro rassemble plusieurs témoignages de prédicateurs en activité. Le premier, en provenance de la zone 2 de Washington, relate une confrontation avec les autorités policières lors d'une assemblée de zone : quarante proclamateurs distribuent des magazines dans les rues de Yakima, et un sergent de police — présenté comme un responsable des Chevaliers de Colomb — tente de les contraindre à cesser leur travail sous peine d'arrestation ; les prédicateurs refusent, rappellent leur droit légal d'agir, et aucune arrestation n'est finalement effectuée.[108]
Un autre correspondant de l'État de Washington signale la mise en place de quatorze groupes d'Étude Modèle sur deux des îles du comté de San Juan, et annonce que quatorze pionniers seront issus d'une congrégation de cinquante proclamateurs en deux ans — dont douze sont des Jonadabs. Il relate également la résistance d'un maire qui tente de faire taire un véhicule sonorisé en invoquant une plainte de son épouse, avant de repartir sans suite devant la réponse calme du prédicateur.[109]
Un témoignage intitulé « Slogans de la Tour de Garde contre annonces religieuses » décrit une scène de rue où deux proclamateurs pour la Théocratie, placés à un coin de rue, rivalisent verbalement avec un colporteur de l'Armée du Salut distribuant le War Cry ; la comparaison tourne à l'avantage des proclamateurs lorsque le soldat de l'Armée du Salut finit lui-même par acheter un exemplaire du Watchtower, et lorsque deux religieuses, en entendant le véhicule sonorisé, se retournent si brusquement qu'elles manquent de se heurter la tête.[110]
Un proclamateur du Minnesota décrit une méthode de distribution dans les commerces, consistant à s'arrêter dans les boutiques sans clientèle pour placer un exemplaire du Watchtower ou de Consolation auprès du responsable, et invite d'autres proclamateurs à exploiter cette opportunité supplémentaire dans leurs blocs d'activité hebdomadaire.[111]
Un pionnier de Londres relate avoir été approché spontanément par un passant qui, ayant aperçu son sac à magazines, lui demanda directement un exemplaire du Watchtower, souscrivit sur-le-champ un abonnement et repartit ; il s'avère que cet homme avait précédemment récupéré un numéro trouvé sur le trottoir lors d'une distribution en témoignage public.[112]
Un autre témoignage, intitulé « Une réponse douce détourne la colère lors d'une visite de retour », rapporte la rencontre houleuse avec un homme qui accuse les Témoins de Jéhovah d'être des communistes, des traîtres et des nazis, et menace de tuer le prédicateur s'il refuse de saluer le drapeau américain. Après près d'une heure d'explication sur les raisons — religieuses — pour lesquelles les Témoins refusent ce salut, citant l'exemple de Daniel et des Hébreux fidèles qui refusèrent de se prosterner devant l'idole (Daniel 3), l'homme change d'attitude et souscrit un abonnement au Watchtower.[113]
Enfin, un dernier témoignage évoque l'organisation d'une Étude Modèle à partir d'un nom fourni par la Société, qui conduit à la formation d'une nouvelle congrégation de douze proclamateurs, dont plusieurs membres d'une même famille qui s'apprêtent à être baptisés lors d'une assemblée de zone.[114]
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Illustrations du numéro
Références
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