Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939)
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| Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939) | |
|---|---|
| Auteur | Joseph Franklin Rutherford |
| Titre original | Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939) |
| Genre | Livre |
| Sujet | Témoins de Jéhovah |
| Langue | Anglais |
| Pays | Fichier:Flag of the United States.svg États-Unis |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
| Parution | 1939 |
| Format | Livre |
Contenu
modifier modifier le wikicodeChapitre 1 — Les débuts
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La publication retrace les origines du mouvement des Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne en commençant par l'arrivée, à Southampton à l'automne 1881, de deux évangélistes américains, J. C. Sunderlin et J. J. Bender, mandatés par le pasteur Charles Taze Russell pour implanter son message outre-Atlantique.[1] Leur mission consistait à faire distribuer environ trois cent mille exemplaires de la brochure Food for Thinking Christians à la sortie des offices du dimanche soir dans les principales villes britanniques. Sunderlin étant tombé malade peu après son arrivée et ayant dû rentrer aux États-Unis, c'est Bender qui mena seul la distribution, commençant par cent mille exemplaires à Londres, puis visitant Glasgow, Édimbourg, Dundee, Aberdeen, Newcastle, Darlington, Huddersfield, Hull, Nottingham, Leeds, Carlisle et Manchester, avant de retourner aux États-Unis.[2]
La publication décrit les premiers fruits de cette distribution : des demandes d'informations émanèrent de toutes les villes visitées, et certains curieux devinrent lecteurs du périodique Zion's Watch Tower. Les centres les plus actifs s'avérèrent être Londres, Glasgow, Nottingham et Manchester. Le message central reposait sur l'idée que le Second Avènement, loin d'être une descente visible du Christ dans les nuées pour exercer un jugement, était en réalité déjà en cours sous la forme d'une liquidation de l'ordre social existant en vue de l'établissement d'un gouvernement divin sur terre.[3]
Le document rapporte qu'en juin 1882, soit moins de six mois après la distribution de la brochure, une douzaine de personnes à Glasgow commencèrent à se réunir régulièrement pour l'étude de la Bible — ce que l'ouvrage présente comme la toute première réunion des étudiants de la Bible en Grande-Bretagne. La publication note avec ironie que « l'organisateur et meneur de cette première réunion était apparemment un homme de condition modeste — son nom est perdu dans l'histoire — et les réunions, selon la description de l'un de ceux qui les rejoignirent quelques années plus tard, se tenaient dans "une toute petite salle sombre dans un quartier pauvre" », ce début humble rappelant la propre description que Russell faisait de son entrée dans la foi chrétienne.[4] Parmi les pionniers de ces premières années dont les noms ont survécu figurent une certaine Mrs Hodge et deux hommes, William Crawford et Robert Cormack, appelés à jouer un rôle important dans l'histoire ultérieure du mouvement.[5]
L'auteur signale qu'au même moment, en 1883, un groupe d'étude commença dans le Nord de Londres, chez Elizabeth Horne, une femme décrite comme remarquable, qui organisa ensuite des réunions en plein air à Hyde Park et qui, en 1891, prépara la première visite officielle de Russell en Grande-Bretagne.[6] La publication relève que vers 1890, d'autres groupes londoniens virent le jour successivement à Ealing (1890), Stoke Newington (1891), Crouch End (1892), Lewisham (1894), Surbiton et Forest Gate (1896), puis Kensington (1899).[7]

La visite de Russell en 1891, quoique brève, donna lieu à plusieurs réunions à Londres où cent cinquante personnes se rassemblèrent, puis à un bref passage à Glasgow et Liverpool, où il rencontra Charles Elam, futur fondateur de l'église des étudiants de la Bible de cette ville avec une quarantaine de membres initiaux.[8] La même année, Nottingham, Liverpool et Dublin s'ajoutèrent aux centres existants, suivis en 1892 de Bristol, Édimbourg et Sheffield, puis Belfast en 1895, et d'autres villes par la suite.[9]
La publication consacre plusieurs paragraphes à la figure de S. D. Rogers, envoyé en 1893 pour organiser le travail de colportage, dont le projet d'être entretenu financièrement par les frères et de voyager en prédicateur itinérant aux frais des congrégations locales fut jugé incompatible avec les principes de Russell. Elizabeth Horne transmit les réserves de l'église londonienne et Rogers finit par retourner aux États-Unis.[10]
L'auteur raconte ensuite comment, en 1893, Frederick George Guard, évangéliste en plein air à Stratford (Est de Londres), prit connaissance du livre Divine Plan of the Ages, en fut convaincu, et fonda en 1896, avec son ami William Thirkettle de Forest Gate, une congrégation dans sa propre maison. Dix-huit membres initiaux, un programme massif de distribution de tracts et de prédication en plein air : en vingt ans cette congrégation atteignit plus de quatre cents membres, formant le noyau de la future Forest Gate Church.[11]
À Glasgow, la publication décrit de façon parallèle l'entrée en scène de Sarah Ferrie, sœur de la Mrs Hodge du groupe original, convertie après avoir lu les trois premiers volumes des Scripture Studies en 1897. Elle ouvrit une réunion hebdomadaire dans ses locaux commerciaux en 1898 et fit preuve de méthodes peu conventionnelles, comme l'anecdote du mécanicien de train à qui elle remit des tracts sur un quai de gare et qui finit par rejoindre le mouvement.[12] En 1899, le Dr John Edgar, chirurgien senior à Glasgow, rejoignit le groupe et, avec d'autres membres de sa famille et des associés comme Alex Tait, Crawford et Cormack, forma une équipe dynamique qui consolida l'église de Glasgow.[13]
La même année 1899 est présentée comme charnière avec la première visite de Jesse Hemery, boulanger-confiseur d'Eccles (près de Manchester), à Londres. L'ouvrage souligne son rôle décisif dans la conversion de Sarah Ferrie et donc, indirectement, dans l'entrée de la famille Edgar dans le mouvement, et note que Russell avait une haute opinion de ses capacités.[14] En mai 1900, Russell envoya E. C. Henninges et son épouse à Londres pour créer un bureau et un dépôt à Gipsy Lane, Forest Gate. Cette infrastructure permit de distribuer, entre juin et novembre, trois mille exemplaires du Divine Plan et un quart de million de brochures, touchant trente-neuf villes britanniques encore inconnues du mouvement.[15] En novembre 1901, Henninges fut rappelé pour une nouvelle mission en Allemagne et Jesse Hemery prit sa place, devenant ainsi directeur du bureau britannique de la Société — poste qu'il conserva la majeure partie de sa vie.[16]

L'auteur conclut ce premier chapitre en soulignant qu'en 1902 le mouvement s'apprêtait à vivre une croissance prodigieuse : il existait alors environ soixante réunions régulières en Grande-Bretagne, représentant quelque deux mille cinq cents membres actifs, et la visite de Russell en 1903 allait lancer la période dite de la « Moisson de l'Âge ».[17]
Chapitre 2 — La Moisson de l'Âge
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La publication affirme que le trait distinctif du mouvement des étudiants de la Bible était sa conviction que le début du XXe siècle devait voir advenir une « Moisson de l'Âge », moment culminant de deux mille ans de travail évangélique chrétien, signalant que le Second Avènement — si ardemment attendu par les prédicateurs et laïcs de toutes confessions au XIXe siècle — était désormais réalité.[18] La différence essentielle avec la vision orthodoxe traditionnelle résidait en ce que, selon les étudiants de la Bible, l'Avènement recouvrait une période et que le Christ revenu était présent mais invisible, gouvernant les affaires des hommes de façon à ce que les puissances de ce monde cèdent progressivement à son autorité.[19]
L'auteur rattache à ces convictions la visite de Russell à Southampton en 1903, qui inaugura une série de visites régulières le rendant aussi connu en Grande-Bretagne que dans son Amérique natale. La première convention londonienne des étudiants de la Bible rassembla lors de cinq sessions entre quatre cents et huit cents participants ; à Glasgow, où l'église était encore modeste, mille personnes vinrent l'entendre.[20] La publication décrit ensuite le système des « visites de pèlerin » (pilgrim visits), inauguré en 1905 avec M. L. McPhail, consistant à envoyer un frère expérimenté parcourir une route planifiée pour renforcer les églises locales, tenir des réunions, organiser des conférences publiques et établir des liens entre communautés voisines. « Les membres se considéraient comme des frères en Christ et ce mot "frères" devint en fait un qualificatif courant et très usité » [21] D'autres pèlerins suivirent : Benjamin Barton en 1906, A. E. Williamson en 1907 et 1908, Frank Draper en 1911, à l'époque où le nombre d'églises individuelles avait atteint au moins cent vingt.[22]
La publication insiste sur l'activité de distribution de littérature : durant les sept années 1903–1909, un effectif de quelque trois mille cinq cents membres actifs répartit à la main plus de vingt millions de grands dépliants de quatre pages et vingt-sept mille volumes des Scripture Studies, tandis que des sorties de distribution de tracts le samedi après-midi devenaient un usage régulier.[23] L'auteur évoque ensuite les colporteurs — distributeurs itinérants de littérature religieuse — dont le nombre passa d'un seul en 1894 à quatre en 1900, quatre-vingt-treize en 1913, couvrant alors tout le pays. Entre 1910 et 1915, les membres réussirent à distribuer cinquante-quatre millions de brochures et trois quarts de million de volumes des Scripture Studies.[24]
L'ouvrage brosse des portraits hauts en couleur de plusieurs de ces colporteurs : Archibald Rock, ancien militaire, et son frère Robert, ex-boxeur professionnel reconverti ; Mabel Coombes, petite dame semi-handicapée du Devon et de Cornouailles qui travailla jusqu'à son décès en 1951 ; Lily Blake, dont un recteur avait averti ses paroissiens dans son bulletin paroissial de se méfier de « une petite dame à la langue d'argent qui va de maison en maison dans le village pour intéresser les gens à l'Aurore du Millénium »; Albert Lloyd, dont l'exubérance naturelle lui permettait de déjouer les réticences des habitants du Nord de l'Angleterre ; Victoria Wright, au maintien aristocratique ; ou encore Thomas Stracy, qui initia plusieurs groupes sur la côte sud.[25]
La publication consacre une place centrale à l'année 1910, qualifiée de légendaire, et aux réunions au Royal Albert Hall de Londres. Le 8 mai 1910, sept mille cinq cents personnes se pressèrent dans l'auditorium pour entendre Russell, le lendemain même de la mort du roi Édouard VII. Le président de la réunion, le colonel Sawyer, introduisit Russell comme « le pasteur Russell, du Tabernacle de Brooklyn, New York, prédicateur de l'Évangile bien connu, et auteur des "Études dans les Écritures" ».[26] Après une minute de silence à la mémoire du roi et l'hymne favori du défunt monarque joué à l'orgue, Russell prononça son discours. À la fin, l'organiste joua la « Marche funèbre de Saül » en hommage au roi, et l'auteur note que l'assistance demeura immobile dans « un silence si profond qu'il fallut prononcer la bénédiction une seconde fois pour les disperser ».[27]

Deux autres réunions à l'Albert Hall suivirent les deux dimanches suivants, avec respectivement six mille et cinq mille auditeurs. Cinq mois plus tard, lors d'une seconde série de trois dimanches consécutifs, Russell fit face à des audiences de quatre mille, six mille et sept mille six cents personnes.[28] Au total, près de sept cents journaux britanniques rendirent compte de ces réunions, et la période qui s'étend de 1910 à 1916 vit des rassemblements de un à six mille personnes dans tout le pays, certaines villes comme Glasgow enregistrant en 1913 six mille auditeurs et plus de huit cents demandes d'information à l'issue d'une seule réunion.[29]

La publication évoque également le « travail de presse » (newspaper work), né des réunions de 1910 : un syndicat constitué à Londres distribuait les sermons de Russell à quelque trois cents journaux nationaux et provinciaux, atteignant selon l'auteur une diffusion maximale de douze millions d'exemplaires annuels.[30]
L'auteur décrit aussi le « travail d'extension des classes » (Class Extension Work), mis en place à partir de 1915 environ : des séries de quatre ou cinq réunions publiques hebdomadaires suivies d'un appel à offrir un domicile pour un groupe d'étude régulier. Dans la région de Newcastle-Hartlepool, quatre congrégations organisèrent quatorze séries de réunions en 1912, ce qui déboucha sur douze nouvelles assemblées réunissant plus de deux cents membres.[31] Le texte relate avec humour le récit d'un ancien de Londres envoyé un dimanche de janvier dans un village du Hampshire pour présider une réunion organisée par une toute nouvelle petite communauté locale, qui ne maîtrisait pas le moindre aspect pratique de l'organisation d'une réunion publique — depuis l'absence de président jusqu'à l'enceinte glaciale chauffée à la hâte avec des poêles à pétrole balancés tels des encensoirs.[32]
La publication aborde aussi la question de l'année 1914, dont la venue de la guerre mondiale correspondant aux prédictions formulées trente ans plus tôt par Russell est présentée comme ayant momentanément réduit au silence même les sceptiques et maintenu relativement vif l'intérêt pour le message pendant les années sombres du conflit. L'auteur concède cependant que le programme prévu s'est avéré prendre un siècle au lieu des dix ans escomptés, tout en soutenant que la vision de Russell sur l'état politique, religieux, économique et écologique du monde s'est fondamentalement réalisée.[33]
Chapitre 3 — Le Tabernacle de Londres
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La publication retrace la genèse du Tabernacle de Londres, née de la vague d'enthousiasme consécutive aux réunions du Royal Albert Hall. Russell envisagea alors l'établissement d'une grande église centrale à Londres, symbole visible de la foi et point de ralliement national. À cette époque, les étudiants de la Bible londoniens comptaient environ trois cents membres à Forest Gate et huit cents répartis sur huit groupes de zone, faisant de Londres la plus grande concentration d'étudiants de la Bible de tout le pays.[34]
L'auteur raconte comment Russell et Jesse Hemery parcoururent Londres à la recherche d'un bâtiment convenable. Russell fut d'abord attiré par « le Ring » de Blackfriars, une arène de boxe circulaire au sud de la Tamise, que Hemery parvint à lui faire rejeter en raison de son inaccessibilité et de son inadéquation fonctionnelle.[35] La Craven Hill Congregational Chapel, dans le quartier de Bayswater adjacent à Hyde Park, fut finalement choisie et rebaptisée Tabernacle de Londres. Le bâtiment, construit entre 1750 et 1800 environ, disposait de 1 200 places assises sur plusieurs niveaux, d'une galerie entourant l'auditorium sur trois côtés, d'une salle inférieure, de caves, d'une cuisine et d'une piscine baptismale.[36]

La publication indique que les huit congrégations londoniennes — à l'exception de Forest Gate — acceptèrent de fusionner en une seule ecclesia au Tabernacle pour le culte hebdomadaire. Forest Gate refusa, les frères faisant valoir que déraciner une église de trois cents membres pour assister aux cultes de l'autre côté de Londres était peu judicieux. L'auteur relate avec amusement comment l'un des anciens, Alex Guy, convainquit Russell de tenter lui-même le trajet depuis Forest Gate jusqu'au Tabernacle — un périple si épuisant que Russell reconnut immédiatement le bien-fondé de l'argument.[37]
La réunion inaugurale eut lieu le 3 avril 1911, Russell en étant le prédicateur. Élu pasteur par vote unanime en 1910, il s'attendait à n'être présent en Grande-Bretagne que deux fois par an, laissant aux anciens locaux la direction quotidienne de l'église.[38] L'auteur cite abondamment les articles de la presse nationale qui saluèrent l'événement : le Daily News du 18 avril 1911 lui consacra une pleine page avec photographies, le Daily Graphic, le Daily Chronicle et le London Globe le présentèrent comme une figure de réputation internationale. Le New York Herald envoya même à son siège une dépêche intitulée « Le pasteur de Brooklyn en chaire au Tabernacle de Londres. Le révérend Charles Taze Russell commence son pastorat dans une ville britannique ».[39]
En 1916, la congrégation approchait les quinze cents membres, faisant du Tabernacle de Londres la plus grande église des étudiants de la Bible dans le monde, avec dix-neuf anciens et plus de cinquante diacres. Ses 1 200 places dépassaient de cinquante pour cent la capacité du Tabernacle de Brooklyn de Russell lui-même.[40]

La publication mentionne plusieurs initiatives remarquables du Tabernacle, dont un séminaire de visite au Musée britannique organisé par Wordsworth Jones, diacre et lauréat de prix en études orientales à l'Université de Durham, qui conduisit environ trois cents membres en visites guidées reliant les collections archéologiques à l'histoire biblique.[41] L'auteur évoque aussi la création de l'International Bible Students Association (IBSA), formellement constituée à Londres le 30 juin 1914 en vertu du Companies Act de 1908, dont les officiers étaient Russell (président), Hemery (vice-président), H. J. Shearn (secrétaire) et W. Crawford (trésorier), et dont l'objet était de placer le travail britannique sous contrôle local tout en maintenant la tutelle bienveillante de Russell et de la Société.[42]

La publication relate également avec verve l'épisode de la soirée spéciale organisée à l'intention de l'aristocratie londonienne, à l'initiative de Jesse Hemery, qui fit distribuer des invitations ornées à lords, ladies, ducs, duchesses, généraux, amiraux et prélats, après avoir demandé à la congrégation habituelle de laisser les places libres pour les hôtes de marque. L'auteur note que l'expérience rapporta peu de conversions — une seule noble dame se joignit durablement aux étudiants de la Bible —, et conclut en rappelant l'expérience analogue de l'apôtre Paul à Athènes. L'expérience ne fut jamais renouvelée.[43]

Le Photo-Drama de la Création
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La publication consacre un chapitre entier au Photo-Drama of Creation, qu'elle présente comme « le moyen de propagande le plus ambitieux et le plus efficace jamais conçu par les étudiants de la Bible ». Ce spectacle consistait en un assemblage de films animés et de diapositives de lanterne optique accompagnés d'un commentaire parlé enregistré sur des disques de gramophone, illustrant l'histoire du monde depuis les origines géologiques jusqu'à la fin du Millénium et la consommation du Plan Divin pour l'humanité.[44] Des séquences de diapositives « parlantes » alternaient avec de courts films muets en couleur représentant des épisodes bibliques allant du temps d'Abraham aux scènes de la vie du Christ et des Apôtres.[45] La présentation complète durait huit heures réparties en quatre séances de deux heures chacune, généralement à intervalles hebdomadaires dans un même lieu.[46]

Deux facteurs rendaient le Photo-Drama particulièrement attractif pour le public, selon la publication. Le premier tenait au fait que les films étaient en couleur à une époque où même les films en noir et blanc étaient relativement récents, la cinématographie en couleur n'ayant pas encore été inventée.[47] Le document rappelle que l'art de créer l'illusion du mouvement par succession d'images sur une pellicule n'avait été inventé par Edison qu'en 1892, et que les premières salles de cinématographe publiques n'avaient ouvert qu'au début du siècle.[48] Ces films du Photo-Drama étaient, selon la publication, les premiers films en couleur jamais projetés, obtenus par coloriage à la main image par image, une tâche colossale impliquant le traitement de près d'un quart de million d'images individuelles mesurant chacune à peine un pouce et quart sur un pouce.[49]
Les diapositives et la mécanique du spectacle
modifier modifier le wikicodeLe second facteur d'intérêt résidait dans l'emploi de diapositives colorées « parlantes », des plaques de verre optiques de trois pouces carrés spécialement fabriquées pour l'occasion. Certaines reproduisaient des données scientifiques existantes, notamment une série représentant l'évolution de la Terre depuis son état primitif informe à travers les ères géologiques jusqu'à l'apparition de l'homme.[50] D'autres illustraient les premiers chapitres de la Genèse tels que le Jardin d'Éden, le Déluge, la Tour de Babel, et ainsi de suite, tandis que les parties finales représentaient les événements attendus de la fin de l'Âge et les gloires du Millénium.[51] En tout, la publication dénombre un peu moins de quinze cents diapositives.[52]
La mécanique de l'opération était, selon le document, assez complexe. Il fallait une lanterne optique avec son opérateur pour les diapositives, un projecteur cinématographique avec son propre opérateur, et en bas, au pied de l'écran, deux gramophones fonctionnant en alternance pour assurer une parole continue malgré le temps nécessaire au changement des disques, qui ne pouvaient alors tourner que quelques minutes chacun.[53] La publication signale qu'au début de chaque séance un court film montrait le Pasteur Russell lui-même entrant dans un studio ridé, introduisant le Photo-Drama avec quelques mots de gramophone, et prenant congé d'un geste gracieux. Un incident technique récurrent et amusant est rapporté : une brève défaillance du gramophone pouvait faire en sorte que le Pasteur quittât le studio tandis que sa voix continuait encore quelques instants, ce qui « tendait à gâcher l'effet recherché ».[54]
Organisation et succès en Grande-Bretagne
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La publication présente le Photo-Drama comme « le premier film parlant jamais vu des deux côtés de l'Atlantique », ce qui, malgré quelques défauts techniques, impressionnait vivement les auditoires.[55] Au Royaume-Uni, il y avait suffisamment d'équipements pour permettre cinq présentations simultanées dans différentes villes, vingt frères britanniques ayant abandonné leurs occupations normales pour voyager de ville en ville avec le matériel afin de l'installer, l'utiliser et le démonter, après avoir été formés par des frères américains venus exprès.[56] La publication mentionne également que des frères de Norvège, Suède, Finlande, Danemark, Allemagne, Suisse et France séjournèrent en Angleterre pour être formés à leur tour par leurs homologues anglais en vue de la présentation ultérieure du Photo-Drama dans ces pays.[57]
La campagne de publicité fut, selon la publication, considérable. Des tracts descriptifs furent distribués de porte en porte indiquant les dates et horaires des prochaines présentations locales. « Près de trente millions de ces tracts furent distribués, et comme la population du Royaume-Uni n'était que légèrement supérieure à quarante millions à l'époque, il s'ensuit que pratiquement chaque adulte du pays dut en voir un. » [58] Des annonces dans les journaux, des affiches sur les panneaux publicitaires, des cartes dans les vitrines des magasins, tous les moyens concevables furent mis en œuvre.[59]
La première exhibition publique du Photo-Drama au Royaume-Uni eut lieu à Londres le dimanche 14 juin 1914, au Princes Theatre de Shaftesbury Avenue, où le Pasteur Russell se présenta lui-même sur scène pour l'introduire.[60] Le dimanche suivant, 21 juin, il commença à être montré à Glasgow au St Andrews Hall. Une série de cinq semaines suivit au London Opera House, avec des séances de l'après-midi et du soir qui firent salle comble, des centaines de personnes étant refusées faute de place.[61] D'ici la fin de cette première année, cent villes et villages de Grande-Bretagne et d'Irlande avaient été visités par les cinq équipes du Photo-Drama travaillant intensément.[62]
Extension et bilan de l'entreprise
modifier modifier le wikicodeL'intérêt public croissant au lieu de décroître conduisit à réévaluer la situation ; Henry Shearn du siège londonien fut nommé « surintendant du Photo-Drama » pour répondre à cet intérêt en constante expansion.[63] Une nouvelle exposition londonienne suivit, comprenant sept jours au Royal Albert Hall et sept jours au London Opera House, tous deux à guichets fermés : quarante-deux mille Londoniens y assistèrent.[64] Ensuite, le Photo-Drama fit une nouvelle tournée en province et fut montré dans deux cents autres villes supplémentaires avec une fréquentation totale de six cent mille personnes.[65]
La publication note que les films avaient été réalisés professionnellement par l'une des grandes compagnies cinématographiques de l'époque, sur des scénarios fournis par le frère Russell, de manière à ce que les représentations bibliques soient aussi fidèles que les étudiants de la Bible pouvaient les rendre.[66] Un incident pittoresque est mentionné : un léger manque de précision dans le choix du couvre-chef du patriarche Abraham valut à ce dernier d'être immédiatement surnommé et connu pendant des années comme portant « le bonnet de théière d'Abraham ».[67]
Le spectacle prit fin au Royaume-Uni, le pays étant en guerre depuis plus d'un an, les conditions devenant difficiles, les raids de Zeppelins sur Londres décourageant les sorties nocturnes, et les rassemblements dans de grandes salles commençant à être officiellement découragés.[68] Le bilan final de l'entreprise, qui se déroula de juin 1914 à la fin 1915, est que près de deux millions de personnes assistèrent aux exhibitions, et qu'environ une sur trente donna suite à son intérêt par des demandes de renseignements qui tinrent les classes locales occupées pendant longtemps.[69]
La tentative de relance ultérieure
modifier modifier le wikicodeTrente ans après, selon la publication, une tentative fut faite de le relire dans ce pays, à partir de copies tirées de quelques anciens films et diapositives qui avaient survécu. Mais « l'ancienne magie avait disparu ; les images qui étaient considérées comme si merveilleuses en 1914 avaient été éclipsées par la marche de l'invention moderne. » [70] La photographie en couleur et les films sonores avaient été développés ; il n'était plus possible d'atteindre les nouvelles générations comme on l'avait fait avec leurs ancêtres.[71] La publication conclut cependant que « le Photo-Drama de la Création ne fut jamais oublié. » [72]
La fin d'une ère
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Ce chapitre s'ouvre sur l'annonce solennelle de la mort de Russell : « Le 31 octobre 1916, le Pasteur Russell mourut. Subitement. » [73] La nouvelle, selon la publication, envoya une onde de choc à travers la communauté mondiale des étudiants de la Bible ; personne n'avait jamais envisagé la possibilité du mouvement sans son chef.[74] Il n'avait que soixante-quatre ans. La publication rappelle qu'en 1913, lors d'une visite en Angleterre, Russell avait déjà subi une grave crise cardiaque — son cœur s'était arrêté de battre pendant cinq secondes sous les soins de deux spécialistes londoniens — et qu'ils n'avaient pas prévu sa survie, constatant « un corps physique presque usé mais un esprit aussi frais et vigoureux que jamais. » [75]
Les pressentiments de Russell et « L'Heure de la Tentation »
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La publication suggère que Russell eut peut-être un pressentiment de sa fin approchante, lui qui connaissait bien l'histoire des organisations chrétiennes du passé et savait trop bien ce qui arrivait souvent quand le réformateur qui avait fondé et bâti un mouvement disparaissait : « Trop souvent, d'autres hommes, des hommes moindres, parfois, hélas, des hommes ambitieux, bataillaient pour prendre le contrôle et plier l'organisation à leurs fins ou la façonner en conformité avec leurs propres idées. » [76]
Russell aurait commencé à sentir qu'il perdait le contrôle de ce qu'il avait bâti pendant quarante ans de ministère, selon des collaborateurs proches cités par la publication.[77] L'article analyse longuement un message pastoral intitulé « L'Heure de la Tentation » (*The Hour of Temptation*), publié dans la Watch Tower du 1er novembre 1916, que Russell rédigeait au moment de sa mort et qui, selon la publication, s'avéra prophétique de la crise imminente. Ce message mettait en garde contre le choix de dirigeants impropres : « Le choix de dirigeants impropres est un reflet négatif contre l'Église qui a ces dirigeants impropres. Comment pourraient-ils parvenir à des positions pour représenter le peuple du Seigneur, sinon par les votes de ce dernier ? » [78]
Russell y mettait également en garde contre l'esprit ambitieux et égoïste qui, selon lui, menait à l'anarchie aussi bien dans le monde que dans l'Église : « Nous avons déjà évoqué l'esprit ambitieux et égoïste dans le monde, menant à l'anarchie ; et nous venons de signaler comment le même esprit égoïste et ambitieux conduit à l'anarchie dans l'Église. » [79] Il exhortait les frères à être très héroïques, à ne rien faire par esprit de querelle ou vaine gloire, mais à tout faire dans l'esprit de douceur et d'amour, « pour qu'ils puissent retrouver la liberté que Christ accorde, et ne pas se retrouver à nouveau enchevêtrés dans quelque servitude humaine. » [80]
L'avènement de Rutherford et la rupture avec les principes de Russell
modifier modifier le wikicodeLa publication décrit comment le nouveau Président de la Société, Joseph Rutherford, élu dans la croyance qu'il continuerait fidèlement dans la voie du Pasteur Russell, s'engagea presque immédiatement dans une politique de gouvernement dictatorial qui était l'antithèse même de celle du Pasteur.[81] Il en résulta, toujours selon le document, une ligne de démarcation nette entre ceux qui maintinrent les principes promulgués par Russell et ceux qui acceptèrent volontiers la tutelle de Rutherford, ce qui conduisit à la transformation de la Société, passant de l'organisation de service littéraire qu'elle avait été à « une secte religieuse assez dogmatique dans laquelle tous les membres devaient obéir aux mandats de son chef », un système qui finalement n'avait plus guère en commun avec la théologie, l'esprit ou la perspective de pensée dont il était issu.[82]
La publication rappelle que le Tabernacle de Londres avait été acquis par Russell en 1911 comme centre de son œuvre britannique, et que les trois co-directeurs des affaires de la Société au 34 Craven Terrace — Jesse Hemery, Henry Shearn et William Crawford — étaient tous anciens de la congrégation, Hemery étant par consentement commun le pasteur assistant et président du conseil des anciens.[83]
La montée des tensions au Tabernacle de Londres (1913-1916)
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La publication identifie la clé des événements de cette période : entre 1913 et 1916, une tendance croissante se manifestait au sein d'un certain élément du conseil des anciens pour limiter la liberté du contrôle congrégationnel des affaires ecclésiastiques.[84] Les services de prédication étaient de plus en plus monopolisés par Jesse Hemery, au motif que le bâtiment étant la propriété de la Société et le Pasteur Russell étant le pasteur unanimement élu, son représentant désigné, Jesse Hemery, devait être au moins le principal à le représenter en chaire.[85]
La publication reconnaît que Hemery était « de loin le premier prédicateur étudiant de la Bible dans le pays », et que le Pasteur lui-même avait stipulé lors de l'établissement du Tabernacle que seuls des prédicateurs vraiment qualifiés devaient occuper la chaire, ce qui constituait un argument puissant en faveur de cette tendance.[86] Mais la publication souligne que la conscience de sa propre capacité, les applaudissements des hommes, le succès extérieur et la notoriété sont susceptibles d'ajouter l'ambition à la sincérité, et que lorsque l'ambition entre par la porte, la sincérité est susceptible de s'enfuir par la fenêtre.[87]
Les demandes de réforme et la correspondance avec Russell
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Le résultat de ce sentiment croissant fut qu'en 1915 les anciens engagèrent une discussion entre eux visant à sonder la profondeur de ce sentiment et à déterminer ce qu'il fallait faire.[88] Une correspondance avec le Pasteur s'ensuivit. La publication mentionne une lettre du 20 juin 1915 du Pasteur à l'église de Londres, dans laquelle il suggérait que « le travail de la congrégation et celui de la Société devaient être maintenus séparés et distincts », laissant à la Société le soin du Béthel et ses dépenses.[89]
En octobre de la même année, dans une lettre à l'église, Russell indiquait que « s'ils étaient prêts à assumer toutes les obligations de la Société relatives au Tabernacle, y compris les paiements d'intérêts, nous serions très heureux de remettre l'entière gestion du Tabernacle à la congrégation. » [90] Lors d'une réunion des anciens, une semaine plus tard, le sentiment fut exprimé que puisque la congrégation assumait désormais la responsabilité financière, les affaires de l'Église devaient être définitivement vues comme étant entre les mains des anciens et des diacres, comme c'était le cas partout ailleurs.[91]
La publication rapporte que lors d'une réunion de l'Église le 28 novembre 1915, une motion fut présentée du sein de l'Église suggérant que les services des anciens soient étendus à l'occupation des chaires du Tabernacle lors des services dominicaux.[92] Hemery, comme président, dut mettre la motion aux voix, mais mena d'abord une action d'arrière-garde, déclarant que des changements étaient déjà en cours. La motion échoua, mais de peu, avec environ la moitié de la congrégation appréhendant l'ingérence de l'ecclésiastisme dans leur Église.[93]
La composition du conseil des anciens et les tentatives de résolution
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La publication détaille la composition du conseil des anciens du Tabernacle de Londres en 1915, qui comprenait dix-neuf hommes, tous de longue expérience et matures dans la Vérité.[94] Sur les quinze anciens des diverses églises constitutives avant la fusion de 1911, quatre étaient favorables au statu quo avec Hemery, tandis qu'onze soutenaient le mouvement de réforme, auxquels s'ajoutaient quatre anciens ayant rejoint le conseil en 1911 ou après, venus de l'extérieur de Londres, également du côté des onze. Ainsi, les propositions de 1915 recueillaient quinze voix pour et quatre contre.[95]
La publication explique que ce résultat aurait pu être considéré comme une conclusion prévisible n'eût été la conviction universelle que l'évitement d'une perturbation était la considération primordiale, et que ce thème était certainement joué à l'excès par Jesse Hemery, probablement avec les meilleures intentions.[96] Certains membres de la congrégation reconstituèrent des ecclesias de Crouch End et Stoke Newington en décembre 1915, et en janvier 1916 commencèrent des réunions régulières, sans intention de sécession, mais exerçant leur droit constitutionnel d'organiser et contrôler leurs propres réunions en parallèle avec l'église du Tabernacle.[97]
La résolution finale et la mort de Russell
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Après une série de réunions et quatre révisions successives, une déclaration fut finalement approuvée et signée par toutes les parties, y compris Jesse Hemery, le 21 octobre 1916.[98] En fin de compte, onze anciens étaient en faveur et cinq contre. La résolution déclarait que les anciens « en faveur » considéraient que les dispositions régissant les affaires de l'Église du Tabernacle de Londres devaient être organisées selon les lignes tracées dans le Volume Six, qu'ils reconnaissaient comme la méthode scripturaire.[99]
Theodore Seeck, ancien et secrétaire de l'Église, posta la lettre le 23 octobre. Il n'y avait pas de courrier aérien à l'époque ; les lettres voyageaient par bateau à vapeur et ne pouvaient avoir atteint Brooklyn avant le 1er novembre. La publication conclut ce passage par une phrase lapidaire : « Le Pasteur Russell était mort le 31 octobre. » [100]
L'arrivée de Paul Johnson comme émissaire de Rutherford
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Vers le 13 novembre 1916, un certain Paul Johnson, autrefois bras droit du Pasteur Russell et désormais émissaire de Joseph Rutherford, embarqua depuis New York pour Liverpool. La publication précise que Rutherford, ayant les mains pleines aux États-Unis à tenter d'effectuer sa propre succession à la présidence de la Société, envoyait vraisemblablement Johnson pour « sonder » l'attitude des frères britanniques quant à sa succession.[101]
Johnson débarqua à Liverpool le 19 novembre et se rendit à Londres, où il affirma aux trois co-directeurs londoniens qu'il était venu comme « ministre plénipotentiaire » pour enquêter sur l'état des églises et redresser tout ce qui était mal.[102] Cependant, les frères découvrirent rapidement qu'ils étaient censés écouter sans parler. Ses propres mots, un mois plus tard, étaient : « aucune discussion n'est permise. Il appartient aux frères britanniques d'exécuter les suggestions du représentant de la Société qui a la pleine charge de ses affaires dans ce pays. » [103]
Les manœuvres de Johnson contre les anciens dissidents
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Il s'avéra plus tard, d'après les propres écrits de Johnson, qu'il était venu en Angleterre en possession non seulement d'une copie de la proposition signée par les anciens, mais aussi d'une copie du registre des anciens de 1916 marqué par Jesse Hemery pour montrer lesquels des anciens parrainent le mouvement vers le contrôle de ses propres affaires par l'Église, et Johnson était venu avec l'intention d'éliminer ces anciens-là.[104]
Son premier exercice de son autorité prétendue fut de révoquer Henry Shearn et William Crawford de leurs postes de co-directeurs de la Société en Grande-Bretagne et de leur ordonner de déménager leurs meubles et effets des locaux immédiatement.[105] Son acte suivant fut de déclarer que la résolution destinée à l'approbation de Russell était désormais invalide et refusée — les dispositions du Tabernacle devaient rester sous le contrôle de Jesse Hemery.[106]
La Convention de Manchester et les outrecuidances de Johnson
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La convention nationale à Manchester était prévue du 30 décembre au 1er janvier, avec dix-huit orateurs britanniques venant de tout le pays. Johnson exigea que le programme soit annulé et qu'on lui accorde une part majeure des allocutions. Les organisateurs cédèrent sous une vive protestation.[107]
De retour à Londres pour l'élection annuelle des anciens et diacres, Johnson insista pour présider lui-même, ce qui était illégal puisqu'il s'agissait d'une affaire d'église individuelle sans rapport avec la Société.[108] Il exigea que Shearn et Crawford soient révoqués de leurs postes d'anciens, déclarant depuis la chaire : « le frère Crawford n'est plus un enfant de Dieu », bien qu'il crût que le frère Shearn l'était encore.[109] Dans le silence stupéfait qui s'ensuivit, William Crawford se leva calmement de son siège, rassembla délibérément ses livres et dit clairement : « C'en est assez pour moi », puis remonta l'allée et quitta le bâtiment, marquant le moment où il devint évident que quelque chose était sérieusement mal.[110]
La théorie de Néhémie et l'anecdote de Duncan Cronk
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Johnson annonça ensuite qu'il était appelé de Dieu à accomplir une œuvre à Londres qui, dit-il, était symbolisée par l'œuvre de Néhémie et les ennemis des Juifs lors de la Restauration, et que symboliquement il devait juger et abattre ces ennemis, c'est-à-dire ceux à Londres qui soutenaient la résolution proposant la liberté d'action pour la congrégation.[111]
La publication rapporte un échange savoureux : l'un des anciens, Duncan Cronk, connu pour sa capacité à détendre les situations difficiles avec un peu d'humour léger, interrogea Johnson en lui demandant s'il était bien Néhémie, si Shearn était Tobias et Crawford Sanballat, et s'il allait les pendre dans le Tabernacle. Quand Johnson répondit affirmativement et dit que le Seigneur ne lui avait pas encore montré qui était Cronk, celui-ci inclina la tête en révélant « un crâne si soigneusement tonsure que même Néhémie aurait eu du mal à accomplir l'action qui lui est attribuée. » [112]
La rupture de Johnson avec Rutherford et la question de la succession
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Fin février, Johnson annonça qu'il était lui-même, et non Rutherford, le vrai successeur du Pasteur Russell, et qu'il devait remplir le rôle de « l'Économe » dans la Parabole du Denier.[113] La publication analyse la situation en ces termes : « Il y avait là trois hommes, Rutherford, Johnson et Hemery, chacun convaincu qu'il était, lui et lui seul, le meilleur homme pour gouverner et diriger les frères, assez ambitieux pour tenter d'atteindre la position convoitée, et aveugles au mal qu'ils causaient. » [114]
La publication rapporte ensuite des signes de dérangement mental chez Johnson. De Liverpool, il écrivit à Jesse Hemery une longue lettre dans laquelle il prédisait l'imminence d'une famine remplissant un épisode de la vie d'Élisée, instruisant que des provisions de nourriture soient achetées et stockées, en particulier du blé et des cacahuètes (« wheat and monkey nuts »).[115] Johnson admettait lui-même dans cette lettre : « Je ne vais pas du tout bien, dit-il, mon cerveau est tout à fait fatigué. » [116] Il avait déjà subi une crise nerveuse en 1910. Ces excentricités, son comportement dictatorial et ses revendications extravagantes conduisirent les frères britanniques principalement concernés et Rutherford en Amérique à tirer simultanément la même conclusion, et Johnson reçut en conséquence une convocation de Brooklyn pour rentrer immédiatement aux États-Unis — qu'il refusa.[117]
Le retournement de situation et l'alliance contre nature Hemery-Shearn-Crawford
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Johnson finit par « destituer » Jesse Hemery en tant que directeur pour la Société ; Hemery n'en tint aucun compte mais, réalisant — plutôt tard, doit-on admettre — la gravité de la situation, rappela Shearn et Crawford, qu'il avait fort heureusement vus exclus et exilés quelques semaines auparavant, pour revenir l'aider à se débarrasser de Johnson.[118] La publication note avec une grim humour que les dénonciations de Shearn et Crawford par Johnson n'étaient rien comparées à celles que Hemery reçut de lui quand ce dernier se retourna contre lui. Johnson écrivit des années plus tard que ses « expériences avec J. Hemery le révélèrent comme l'un des hypocrites les plus rusés avec lesquels il eut jamais affaire ».[119]
La publication conclut que Johnson fut peut-être l'instrument de la providence en ce qui concernait les frères britanniques, car c'est principalement en conséquence des questions qu'il souleva durant son court séjour que l'attitude d'au moins la moitié d'entre eux se durcit en une résolution : ils n'accepteraient ni d'Amérique ni ne mettraient en place pour eux-mêmes aucun chef exerçant une autorité dictatoriale ; désormais « les étudiants de la Bible britanniques resteraient fidèles aux principes posés par leur défunt Pasteur et demeurerait un corps décentralisé n'ayant aucun lien de cohésion entre les églises sinon celui de l'association volontaire dans la pratique et la promulgation d'une foi commune et d'une espérance commune. » [120]
Une analyse rétrospective du rôle de Johnson
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La publication propose une analyse plus nuancée de Johnson. Il aurait pu raisonnablement s'attendre à succéder à Russell comme chef du mouvement mondial — il aurait certainement été un choix plus populaire que l'austère et dictatorial Rutherford.[121] Venu en Angleterre en sachant que Rutherford allait l'emporter, il se retrouva face à une communauté affirmant un droit à l'indépendance qui ne supportait aucun chef du type qu'il envisageait, et trouva dans Hemery un rival en Angleterre en plus de son adversaire américain.[122]
La publication suggère que, confronté à cette opposition croissante, persuadé sincèrement que si lui-même échouait, l'ensemble du mouvement étudiant de la Bible passerait entre des mains étrangères et tomberait en ruine, son esprit devint temporairement désordonné, ce qui pourrait expliquer les choses étranges et inattendues qu'il dit et fit.[123] Il était normal après son retour aux États-Unis, rompit avec Rutherford, et forma finalement son propre mouvement — le *Laymens Home Missionary Movement* — qui survit encore et conduit un travail évangélique vigoureux.[124] La publication conclut en recommandant de méditer les paroles du roi Josaphat : « Vous n'aurez pas besoin de combattre dans cette bataille, car la bataille n'est pas la vôtre, mais celle de Dieu. Restez immobiles, et voyez le salut du Seigneur. » (2 Chroniques 20:17)[125]
La publication clôt l'épisode en rapportant que Paul Johnson quitta le 34 Craven Terrace une semaine avant la fin mars, de bon matin, discrètement, avant que quiconque ne soit levé. « Le mode de départ plutôt indigne — et inutile — souvent rappelé dans les années suivantes et évoquant invariablement quelque hilarité, n'a pas besoin d'être raconté ici. » [126] Il avait été dans ce pays pendant dix-neuf semaines et dans ce court laps de temps avait créé une scène sans précédent de confusion et de malentendus parmi les frères, qui n'étaient nullement apaisés par son départ.[127]
La séparation des voies
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En 1917, selon la publication, le sort en était jeté. La question primaire subsistant depuis 1915 demeurait non résolue. Le pays tout entier regardait Londres pour lui donner une direction, et Londres n'était pas sûre de la voie à suivre : d'un côté la vision de Hemery d'un contrôle ministériel par un ministre nommé assisté de quelques anciens dirigeants ; de l'autre un appel croissant au principe du Pasteur de gouvernement électoral congrégationnel démocratique défendu par Henry Shearn, William Crawford et d'autres ; et au milieu la partie de l'Église de Londres incertaine laquelle des deux avait raison.[128]
La publication reconnaît une certaine complexité de la situation en affirmant que, d'une certaine manière, « les deux parties avaient raison ».[129] Le contrôle démocratique par la multitude peut paraître excellent sur le papier, mais les hommes — même les hommes chrétiens à l'âme élevée — sont notoirement imparfaits et souvent dépourvus de ce jugement équilibré et impartial qui seul peut garantir une démocratie réussie.[130] La liberté de pensée,d'interprétation et de compréhension des Écritures, que les membres exigent comme un droit, peut — et trop souvent conduit effectivement — à des divergences de pensée, de compréhension, de service coopératif, et ainsi finalement à une fragmentation de la fraternité.[131]
Henry Shearn et la tentative de maintenir l'unité
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La publication identifie Henry Shearn comme le seul homme qui sût vraiment quelle voie suivre. Il percevait, peut-être plus clairement que n'importe lequel des autres participants principaux dans la controverse, la vraie nature de la menace pesant sur l'avenir du mouvement : il ne s'agissait pas seulement d'une affaire londonienne ni simplement de la question du contrôle de l'Église de Londres sur ses propres affaires, mais de savoir si l'ensemble de la communauté britannique allait continuer dans la liberté dont elle avait joui depuis sa fondation, ou passer sous la direction d'un autocrate.[132]
La publication souligne que Shearn, qui avait donné sa vie et ses moyens à l'avancement des étudiants de la Bible et avait parcouru le pays dans ses premières années pour conseiller et fortifier les Églises locales, « n'allait pas admettre la défaite avant d'avoir épuisé tous les efforts pour maintenir la communauté unie sur une base mutuellement acceptable. » [133] Shearn et Crawford, ayant été révoqués ou contraints à démissionner de leurs postes de co-directeurs du bureau londonien de la Société en raison de leur opposition commune aux efforts de Hemery pour affirmer son contrôle, se trouvaient à ce moment dans la nécessité de reprendre une vie professionnelle normale, tout en s'associant aux diverses Églises réorganisées de la Métropole et à celle de Forest Gate, dans l'Est de Londres, qui avait à ce moment rompu avec la Société et Rutherford son président, et avait publiquement annoncé son indépendance.[134]
La nomination de Rutherford comme pasteur du Tabernacle de Londres
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Lors d'une réunion de l'Église du Tabernacle de Londres tenue le 21 janvier 1917, une motion fut présentée à l'effet que le nouveau Président de la Société, Joseph Rutherford, soit nommé pasteur du Tabernacle de Londres en succession du Pasteur Russell. La publication note qu'il n'y avait guère d'enthousiasme pour cela, Rutherford étant à peine connu dans ce pays, et ce qui était connu de lui à travers les événements entourant sa prise de contrôle n'avait pas su séduire les plus réfléchis.[135] Beaucoup s'abstinrent de voter ; parmi ceux qui votèrent, les « oui » l'emportèrent nettement sur les « non », et il fut déclaré dûment nommé. Quelques semaines plus tard, le 18 février, il fut de même nommé président de la congrégation et du conseil des anciens, avec Jesse Hemery comme vice-président.[136]
La publication s'interroge sur la façon dont les frères londoniens se soumirent aussi docilement à la direction d'un homme totalement inconnu dans ce pays. La réponse réside, selon elle, dans la conviction profondément enracinée et sincère de tous les frères, quelle que fût leur position sur la question en jeu, que l'« œuvre de la Moisson » dans laquelle ils étaient engagés était en vérité un mouvement défini de l'Esprit Divin, tout comme Moody, Spurgeon et d'autres avaient envisagé le travail de leur vie. L'argument — « le Seigneur a si merveilleusement béni l'œuvre initiée par le Pasteur Russell et dans laquelle nous sommes encore engagés. Est-il concevable qu'Il » — devait continuer à abandonner cette œuvre, se répétait fréquemment dans les discussions de l'époque.[137]
La question du contrôle ecclésiastique au Tabernacle de Londres (suite)
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Le récit se poursuit sur les tensions internes qui agitaient le Tabernacle de Londres à partir de 1917. La publication souligne qu'une partie substantielle de la congrégation considérait le Tabernacle comme son église et Jesse Hemery comme son pasteur, sans être réellement engagée dans les activités caractéristiques des frères.[138] Leurs votes sur toute question allaient automatiquement dans le sens voulu par Hemery, ce qui constituait un facteur important dans les résultats des délibérations internes.[139]
Malgré un désaccord de plus en plus manifeste sur la question du contrôle ecclésiastique, qui conduisit à la reconstitution dans leurs localités d'origine de certaines des églises ayant fusionné pour former la congrégation du Tabernacle, aucun mouvement de séparation définitive ne s'amorça dans un premier temps.[140] Le 25 février 1917, une motion fut présentée à la congrégation et approuvée à la majorité, stipulant que « les seuls services de prédication dans la région londonienne soutenus par cette congrégation seraient ceux tenus au Tabernacle de Londres, à l'exception de ceux spécialement organisés dans le cadre de l'Extension des Classes et de travaux similaires ».[141]
Le terme « Comité exécutif » et la menace de disfellowship
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La publication note que l'usage du terme « Comité exécutif » était nouveau et non autorisé par l'Église, et qu'il disparut des documents qui ont survécu avant de réapparaître en 1922.[142] La signification de cette résolution résidait dans le fait que le refus de se conformer aux exigences de plus en plus autoritaires du Tabernacle allait impliquer le disfellowship.[143]
Deux incidents illustrent cette tendance. Lors d'une discussion ouverte de la congrégation, l'un des anciens, Duncan Cronk, fit référence à « nos frères de Forest Gate ». Jesse Hemery l'interpela froidement depuis la chaire, questionnant le terme « nos frères » pour désigner une communauté qui avait refusé d'accepter le nouveau Président de la Société et s'était déclarée indépendante.[144] L'autre incident survint lors d'un service commémoratif le 28 octobre 1917, en mémoire du Pasteur Russell, où Hemery conclut son discours par une attaque à peine voilée contre les « réformateurs ». Il aurait déclaré que « quelques classes se sont séparées de nous ; elles pensent être en esclavage dans l'IBSA. Eh bien, qu'elles aient leur liberté si elles l'appellent ainsi. Certains entrent très volontiers et joyeusement dans l'esclavage, comme lorsqu'une femme épouse un homme ».[145]
Les défections de 1917 et la montée du mouvement de sécession
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À la fin de 1917, le résultat immédiat de ces tensions fut la perte de deux autres anciens « réformateurs » : Frank Edgell, qui rejoignit Stoke Newington, et Robert Cormack, qui retourna à Glasgow où il trouva la Foi vers 1885 et s'associa à l'assemblée indépendante qui venait de se séparer de la deuxième plus grande Église britannique.[146] Des réunions indépendantes à Kensington, Ealing et Surbiton avaient vu le jour, Cotton, Cruikshank et Fraser étaient retournés à l'église de Crouch End. La publication précise que toutes ces communautés, sauf celle de Kensington, demeurèrent en communion avec le Tabernacle jusqu'à la séparation finale de 1919, et certaines jusqu'en 1924.[147]
Cette année fut aussi marquée par la défection de John Gentle du côté des « réformateurs » vers celui de « l'establishment », après que Hubert Thackway eut fait de même un an plus tôt.[148] Au début de 1918, il ne restait plus que cinq réformateurs. Dans d'autres parties du pays, une tendance générale à la sécession d'avec la Société se développait, suivant l'exemple des frères des principaux centres, Forest Gate, le Tabernacle de Londres et Glasgow. Des villes de province telles que Manchester, Birmingham, Bristol, Nottingham et Darlington avaient désormais leurs réunions indépendantes.[149] La publication indique qu'au total, quelque soixante centres, grands et petits, urbains ou ruraux, existaient alors « réclamant une direction de la part de quelqu'un qu'ils connaissaient et en qui ils avaient confiance pour indiquer la voie vers un avenir collectif dans lequel leur indépendance locale serait assurée ».[150]
La fondation du Comité des Étudiants de la Bible en 1919
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La publication relate la naissance formelle du Comité des Étudiants de la Bible de Grande-Bretagne. À la suite de consultations avec de nombreux frères à travers le pays, une conférence se tint à University Hall, Londres, le 5 avril 1919, lors de laquelle il fut décidé de créer un comité central connu sous le nom de « Bible Students Committee », chargé d'initier et de conduire les activités nécessitant une action commune : impression et publication, fourniture de conférenciers et de pèlerins, etc.[151] Ce Comité devait être soumis à une élection annuelle par l'ensemble des frères britanniques, sans chef ni dirigeant.[152]
Les sept frères élus pour servir étaient William Crawford (Londres), Frank Edgell (Londres), F. G. Guard Sr (Forest Gate), Alex. Guy (Forest Gate), William Seager (Ipswich), Henry Shearn (Londres) et George Tharratt (Bishops Stortford).[153] Une lettre circulaire datée de mai 1919 fut largement diffusée parmi les frères, les informant de ces arrangements et les conviant à la Convention prochaine à Londres les 2-4 août.[154]
Cette Convention se tint à East Ham Town Hall, Londres. Six cents frères de toutes les parties du pays — de Londonderry et Dublin à Douvres et Ipswich, de Penzance et Barnstaple à Glasgow et Sunderland — y assistèrent. Soixante-cinq Églises locales avaient envoyé des délégués munis d'instructions spécifiques.[155] Le résultat fut une décision unanime de ratifier l'inauguration du Comité et d'assurer sa pérennité. Henry Shearn fut nommé premier Secrétaire du Comité, poste qu'il occupa jusqu'à sa retraite en 1935.[156]
La tentative de réconciliation avec la Société et son échec
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La publication décrit la tentative de réconciliation avec la Société qui suivit la Convention de 1919. George Tharratt proposa qu'une approche soit faite auprès de la Société, soulignant qu'il était « convenable de garder toujours ouverte la porte pour une réunification ».[157] Une motion fut approuvée autorisant le Comité à convoquer une Convention si les propositions de réconciliation de la Société s'avéraient satisfaisantes.[158]
Un « Comité de Réconciliation » de huit frères dignes de confiance fut élu avec mandat de « prendre toutes les mesures possibles pour parvenir à une réconciliation avec la Société, en harmonie avec le désir exprimé par la Convention ».[159]
La tentative échoua. Les correspondances et entretiens qui se poursuivirent pendant de nombreux mois aboutirent toujours à la même réponse : les dissidents seraient accueillis de retour, mais devaient accepter le nouveau principe qu'insistait alors Rutherford, à savoir que la Watch Tower Society et son Président étaient le seul canal de la vérité divine et de la direction de l'activité évangélique.[160] Dans une déclaration datée du 26 janvier 1921, adressée à chaque membre de la congrégation du Tabernacle de Londres, il était affirmé que « De toute évidence, ce que le Comité des Étudiants de la Bible désire n'est pas tant la réconciliation qu'une franche désaveu par la Société de sa fonction de canal du Seigneur ».[161] La publication commente que cette affirmation était parfaitement exacte, et que les événements ultérieurs sur dix ans démontrèrent l'intention de Rutherford de convertir l'ensemble du mouvement en un instrument de sa propre volonté.[162]
La sécession accomplie en 1921 et la consolidation du mouvement indépendant
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En 1921, la sécession était un fait accompli. Le nombre d'églises indépendantes associées au mouvement était alors de 135, regroupant quelque trois mille frères, soit environ la moitié de ceux qui étaient associés à la Société lors de l'apparition des divergences en 1916.[163] La Convention annuelle de Londres reprit, une autre fut lancée dans les Midlands, et une production de littérature de type traditionnel commença sous un nouveau nom d'éditeur. Un bureau et un dépôt furent ouverts au 23 Marylebone Road, à Londres, avant d'être déplacés vers d'autres locaux, finalement à Welling en 1935, puis à Hounslow en 1956 sous la responsabilité de Basile Dumont.[164]
La visite de Rutherford en Grande-Bretagne en 1922
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En 1922, Joseph Rutherford (désigné dans le document comme « le Juge ») effectua sa visite longtemps attendue en Grande-Bretagne pour rencontrer les frères restés fidèles à la Société — à peine la moitié de ceux qui étaient dans le mouvement au moment du décès du Pasteur Russell.[165] La publication décrit de manière détaillée sa présentation aux anciens du Tabernacle de Londres. Réunis en rang de fer à cheval dans la salle à manger du Béthel au 34 Craven Terrace, les anciens en tenue de cérémonie attendirent alors que Jesse Hemery aille chercher Rutherford. À son entrée, la publication relate que « Un grognement fort et grave fut la seule réponse de celui au visage sombre ; il regarda Jesse comme pour dire : "Et je ne pense pas grand-chose d'eux" ».[166]
À sa tournée dans les principales villes du Royaume-Uni, Rutherford se retrouva face à la deuxième plus grande Église britannique, celle de Glasgow, forte d'environ 800 membres, augmentés de visiteurs venus d'autres Églises écossaises pour un total d'un millier de personnes.[167] La publication indique qu'il apparut sur l'estrade flanqué d'une sorte de garde du corps de jeunes hommes musclés, ce qui ne fut pas bien reçu en Écosse. Lors de la tentative de Rutherford de contrôler l'élection des anciens, en éliminant les noms qui ne lui convenaient pas, la publication décrit que « des mille personnes présentes, presque cinq cents se levèrent et sortirent en masse du bâtiment ».[168] Le nombre de classes et d'Églises se déclarant indépendantes passa alors de 135 à 160.[169]
Duncan Cronk et la lettre d'une sœur du Kent
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La publication évoque le cas de Duncan Cronk, l'un des anciens de Londres qui avait ardemment soutenu Rutherford, qui abandonna finalement cette position pour rejoindre les dissidents. Homme de conseil avisé et de langue acérée pour détecter l'orgueil et la duplicité, il dit un jour à Jesse Hemery que le moment viendrait où le mot « Ichabod » (« la gloire s'en est allée ») serait écrit au-dessus des portes du Tabernacle de Londres.[170]
La publication reproduit une lettre d'une sœur de longue date dans le Kent, présentée comme typique des sentiments de nombreux dissidents. Elle y déclare notamment que « La prétention que la Watch Tower Bible & Tract Society est L'organisation visible du Seigneur sur terre n'est pas, à mon sens, scripturaire ».[171] Elle fait valoir que la Papauté avait prétendu être la représentation visible de Dieu sur terre et que l'Église a le droit de se gouverner elle-même, ajoutant que « Mon allégeance est au Seigneur seul. Il est le Seigneur, le Maître et le Chef, et son vrai peuple est un avec lui où qu'il se trouve ».[172]
L'essor du mouvement indépendant jusqu'en 1924
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La publication relate que la dérive hors de la Société se poursuivit. En 1924, on dénombrait 181 centres locaux en communion, le Comité étant de plus en plus occupé à imprimer et distribuer de la littérature, ainsi qu'à fournir des orateurs pour les réunions publiques.[173] Un service régulier de visites « pèlerines » était en place, dans lequel Henry Shearn, William Crawford, Frank Edgell, Ebenezer Housden et d'autres frères bien connus parcouraient le pays pour encourager les petites communautés.[174]
En 1923, sur recommandation de Jesse Hemery, un système fut institué par lequel les anciens du Tabernacle rendant visite aux réunions provinciales devaient produire un rapport indiquant si la communauté visitée était « saine » ou « malsaine » — c'est-à-dire si elle manifestait soumission ou opposition aux édits venant d'Amérique. Lors d'une réunion des anciens le 12 octobre 1923, une forte dissidence s'exprima contre cette forme de surveillance, qualifiée de « peu britannique ».[175] Hemery s'empressa de préciser que cela n'était qu'une « demande » et non une obligation, avant d'annoncer, une demi-heure plus tard, que l'Exécutif avait décidé de radier une réunion londonienne (Plumstead No 54) « pour des raisons de politique ».[176]
L'élimination des anciens dissidents au Tabernacle de Londres (1924)
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La publication décrit comment, afin d'éliminer le premier dissident, Duncan Cronk, dont la réélection était pratiquement assurée, Jesse Hemery utilisa la procédure de l'élection des anciens de janvier 1924 d'une façon sans précédent dans l'histoire du Tabernacle. Au moment de voter sur le nom de Cronk, Hemery quitta la présidence en déclarant ne pouvoir « en conscience présider le vote pour un frère qui manque à ce point de retenue et de considération pour les principes de la Vérité ».[177] La manœuvre réussit et Cronk ne fut pas élu.[178]
La visite de Rutherford en 1924 et l'imposition des cantiques
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En 1924, Rutherford revint au Royaume-Uni pour compléter sa réorganisation. La publication relate qu'en prélude de cette visite, lors d'une réunion des anciens le 15 février 1924, Jesse Hemery souleva la question des airs de cantiques chantés aux services du Tabernacle, qui n'étaient pas ceux du livre officiel (Hymns of Millennial Dawn). Le Comité de Louange avait préparé un nouveau livre de cantiques utilisant des airs mieux connus et appréciés dans les lieux de culte britanniques. Hemery déclara que « L'harmonie avec la Société nécessite l'harmonie avec les airs que la Société a choisis pour son livre de cantiques ».[179]
La présentation de Rutherford aux anciens et ses nouvelles directives
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La publication décrit ensuite la rencontre de Rutherford avec les anciens du Tabernacle. L'Exécutif avait prévu que seules deux questions lui seraient posées, deux anciens ayant été briefés à cet effet, et toute autre question d'un ancien lui vaudrait des ennuis.[180] La première question, relative au sujet idéal de l'étude du dimanche après-midi au Tabernacle, reçut comme réponse que ce devait être la « Tour de Garde », le « Cours du dimanche ».[181]
La deuxième question portait sur la méthode d'élection des anciens. Rutherford répondit qu'un comité de trois anciens séniors devrait préparer une liste de candidats aux fonctions d'anciens et de diacres. La liste approuvée à l'unanimité par les anciens sortants serait votée en bloc, et aucun nom en dehors de cette liste ne serait éligible.[182] Contrairement aux règles, l'un des anciens dissidents posa une question supplémentaire sur la compatibilité de cette proposition avec la méthode scripturaire suivie par tous les Étudiants de la Bible depuis quarante ans. Rutherford répondit brièvement que les temps changeaient et que les pratiques devaient changer en conséquence, ajoutant que le Volume 6 avait été écrit vingt ans auparavant.[183]
La capitulation finale et la fin de l'opposition au Tabernacle en 1924-1925
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Lors d'une réunion des anciens le 20 juin 1924, le Président — Jesse Hemery — annonça que l'Exécutif avait décidé que toutes les réunions en semaine dans la région londonienne se tiendraient désormais le jeudi et que toutes devraient étudier le même article de la « Tour de Garde ».[184] L'un des deux anciens dissidents restants s'éleva en protestation, demandant ce qu'il advenait du principe de l'étude de la Bible elle-même.[185] Hemery répondit que « Les frères peuvent étudier les volumes à la maison s'ils le souhaitent ».[186]
La réunion de Plumstead de Walter Mott fut condamnée en son absence, malgré la protestation de l'ancien Albert Hudson, qui souligna l'injustice de condamner un homme sans l'entendre. Il constata qu'Hudson avait personnellement présidé cette classe le mois précédent et l'avait trouvée « un groupe sincère et instruit de personnes tout à fait dignes du nom d'Étudiants de la Bible ».[187] South Norwood fut rayée des listes. Les deux derniers dissidents abandonnèrent. La publication note laconiquement que « Mais le mouvement de sécession prospéra et s'accrut ».[188]
Documents officiels de la fondation du Comité des Étudiants de la Bible en 1919
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Ces pages reproduisent des documents officiels relatifs à la conférence et à la Convention de 1919 qui établirent le Comité des Étudiants de la Bible. On y voit notamment la lettre circulaire originale du Comité, datée du 7 janvier (numérO 1414), envoyée depuis le 42 Selborne Road, Ilford, Essex, informant les frères de la situation née depuis la mort du Pasteur Russell et exposant les principes du nouveau Comité.[189] La lettre, signée par W. Crawford, F. G. Guard, Alex. Guy, W. Seager, H. J. Shearn et G. Tharratt, stipule que le Comité ne désire pas agir en opposition à quiconque s'est engagé dans la diffusion de la « Vérité présente » et affirme s'appuyer sur la Parole de Dieu et sur les six volumes des « Études dans les Écritures ».[190]
La décennie 1919-1929 : croissance et organisation du mouvement de sécession
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La publication décrit la décennie qui suivit la fondation du Comité des Étudiants de la Bible comme une période d'activité et de croissance progressives.[191] Conscient de la difficulté à atteindre toutes les assemblées, le Comité fit circuler une carte postale intitulée « Au nom du Maître » destinée à informer les frères insatisfaits des évolutions récentes. Cette carte proclamait notamment que « Il n'y a pas d'organisation centrale à laquelle tous doivent se conformer — les diverses classes déterminent elles-mêmes ce qu'elles étudieront et comment leurs réunions seront conduites ».[192] Ces cartes furent utilisées régulièrement pendant plus de quinze ans, avec le plus grand impact durant les années 1920-1928.[193]
La première action concrète du Comité fut d'organiser un « Service de Pèlerin », par lequel divers frères entreprirent des tournées planifiées couvrant les réunions et les frères d'une zone donnée pour prodiguer conseils et encouragements pastoraux et recueillir les souhaits de la base.[194] Ce service fut principalement assuré dans les deux ou trois premières années par H. J. Shearn, W. Crawford, F. B. Edgell et E. Housden, ce dernier y consacrant plusieurs années à plein temps.[195]
Des Conventions nationales furent instituées chaque année durant le week-end du Bank Holiday d'août à Londres, d'abord au South Place Institute pendant les cinq premières années depuis 1920.[196] La publication souligne que le mouvement était essentiellement un mouvement missionnaire : « La foi des Étudiants de la Bible était essentiellement une foi missionnaire, et ils voulaient de la littérature évangélique, en abondance, librement disponible comme elle l'avait été dans les temps passés ».[197]
La « Carte du Royaume » et les publications évangéliques des années 1920
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À partir de 1920, le Comité mit en place diverses initiatives de publication. Henry Shearn conçut la « Carte du Royaume » : une petite carte verte portant d'un côté un message sur les événements actuels à la lumière des prophéties bibliques, et de l'autre l'adresse du Comité et un espace pour l'enquêteur.[198] Le premier tirage de 20 000 exemplaires fut immédiatement épuisé au début de 1920 et la circulation annuelle atteignit par la suite près d'un quart de million d'exemplaires, avec trois dépôts dans des centres stratégiques du Royaume-Uni.[199]
Des tracts de quatre pages furent également produits annuellement à partir de 1921, traitant de sujets tels que « Pourquoi Dieu permet-il le mal ? », « Un nuage sombre et son rayon d'argent », « Quel est le vrai Évangile ? », « Que ton Règne vienne » et « Un meilleur jour à venir ». À la fin de la décennie, un quart de million de tels tracts avaient été distribués.[200]
En 1922, une édition particulièrement soignée du « Plan Divin des Âges » fut publiée, en grand format de bibliothèque, reliée en tissu bleu foncé avec titre en or, avec en frontispice une photographie de l'auteur. Le nom de l'éditeur était triple : Bible Students Committee de Londres, Pastoral Bible Institute de Brooklyn, et Berean Bible Institute de Melbourne.[201] Shearn abrégeea ensuite le livre de 350 pages en 100 pages sous le titre « Le Plan de Dieu en bref » (The Plan of God in Brief), publié fin 1922, dont cinq mille exemplaires furent distribués dans les six premiers mois.[202]
Les publications doctrinales et la naissance du « Bible Study Monthly » en 1924
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Deux livres doctrinaux modestes furent publiés en 1924 — « A Review of the Doctrines » et « Doctrines and Disciplines » — exposant de manière succincte la position doctrinale des frères, à l'usage des nouveaux adhérents.[203] La publication indique également qu'en 1930, le Comité publia un ouvrage de Benjamin Barton intitulé « God's Covenants », traitant des doctrines scripturaires des Alliances, du Rachat, de l'Offrande pour le péché et de la Justification, disponible jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.[204]
L'événement principal de 1924 fut la naissance du « Bible Study Monthly ». L'hebdomadaire du Pastoral Bible Institute de Brooklyn, le « Herald of Christ's Kingdom », avait commencé à combler le vide, le Comité en étant l'agent britannique, mais un besoin de publication véritablement nationale se fit sentir.[205] Le premier numéro parut à la mi-1924 sous la direction d'Ebenezer Housden, sous le titre initial « B.S.C. Monthly ». En 1927, lors de la Convention générale de Whitsun à Huddersfield, il fut décidé à l'acclamation de le renommer « Bible Students Monthly ».[206] Un nouveau changement de titre en « Bible Study Monthly » intervint en 1952 pour éviter toute confusion dans l'esprit du public avec l'ancienne Société, et ce titre est celui sous lequel la publication paraît au moment de la rédaction de ce document.[207]
En 1925, l'Église de Glasgow lança la publication du « Associated Bible Students Magazine », qui disparut après quelques années.[208] Frank Edgell quitta le Comité en 1923 pour se consacrer à un petit journal nommé « Fellowship », qui se poursuivit sous une autre direction après la mort d'Edgell en 1965.[209]
Le Laymen's Home Missionary Movement et la stabilisation du mouvement vers 1925
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La publication évoque le cas du Laymen's Home Missionary Movement (LHMM). En 1916, quelques personnes avaient approuvé les actions de Paul Johnson des États-Unis et formèrent un noyau de soutien. Lorsque Johnson organisa le LHMM en Amérique, ces personnes s'y affilièrent en Grande-Bretagne, s'estimant seules à représenter le vrai remnant du mouvement originel des Étudiants de la Bible, et acceptant Johnson comme successeur divinement ordonné de Russell.[210] La publication commente que, puisque c'était précisément la question sur laquelle les frères britanniques avaient fait sécession, il n'était pas surprenant que l'idée n'ait guère trouvé de soutien. Johnson mourut en 1952 et ses successeurs prirent la direction.[211]
En 1925, six ans après la sécession formelle, le nouveau mouvement de communion était pleinement opérationnel, avec des conventions et un service de pèlerin fonctionnant comme auparavant, les réunions locales prospérant, et une abondante littérature disponible pour proclamer le message du Royaume. Le nombre d'assemblées associées avait atteint environ 200, avec des contacts étroits maintenus avec les frères organisés aux États-Unis, en Australie, en Allemagne, au Danemark, en Suède, en Norvège et en Finlande.[212]
William Crawford et la controverse doctrinale de 1924-1925
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En 1924, William Crawford, frère de longue date et très estimé, d'abord à Glasgow puis à Londres, commença à exprimer le besoin d'insister davantage, par voie imprimée, sur la nécessité d'une « saine doctrine ».[213] Sa proposition que le Comité endosse et publie ses vues fut rejetée par cinq voix contre deux, puis soumise à l'ensemble de la fraternité pour référendum national, qui aboutit à une rejection écrasante.[214]
Crawford accepta cette décision de bon cœur, démissionna du Comité et fit paraître en 1925 la première édition de « Old Paths Publications », qui trouva une large diffusion parmi certains frères. La publication note avec un certain humour que Crawford, Écossais tenace, pouvait être dogmatique sur les questions doctrinales et tendait à dépasser largement l'heure allouée lors des conventions. L'anecdote est rapportée d'une convention à Conway Hall en 1931, où le président de la journée déposa un papier devant lui avec la mention « TIME TO STOP » ; Crawford, loin de s'arrêter discrètement, annonça à l'assistance « Frère H— pense qu'il est temps que je m'arrête » et s'arrêta aussitôt.[215] Crawford continua ses publications jusqu'à sa mort en 1957.[216]
La stabilisation de la fraternité après 1925 et ses activités dans la décennie 1925-1935
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À partir de 1925, les difficultés initiales étaient surmontées et le mouvement entrait dans des eaux plus calmes. La totalité de ceux qui allaient « sortir » l'avaient fait, et le nombre total de frères indépendants dans le pays approchait les quatre mille.[217] Les élections annuelles montèrent une diversification des membres du Comité, intégrant davantage de représentants des provinces. Durant la période 1925-1930, Tom Holmes de Nottingham, Rob Court de Birmingham, William Drinkwater de Nottingham, William Humphrey de Huddersfield, Thomas Smedley d'East Kirkby, William Wileman de Doncaster, et Walter Morrall de Morecambe servirent au sein de l'administration centrale.[218]
Deux activités traditionnelles tentèrent d'être relancées, avec des résultats décevants. Le travail de colporteur, si efficace avant 1916, ne put être ressuscité : l'intérêt du public pour la religion avait changé, la génération d'après-guerre était moins réceptive que la génération d'avant-guerre.[219] Les grandes assemblées publiques connurent le même sort. À titre d'exemple, là où en 1910 le Pasteur Russell avait parlé devant un millier de personnes à Woolwich Town Hall, en 1927 seules cent vingt personnes étaient présentes.[220] La publication note qu'en 1928 le BBC avait invité Henry Shearn à présenter la foi des Étudiants de la Bible en quinze minutes à la radio ; il refusa, estimant ne pas pouvoir dire ce qu'il voulait dire en si peu de temps, et l'invitation ne fut jamais renouvelée.[221]
La bibliothèque Braille et le Fonds de bienfaisance
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En 1922, une suggestion fut faite que les aveugles pourraient constituer un terrain de service efficace. La décision fut prise de créer une bibliothèque de prêt en Braille de littérature de la Vérité. En 1924, le « Plan Divin des Âges » avait été rendu en Braille en six volumes de format 14 par 10 pouces et trois pouces d'épaisseur. Trente-six lecteurs furent inscrits presque immédiatement.[222] En 1925, le Volume 5 « L'Expiation » et « Ombres du Tabernacle » furent ajoutés, et les lecteurs se trouvaient répartis de Brighton au nord de l'Écosse.[223] En 1940, les volumes originaux, lus et relus des dizaines de fois, étaient pratiquement illisibles. La bibliothèque Braille fut fermée en 1943, après vingt ans de service utile.[224]
Dès l'inauguration du nouveau mouvement de communion en 1919, un Fonds de bienfaisance fut institué pour répondre aux besoins des frères affectés par l'après-guerre, le document rappelant que la sécurité sociale n'existait pas à cette époque.[225] Avec la grande récession économique de 1930, non seulement de l'argent mais aussi des vêtements et du linge de maison furent donnés. En 1933, pas moins de seize centres de distribution en Angleterre et en Écosse géraient ces dons.[226] La publication signale particulièrement la situation dans les vallées minières du sud du Pays de Galles, où de nombreux frères furent longtemps sans travail, sans argent et sans nourriture, leur courage chrétien étant décrit comme étant devenu presque proverbial.[227]
L'expansion du Service de Pèlerin dans la seconde moitié des années 1920
modifier modifier le wikicodeLa seconde moitié de la décennie vit une forte accélération de l'activité du Service de Pèlerin. En 1928, Ebenezer Housden fut rejoint par Thomas Smedley et ensemble ils effectuèrent plus de trois cents visites à des centres locaux. En 1929, Henry Shearn les rejoignit pour un programme similaire.[228] Des visites de frères étrangers complétèrent ces efforts : en 1924
Illustrations du numéro
modifier modifier le wikicodeFichiers
modifier modifier le wikicode== Références == non générée -->
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 1.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 2.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 2–3.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 3.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 3.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 4.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 5.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 6.
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- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 7.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 7–8.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 8–9.
- ↑ Les Étudiants-de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 9.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 9–10.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 10.
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- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 11–12.
- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 14.
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- ↑ Les Étudiants de la Bible en Grande-Bretagne (1939), p. 15.
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