The Golden Age du 29 janvier 1936
Autres actions
| The Golden Age du 29 janvier 1936 | |
|---|---|
| Revue | L'Âge d'Or |
| Date | 1936 |
| Année | 1936 |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
Ce numéro est entièrement dominé par la question du serment d'allégeance et du salut au drapeau imposés dans les écoles publiques américaines, que les Témoins de Jéhovah refusent au nom de leurs convictions religieuses. La publication documente, à travers une série d'affaires concrètes dans le New Jersey et l'Ohio, les conséquences de ce refus : expulsions scolaires, arrestations d'enfants, poursuites judiciaires contre leurs parents.
La revue présente ce conflit non comme une querelle locale, mais comme la manifestation d'une dérive fasciste à l'œuvre aux États-Unis, orchestrée selon elle par la hiérarchie catholique et relayée par des organisations patriotiques. Elle mobilise à l'appui de cette thèse des éditoriaux de la presse laïque américaine et des résolutions d'organisations civiques qui partagent ses inquiétudes concernant la liberté de conscience.
Analyse
Croyances
La christologie exposée dans l'article « Jésus » de ce numéro s'inscrit directement dans la tradition arienne que la Société Watch Tower développe depuis les écrits de Russell : Jésus y est présenté comme la « première création de Dieu » et comme l'agent instrumental de la création de toutes choses, conformément à Colossiens 1:16, ce qui le distingue radicalement d'un Dieu coéternel au Père.[1] Le titre de « Logos » (porte-parole de Jéhovah) et l'identification de Jésus comme être purement spirituel avant son incarnation terrestre reflètent une lecture subordnatianiste cohérente avec la doctrine rutherfordienne telle qu'elle s'exprime dans les publications de la même période, notamment dans les volumes Lumière.[2] L'article précise que Jésus « prit le nom de Jésus, qui signifie Sauveur du peuple » au moment de son transfert sur la terre, ce qui implique que le nom divin « Jésus » n'est pas pré-éternel mais lié exclusivement à la fonction sotériologique terrestre, une nuance qui distingue cette christologie de celle des grandes confessions chrétiennes.[3]
La mort et la résurrection de Jésus sont articulées dans ce numéro autour d'une double finalité théologique : d'une part, la rançon substitutive pour racheter Adam et, d'autre part — et c'est l'accent particulier de cet article — la réfutation des accusations de Satan contre Jéhovah.[4] Cette formulation du conflit cosmique comme enjeu premier de la venue de Jésus sur terre est caractéristique de la théologie rutherfordienne des années 1930 : elle subordonne la sotériologie individuelle à une logique de « vindication » (justification) du nom et de la souveraineté de Jéhovah face à Satan. L'obéissance de Jésus, décrite à l'aide de Hébreux 5:8-9, y est présentée non comme un mérite accumulé mais comme une démonstration publique devant l'univers entier de la possibilité de rester fidèle à Dieu sous la pression extrême.[5]
Cette logique de conflit cosmique est immédiatement appliquée aux persécutions contemporaines. La réponse de Rutherford à Karl Lang, citant Matthieu 10:28 et Apocalypse 2:10, présente les violences nazies dans les camps d'Esterwegen et de Fuhlsbüttel non comme un accident historique mais comme une manifestation directe de l'action de Satan dans les « derniers temps ».[6] Cette interprétation transforme la souffrance des détenus en preuve eschatologique : la persécution valide la doctrine plutôt qu'elle ne la réfute, un mécanisme que le sociologue des religions James Beckford a analysé comme constitutif de l'identité des Témoins de Jéhovah sous Rutherford.[7] La lettre ouverte adressée aux « frères en Allemagne » prolonge cette rhétorique en mobilisant Hébreux 10:32-34 pour transformer la persécution en gage de victoire eschatologique future.[8]
L'appel à l'assemblée simultanée de dix villes en février 1936 introduit explicitement l'horizon d'Armageddon comme motivation immédiate de participation : la publication exhorte les lecteurs à se préparer à « traverser Armageddon » et à entrer dans l'« Âge d'Or ». Cette imbrication entre l'urgence eschatologique et la mobilisation organisationnelle est une constante de la pédagogie rutherfordienne : l'imminence de la destruction du monde présent fonctionne comme ressort d'action, incitant les croyants à subordonner toute obligation personnelle ou professionnelle au service de Jéhovah.[9] La mention des « Jonadabs » — désignant à cette époque une catégorie de croyants associés aux Témoins de Jéhovah mais distincts des 144 000 « oints » — montre que la doctrine des deux classes de fidèles est pleinement opérationnelle dans ce numéro, chaque catégorie étant exhortée au témoignage de maison en maison.[10]
La doctrine de l'humilité comme condition d'accès à la grâce divine, développée dans l'article sur Corneille à partir de Jacques 4:6, 1 Pierre 5:5 et Proverbes 16:5, sert également une fonction sociologique interne.[11] La publication affirme explicitement que la composition populaire du mouvement — Polonais, Allemands, Hongrois, Italiens, Grecs, comparés aux apôtres sentant « le poisson » — n'est pas une faiblesse mais la marque même de l'élection divine. Cette rhétorique fait écho à ce que H. Richard Niebuhr analysait dès 1929, dans The Social Sources of Denominationalism, comme la tendance des mouvements religieux nés dans les classes populaires à ériger leur condition sociale en signe de faveur divine, transformant une réalité sociologique en affirmation théologique.[12]
L'interprétation typologique de l'Ancien Testament est mobilisée dans ce numéro à des fins à la fois homilétriques et ecclésiologiques. La mention de Jéhu comme figure conduisant ses chars vers une mission divine — utilisée dans l'appel à l'assemblée — perpétue une pratique exégétique constante dans la littérature Watch Tower depuis Russell, qui consistait à lire les récits des rois d'Israël comme des préfigurations de l'action contemporaine de l'organisation.[13] La référence à la veuve de Sarepta et à Naaman le Syrien, mentionnées par Jésus en Luc 4:25-26 pour illustrer la miséricorde divine envers des non-Juifs, est utilisée dans l'article sur Corneille pour amorcer théologiquement l'ouverture du salut aux Gentils.[14] La figure de Jéhu conservera d'ailleurs une place durable dans la symbolique typologique Watch Tower : le drame sonore Doing God's Will With Zeal (Jehu), présenté lors d'un congrès en 1992, atteste de la persistance de cet usage typologique bien au-delà de la période rutherfordienne.[15]
L'article sur Corneille développe une ecclésiologie fondée sur la succession historique des alliances : avant la mort de Jésus, seuls les Juifs avaient accès au salut ; la vision de Pierre (Actes 10:15) marque la rupture théologique autorisant l'admission des Gentils. La publication exploite ce récit pour affirmer que l'accès à la vérité divine exige une rupture avec les traditions religieuses héritées et une soumission à l'autorité de ceux qui la détiennent — ici Pierre, figure projetée implicitement sur l'organisation contemporaine.[16] La conclusion qui imagine Corneille conversant pour l'éternité avec les 144 000 élus de Apocalypse 7:4 et Apocalypse 14:1 confirme que la doctrine des deux classes — oints célestes et grande foule terrestre — structure la lecture de l'ensemble des récits bibliques dans ce numéro.[17]
Organisation et histoire
Ce numéro du 29 janvier 1936 documente de façon exceptionnellement précise la campagne de répression qui s'abat sur les Témoins de Jéhovah aux États-Unis dans les semaines qui suivent la directive émise par Rutherford en octobre 1935. Le 6 octobre 1935, par voie radiophonique, Rutherford avait répondu à la question du salut au drapeau dans sa conférence intitulée « Saluting a Flag », immédiatement publiée en brochure sous le titre *Loyalty* et distribuée à des millions d'exemplaires.[18] C'est cette directive qui déclenche les expulsions scolaires documentées dans ce numéro : la famille Gavette en Californie explique elle-même que ses trois filles ont été suspendues pour avoir suivi les consignes publiées dans La Tour de Garde de décembre 1935,[19] et des enfants des familles Dziatkiewicz, Hering et d'autres subissent le même sort dans le New Jersey et en Ohio dans les semaines qui suivent.
La dynamique institutionnelle que ce numéro illustre a été analysée par l'historien Bernard Blandre comme l'application d'une stratégie délibérée de « provocation-répression-solidarité » : le message virulent colporté par les adeptes entraîne leur persécution, laquelle est ensuite exposée dans les publications pour renforcer la cohésion du groupe et présenter publiquement les Églises et les États comme persécuteurs.[20] Ce numéro en offre une illustration particulièrement nette : les articles sur les arrestations à Irvington, les expulsions à Secaucus, les suspensions à East Liverpool et les poursuites contre des parents occupent la majorité des pages, et sont présentés comme autant de preuves de la persécution que subit le mouvement de la part d'une alliance entre hiérarchie catholique et autorités civiles.
L'inscription de la résistance au salut au drapeau dans une perspective internationale est une donnée organisationnelle de premier ordre dans ce numéro. Rutherford lui-même avait été inspiré par les rapports venant d'Allemagne nazie, où des Témoins refusant le salut hitlérien avaient été envoyés par dizaines de milliers dans des camps de concentration.[21] Ce numéro met explicitement en parallèle les persécutions américaines et les persécutions nazies, et reproduit deux témoignages circonstanciés sur les camps d'Esterwegen et de Fuhlsbüttel, ainsi qu'une lettre ouverte de Rutherford aux « frères en Allemagne ».[22] Cette mise en miroir transatlantique sert une fonction identitaire précise : elle positionne le refus du salut au drapeau américain comme l'équivalent moral du refus du salut hitlérien, conférant ainsi à l'obéissance aux directives de l'organisation une portée martyrologique internationale.
La présence, dans ce même numéro, d'une annonce détaillée de l'assemblée simultanée des 22 et 23 février 1936, prévue dans dix villes des États-Unis et du Canada avec retransmission par téléphone et sans fil dans plus de trente villes britanniques, révèle l'état de l'infrastructure organisationnelle du mouvement à cette date.[23] Rutherford prononcera lui-même le discours central depuis le Shrine Auditorium de Los Angeles, retransmis en direct dans neuf autres villes. Cette logistique radiophonique et téléphonique à l'échelle continentale témoigne du degré de centralisation effective de l'organisation sous la direction de Rutherford, que l'historien James Penton a décrit comme ayant imposé une structure administrative centralisée exigeant de tous les adeptes la distribution de publications et la remise de rapports réguliers d'activité.[24]
La publication dans ce numéro d'une correction officielle concernant le rapport Alison Russell sur la Rhodésie du Nord — rectifiant le nom d'un fonctionnaire colonial et accusant les auteurs du rapport de malveillance délibérée envers le mouvement de la Watch Tower[25] — illustre la vigilance institutionnelle de la rédaction face à toute représentation externe qu'elle juge inexacte ou hostile. Cette note brève mais ferme signale que la direction centrale surveille activement les rapports sur ses ramifications africaines et entend contrôler la façon dont le mouvement est présenté dans les documents officiels coloniaux.
Science et médecine
Ce numéro du 29 janvier 1936 contient plusieurs affirmations à caractère scientifique ou médical où The Golden Age avait un intérêt idéologique manifeste à présenter les données d'une façon particulière, notamment en s'appuyant sur des thèses pseudoscientifiques pour renforcer sa méfiance doctrinale envers les institutions médicales et la société moderne.
La plus nette déformation idéologique d'un fait scientifique se trouve dans l'article consacré à la variole et à la vaccination antivariolique, qui affirme qu'en Angleterre et au Pays de Galles, entre 1905 et 1933, seulement 107 enfants de moins de cinq ans sont morts de la variole, tandis que 270 seraient décédés des suites de la vaccination elle-même.[26] Ces chiffres sont présentés sans source citée et servent directement la position antivaccinale que la revue défendait depuis le début des années 1920. Comme le documentent les publications de l'organisation elle-même, dès 1931 la Watch Tower assimilait la vaccination à une violation de la loi divine sur le sang, et L'Âge d'Or publia même en 1935 un formulaire standard permettant aux parents de refuser la vaccination de leurs enfants.[27] La sélectivité de cette comparaison chiffrée — rapprocher des causes de mort qui ne sont ni simultanées ni directement comparables — constitue un procédé rhétorique typique : il s'agit de faire passer pour un constat scientifique objectif ce qui est en réalité une argumentation au service d'un refus doctrinal de la médecine préventive conventionnelle.
L'article sur les Esquimaux illustre une autre déformation idéologique récurrente dans les colonnes de The Golden Age. La publication y affirme que, dans leur mode de vie traditionnel, les Esquimaux ne connaissent ni cancer, ni caries, ni artériosclérose, ni diabète, et que ces pathologies apparaissent dès qu'ils adoptent les aliments et les ustensiles des « Blancs » — en particulier les ustensiles en aluminium.[28] Cette thèse s'inscrit directement dans la longue campagne anti-aluminium menée par la revue sous l'impulsion de son rédacteur Clayton Woodworth et du dentiste Charles Truax Betts, qui, depuis le milieu des années 1920, attribuait à ce métal toutes sortes de maladies allant du cancer à la folie, sans que le consensus médical de l'époque ne le validât. Selon l'historien James Penton, ces articles eurent des répercussions concrètes sur le comportement des Témoins de Jéhovah de l'époque, qui tendaient à attribuer systématiquement leurs malaises à l'aluminium plutôt qu'à d'autres causes.[29] Le professeur Jerry Bergman a conclu que les auteurs de ces articles étaient « manifestement des gens qui étaient extrêmement naïfs et avaient peu ou aucune formation en médecine et en sciences » — jugement qui s'applique pleinement à cet article sur les Esquimaux, où la thèse de l'aluminium pathogène sert à discréditer la civilisation industrielle moderne, présentée comme condamnée par Dieu.[30]
La rubrique sur les repas légers mérite également attention. L'article y invoque des « mesures scientifiques » pour affirmer qu'un repas copieux détourne le sang des organes sensoriels et du cerveau vers les organes digestifs, réduisant ainsi les capacités cognitives et perceptives, et cite même une différence de 37,14 % dans la réception auditive entre un repas léger et un repas lourd.[31] L'invocation d'un chiffre aussi précis et d'une mesure aussi pseudo-exacte, sans référence à aucune étude identifiable, sert ici une doctrine de frugalité et de discipline corporelle que la revue présentait comme conforme à la volonté divine, transformant ainsi une prescription idéologique en vérité scientifique apparente.
Enfin, la dénonciation de l'assurance maladie mérite d'être relevée. L'article affirme que ce système détruirait la relation naturelle entre le médecin et le patient, inciterait les gens à se croire malades alors qu'ils sont en bonne santé, et favoriserait la dégénérescence physique et morale de ceux qui préfèrent être pris en charge par l'État.[32] Si les adversaires de l'assurance maladie obligatoire étaient nombreux dans les années 1930 aux États-Unis — l'American Medical Association la qualifiant d'« anti-américaine, dangereuse, anti-économique, non scientifique »[33] —, l'argument sanitaire avancé ici par The Golden Age (la dégénérescence physique et morale causée par l'État-providence) excède le simple débat de politique économique : il s'intègre dans la vision de la revue selon laquelle toutes les institutions humaines, y compris le système médical public, relèvent d'une organisation satanique appelée à disparaître à Har-Maguédôn.
Économie et société
Le numéro du 29 janvier 1936 de The Golden Age contient plusieurs affirmations à enjeu économique et sociétal susceptibles d'avoir été présentées de façon biaisée au service du discours eschatologique de la revue, qui assimile systématiquement la « civilisation du monde » à la décadence et à l'injustice précédant l'avènement du Royaume de Dieu.
L'article sur les cinquante-trois taxes pesant sur le pain dresse un inventaire exhaustif de prélèvements fiscaux répartis entre tous les acteurs de la filière boulangère, des agriculteurs aux boulangers, en passant par les transporteurs et les fabricants d'emballages[34]. Ce catalogue est mobilisé rhétoriquement pour illustrer l'oppression exercée par le « système » sur les gens ordinaires, conformément au cadrage eschatologique habituel de la revue. Or, le contexte fiscal américain des années 1930 était effectivement caractérisé par une superposition de niveaux de taxation — fédéral, étatique, de comté et municipal — qui rendait une telle liste au moins superficiellement plausible auprès du lectorat. De plus, le Smoot-Hawley Tariff Act, signé en 1930 par le président Hoover, avait alourdi les taxes sur les importations agricoles[35], et les États américains avaient commencé à introduire des taxes sur les ventes précisément dans les années 1930[36]. Aucune source académique ne permet cependant de confirmer ni d'infirmer la liste précise de cinquante-trois taxes telle que publiée ; ce chiffre constitue vraisemblablement une construction rhétorique, mais le contexte réel lui conférait une apparence de crédibilité. La publication ne cherche pas ici à documenter un fait économique pour lui-même : elle sélectionne et accumule des données fiscales réelles afin de dramatiser la charge pesant sur le consommateur ordinaire et de renforcer l'attente d'un ordre divin radicalement différent.
L'affirmation selon laquelle les Esquimaux vivant selon leur régime traditionnel seraient exempts de cancer, de caries dentaires et de diabète, et ne développeraient ces pathologies qu'à partir du moment où ils adoptent les aliments transformés de la « civilisation blanche »[37], mérite un examen particulier. La revue présente cette thèse sans nuance ni référence médicale sérieuse, au service de son discours anti-moderniste assimilant l'industrie alimentaire à la corruption physique et spirituelle du monde séculier. Or, les données médicales disponibles au moment de la publication, loin de contredire cette affirmation, la corroborent partiellement : le Dr J. A. Urquhart, exerçant dans « la pratique médicale la plus au nord du Canada » à Aklavik, rapportait en 1935 qu'en sept ans de pratique il n'avait observé aucun cas de malignité chez les Esquimaux ni chez les Indiens[38] ; Israel Rabinowitch, participant à la Patrouille arctique orientale du gouvernement canadien en 1935, confirma de son côté n'avoir observé aucun cas de cancer lors de ses travaux[39]. Des études ultérieures sur le diabète ont montré qu'avant 1950, cette maladie était pratiquement inexistante chez les Inuit d'Alaska, et que son apparition coïncide avec une augmentation de la consommation de glucides et de sucres simples[40]. La revue dit donc vrai sur le fond, mais présente comme une évidence une observation médicale qui relevait encore, en 1936, d'un corpus de données parcellaires. Surtout, elle instrumentalise cette observation en l'intégrant à un discours plus large de condamnation de la « civilisation blanche » industrielle, sans distinguer les causes alimentaires réelles des effets qu'elle attribue indistinctement à la modernité — y compris les ustensiles en aluminium, dont la revue promeut par ailleurs la dangerosité depuis les années 1920 dans une campagne documentée[41].
La critique de l'assurance maladie, présentée dans la rubrique « Faits de santé » comme un vecteur de « dégénérescence physique et morale » incitant les individus à se croire malades alors qu'ils sont sains et à préférer être pris en charge par l'État plutôt que de travailler[42], reflète un biais idéologique cohérent avec la vision rutherfordienne selon laquelle seul le Royaume de Dieu peut résoudre les maux humains, toute intervention étatique ne faisant qu'aggraver la condition de l'homme. Cette position s'inscrit dans le contexte de vifs débats américains des années 1930 sur l'assurance maladie nationale, portée par la Grande Dépression, mais vigoureusement combattue — notamment par l'American Medical Association — comme « anti-américaine, dangereuse, anti-économique, non scientifique, injuste et sans scrupules »[43]. La revue emprunte ici un argumentaire partagé par des acteurs très divers de la société américaine de l'époque, mais l'intègre dans un cadre eschatologique spécifique : la déliquescence morale des individus dépendants de l'État constitue une preuve supplémentaire de la décadence du « présent système de choses », dont la destruction imminente est la seule perspective valable. Ce faisant, elle ne documente pas une réalité sociale vérifiable, mais sélectionne des critiques de l'État-providence pour les faire servir sa rhétorique de fin du monde, sans jamais les confronter aux données réelles sur l'état de santé des populations couvertes.
Contenu
Fascisme (Action catholique) à Irvington, N.J.

La publication dénonce une campagne de répression menée contre les Témoins de Jéhovah dans la ville d'Irvington, dans le New Jersey, présentée comme une tentative de « supprimer le culte du Dieu Tout-Puissant »[44]. Le texte souligne que cette répression s'inscrit dans une série d'actions similaires dans d'autres villes de l'État, comme Plainfield, Bergenfield ou Jersey City, orchestrées par des autorités locales, des juges et des groupes qualifiés de « patriotes » en collaboration avec la hiérarchie catholique et ses alliés protestants.
L'article met en cause Thomas J. Holleran, juge catholique à Irvington, accusé de vouloir « briser » les Témoins de Jéhovah en appliquant des peines inhabituelles et cruelles. Il est reproché à ce juge d'avoir condamné Clara Schneider à une amende de 100 dollars ou à trente jours de prison pour avoir exercé une activité religieuse garantie par les constitutions fédérale et de l'État du New Jersey[45]. Le texte cite le [[Psaume 94:20-21]] pour dénoncer ceux qui « préparent le malheur par une loi » et persécutent les innocents.
Les enfants des Témoins de Jéhovah sont particulièrement visés : John Dziatkiewicz (10 ans), Mary Dziatkiewicz (15 ans) et Alex J. Sabo (15 ans) ont été arrêtés et placés en détention pour avoir refusé de participer à des cérémonies patriotiques, comme le salut au drapeau, au nom de leurs convictions religieuses. Leurs parents, James et Anna Dziatkiewicz, ont été convoqués devant le juge Holleran pour répondre à des accusations de « contribution à la délinquance d'un mineur » et risquent des peines de prison[46]. L'article souligne l'absurdité de ces poursuites, qui privent les enfants de leur droit à l'éducation publique et les parents de leurs droits civiques.
La publication compare ces méthodes à celles de l'Inquisition et s'interroge sur l'attitude des habitants d'Irvington, se demandant s'ils approuvent la suppression des libertés et la négation du droit de culte[47].
Jeu de pouvoir de la hiérarchie en Allemagne
Un article du New York Times du 3 novembre 1935 est cité pour suggérer une alliance entre le pape et Adolf Hitler. Le texte évoque les craintes de l'Église confessante allemande, qui perçoit dans les gestes conciliants du régime nazi une menace pour une Église nationale construite sur une base politique, rappelant la stratégie du cheval de Troie[48]. Cette analyse est présentée comme une preuve d'une entente entre la hiérarchie catholique et le régime hitlérien.
L'article établit un parallèle entre les persécutions subies par les Témoins de Jéhovah en Allemagne nazie et celles observées dans le New Jersey, où des enfants sont expulsés des écoles pour avoir refusé de saluer le drapeau, tandis que leurs parents sont arrêtés pour ne pas les y renvoyer. Ces pratiques sont qualifiées d'« esprit de l'Inquisition » et comparées aux méthodes utilisées en Allemagne et en Autriche[49].
L'Union américaine pour les libertés civiles résiste au fascisme dans le New Jersey
L'Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) annonce son intention de contester devant les tribunaux l'expulsion de deux enfants, Alma et Vivian Hering, âgées de 6 et 11 ans, de l'école publique Lincoln de Secaucus, dans le New Jersey, pour avoir refusé de saluer le drapeau et de prêter serment d'allégeance pour des raisons religieuses[50]. Cette affaire est présentée comme un test pour les droits des objecteurs de conscience dans plusieurs États, dont la Pennsylvanie et le Massachusetts.
La pétition de trente pages préparée par l'avocat Abraham J. Isserman, représentant l'ACLU et les Témoins de Jéhovah, attaque la constitutionnalité de la loi du New Jersey exigeant le salut au drapeau. Elle argue que cette loi viole plusieurs articles de la constitution de l'État et de la Constitution fédérale, notamment les clauses de « due process » et d'« égale protection des lois » du Quatorzième Amendement[51]. Parmi les arguments avancés, il est souligné que : - La loi impose un serment différent de celui prévu par la loi de 1932, qui exigeait un serment d'allégeance au gouvernement, et non une simple promesse de loyauté au drapeau. - Les enseignants ne sont pas légalement qualifiés pour administrer ce serment, une prérogative réservée aux notaires publics. - La loi viole le droit international en obligeant les étrangers à saluer un drapeau qui n'est pas le leur. - Les jeunes enfants, comme Vivian Hering, âgée de six ans, ne sont pas autorisés à prêter serment devant les tribunaux, mais sont expulsés pour avoir refusé de le faire à l'école. - Les parents, John et Ella Hering, risquent des poursuites pour ne pas avoir envoyé leurs enfants à l'école, alors que ceux-ci en sont exclus pour des raisons religieuses.
La pétition soutient que la loi prive les enfants de leur droit à l'éducation publique et de leur liberté de culte, garantis par la constitution du New Jersey. Elle dénonce également la discrimination subie par les enfants, obligés de prêter un serment qui n'est pas exigé du reste de la population[52]. En cas de décision défavorable, l'ACLU prévoit de faire appel devant la Cour suprême du New Jersey, puis devant la Cour suprême des États-Unis.
Tous les policiers ne sont pas sous contrôle papal
La publication souligne que tous les policiers du New Jersey ne sont pas soumis à l'influence de la hiérarchie catholique. Elle relate le cas d'un détective qui, après avoir identifié un Témoin de Jéhovah, lui a déclaré : « Oh, vous êtes un Témoin de Jéhovah. C'est très bien. Moi aussi, je suis un Témoin de Jéhovah. Bravo pour vous. » avant de s'éloigner[53]. Ce témoignage est présenté comme la preuve que certains policiers, bien que contraints d'obéir aux ordres, ne soutiennent pas la répression contre les Témoins de Jéhovah.
Les Témoins de Jéhovah protestent contre le colportage papal
La publication reproduit une résolution adoptée par le poste Peterson-Little des Vétérans des guerres étrangères (VFW) de Cape May, dans le New Jersey, le 19 décembre 1935. Cette résolution vise à assimiler les Témoins de Jéhovah à des colporteurs de marchandises et à les soumettre aux mêmes sanctions, en raison de leur refus de saluer le drapeau américain, présenté comme contraire à leurs croyances religieuses[54].
En réponse, les Témoins de Jéhovah proposent une résolution alternative, qualifiant les VFW et d'autres organisations « patriotiques » de colporteurs d'idées « hitlériennes, papistes et fascistes ». Ils les comparent à des dictateurs, des papes et des autocrates, et les menacent de sanctions divines pour leur opposition à la liberté de culte et de religion[55]. Cette réaction illustre la tension croissante entre les Témoins de Jéhovah et les groupes perçus comme des défenseurs d'un patriotisme ritualisé.
Résolutions de l'Olivet Forum condamnant le fascisme
Ce texte reproduit les résolutions adoptées par l'Olivet Institute Free Forum de Chicago, Illinois, le 5 décembre 1935, dénonçant les tentatives d'imposer le salut au drapeau américain et le serment d'allégeance comme obligations légales[56]. Les signataires affirment que ces mesures, présentées comme nécessaires à la citoyenneté, relèvent en réalité d'une stratégie fasciste visant à soumettre la population à l'État plutôt qu'à garantir les libertés individuelles. Ils soulignent que la Constitution des États-Unis protège la liberté de conscience et que le refus de saluer le drapeau, motivé par des convictions religieuses, s'inscrit dans la tradition historique de protestation contre l'injustice, fondatrice des États-Unis[57].
Les résolutions rappellent que le gouvernement existe pour servir le peuple et non l'inverse, et que l'imposition de symboles terrestres comme le drapeau ne peut lier spirituellement les citoyens. Elles citent Thomas Paine, qui défendait la primauté de la conscience individuelle sur les lois humaines, et dénoncent les persécutions subies par des enfants refusant ces pratiques au nom de leur foi. Le texte conclut en appelant le président et le Congrès à rejeter toute législation imposant un État d'esprit fasciste et à réaffirmer la protection de la liberté religieuse[58].
Une copie de ces résolutions a été envoyée aux autorités fédérales et aux comités judiciaires du Sénat et de la Chambre des représentants, ainsi qu'à d'autres organismes défendant les libertés civiles.
La folie du service des lèvres
Cet éditorial, signé par Terence P. Finegan, commandant national des United American War Veterans, critique vivement l'obligation légale de saluer le drapeau américain, qu'il juge contre-productive[59]. L'auteur, catholique de confession, affirme que cette mesure, censée renforcer le patriotisme, risque au contraire d'engendrer du ressentiment chez les jeunes, en leur donnant l'impression d'être asservis comme dans les régimes totalitaires. Il souligne que le salut forcé, loin de susciter l'adhésion, peut nourrir une rébellion intérieure et un mépris pour les symboles nationaux.
Finegan rappelle que les États-Unis se sont construits sur la liberté de conscience et que le patriotisme authentique ne peut être imposé par la contrainte. Il dénonce également l'hypocrisie de ceux qui, par conformisme, se soumettent à ces obligations sans y croire, et appelle à une réflexion sur les valeurs démocratiques que ces lois prétendent défendre[60].

Loyauté sous menace de prison
Cet éditorial du Akron Beacon Journal (Ohio) condamne la décision du procureur général de l'Ohio, John W. Bricker, autorisant les conseils scolaires à imposer le salut au drapeau et le serment d'allégeance sous peine d'exclusion, voire de poursuites judiciaires contre les parents[61]. L'article cible particulièrement le cas de quatre enfants de East Liverpool, membres des Témoins de Jéhovah, suspendus pour avoir refusé ces pratiques au nom de leur foi, qui considère le serment comme un engagement à la guerre.
L'éditorial dénonce une atteinte aux libertés fondamentales, soulignant que la contrainte ne peut générer un patriotisme sincère. Il compare ces méthodes à celles des régimes fascistes et s'interroge sur la légitimité d'un serment extorqué sous la menace. Le texte appelle à un recours juridique pour faire invalider cette mesure, arguant qu'elle transforme le drapeau, symbole de liberté, en instrument d'oppression[62].
Un dessin satirique accompagne l'article, illustrant un enfant forcé de saluer le drapeau sous la pression d'un adulte, avec la légende : *« Of Thee I Sing »*.

« Avec liberté et justice pour tous »
Cet éditorial du Columbus Citizen (Ohio) interroge la légitimité d'exclure des enfants des écoles publiques pour leur refus, motivé par des convictions religieuses, de saluer le drapeau et de prêter serment d'allégeance[63]. L'auteur souligne que le drapeau, symbole des idéaux américains, ne doit pas devenir un instrument de persécution. Il rappelle que la liberté de conscience est garantie par la Constitution et que la contrainte ne peut produire qu'une loyauté superficielle, voire de la haine.
Le texte met en garde contre les dérives fascistes que représentent ces mesures, citant en exemple les régimes totalitaires qui imposent des serments sous peine de répression. Il appelle à une réflexion sur les valeurs que ces lois prétendent défendre et sur les conséquences d'une telle intolérance, qui risque de saper les fondements mêmes de la démocratie[64].
Un second article, *« What Are We to Gain? »*, signé par Hugh Nixon dans le Boston Post, prolonge cette critique en questionnant l'utilité d'exclure des enfants pour des motifs religieux. L'auteur argue que cette mesure ne renforce ni le respect du pays ni la cohésion sociale, mais au contraire, risque de nourrir le ressentiment et de discréditer les symboles nationaux.

Politique antichrétienne des prêtres canadiens
Un comité de Canadiens français adresse une lettre ouverte à leurs concitoyens pour dénoncer l'influence jugée néfaste du clergé catholique sur l'éducation et la société. La publication reproduit des extraits de cette lettre, qui critique notamment le système scolaire francophone, accusé de produire des jeunes incapables de maîtriser correctement le français ou l'anglais. Les auteurs soulignent que les familles doivent contribuer financièrement de manière disproportionnée au fonctionnement de l'Église, citant l'exemple d'une paroisse où les dépenses ecclésiastiques s'élèvent à plus de 50 000 dollars pour 1 158 familles, soit environ 52 dollars par foyer. Ils dénoncent également l'absence de coopération avec les anglophones, attribuée à une politique cléricale de repli identitaire, et appellent à réformer le système éducatif en séparant l'enseignement religieux des matières pratiques, afin de préparer les jeunes aux défis de la vie terrestre plutôt qu'à l'au-delà[65].
La lettre évoque aussi des exemples concrets de blocages cléricaux, comme le refus des prêtres catholiques de participer à un projet de soupe populaire pour les enfants pauvres, sous prétexte que les installations proposées par la YMCA étaient inacceptables et que les enfants protestants ne devaient pas être mélangés aux catholiques. Les auteurs concluent en appelant à une coopération avec les anglophones pour construire une société plus unie et prospère, tout en dénonçant la politique de division et d'isolement promue par le clergé[66].
La mer du pouvoir arbitraire — Le jésuitisme
La publication commente un discours du sénateur Borah à Washington, dans lequel il met en garde contre les tendances centralisatrices du pouvoir fédéral. Borah affirme que l'affaiblissement des contraintes constitutionnelles pourrait conduire à une « mer de pouvoir arbitraire », menaçant les libertés individuelles. La revue établit un parallèle entre cette mise en garde et les pratiques du jésuitisme, qu'elle présente comme un système de pouvoir arbitraire et autoritaire. Elle cite des propos attribués à des figures jésuites, selon lesquels les serments et les promesses ne seraient pas contraignants si leur auteur n'avait pas l'intention de s'y soumettre, ou si les mots employés ne reflétaient pas clairement cette intention[67].
Instructions lors de la messe rouge
La revue rapporte la participation de juges et d'avocats, y compris des protestants et des juifs, à une « messe rouge » (Red Mass) célébrée à l'église catholique St. Andrew de New York. Cette cérémonie, destinée à marquer le début de l'année judiciaire, est présidée par le « Very Reverend » Edward J. Walsh, qui y dénonce le « vice damnable » du parjure dans les tribunaux. La publication critique cette initiative en soulignant les contradictions entre les valeurs prônées par Walsh et les enseignements officiels de l'Église catholique sur le parjure.
Elle cite notamment les écrits d'Alphonse Maria de Liguori, fondateur des Rédemptoristes, qui justifie le mensonge sous serment dans certaines circonstances, comme lorsque la question posée par un juge est illégale, ou lorsque le secret doit être préservé. Liguori affirme également qu'un accusé peut nier son crime sous serment s'il estime ne pas être tenu de le confesser, ou qu'un témoin peut nier connaître un crime s'il n'a pas été commis de manière scandaleuse. La publication souligne que ces enseignements, toujours considérés comme valides par l'Église, contredisent les principes d'honnêteté et de vérité que Walsh prétend défendre[68].
La revue ironise sur la présence de protestants et de juifs à cette cérémonie, suggérant qu'ils ignorent probablement les positions officielles de l'Église sur le parjure. Elle conclut en affirmant que si les juges présents adoptent les « concepts catholiques officiels » en matière de justice sociale, cela pourrait nuire aux justiciables honnêtes et sincères[69].
Influence catholique dans la famille royale britannique
La publication relaie une information publiée par le journal catholique Our Sunday Visitor, selon laquelle la reine Victoria et le roi Édouard VII auraient été catholiques et se seraient confessés régulièrement à un prêtre français. Elle mentionne également les sympathies connues du roi George V pour le catholicisme. Cette information est présentée comme un exemple de l'influence croissante de l'Église catholique au sein des institutions britanniques, y compris la monarchie[70].
« The Golden Age » reçoit une « médaille miraculeuse »
La rédaction de The Golden Age annonce avoir reçu une « médaille miraculeuse », envoyée par la Central Association of the Miraculous Medal, basée à Germantown, en Pennsylvanie. Cette médaille, présentée comme ayant été en contact avec le siège sur lequel la Vierge Marie se serait assise lors de son apparition à Catherine Labouré en 1830, est accompagnée d'une circulaire expliquant son origine et son usage. La publication ironise sur le caractère commercial de cette pratique, soulignant que la médaille est vendue comme un moyen d'éviter le purgatoire pour soi-même et pour sept autres personnes, vivantes ou mortes, moyennant une cotisation annuelle de 25 cents par personne.
La revue décrit en détail les arguments marketing utilisés pour promouvoir cette médaille, notamment l'idée que les prières et les aumônes sont plus efficaces que les larmes pour aider les âmes du purgatoire. Elle critique également la logique financière sous-jacente, notant que les morts, n'ayant plus de revenus, doivent compter sur les vivants pour payer leur cotisation annuelle. La publication estime que le coût de production de la médaille, en aluminium, ne dépasse probablement pas un cent, ce qui laisse une marge bénéficiaire importante pour les promoteurs de cette pratique[71].
La médaille porte l'inscription « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous », et son envoi est approuvé par le cardinal Dougherty, archevêque de Philadelphie. La revue souligne également que des témoignages attribuent à cette médaille des effets miraculeux, comme la protection lors d'accidents de voiture ou la guérison de maladies, bien qu'elle précise que ces affirmations ne sont pas vérifiables[72].
Département de la superstition
Saint Antoine rate rarement
La revue critique une publication catholique, St. Anthony Messenger, qui promeut la dévotion à saint Antoine de Padoue comme un moyen d'obtenir des faveurs, à condition que les fidèles contribuent financièrement. Elle ironise sur le fait que saint Antoine, présenté comme un intercesseur efficace, pourrait « rater » son intervention si les prêtres n'ont pas été suffisamment « huilés » par des dons. La publication souligne également que des objets bénis, comme des lys, sont vendus comme des talismans pour soulager les maladies ou résister aux tentations, ce qui renforce l'idée d'un commerce religieux[73].
L'affaire des messes séraphiques
La revue s'attaque à une pratique promue par le « Reverend Father » Patrick, un franciscain anglais, qui vend des messes pour les âmes du purgatoire. Elle note que les vivants doivent payer une livre sterling pour une protection « à vie », tandis que les morts ne paient que huit shillings, ce qui est présenté comme une exception à la règle habituelle du purgatoire, où les âmes dépendent des dons des vivants pour être libérées. La publication critique cette logique financière, suggérant que les morts, n'ayant plus de revenus, sont avantagés par rapport aux vivants, et que les messes devraient être gratuites si elles étaient vraiment efficaces. Elle souligne également que l'association en question célèbre 187 000 messes par an, soit une toutes les trois minutes[74].
Qui l'aurait cru ?
La revue cite un article de St. Anthony's Messenger affirmant que « le plus simple des catholiques en sait plus sur la Bible que le plus érudit des protestants ». Elle ironise sur cette déclaration en soulignant que la Bible des protestants est présentée comme une version « modifiée » pour s'adapter aux goûts individuels ou confessionnels, tandis que la Bible catholique serait la « parole non adultérée de Dieu ». La publication critique également l'affirmation selon laquelle l'Église catholique serait fondée sur le pape plutôt que sur la Bible, et que cette dernière ne contiendrait qu'une partie des enseignements du Christ. Elle conclut en demandant des preuves de ces affirmations, tout en soulignant l'absence de réponse concrète[75].
Les évêques devraient se mettre d'accord
La revue relève une contradiction entre les déclarations de deux évêques catholiques. Le premier, évêque de Westminster, affirme que le pape est un « vieil homme impuissant » incapable d'empêcher une nouvelle guerre mondiale, tandis que le cardinal Hayes, à Cleveland, présente le pape comme un « berger suprême du christianisme » dont le leadership est une bénédiction pour un monde « désorienté et affligé ». La publication ironise sur cette divergence de points de vue, suggérant que les évêques devraient se mettre d'accord sur leur discours[76].
Venez témoigner du zèle pour Jéhovah
La revue lance un appel à ses lecteurs pour qu'ils participent à une assemblée exceptionnelle des Témoins de Jéhovah, prévue simultanément dans dix villes des États-Unis et du Canada les 22 et 23 février 1936. Cette assemblée est présentée comme une occasion unique de se consacrer au service de Jéhovah Dieu, en mettant de côté les préoccupations personnelles, professionnelles ou familiales. La publication insiste sur le fait que cette réunion n'est pas une convention ordinaire, mais une « assemblée extraordinaire » destinée à renforcer la foi et l'engagement des participants[77].
L'événement principal sera un discours du juge Joseph Rutherford intitulé « Séparer les nations », prononcé à midi (heure du Pacifique) le 23 février au Shrine Auditorium de Los Angeles. Ce discours sera retransmis en direct par téléphone et haut-parleurs dans neuf autres villes : Birmingham, Chicago, Kansas City, Baltimore, Boston, Cleveland, New York, Pittsburgh et Toronto. Les horaires varient selon les fuseaux horaires, avec des retransmissions à 14h00 (heure centrale) pour les trois premières villes, et à 15h00 (heure de l'Est) pour les six autres. Des interventions d'autres orateurs, venus du siège de la Watch Tower à Brooklyn, sont également prévues durant ces deux jours[78].
La revue encourage les lecteurs à réserver ces deux jours pour Jéhovah, en précisant que des hébergements et des services de restauration seront disponibles sur place. Elle leur demande de préciser s'ils sont blancs ou noirs, hommes ou femmes, le nombre de personnes dans leur groupe, ainsi que leurs préférences en matière de logement et de budget. Les coordonnées des responsables locaux pour chaque ville sont fournies, afin que les participants puissent les contacter pour organiser leur venue. La publication insiste sur le fait que seuls ceux qui aiment Dieu sont invités à participer, et que les autres devraient s'abstenir[79].
Témoignage de maison en maison pour Jéhovah Dieu
La revue souligne que le témoignage pour Jéhovah ne se limitera pas aux discours de Rutherford et des autres orateurs, mais qu'il incombe à chaque Témoin de Jéhovah de participer activement à cette mission. Elle rappelle que pour être un véritable témoin de Jéhovah, il faut témoigner, et que cela s'applique également aux « Jonadabs », une catégorie de croyants associés aux Témoins de Jéhovah à cette époque. La publication utilise une métaphore biblique pour illustrer cet appel, en comparant les participants à des chars conduits par Jéhu, une figure de l'Ancien Testament, et en les exhortant à répondre à l'invitation divine[80].
Elle encourage les lecteurs à mettre de côté leurs préoccupations matérielles et domestiques pour se consacrer pleinement à ce service, en se préparant à affronter toutes les conditions météorologiques. La revue insiste sur l'importance de cette assemblée pour ceux qui espèrent traverser Armageddon et entrer dans le « Âge d'Or » de paix et de bénédiction divine promis à l'humanité. Enfin, elle invite les lecteurs à informer leurs proches en Grande-Bretagne de l'événement, en leur précisant que le discours de Rutherford sera retransmis par téléphone et sans fil dans plus de trente villes britanniques, le dimanche 23 février entre 20h00 et 21h00[81].
Jésus
La publication propose un exposé de cinq minutes sur la personne de Jésus, présenté par Joseph Franklin Rutherford. Ce texte affirme que Jésus Christ est le Fils de Dieu et le dirigeant exécutif de Jéhovah. Il est également désigné par le titre de « Logos », signifiant le porte-parole de Jéhovah. Selon l'article, Jésus fut la première création de Dieu et l'agent actif dans la création de toutes choses, en accord avec Colossiens 1:16. À l'origine esprit, Jésus fut transféré sur terre pour devenir un être humain, prenant le nom de Jésus, qui signifie « Sauveur du peuple » (Matthieu 1:21).
L'article souligne que le but principal de l'envoi de Jésus sur terre était de réfuter les accusations de Satan contre Jéhovah et de prouver la fidélité des hommes envers Dieu. Jésus fut soumis à des épreuves extrêmes pour démontrer sa loyauté envers Jéhovah, notamment en refusant les offres de Satan de lui céder la domination du monde en échange de son allégeance. Cette fidélité est décrite comme une justification de la position de Jéhovah dans le conflit cosmique qui oppose Dieu à Satan. La publication cite Hébreux 5:8-9 pour illustrer que Jésus, bien qu'étant le Fils de Dieu, apprit l'obéissance par les souffrances et devint ainsi l'auteur du salut éternel pour ceux qui lui obéissent[82].
Pour sauver l'humanité des conséquences de la condamnation à mort d'Adam, Jésus dut mourir à la place du pécheur. La publication explique que, bien que Jésus ait été sans péché, il fut traité comme un pécheur et mourut pour racheter l'humanité. Après sa mort, Dieu le ressuscita et l'éleva à la position la plus haute de l'univers, comme le décrit Philippiens 2:9-10. L'article conclut que tous ceux qui souhaitent obtenir la vie éternelle doivent croire en Jésus Christ et lui obéir[83].
Les Témoins de Jéhovah en Californie, en Allemagne et en Espagne
Cette section regroupe plusieurs témoignages et rapports sur la situation des Témoins de Jéhovah dans différents pays, notamment en Californie, en Allemagne et en Espagne.
Un premier témoignage provient de la famille Gavette, en Californie, qui écrit une lettre à Joseph Rutherford pour exprimer sa gratitude envers Jéhovah et l'organisation pour les provisions spirituelles et matérielles accordées aux pionniers. La lettre mentionne que leurs trois filles, âgées de 7 à 12 ans, ont été suspendues de l'école pour avoir refusé de saluer le drapeau, conformément aux directives publiées dans La Tour de Garde de décembre 1935. Les enfants, soutenues par leur mère, continuent leur éducation à domicile tout en restant fidèles à leur foi. La famille exprime son désir de retourner au travail de pionnier et son engagement total envers l'organisation[84].
Un second rapport, rédigé par un témoin roumain nommé Antoni, décrit les persécutions subies par les Témoins de Jéhovah en Allemagne sous le régime nazi. Antoni, expulsé d'Allemagne et résidant en Roumanie, relate les brutalités infligées aux prisonniers, notamment dans les camps de concentration comme Esterwegen et Fuhlsbüttel. Il décrit des scènes de torture, des exécutions simulées et des conditions de vie inhumaines. Les Témoins de Jéhovah sont particulièrement ciblés pour leur refus de prêter allégeance à Hitler et de participer aux activités nazies. Antoni mentionne également que de nombreux Juifs et prisonniers politiques subissent des traitements encore plus cruels, certains étant torturés à mort[85].
Un autre rapport, anonyme, évoque les persécutions en Allemagne et pose des questions sur la conduite à tenir face aux règles des camps de concentration. Il décrit des punitions extrêmes, comme des coups de fouet, des exécutions et des tortures psychologiques, infligées aux Témoins de Jéhovah qui refusent de se soumettre aux exigences nazies. Le rapport interroge également sur la résurrection des personnes qui mourront lors de la bataille d'Armageddon, citant Matthieu 25:31-46 et Jérémie 51:6 pour souligner les incertitudes doctrinales à ce sujet. Enfin, il mentionne les difficultés supplémentaires causées par la « Luftschutzgesetz » (loi sur la défense aérienne), qui impose des restrictions strictes et des amendes aux Témoins de Jéhovah refusant de s'y conformer[86].
Réponse de Joseph Rutherford aux rapports sur les persécutions en Allemagne
Joseph Rutherford répond à une lettre de Karl Lang, un Témoin de Jéhovah résidant en Tchécoslovaquie, qui l'interroge sur les persécutions subies par les fidèles en Allemagne. Rutherford qualifie les exactions commises par le régime nazi de « choquantes, épouvantables et diaboliques », attribuant ces actes à l'influence de Satan. Il souligne que ces persécutions, bien que douloureuses, servent un dessein divin en permettant à Satan de révéler ses limites dans sa tentative de détourner les hommes de Dieu. Rutherford encourage les Témoins de Jéhovah à rester fidèles et inébranlables, citant Matthieu 10:28 et Apocalypse 2:10 pour rappeler l'importance de la loyauté envers Dieu, même face à la mort.
Il affirme que la seule réponse appropriée à ces épreuves est de demeurer fidèle à Jéhovah et à son Royaume, malgré les souffrances. Rutherford rappelle que cette fidélité est récompensée par l'approbation divine et une place dans la vindication du nom de Jéhovah. Il conclut en exhortant les Témoins de Jéhovah à suivre l'exemple du Christ, qui est resté fidèle jusqu'à la mort[87].
Lettre de Joseph F. Rutherford aux frères en Allemagne
Cette section publie une lettre ouverte de Joseph Franklin Rutherford, alors président de la Société Watch Tower, adressée aux « frères en Allemagne ». Rutherford y encourage les Témoins de Jéhovah allemands à persévérer dans leur témoignage malgré les persécutions, citant Hébreux 10:32-34 pour souligner que la fidélité face à l'opposition mène à la victoire finale en Christ. Il exprime sa solidarité avec eux et transmet les salutations des frères américains, insistant sur l'unité internationale du mouvement. La lettre se termine par une formule de salutation typique de l'époque, signée « Votre frère et serviteur par Sa grâce, J. F. Rutherford »[88].
Combat remarquable avec un chien
Un pionnier espagnol, O. E. Rosselli, relate un incident survenu lors d'une tournée de prédication en Espagne. Alors qu'il tente de contacter des habitants dans une ferme isolée, il est attaqué par un chien croisé de bull et de berger allemand, pesant environ 18 à 20 kg. L'animal, sans aboyer, le charge violemment. Rosselli, dépourvu de tout objet pour se défendre, parvient à maîtriser le chien en le saisissant à la gorge et en le maintenant jusqu'à ce qu'il s'épuise. Il décrit la lutte comme une « bataille pour la vie », soulignant que seule l'intervention divine lui a permis de sortir indemne, avec seulement quelques égratignures. L'article se conclut par une réflexion sur la protection de Jéhovah, comparant son soulagement à celui de l'apôtre Pierre libéré de prison par un ange[89].
Correction sur les Moats de Rhodésie du Nord
Cette brève note rectifie une erreur contenue dans le rapport Alison Russell, qui mentionnait un certain « District Officer, Mr. Moffat » en Rhodésie du Nord. La publication précise qu'il s'agit en réalité de John Smith Moat, et non du révérend Malcolm Moat. Elle attribue cette confusion aux auteurs du rapport, accusés d'avoir délibérément tenté de discréditer le mouvement de la Watch Tower en le présentant sous un faux jour. L'article souligne que cette méprise reflète une volonté de manipuler l'opinion publique contre les Étudiants de la Bible[90].
La Belle France
Cette rubrique regroupe plusieurs articles courts illustrant divers aspects de la vie en France et dans ses colonies, ainsi que des développements politiques et sociaux contemporains.
Immenses nouveaux appartements à Paris
Paris a achevé la construction de cinq immeubles d'habitation totalisant 1 200 appartements, couvrant 27 acres. Les bâtiments, innovants pour l'époque, utilisent des matériaux modernes comme des dalles de béton cellulaire isolant et des cloisons en contreplaqué, évitant ainsi les traditionnels enduits de plâtre. Les sols sont préfabriqués, et les logements sont conçus pour offrir un confort optimal. Cet article met en avant le dynamisme architectural de la capitale française[91].
Le fascisme papal se répand en France
La publication dénonce l'expansion du fascisme clérical en France, s'appuyant sur un article du Daily Herald de Londres. Elle rapporte des incidents violents impliquant des milices fascistes, comme le vol d'armes dans une caserne de police à Dieppe, armes retrouvées plus tard chez un commerçant fasciste. L'article souligne l'impunité dont bénéficient ces groupes, citant un magistrat fasciste qui aurait refusé d'engager des poursuites contre eux. La Watch Tower interprète ces événements comme une preuve de la collusion entre l'Église catholique et les mouvements fascistes, qu'elle associe systématiquement à une opposition à la vérité biblique[92].
Des signes dans le vent en France
Le 5 juillet 1935, le parti catholique-fasciste français publie un manifeste appelant à une « lutte à mort » contre la franc-maçonnerie. Cinq jours plus tard, le pape Pie XI décerne l'« Ordre Suprême du Christ » au président de la République française, Albert Lebrun. La publication y voit une preuve supplémentaire de l'alliance entre l'Église catholique et les forces politiques réactionnaires, qu'elle présente comme une menace pour les libertés démocratiques et la diffusion de la vérité biblique[93].
Mariage dans les airs
Un couple parisien a célébré son mariage dans un avion, une première pour l'époque. L'avion nuptial transportait le marié, la mariée, le témoin, les demoiselles d'honneur et un officiant religieux, tandis que les invités suivaient dans six autres appareils. La publication souligne le caractère sensationnel de l'événement, tout en notant que le compte-rendu insiste sur l'approbation papale, reflétant ainsi le biais pro-catholique des médias dominants[94].
Cette jeune fille n'a pris aucun risque
En 1936, des ouvriers découvrent à Évreux, en France, un trésor caché depuis environ 1 700 ans : une bague en or, un bracelet et un collier en or et jade. Ces objets, dissimulés entre deux tuiles par une jeune fille de l'époque romaine, sont présentés comme des exemples remarquables de l'artisanat de cette période. L'article souligne la valeur historique de cette découverte, tout en insistant sur la continuité des stratégies de préservation des biens précieux à travers les siècles[95].
L'Afrique-Équatoriale française
L'Afrique-Équatoriale française, couvrant 912 000 miles carrés, est désormais divisée en vingt départements administrés depuis Brazzaville, sur le fleuve Congo. Grâce aux progrès technologiques comme la radio et l'aviation, la gestion de ce vaste territoire est présentée comme simplifiée. L'article met en avant l'efficacité de l'administration coloniale française, tout en soulignant les défis logistiques posés par un tel espace[96].
Phare dans le Sahara
Les Français ont construit un phare équipé d'une pompe à gaz au cœur du Sahara, destiné à faciliter la navigation des caravanes de chameaux, des véhicules motorisés et des avions traversant le désert. Ce phare, le premier du genre dans un désert, est présenté comme une innovation majeure pour la sécurité des voyageurs. L'article souligne l'ingéniosité des solutions techniques adaptées aux environnements les plus hostiles[97].
L'Afrique, terrain de parade
Le ministre de la Défense sud-africain, Oswald Pirow, déclare que l'Afrique est en train de devenir un vaste terrain d'entraînement militaire pour les populations locales. Il prédit qu'une nouvelle guerre européenne entraînerait des massacres sans précédent sur le continent africain. La publication interprète cette déclaration comme une preuve des tensions croissantes liées au colonialisme et à la militarisation des territoires africains[98].
Hurlements radio punissables en France
En France, 13 465 personnes ont été sanctionnées en un seul mois pour avoir perturbé la réception radio de leurs voisins. L'article souligne que cette infraction est désormais passible de poursuites, reflétant les tensions liées à l'usage croissant des postes de radio et aux conflits de voisinage qu'ils peuvent engendrer[99].
La Palestine en 1935
Cette rubrique présente une série d'articles sur la situation économique, politique et sociale de la Palestine sous mandat britannique, avec un accent particulier sur l'immigration juive et ses conséquences.
Le commerce allemand avec la Palestine
Un phénomène paradoxal est mis en avant : malgré le boycott juif contre l'Allemagne, les importations allemandes en Palestine ont augmenté en raison de l'afflux de 20 000 à 50 000 Juifs fuyant l'Allemagne nazie. Ces immigrants, souvent aisés, importent des biens allemands, ce qui stimule le commerce entre les deux pays. En 1935, la population juive de Palestine atteint environ 330 000 personnes, avec un taux d'arrivée de 1 000 à 1 200 Juifs par semaine. L'article souligne que cette situation crée une pénurie de main-d'œuvre dans le pays, contrairement à d'autres régions du monde touchées par la crise économique[100].
Diverses informations sur la Palestine
Plusieurs mesures et événements marquent l'actualité palestinienne. Le gouvernement britannique limite, pour des raisons non précisées, le nombre de médecins autorisés à exercer dans le pays. La Palestine ne prélève pas d'impôt sur le revenu, et son budget a été équilibré en 1935 avec un excédent de 200 000 dollars. Le pape aurait acheté le palais palestinien de l'ancien kaiser Guillaume II et attribué à la Vierge Marie le titre de « Reine de Palestine ». L'article mentionne également des inondations et des tempêtes inhabituelles pour la saison[101].
Parcs publics à Jérusalem
Jérusalem développe des parcs publics dans sa nouvelle ville, située en dehors des murs de la cité antique. Ces espaces verts sont aménagés pour offrir un cadre de vie moderne aux habitants. L'article souligne que la ville bénéficiera bientôt d'un approvisionnement en eau amélioré, le meilleur depuis l'époque de Ponce Pilate. Parmi les bâtiments modernes cités figurent l'hôtel King David, le bâtiment du Y.M.C.A., le musée Rockefeller des Antiquités et les bâtiments de l'Université hébraïque, présentés comme des réalisations architecturales remarquables. Environ 150 000 voyageurs visitent Jérusalem chaque année[102].
L'approvisionnement en eau de Jérusalem
L'approvisionnement en eau de Jérusalem, historiquement limité, a été quadruplé grâce à un pompage depuis la rivière Auja, qui se jette dans la Méditerranée au nord de Jaffa. Le coût de l'eau pour les consommateurs est passé de 10 cents à 5 cents par mètre cube. L'article rappelle que la rivière Auja, autrefois appelée « ruisseau Kanah », marquait la frontière entre les territoires des tribus d'Éphraïm et de Manassé à l'époque biblique[103].
Le type de main-d'œuvre recherché
En raison de la pénurie de main-d'œuvre en Palestine, les employeurs recherchent activement des ouvriers qualifiés dans des métiers manuels comme la serrurerie, la tôlerie, la plâtrerie et la mécanique automobile, plutôt que des professionnels diplômés. Tel Aviv, centre économique du pays, est présenté comme le principal pôle d'activité. L'article établit un parallèle entre cette prospérité matérielle de l'Israël naturel et la prospérité spirituelle des « Israélites spirituels », c'est-à-dire les Témoins de Jéhovah[104].
80 000 Juifs polonais vers Tel Aviv
Une compagnie maritime italienne a signé un contrat avec le comité sioniste pour transporter 80 000 Juifs polonais vers Tel Aviv en 1936. La Palestine est présentée comme le seul pays au monde connaissant une pénurie de main-d'œuvre, en raison de l'afflux massif d'immigrants juifs. L'article souligne l'ampleur de ce mouvement migratoire et ses implications économiques[105].
La Palestine se développe rapidement
La Palestine connaît un développement économique rapide. Les Arabes, suivant l'exemple des Juifs, se lancent dans la culture des orangers, des pamplemousses et des amandes. Une industrie chimique en plein essor et des puits artésiens transforment les déserts en terres arables. Le capital et l'entreprise juifs s'étendent au-delà du Jourdain. L'article compare la Palestine à la Belgique en termes de taille et prédit qu'elle deviendra bientôt un acteur économique majeur au Proche-Orient[106].
Fête de Pourim à Tel Aviv
La ville entièrement juive de Tel Aviv, qui compte désormais 110 000 habitants, a célébré la fête de Pourim les 18 et 19 mars 1935 avec une ampleur sans précédent. Pourim commémore la victoire des Juifs sur Haman, et un dicton juif affirme que cette fête sera la seule à être célébrée même après la venue du Messie. L'article souligne l'importance culturelle et religieuse de cet événement pour la communauté juive[107].
Premier Congrès sioniste en Palestine
Le 24 mars 1935, Tel Aviv a accueilli le premier Congrès sioniste jamais organisé en Palestine. Jusqu'alors, ces congrès se tenaient en Suisse ou en Tchécoslovaquie. La Société des Nations a cependant rejeté la demande des Juifs visant à créer un État juif en Palestine. L'article met en lumière les tensions politiques autour du projet sioniste et les obstacles auxquels il se heurte[108].
Tel Aviv, une ville en plein essor
Tel Aviv, dont la population est entièrement juive, connaît un boom économique sans précédent. En quelques années, les terrains se sont vendus jusqu'à dix fois leur prix initial, atteignant désormais 7 500 à 10 000 dollars l'acre. Les affaires prospèrent, et des usines ainsi que des ateliers s'implantent dans toute la ville. L'article présente Tel Aviv comme un symbole de la réussite du projet sioniste[109].
Lequel est le pire ?
Un article comparatif révèle qu'en Angleterre et au Pays de Galles, seulement 107 enfants de moins de cinq ans sont morts de la variole entre 1905 et 1933, tandis que 270 enfants sont décédés des suites de la vaccination. La publication utilise ces chiffres pour critiquer la vaccination, qu'elle présente comme plus dangereuse que la maladie elle-même, reflétant ainsi son opposition aux pratiques médicales conventionnelles[110].
Cigarettes et tabac
Cette rubrique regroupe plusieurs articles dénonçant les dangers du tabac et de la cigarette, s'appuyant sur des arguments médicaux, scientifiques et moraux.
Les joies de fumer des cigarettes
La publication énumère les composants toxiques de la fumée de cigarette, dont le furfural, cinquante fois plus toxique que l'alcool ordinaire, et qui provoque des convulsions, une paralysie musculaire et respiratoire. Parmi les autres substances nocives figurent la nicotine, mortelle à la dose d'une seule goutte, l'acide cyanhydrique (utilisé dans les gaz de combat), l'ammoniaque (qui détruit les muqueuses), l'acide carbolique (un poison corrosif), l'acroléine (dangereuse pour les yeux), le monoxyde de carbone (responsable d'asphyxie), le formaldéhyde (poison), la méthylamine (un gaz à forte odeur d'ammoniac), le grisou (gaz des mines de charbon) et la parvoline (une ptomaïne présente dans la chair en décomposition). La glycérine diluée dans du rhum est utilisée comme agent liant. L'article souligne que les troubles respiratoires et digestifs sont bien plus fréquents chez les fumeurs que chez les non-fumeurs, et que les travailleurs du tabac sont quatre fois plus susceptibles de contracter la tuberculose. Les poulets d'un coq empoisonné par le tabac sont chétifs et faibles, et un tiers d'entre eux meurent. Les femmes travaillant dans les usines de tabac sont particulièrement sujettes aux fausses couches. Chez les écoliers, les non-fumeurs surpassent les fumeurs en poids, croissance, tour de poitrine et capacité pulmonaire. L'article mentionne également des maux de tête, des douleurs corporelles, des troubles de la vision et de l'ouïe, ainsi que des cas de folie liés au tabac[111].
Ce que fait la fumée de tabac
Plusieurs exemples illustrent les dangers du tabac. Un canari placé dans une salle de restaurant à Chicago meurt instantanément lorsque les convives allument leurs cigares et cigarettes. Une vieille femme fumeuse de pipe embrasse un nouveau-né sur la bouche, provoquant sa mort immédiate. Un médecin appelé auprès d'un bébé en pleurs découvre que le père souffle de la fumée de tabac au visage de l'enfant, ce qui cesse dès que le nourrisson est exposé à l'air frais. Les enfants de mères fumeuses meurent souvent quelques jours après leur naissance, présentant des signes d'empoisonnement à la nicotine. Les entraîneurs de baseball et de football interdisent le tabac aux athlètes en raison de ses effets néfastes sur les performances. Le tabac détruit les globules rouges du sang, affaiblit les globules blancs et réduit leur capacité à combattre les germes. Gene Tunney, champion de boxe, n'a jamais fumé. Le coût annuel du tabac pour les Américains s'élève à 3 milliards de dollars, monopolise 2,11 millions d'acres de terres agricoles et cause 50 millions de dollars de pertes dues aux incendies provoqués par des fumeurs négligents. Ces informations sont attribuées à la « Boys and Girls Anti-Cigarette League, Inc. » de Chicago[112].
Josephine Kaye-Williams sur le tabac
Le Dr Josephine Kaye-Williams, de Camden (New Jersey), affirme que le « cœur tabagique » est une affection courante, souvent accompagnée d'une dégénérescence graisseuse du muscle cardiaque. Cette pathologie est également observée chez les personnes exposées à la fumée de tabac. Les fumeurs sont plus sensibles aux maladies infectieuses, et l'idée que le tabac possède des propriétés antiseptiques est qualifiée de « théorie démystifiée ». L'article rapporte que certains fabricants de cigarettes ajouteraient secrètement de l'opium et d'autres drogues narcotiques à leurs produits. Kaye-Williams recommande de consommer un demi-verre de jus d'orange toutes les demi-heures pour éliminer l'envie de fumer[113].
Se débarrasser de l'habitude du tabac
Le magazine Modern Living propose une méthode pour se libérer de l'habitude du tabac : prendre une inspiration profonde, retenir sa respiration pendant quatre secondes, puis expirer énergiquement pour vider complètement les poumons. Répéter cet exercice quatre ou cinq fois permettrait de faire disparaître l'envie de fumer. L'article présente cette technique comme une solution simple et efficace pour surmonter la dépendance[114].
Une consommation de cigarettes presque incroyable
Aux États-Unis, la consommation de cigarettes au cours des quatre premiers mois de 1935 s'élève à 41,54 milliards d'unités, soit plus de 1 000 cigarettes par an et par habitant, tous âges confondus. L'article souligne l'ampleur de cette consommation, qu'il qualifie d'« presque incroyable », et met en garde contre les conséquences sanitaires et sociales de cette dépendance croissante[115].
Faits de santé
Cette rubrique aborde divers sujets liés à la santé publique, aux remèdes traditionnels et aux abus du système médical.
Fermes de drogue à Brooklyn
À Brooklyn, 321 parcelles de terrain ont été découvertes où était cultivée une plante utilisée comme drogue dans les cigarettes, provoquant des crises de folie, des hurlements, de l'écume à la bouche et des comportements meurtriers. Cette plante, connue sous les noms de haschisch, chanvre, tabac sauvage ou marijuana, est également cultivée dans plusieurs États américains, dont le Rhode Island, le Massachusetts, la Pennsylvanie, le Texas et le Nouveau-Mexique. Les cultivateurs mènent des campagnes pour inciter les écoliers à consommer cette drogue, dont la dépendance est extrêmement difficile à briser. Le gouvernement mexicain lutte activement contre ce fléau. L'article compare cette plante à une vigne de tomate et souligne les dangers qu'elle représente pour la société[116].
Administration fédérale des aliments et des médicaments
L'Administration fédérale des aliments et des médicaments (FDA) a saisi en un mois plusieurs lots de produits impropres à la consommation : 18 700 litres de myrtilles et airelles infestées de vers, deux lots de petits pois surgelés contenant des charançons, 125 boisseaux de pommes, 50 boisseaux de poires et 35 cageots de cerises, tous surpulvérisés de pesticides toxiques. Parmi les autres saisies figurent 35 barils de cacao contaminé, une quantité de beurre de pomme, 7 575 kg de beurre non conforme, 1 043 kg de viande de crabe impropre, 1 438 litres de crème contaminée, 19 lots de saumon avarié, 209 cageots d'œufs pourris, un lot de jus d'orange en conserve, cinq lots de légumes en conserve (navets, moutarde, épinards), quatre barils de volaille préparée, 24 envois de sauces et purées de tomates, deux lots d'huile de coton étiquetée comme huile d'olive, du jus de palourde en quantité insuffisante, des confitures et gelées sous-dosées, du beurre en poids insuffisant ou pauvre en matière grasse, du miel contenant du sucre de canne et du sirop de maïs, des imitations d'arôme de vanille, du brandy étiqueté comme whisky, des sardines en conserve avariées et vingt médicaments brevetés mal étiquetés. L'article s'interroge sur la capacité des consommateurs à survivre dans un environnement aussi contaminé[117].
Remède à base de plantes pour les hémorroïdes
L. L. Laxe, de l'Indiana, partage un remède traditionnel pour soulager les hémorroïdes. Il recommande de préparer une infusion forte de feuilles de molène fraîches et vertes, puis de s'asseoir au-dessus d'un bassin contenant cette infusion aussi chaude que possible, en laissant le liquide couler sur les zones affectées pendant deux à trois minutes, plusieurs fois par jour. Ce traitement, bien que peu agréable, aurait donné des résultats permanents dans des cas où les médecins préconisaient une intervention chirurgicale. Laxe affirme que ce remède a soulagé des patients pendant des années, y compris dans des cas graves[118].
Les abus de l'assurance maladie
L'assurance maladie est critiquée pour ses effets pervers. Elle détruirait la relation naturelle entre le médecin et le patient, inciterait les gens à se croire malades alors qu'ils sont en bonne santé, et favoriserait la dégénérescence physique et morale de ceux qui préfèrent être pris en charge par l'État plutôt que de travailler. Les médecins « panel » seraient contraints d'examiner jusqu'à 200 patients par jour, alors que d'autres praticiens compétents estiment qu'une douzaine de consultations quotidiennes constituent déjà une charge importante. L'article dénonce les abus du système et ses conséquences sur la qualité des soins[119].
Pour une fièvre tenace
Un remède traditionnel contre la fièvre tenace consiste à faire revenir des oignons dans du saindoux jusqu'à ce qu'ils soient tendres, puis à les placer dans deux sacs en sucre et à les appliquer sur la plante des pieds, aussi chauds que possible. Les sacs doivent être maintenus en place avec des bandages et des chaussettes. Ce traitement, bien que désagréable, serait particulièrement efficace lorsqu'il est combiné à une dose d'huile de ricin. L'article attribue cette recette à Mme J. H[120].
Flashes alimentaires
Cette rubrique regroupe plusieurs conseils pratiques et témoignages liés à l'alimentation et à la conservation des aliments, souvent présentés comme des alternatives saines aux méthodes industrielles ou aux produits transformés.
Un premier article relate le témoignage de Mme Elizabeth Metz, du Maryland, qui partage son expérience réussie de mise en conserve du blé en suivant une recette publiée dans The Golden Age. Elle explique avoir adapté la méthode à son équipement domestique (une chaudière sur un réchaud à pétrole) et obtenu un résultat satisfaisant, qu'elle qualifie de « nourriture santé digne d'un roi ». Les étapes clés sont rappelées : achat de blé nettoyé, rinçage, ajout de sel et d'eau dans des bocaux en verre, cuisson lente à basse température pendant douze heures. La publication souligne que cette technique permet d'obtenir un blé éclaté, prêt à être consommé après mastication[121].
Un autre témoignage, signé par Max Levy, propose une alternative au café à base d'orge. L'auteur décrit le processus de torréfaction et de mouture de l'orge, qu'il présente comme une boisson « aussi chaude et noire que le café », sans l'amertume ni les effets néfastes attribués à ce dernier (nervosité, maux de tête, insomnies). Il insiste sur les avantages économiques et sanitaires de cette substitution, tout en précisant que l'orge peut être consommée à volonté sans risque[122].
La rubrique aborde également une recette de choucroute partagée par Mme Grace C. Hall, de l'Illinois. Celle-ci détaille une méthode de fermentation en bocaux sans utilisation de chaleur, permettant de conserver la choucroute pendant douze mois sans moisissure. Les étapes incluent le hachage du chou, l'ajout de sel, le tassement dans des bocaux, et un stockage dans un endroit frais pendant six semaines. La publication souligne que cette technique évite le ramollissement du produit et permet une consommation directe après ouverture[123].
Enfin, un échange épistolaire ironique met en scène une lectrice de l'Oklahoma, Mme E. T., qui conteste une affirmation précédente de The Golden Age sur les réfrigérateurs électriques. Elle défend les avantages de son appareil, qu'elle utilise depuis sept ans sans augmentation significative de sa facture d'électricité ni frais de maintenance. Elle souligne la supériorité de la conservation des aliments dans un réfrigérateur électrique par rapport à une glacière traditionnelle, tout en reconnaissant les risques inhérents à toute technologie moderne[124].
Cinquante-trois taxes sur le pain
Cet article dénonce la multiplicité des taxes pesant sur la production et la consommation du pain aux États-Unis. La publication énumère cinquante-trois prélèvements fiscaux répartis entre les différents acteurs de la filière : agriculteurs, silos à grains, meuniers, transporteurs, fabricants d'emballages et boulangers. Ces taxes, prélevées par les municipalités, les districts scolaires, les comtés et les États, incluent des impôts fonciers, des taxes sur les revenus, des licences professionnelles, des taxes sur les carburants et des taxes de vente. La publication souligne que le consommateur final, ignorant ces coûts cachés, les supporte néanmoins indirectement. Elle établit un lien entre la consommation de pain blanc et les problèmes de santé (décrits comme des frais médicaux, pharmaceutiques et funéraires supplémentaires), tout en ironisant sur la préférence des femmes pour ce type de pain en raison de son apparence[125].
Ce qui manque aux Esquimaux
L'article met en parallèle le mode de vie traditionnel des Esquimaux et leur adoption progressive des habitudes alimentaires occidentales. La publication affirme que, dans leur état naturel, les Esquimaux sont exempts de cancer, de caries dentaires, d'artériosclérose et de diabète. Cependant, dès qu'ils adoptent les aliments transformés des « Blancs » (notamment ceux distribués par les magasins à succursales multiples), ils développent ces mêmes pathologies. La publication attribue cette dégradation sanitaire à l'utilisation d'ustensiles en aluminium et à la consommation d'aliments industriels, qu'elle présente comme des symboles de la « civilisation blanche »[126].
Aliments en conserve et fraudes
La rubrique rapporte plusieurs saisies effectuées par la Food and Drug Administration (FDA) aux États-Unis. En février, des tomates en conserve produites à Baltimore ont été confisquées en raison de la présence de larves de mouches. La FDA a également saisi des crevettes en conserve et surgelées impropres à la consommation, ainsi que des poissons blancs infestés de vers et des baies (myrtilles et framboises) contaminées par des insectes. La publication utilise ces exemples pour illustrer les risques sanitaires liés aux aliments industriels et mettre en garde ses lecteurs[127].
Graisses végétales et sirops synthétiques
Un lecteur canadien, R. M. Lochhead, s'interroge sur les effets sur la santé des graisses végétales et des sirops synthétiques. Il décrit les procédés de fabrication de ces produits, impliquant l'utilisation d'acide chlorhydrique pour les graisses et d'acide sulfurique pour les sirops (à base d'amidon de maïs ou de pomme de terre). Il affirme avoir personnellement ressenti des troubles digestifs après leur consommation et encourage les lecteurs à éviter ces ingrédients, qu'il considère comme potentiellement nocifs[128].
Repas légers pour un meilleur jugement
Cet article s'appuie sur des « mesures scientifiques » pour promouvoir les repas légers. La publication affirme que les repas copieux détournent le sang des organes sensoriels (yeux, oreilles) et du cerveau vers les organes digestifs, réduisant ainsi les capacités cognitives et perceptives. Elle cite une étude montrant une différence de 37,14 % dans la réception auditive entre un repas léger et un repas lourd. L'article encourage les lecteurs à privilégier des repas frugaux pour améliorer leur concentration et leur jugement[129].
Aliments séchés vs aliments en conserve
Un lecteur de Floride, C. W. Weitzel, partage son expérience de six mois sans consommer d'aliments en conserve, en raison des risques liés à l'utilisation d'ustensiles en aluminium. Il a remplacé ces produits par des légumineuses séchées (haricots, pois, lentilles), des fruits secs et des légumes frais. Il rapporte une amélioration de sa santé, une meilleure conservation des aliments et des économies financières. Il recommande notamment de mélanger les haricots avec des lentilles ou des pois verts séchés pour une digestion plus légère[130].
Un cas intéressant de « caroténémie »
L'article relate un cas médical observé à Los Angeles, où une mère mexicaine, dont la famille bénéficiait de l'aide sociale, s'est nourrie exclusivement de carottes pour permettre à ses enfants de consommer d'autres aliments. Cette alimentation a provoqué une coloration jaune orangé de sa peau et des troubles mentaux temporaires, dus à la présence de carotène dans les carottes. Après un retour à une alimentation normale, son état s'est rétabli. La publication utilise cet exemple pour illustrer l'adage « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es »[131].
L'obéissance transforme un exclu en fils
Cet article théologique développe une interprétation de l'histoire biblique centrée sur l'exclusion des non-Juifs (Gentils) du salut avant la mort de Jésus-Christ. La publication affirme qu'avant cet événement, seuls les Juifs avaient accès à Dieu, conformément à la promesse faite à Abraham. Elle cite des passages bibliques pour illustrer l'interdiction faite aux Israélites de s'associer avec les Gentils, notamment en raison des pratiques immorales de ces derniers (décrites dans le chapitre 18 du Lévitique).
L'article évoque cependant quelques exceptions, comme la veuve de Sarepta et Naaman le Syrien, mentionnés par Jésus pour illustrer la miséricorde divine envers des non-Juifs. Il souligne également l'attitude de Jésus envers une femme cananéenne, à qui il refuse d'abord son aide en déclarant : « Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël » (Matthieu 15:24). La publication interprète cette réponse comme une mise à l'épreuve de la foi de la femme, qui finit par obtenir la guérison de sa fille grâce à son insistance et son humilité[132].
L'article aborde ensuite la conversion de Corneille, un centurion romain décrit comme un homme pieux et généreux, mais exclu du salut en tant que Gentil. La publication relate la vision de Pierre, où une voix divine lui ordonne de ne plus considérer comme impurs les aliments et, par extension, les non-Juifs. Cette révélation prépare Pierre à rencontrer Corneille, dont la maison reçoit l'effusion du Saint-Esprit, marquant ainsi l'ouverture du salut aux Gentils. La publication insiste sur l'humilité de Corneille, qui accepte de se soumettre à l'autorité de Pierre, un simple pêcheur juif, pour obtenir la vérité divine[133].
« Ce que Dieu a purifié »
Cette section poursuit le récit de la conversion de Corneille en insistant sur l'importance de l'humilité et de l'obéissance dans l'accès au salut. La publication cite plusieurs passages bibliques pour souligner que Dieu résiste aux orgueilleux et accorde sa grâce aux humbles (Jacques 4:6, 1 Pierre 5:5, Proverbes 16:5). Elle explique que cette préférence divine pour les « petites gens » explique pourquoi les Témoins de Jéhovah comptent parmi leurs membres des personnes issues de milieux divers (Polonais, Allemands, Hongrois, Italiens, Grecs, etc.), qu'elle compare aux apôtres, décrits comme sentant « le poisson »[134].
L'article décrit ensuite les réticences initiales de Pierre à se rendre chez Corneille, un Gentil, en raison des préjugés juifs. La publication relate la vision de Pierre, où une voix divine lui ordonne à trois reprises de manger des animaux considérés comme impurs par la loi juive, avant de lui révéler que « ce que Dieu a purifié, ne le considère pas comme souillé » (Actes 10:15). Cette vision symbolise l'ouverture du salut aux non-Juifs et prépare Pierre à rencontrer Corneille. La publication souligne les hésitations de Pierre, qui retarde son départ pour Césarée, illustrant les difficultés psychologiques liées à la rupture avec les traditions religieuses[135].
Corneille fut-il récompensé ?
La conclusion de l'article sur Corneille insiste sur les récompenses spirituelles obtenues par son obéissance. La publication affirme que Corneille, en tant que premier Gentil admis dans le royaume des cieux, aura l'honneur de converser avec Pierre et les autres élus dans l'au-delà. Elle évoque la possibilité pour les 144 000 élus (un nombre symbolique mentionné dans Apocalypse 7:4 et Apocalypse 14:1) de rencontrer Corneille et d'échanger avec lui sur son expérience spirituelle.
La publication imagine un dialogue entre Pierre et Corneille, où ce dernier exprimerait sa gratitude pour avoir été libéré des ténèbres spirituelles et admis dans la lumière divine. Elle souligne que Corneille, autrefois exclu, est désormais intégré au « temple de [son] Roi » pour l'éternité, grâce à son obéissance et à sa foi[136].
Contenu
Have a Smile
Cette rubrique humoristique et satirique aborde plusieurs sujets liés à la religion et à la société, en adoptant un ton critique et moqueur. Elle commence par une parodie des pratiques des Capucins, une communauté religieuse catholique, qui proposent des messes commémoratives en échange d'une offrande d'un dollar. La publication souligne l'aspect commercial de cette pratique en affirmant que « sans dollar, pas de capuche » (« No Dollar, No Capuche ») et ironise sur la fréquence des messes dites quotidiennement, suggérant que Dieu serait invoqué toutes les trois minutes, jour et nuit, pour répondre aux demandes des prêtres[137].
Un article relate ensuite l'ouverture d'un zoo par un prêtre à Chicago, présenté comme une initiative louable une fois que les fidèles auront réalisé qu'ils ont été trompés par le « racket du purgatoire ». La publication suggère que ce zoo pourrait devenir une source de revenus légitime pour le prêtre, une fois que les croyances en des doctrines comme le purgatoire seront abandonnées par les fidèles[138].
Un autre passage critique les congrès eucharistiques, en particulier celui de New Britain, dont le journal local, le Daily Herald, doute qu'il produise des résultats bénéfiques durables. La publication se moque de la cérémonie finale, où 110 000 personnes se seraient agenouillées pour recevoir la bénédiction papale, soulignant que cette manifestation n'a apporté aucune délivrance tangible[139].
Enfin, une brève note rapporte l'histoire d'une femme de 102 ans à Montréal, présentée comme n'ayant jamais travaillé de sa vie et jouissant d'une excellente santé. La publication ironise sur le fait qu'il s'agirait d'une « truie » (« sow »), jouant sur les mots pour suggérer que cette longévité exceptionnelle serait plus typique d'un animal que d'un être humain, tout en soulignant que cette personne se rendrait à l'église quotidiennement[140].
24 nouvelles conférences phonographiques de Joseph Rutherford
Cette section annonce la sortie de 24 nouvelles conférences phonographiques enregistrées par Joseph Franklin Rutherford, disponibles sous forme de disques pour phonographe. Ces enregistrements, numérotés de P-37 à P-60, contiennent chacun deux conférences, une sur chaque face du disque. Ils sont présentés comme des outils pour aider les voisins et amis à découvrir les enseignements sur Jéhovah Dieu et son Royaume. Les disques peuvent être commandés auprès de la Watch Tower à Brooklyn, New York, au prix de 70 cents par disque, 3,50 dollars pour six disques, ou 7 dollars pour l'ensemble complet des douze disques[141].
Voici la liste des titres des conférences proposées : - P-37 : The Bible (La Bible) - P-38 : Jesus (Jésus) - P-39 : Man (L'Homme) - P-40 : Church (L'Église) - P-41 : Church's Commission (La Commission de l'Église) - P-42 : Great Multitude (La Grande Foule) - P-43 : Obedience (L'Obéissance) - P-44 : World's End (La Fin du Monde) - P-45 : Heaven (Le Ciel) - P-46 : Thief in Heaven (Le Voleur au Ciel) - P-47 : King's Appearing (L'Apparition du Roi) - P-48 : Judgment of Christians (Le Jugement des Chrétiens) - P-49 : Giving Testimony (Rendre Témoignage) - P-50 : Higher Powers (Les Autorités Supérieures) - P-51 : Loyalty (La Loyauté) - P-52 : Caesar or God? (César ou Dieu ?) - P-53 : Flag Saluting (Part 1) (Le Salut au Drapeau, 1re partie) - P-54 : Flag Saluting (Part 2) (Le Salut au Drapeau, 2e partie) - P-55 : God's Banner (L'Étendard de Dieu) - P-56 : Faith (La Foi) - P-57 : Perilous Times (Les Temps Périlleux) - P-58 : Wickedness: Why Permitted (La Méchanceté : Pourquoi Permise ?) - P-59 : Greatest Prophet (Le Plus Grand Prophète) - P-60 : The Remedy (Le Remède)[142].
Un formulaire de commande est inclus, permettant aux lecteurs de sélectionner les disques souhaités et de les payer par envoi postal.
Diffusion radiophonique de la conférence « Separating the Nations »
Cette section annonce la diffusion radiophonique d'une conférence intitulée « Separating the Nations » (« Séparer les nations »), prononcée par Joseph Franklin Rutherford le dimanche 23 février 1936. La conférence sera diffusée à 15h00 (heure de l'Est), 14h00 (heure du Centre), 13h00 (heure des Montagnes) et 12h00 (heure du Pacifique). Elle sera retransmise par de nombreuses stations de radio à travers les États-Unis, ainsi que par ondes courtes entre 11 et 50 mètres, et notamment par la station EAQ de Madrid, en Espagne, sur la longueur d'onde de 30,43 mètres. Les auditeurs sont invités à écouter les « notes d'orgue » (« organ tones ») qui marqueront le début de l'émission[143].
La publication souligne l'importance de cette conférence, qui abordera la séparation en cours des nations en deux divisions distinctes : l'une destinée à disparaître, et l'autre à survivre et à vivre éternellement. Elle pose des questions cruciales, telles que les raisons de cette séparation, les forces en jeu, et les implications pour la religion, le commerce et la politique. La conférence est présentée comme une réponse à ces interrogations, invitant les auditeurs à se préparer pour être du côté sûr[144].
Une liste exhaustive des stations de radio diffusant la conférence est fournie, couvrant la quasi-totalité des États américains, ainsi que des territoires comme l'Alaska, les Philippines et Hawaï. Voici quelques exemples de stations mentionnées : - **Alabama** : WBRC (Birmingham, 830 kHz) - **Californie** : KNX (Hollywood, 1070 kHz), KROW (Oakland, 930 kHz) - **New York** : WBBR (New York, 1300 kHz), WGY (Schenectady, 790 kHz) - **Texas** : KRLD (Dallas, 1040 kHz), KTRH (Houston, 1290 kHz) - **International** : KZRM (Manille, Philippines, 619 kHz)[145].
Enfin, la publication encourage les lecteurs à informer leurs voisins de cette diffusion et à se procurer des brochures de Joseph Rutherford, telles que « Loyalty » (« Loyauté »), « Dividing the People » (« Diviser le peuple ») et « World Recovery » (« Rétablissement mondial »), disponibles contre une contribution de 10 cents pour couvrir les frais de publication. Un formulaire de commande est inclus pour faciliter cette démarche[146].
Illustrations du numéro
Références
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 273.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 273.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 273.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 273.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 273.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 276.
- ↑ James A. Beckford, The Trumpet of Prophecy: A Sociological Study of Jehovah's Witnesses, Blackwell, Oxford, 1975, p. 24-26.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 277.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 272.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 272.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 285.
- ↑ H. Richard Niebuhr, The Social Sources of Denominationalism, Henry Holt and Company, New York, 1929, p. 19-21.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 272.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 284.
- ↑ List of Watch Tower Society publications, Wikipedia, consulté en 2025.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 285-286.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 286.
- ↑ « Fight Carried into the Law Courts », Watchtower Online Library, chap. 14, consulté en 2025.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 274.
- ↑ Blandre, Bernard (1987), Les Témoins de Jéhovah, un siècle d'histoire, Paris : Desclée de Brouwer, p. 68.
- ↑ « First Amendment and the Pledge of Allegiance », New Jersey State Bar Foundation, 7 janvier 2019, consulté en 2025.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 274-277.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 272.
- ↑ Penton, M. James (1997), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, 2e éd., University of Toronto Press, p. 75.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 277.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ Jehovahs Witness Net, consulté le 22 septembre 2011.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ Penton, James M. (1997, 2è éd.), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto : University of Toronto Press, p. 66.
- ↑ Bergman, Jerry (2004), cité dans l'article Aluminium sur Tj-encyclopédie.org.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 281.
- ↑ Morrisey, History of Health Insurance in the United States, consulté en 2024.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ History of taxation in the United States, Wikipédia (anglais).
- ↑ Ibid.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ Cancer and the 1930s Eskimo on traditional diet, The New Neander's Physiological Literacy, 14 juillet 2019 [1], consulté en 2024.
- ↑ Ibid.
- ↑ What we can learn from the 20th century history of the Inuit, Rosemary Cottage Clinic, 6 octobre 2018 [2], consulté en 2024.
- ↑ Aluminium.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 281.
- ↑ Morrisey, Michael A., Health Insurance, Health Administration Press, chap. 3 [3], consulté en 2024.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 259.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 259.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 259.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 259.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 260.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 260.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 261.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 261.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 261.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 262.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 262.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 262.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 263.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 263-264.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 264.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 265.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 265.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 266.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 266.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 267.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 267.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 267.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 267.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 268.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 268.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 268-269.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 269.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 270.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 270.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 271.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 271.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 271.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 271.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 272.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 272.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 272.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 272.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 272.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 273.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 273.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 274.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 274-275.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 276.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 276.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 277.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 277.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 277.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 278.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 278.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 278.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 278.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 278.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 278.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 278.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 278.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 278.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 279.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 280.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 280.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 280.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 280.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 280.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 281.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 281.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 281.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 281.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 281.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 282.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 282.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 282.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 283.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 284.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 284-285.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 285.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 285-286.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 286.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 257.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 257.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 257.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 257.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 257.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 257.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 258.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 258.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 258.
- ↑ The Golden Age du 29 janvier 1936, p. 258.