Harvest Siftings Part 1 (1917)
Autres actions
Harvest Siftings Part 1 est un document interne destiné aux membres de la Société Watch Tower, rédigé par Joseph Franklin Rutherford dans le contexte de la Crise de succession de 1917. Il expose, de manière détaillée et unilatérale, les agissements reprochés à Paul Samuel Leo Johnson, présenté comme un perturbateur ayant cherché à s'arroger une autorité illégitime, d'abord au sein de la filiale londonienne de l'organisation, puis à Brooklyn même.
Le document s'articule autour de deux foyers de crise distincts mais liés : d'une part, la tentative de Johnson de prendre le contrôle des opérations britanniques, au mépris des instructions reçues et au prix de procédures judiciaires devant la Haute Cour de Londres ; d'autre part, les manœuvres qu'il aurait orchestrées, de retour aux États-Unis, pour contraindre le Conseil d'administration à se prononcer en sa faveur. Le tout est corroboré, selon la publication, par des télégrammes, des lettres et des témoignages de responsables tels que Jesse Hemery et Andrew Pierson.
La publication cherche manifestement à légitimer les décisions prises par Rutherford et à discréditer l'opposition interne en la présentant comme une œuvre de division spirituelle, convoquant à cette fin le cadre de Éphésiens 6:12 dès les premières lignes.
Organisation et histoire
Le document Harvest Siftings Part 1 constitue la pièce maîtresse d'une crise de gouvernance qui éclate au sein de la Watch Tower Bible and Tract Society dans les mois qui suivent l'élection de Rutherford à la présidence, en janvier 1917. Son existence même — un document interne de vingt-quatre pages distribué à la communauté des Étudiants de la Bible — témoigne du caractère exceptionnel du conflit : la direction de la Société juge nécessaire de rendre publics, auprès des membres, des événements qui se sont déroulés jusqu'alors à huis clos, aussi bien à Brooklyn qu'à Londres.[1]
Le cœur institutionnel du document repose sur la question de la légitimité légale du conseil d'administration de la Watch Tower. Un avis juridique rédigé par l'avocat H. M. McCaughey, reproduit dans la publication, établit que trois des sept membres du conseil — Wright, Hoskins et Ritchie — ne sont pas légalement en fonction selon la loi de l'État de Pennsylvanie, qui impose une élection annuelle des administrateurs par les actionnaires. Ces trois membres avaient été nommés à vie par Charles Taze Russell, une disposition jugée contraire à la loi. L'élection de Hirsh, quant à elle, est déclarée « absolument et indiscutablement illégale et nulle » en raison notamment du fait qu'elle s'est tenue à New York et non en Pennsylvanie, comme l'exigent les statuts.[2] Ce point juridique — que l'on retrouve confirmé par les recherches sur la crise de 1917[3] — fonde l'acte le plus décisif du document : la nomination par Rutherford, en juillet 1917, de quatre nouveaux administrateurs — George Fisher, Walter E. Spill, George H. Baer et Alexander H. Macmillan — pour compléter le conseil et satisfaire à l'exigence de résidence en Pennsylvanie.[4]
La crise britannique, qui constitue le premier grand récit de la publication, s'insère directement dans ce conflit de gouvernance. Paul Samuel Leo Johnson, envoyé en Grande-Bretagne en novembre 1916 avec un mandat limité à la prédication et à l'enquête, avait reçu de Russell, peu avant sa mort, des pouvoirs étendus pour superviser le travail dans les îles Britanniques.[5] Après l'élection de Rutherford, Johnson refusa de reconnaître son autorité, estimant que sa mission conférée par Russell demeurait valide. Cette position est documentée dans les télégrammes et lettres reproduits par la publication, qui montrent que Johnson tenta de prendre le contrôle de la filiale londonienne, révoqua des responsables locaux, engagea une procédure judiciaire devant la High Court of Justice de Londres, et s'empara de fonds de la Société.[6] Jesse Hemery, responsable de la branche londonienne, reçut les instructions de Rutherford par télégramme et résista aux manœuvres de Johnson ; son rapport officiel de la situation, reproduit dans le document, constitue l'une des pièces à conviction centrales de la publication.[7]
La jonction entre la crise britannique et la crise américaine est explicitement décrite dans le document. De retour aux États-Unis, Johnson s'allia à quatre membres dissidents du conseil — Hirsh, Hoskins, Wright et Ritchie — en leur faisant valoir que Rutherford exerçait un pouvoir illégitime. Selon le document, ces administrateurs, dont certains avaient été déplacés de leurs postes par la réorganisation mise en place après la mort de Russell, trouvèrent dans l'argument de Johnson matière à une tentative de reprise du contrôle exécutif de la Société.[8] La crise, selon les recherches disponibles, divisa la communauté des étudiants de la Bible et contribua au départ d'une proportion significative des fidèles dans les années suivantes.[9]
L'acte institutionnel le plus visible de la crise est la convocation, par les quatre dissidents, d'une réunion extraordinaire du conseil d'administration pour le 28 juillet 1917 à l'hôtel St. George de Brooklyn, dont l'ordre du jour vise à paralyser l'autorité exécutive de Rutherford et à bloquer tout transfert de fonds vers la Peoples Pulpit Association, entité new-yorkaise que Rutherford décrit comme détenant les pouvoirs de gestion effectifs de l'organisation.[10] La reproduction intégrale de cette convocation dans le document, ainsi que la réponse de Rutherford et la déclaration d'approbation signée par Van Amburgh et D. J. Cohen, indiquent que la publication remplit également une fonction de validation institutionnelle : elle vise à démontrer à la communauté que la direction de la Société dispose d'une légitimité à la fois légale et spirituelle face à la faction dissidente.[11]
La réorganisation interne décidée peu avant la mort de Russell est par ailleurs documentée dans les minutes du 7 novembre 1916, reproduites dans le document. Ces minutes confirment les nominations de Russell — Macmillan, Martin, Cooke et d'autres — et leur maintien par Rutherford, qui présente cette continuité comme un acte de fidélité à la volonté du fondateur.[12] La question du testament de Russell et du transfert de ses actions fait également l'objet d'une réponse de Rutherford aux accusations des dissidents : il explique que le juge Carpenter avait confirmé que ces actions ne pouvaient être transférées par voie testamentaire, et que le conseil avait décidé à l'unanimité de ne pas voter avec ces actions afin d'éviter toute manipulation.[13]
Contenu
L'Adversaire tente à nouveau de perturber la Société
Ce document confidentiel, publié en 1917 par la Watch Tower Bible and Tract Society sous la direction de Joseph Franklin Rutherford, vise à exposer les tensions internes et les tentatives de prise de contrôle au sein de l'organisation. Il s'ouvre sur une déclaration solennelle citant Éphésiens 6:12, soulignant que la lutte en cours n'est pas physique, mais spirituelle, contre des forces malveillantes[14].
La publication affirme que Paul Samuel Leo Johnson, envoyé en Europe pour une mission de prédication, a outrepassé son mandat en accusant des responsables britanniques de manque de loyauté envers Charles Taze Russell. Johnson aurait tenté d'influencer les membres du bureau de Londres, provoquant des conflits internes. Une commission de six frères britanniques a été nommée pour enquêter sur ces allégations, mais Johnson aurait refusé de coopérer, allant jusqu'à ignorer les décisions des actionnaires de la Société[15].
Résumé des faits établis
Cette section résume les principaux points de discorde. Johnson aurait prétendu être le "régisseur" mentionné dans la parabole du Matthieu 20:4, revendiquant ainsi l'autorité de Russell. Il aurait également annoncé qu'il aurait dû être président de la Société, mais qu'il avait refusé ce poste. Après le refus de Rutherford de le renvoyer en Angleterre, Johnson aurait influencé quatre autres frères (dont Robert Hirsh, William Heath, et Alfred I. Ritchie) pour qu'ils contestent l'autorité du président. Ces derniers auraient menacé de recourir aux tribunaux pour paralyser les fonds de la Société si leurs demandes n'étaient pas satisfaites[16].
Frère Johnson se rend en Angleterre
Johnson a été envoyé en Europe en novembre 1916 avec une lettre d'introduction limitée à des activités de prédication et d'enquête. Cependant, il aurait rapidement outrepassé ces instructions en tentant de prendre le contrôle du bureau de Londres. Il aurait accusé les responsables locaux, William Crawford et William Shearn, de désobéissance, les forçant à quitter leurs postes. Johnson aurait également ouvert le courrier de la Société et détourné des fonds, avant d'engager une action en justice au nom de la Société contre ses propres responsables[17].
Un télégramme daté du 5 février 1917, envoyé par Johnson, mentionne des "développements intolérables" et le licenciement de Shearn et Crawford. Ces derniers, dans un télégramme séparé, demandent à Rutherford de suspendre tout jugement en attendant leur rapport[18].
Les troubles commencent en Angleterre
Les tensions se sont aggravées lorsque Johnson a tenté de prendre le contrôle du bureau de Londres. Un télégramme de Jesse Hemery, daté du 28 février 1917, informe Rutherford que Johnson revendique le contrôle total de l'organisation en Angleterre et résiste à toute opposition. Hemery demande l'intervention de Rutherford pour résoudre la situation[19].
Un autre télégramme, envoyé par Crawford le 25 mars 1917, révèle que Johnson a tenté de contourner l'autorité de Rutherford en s'adressant directement au Conseil d'administration. Crawford exprime sa confiance en Rutherford et demande que Johnson soit rappelé pour rendre des comptes[20].
Les commissaires interrogés par frère Johnson
La publication reproduit un document juridique intitulé *« In the High Court of Justice »*, daté du 27 février 1917, dans lequel Johnson intente un procès contre Hemery et d'autres responsables du bureau de Londres. Le document révèle que Johnson a tenté de justifier ses actions en affirmant agir au nom de la Société, mais que ses revendications ont été rejetées par la justice britannique. Les commissaires nommés pour enquêter sur la situation en Angleterre ont été confrontés à Johnson, qui aurait refusé de reconnaître leur autorité[21].
Suit Instituted Without Authority =
Ce texte relate une crise interne au sein de la Société Watch Tower en 1917, centrée sur les agissements de Paul S.L. Johnson, un dirigeant influent de l'organisation à cette époque. La publication affirme que Johnson, après avoir échoué à convaincre les commissaires de la Société, a tenté de prendre le contrôle des fonds et des activités de la filiale londonienne en niant son statut de président de la Watch Tower Bible and Tract Society[22]. Pour ce faire, il aurait engagé un avocat et intenté une action en justice devant la Haute Cour de Londres au nom de la Société, ciblant spécifiquement les frères Crawford, Hemery et Shearn, ainsi que les comptes bancaires où étaient déposés les fonds de l'organisation[23].
La réaction de Joseph Franklin Rutherford, alors président de la Société, est décrite comme immédiate et ferme. Il aurait envoyé plusieurs télégrammes à Ernest C. Henninges, responsable de la filiale londonienne, lui ordonnant de s'opposer à l'injonction et de contester la légitimité de Johnson à représenter la Société[24]. Rutherford aurait également contacté directement l'avocat de la Société à Londres, M. Greenop, pour lui demander de résister à l'injonction et de prendre les mesures nécessaires pour empêcher Johnson d'interférer dans les affaires de l'organisation[25].
La publication rapporte que cette tentative de coup de force a finalement échoué. Henninges aurait informé Rutherford par télégramme que l'affaire était « *frazzled* » (désamorcée), que la situation était revenue à la normale, et que la majorité des fonds avaient été récupérés[26]. Johnson aurait quitté le siège de la Société (Bethel) de manière précipitée, par une fenêtre du dernier étage, après que ses partisans eurent renoncé à le soutenir[27].
Une lettre détaillée de Henninges, datée du 24 mars 1917, est citée pour confirmer ces événements. Henninges y explique que Johnson avait tenté de s'emparer des fonds de la Société en utilisant des lettres provenant du siège central, mais que cette manœuvre avait été contrée grâce à l'intervention rapide auprès de la banque. Bien que Johnson ait obtenu une injonction de la Haute Cour, son avocat aurait finalement renoncé à poursuivre la motion, laissant uniquement la question des coûts à régler[28]. Henninges souligne également que les comptes bancaires avaient été sécurisés et que les partisans de Johnson avaient fait acte de repentir.
Society's Funds Taken From Safe =
Ce passage décrit une tentative avortée de Paul S.L. Johnson et de ses partisans pour s'emparer des fonds de la Société Watch Tower, conservés dans un coffre-fort à Londres. La publication affirme que, dans la nuit du mercredi, Johnson et ses complices auraient forcé la porte de la chambre d'Ernest C. Henninges et de son assistant, Housden, pour leur subtiliser les clés du coffre[29]. Malgré la résistance de Housden, qui aurait refusé de remettre les clés, celles-ci auraient été arrachées de sa poche pendant son sommeil.
Les partisans de Johnson auraient ensuite vidé le coffre, emportant une somme d'argent importante, décrite comme un « *package of money* » contenant notamment un don de 389 livres sterling[30]. La publication souligne que cette action a été perçue comme un vol caractérisé, Johnson étant accusé d'avoir manipulé les anciens et les diacres de la congrégation locale pour obtenir leur soutien dans cette entreprise[31].
Henninges, dans sa lettre, exprime son soulagement quant à l'issue de cette affaire, bien qu'il mentionne que Johnson ait tenté de justifier ses actes en invoquant des instructions supposées du siège central. La publication insiste sur le fait que ces agissements ont été condamnés par la majorité des membres de la filiale londonienne, qui auraient finalement pris conscience de la gravité de la situation et se seraient détournés de Johnson[32]. Henninges évoque également des tentatives de Johnson pour discréditer Rutherford et ses partisans, en les accusant de trahison et en les comparant à des figures bibliques négatives comme Haman ou Sanballat.
Le texte se termine en mentionnant que Johnson aurait quitté Londres de manière précipitée, laissant derrière lui une situation apaisée mais marquée par la méfiance envers ses méthodes. La publication présente ces événements comme une preuve de la division interne au sein de l'organisation, orchestrée par des individus cherchant à saper l'autorité de Rutherford et à prendre le contrôle des ressources financières de la Société.
Un cas riche en leçons
Ce long article relate les événements entourant la mission en Angleterre d’Andrew Pierson, envoyé comme représentant de la Société Watch Tower en 1917. La publication décrit les tensions et les conflits internes provoqués par les agissements de Paul S.L. Johnson, un autre représentant de la Société, dont les prétentions à l’autorité et les méthodes brutales ont semé la discorde parmi les Étudiants de la Bible britanniques[33].
Pierson explique que Johnson, dès son arrivée en Angleterre, s’est présenté comme un « plénipotentiaire » doté de pouvoirs étendus, allant jusqu’à revendiquer une autorité quasi prophétique. Il aurait interprété ses expériences personnelles, notamment une crise de nerfs survenue en 1910, comme des signes divins le désignant pour succéder à Charles Taze Russell. Pierson souligne que Johnson a tenté de s’imposer en s’inspirant de figures bibliques comme Esdras, Néhémie et Esther, voyant dans ses actions une réalisation des Écritures. Par exemple, il aurait comparé son rôle à celui d’Esdras, chargé de reconstruire le travail spirituel de Jérusalem, ou à celui de Néhémie, rebâtissant les murs de la ville[34].
Les méthodes de Johnson ont rapidement suscité des oppositions, notamment de la part des frères Shearn et Crawford, qu’il a accusés de s’opposer à son autorité. Pierson note que Johnson a développé une attitude autoritaire, allant jusqu’à affirmer publiquement qu’il était le « Steward » mentionné en Matthieu 20:8. Cette revendication, associée à des comportements jugés démesurés, a conduit Pierson à remettre en question son équilibre mental. Il décrit Johnson comme un homme « manquant de discernement », dont les actions reflètent une « folie de l’orgueil » plutôt qu’une véritable folie clinique[35].
Pierson relate également les difficultés financières engendrées par les agissements de Johnson. Ce dernier aurait tenté de s’emparer de fonds appartenant à la Société Watch Tower, notamment un chèque de 350 livres sterling, avant d’être contrecarré par les responsables locaux. Les coûts juridiques engendrés par cette affaire, impliquant des avocats et des conseillers, ont été considérables. Pierson mentionne que Johnson a finalement quitté l’Angleterre de manière précipitée, laissant derrière lui une situation de crise au sein de la communauté des Étudiants de la Bible[36].
L’article souligne également la déception de Pierson face à l’attitude de certains membres de la communauté, comme le frère Cormack, qui ont soutenu Johnson malgré ses excès. Pierson exprime son incompréhension face à ces choix, tout en reconnaissant que la situation a permis de tirer des leçons sur les « voies de la Providence divine »[37].
Le début des troubles en Amérique
Cette section décrit les événements qui ont suivi le retour de Paul S.L. Johnson aux États-Unis, après son séjour controversé en Angleterre. Dès son arrivée, Johnson a tenté de mobiliser des membres du Collège Central et du Béthel de Brooklyn pour soutenir ses revendications, notamment en exigeant la convocation d’une réunion du Conseil d’administration de la Société Watch Tower[38].
Johnson a présenté une pétition signée par quatre membres du Conseil, demandant à Joseph Rutherford de convoquer une réunion pour examiner ses « activités en Grande-Bretagne ». Rutherford a refusé, estimant que cette demande était une manœuvre pour lui forcer la main et permettre à Johnson de reprendre ses activités en Angleterre. Il a qualifié cette démarche de « folie », soulignant que Johnson n’avait plus aucune autorité légitime pour agir au nom de la Société[39].
La publication relate également une réunion au cours de laquelle Johnson a tenté de justifier ses actions en Angleterre en les présentant comme une réalisation des prophéties bibliques. Les membres présents, y compris Rutherford, ont unanimement conclu que Johnson souffrait d’un « esprit déséquilibré ». Malgré cette évaluation, Johnson a persisté dans ses revendications, allant jusqu’à affirmer à nouveau qu’il était le « Steward » mentionné en Matthieu 20:8, avant de rétracter cette déclaration quelques jours plus tard[40].
Johnson a finalement quitté le Béthel de Londres sans prévenir, et son départ a été confirmé par un télégramme envoyé depuis l’Angleterre, indiquant qu’il avait embarqué sur le paquebot St. Louis à destination des États-Unis. Rutherford a alors pris des mesures pour que Johnson soit intercepté à son arrivée et ramené au Béthel de Brooklyn, où ses agissements ont continué à semer la confusion[41].
L’article se termine sur une note de tension, soulignant que les actions de Johnson ont non seulement perturbé la communauté des Étudiants de la Bible en Angleterre, mais ont également créé des divisions au sein du siège de la Société Watch Tower aux États-Unis. Rutherford exprime sa détermination à protéger l’intégrité de l’organisation face à ces tentatives de déstabilisation[42].
Réactions des frères britanniques à la situation de Paul S. L. Johnson
Ce long article compile les réactions de plusieurs responsables britanniques des Étudiants de la Bible concernant la situation de Paul S. L. Johnson, envoyé en mission en Grande-Bretagne par Joseph Franklin Rutherford pour enquêter sur des tensions au sein de la congrégation de Londres. Les lettres citées expriment une profonde méfiance envers Johnson, dont le comportement est jugé inapproprié et perturbateur[43].
Un premier témoignage, signé par un frère identifié comme Guest Mackenzie, évoque l'accueil initialement favorable réservé à Johnson à Glasgow. Ce dernier est décrit comme un messager porteur de « messages d'amour et de réconfort », mais son attitude change rapidement. Ses déclarations, notamment sur sa prétendue exclusivité dans la compréhension de la vérité aux côtés de Charles Taze Russell, suscitent l'incompréhension et l'inquiétude. Mackenzie rapporte que Johnson aurait affirmé que lui et Russell étaient les seuls à détenir la vérité, excluant ainsi les autres Étudiants de la Bible, qualifiés de « Scurrilous Stupids » (stupides calomniateurs)[44]. Ces propos, jugés arrogants et déstabilisants, conduisent les frères de Glasgow à annuler une réunion prévue avec Johnson et à conclure que son « esprit était dérangé »[45].
Mackenzie exprime également sa gratitude envers Rutherford pour sa « décision calme et charitable » dans la gestion de cette crise, tout en regrettant que les frères londoniens n'aient pas suivi ses recommandations. Il souligne que Johnson, bien qu'utilisé par Jéhovah pour révéler des discordes, a agi de manière contre-productive, provoquant davantage de troubles que de réconfort. Il espère que Johnson, une fois rétabli physiquement et mentalement, adoptera « l'esprit humble du Christ Jésus » et pourra éventuellement revenir en Grande-Bretagne, mais insiste sur le fait que son retour actuel serait « ni bienvenu ni utile »[46].
Une seconde lettre, signée par Tomson McCoy de Birkenhead, aborde directement la possibilité d'un retour de Johnson en Angleterre. McCoy exprime son soulagement après le départ de Johnson et son opposition ferme à toute idée de le voir revenir. Il estime que Johnson, s'il persiste dans ses interprétations scripturaires antérieures, ne ferait que « troubler les frères au lieu de les réconforter »[47]. McCoy s'interroge également sur les éventuelles communications entre Johnson et d'autres frères britanniques, comme Housden, et exhorte Rutherford à empêcher tout contact susceptible d'alimenter les divisions.
Enfin, une troisième lettre, anonyme mais provenant de Dumbreck (Glasgow), confirme que les frères locaux partagent les mêmes craintes. Ils estiment que Johnson, dans son état actuel, ne serait d'aucune aide et que son retour risquerait d'aggraver les tensions déjà existantes. La lettre souligne que les congrégations britanniques traversent des « difficultés mineures » qu'elles parviennent à surmonter grâce à l'esprit de paix et à l'unité, et que l'intervention de Johnson serait superflue, voire nuisible[48].
Johnson non désiré en Angleterre et découverte d'autres conspirations
Cette section révèle les conclusions d'une enquête menée par la direction de la Société Watch Tower sur les agissements de Paul S. L. Johnson en Angleterre, ainsi que sur d'autres individus impliqués dans des manœuvres jugées subversives. Le ton est accusatoire et vise à discréditer Johnson et ses alliés, présentés comme des conspirateurs cherchant à saper l'autorité de Joseph Franklin Rutherford et à prendre le contrôle de l'organisation[49].
L'article affirme que Johnson, après son retour aux États-Unis, aurait exprimé le désir de retourner en Grande-Bretagne pour « achever son travail ». Cependant, les frères britanniques, informés de ses agissements passés, s'y opposent fermement. Les lettres citées dans la section précédente sont présentées comme des preuves de l'hostilité générale envers Johnson, dont les méthodes sont jugées « indignes » et « contraires à l'esprit du Christ »[50]. La publication insiste sur le fait que Johnson, en cherchant à imposer ses vues et à discréditer les responsables locaux, a agi de manière à semer la discorde plutôt qu'à promouvoir l'unité.
Parallèlement, l'article révèle que d'autres individus, identifiés comme des complices de Johnson, ont été découverts dans une « conspiration » visant à prendre le contrôle de la Société Watch Tower. Bien que les noms ne soient pas tous clairement lisibles en raison des fautes d'OCR, il est fait mention de frères ayant tenté de manipuler les actionnaires et le comité exécutif pour servir leurs propres intérêts. L'un d'eux, désigné comme « Brother Ride », est accusé d'avoir reconnu avoir fait des promesses qu'il ne pouvait tenir, tandis qu'un autre, « Brother Van Amburgh », est présenté comme un acteur clé de ces manœuvres[51].
La publication souligne que ces conspirateurs ont gaspillé un temps précieux en réunions stériles et en tentatives de manipulation, au détriment des véritables besoins de l'organisation. Elle affirme que leurs actions étaient motivées par une quête de « place et de pouvoir », et non par un désir sincère de servir Jéhovah. Rutherford est présenté comme un dirigeant bienveillant, ayant tenté de raisonner ces frères avec « gentillesse », mais dont les avertissements ont été ignorés[52].
Enfin, l'article mentionne une lettre d'un frère nommé Scott, qui confirme que les agissements de Johnson et de ses alliés ont été perçus comme une menace pour la stabilité de l'organisation. Scott exprime son soulagement que ces manœuvres aient été démasquées et exhorte Rutherford à rester ferme dans sa gestion des affaires de la Société. La publication conclut en réaffirmant que ces événements démontrent la nécessité d'une vigilance constante contre les divisions internes et les ambitions personnelles, présentées comme des obstacles à l'œuvre divine[53].
Contenu
La réorganisation de Brother Russell est maintenue
La publication reproduit un extrait des minutes du conseil d'administration du 7 novembre 1916, dans lequel est détaillée la réorganisation des responsabilités au sein de la Société Watch Tower après le décès de Charles Taze Russell[54]. Cette réorganisation, actée par Russell peu avant sa mort, est officiellement confirmée par le conseil.
Plusieurs membres sont désignés pour superviser des départements spécifiques :
- Alexander Hugh Macmillan est chargé de la bibliothèque, du salon des visiteurs au Bethel Home, ainsi que du courrier adressé à Russell et des télégrammes[55].
- Robert J. Martin supervise le personnel du bureau situé au 17 Hicks Street et les activités du Tabernacle.
- John L. Cooke est nommé surintendant de l'Angelophone Company et des travaux associés.
- Emerson est responsable de l'organisation des repas pour la famille Bethel et de la boulangerie, sous la supervision de Macmillan.
- Baker, également sous la supervision de Macmillan, gère les approvisionnements alimentaires (cuisine, cave, charbon, beurre, etc.) et la blanchisserie.
- Sister Roberts assume le rôle de matrone du Bethel Home, supervisant les sœurs et les tâches domestiques, à l'exception des salons sous la responsabilité de Macmillan.
Le conseil d'administration adopte une résolution confirmant que ces nominations doivent être maintenues telles qu'établies par Russell, et que les personnes désignées doivent rendre compte au comité exécutif[56]. Une motion supplémentaire nomme Macmillan représentant du comité exécutif, chargé de rapporter ses activités à ce dernier.
Joseph Franklin Rutherford souligne que cette réorganisation a permis d'améliorer l'efficacité du bureau, le rendant mieux géré qu'auparavant[57]. Il précise que, conformément à ce qu'il considère comme la volonté divine, il a maintenu les personnes dans les postes où Russell les avait placées.
Conflits internes et accusations
La publication relate des tensions internes survenues après l'élection de Rutherford à la présidence. Isaac Hoskins, initialement responsable du département des colporteurs, est réaffecté à d'autres tâches, tandis qu'Alfred I. Ritchie est remplacé par Martin à la direction du bureau[58].
Rutherford mentionne que Macmillan a accepté le poste d'assistant du président et a accompli ses fonctions avec efficacité. Cependant, des plaintes contre Macmillan sont portées par Hoskins et Hirsh, mais Rutherford refuse d'y prêter attention en l'absence de Macmillan, conformément à une règle qu'il a établie[59]. Cette attitude provoque la colère de certains membres du conseil.
Les premières semaines suivant l'élection de Rutherford se déroulent sans heurts, avec des réunions fréquentes du conseil d'administration. Plusieurs extraits des minutes sont cités pour illustrer cette période de coopération :
- Le 7 novembre 1916, une résolution est adoptée confirmant les nominations de Russell.
- Le 17 novembre 1916, une réunion est organisée pour traiter des questions formelles.
- Le 13 décembre 1916, une motion de Hoskins, secondée par Wright, demande au comité exécutif de rendre compte au conseil sur demande.
- Le 4 janvier 1917, une décision unanime est prise de vendre le Photo-Drame de la Création à John G. Kuehn, avec un contrat signé par Ritchie et Van Amburgh.
- Le 19 janvier 1917, une réunion conjointe des conseils d'administration de la Watch Tower Bible and Tract Society et de la People's Pulpit Association adopte les résolutions et statuts votés lors de l'assemblée annuelle de Pittsburgh.
- Le 31 janvier 1917, une réunion traite de diverses affaires internes.
Désaccords sur la gestion et tentatives de prise de contrôle
Les tensions s'accentuent à partir d'avril 1917, lorsque Hirsh commence à vouloir exercer une autorité accrue au sein du conseil d'administration, empiétant sur les prérogatives du comité exécutif[60]. Rutherford lui rappelle que ces questions relèvent du comité exécutif, ce qui provoque son mécontentement.
Hirsh envoie une lettre à un frère, affirmant que le conseil d'administration est l'organe de gestion et que le président lui est subordonné. Rutherford conteste cette interprétation, ce qui irrite davantage Hirsh.
Le 20 juin 1917, une réunion du conseil est convoquée pour entendre le rapport du comité sur la visite de Paul S.L. Johnson en Angleterre. Après cette réunion, Hirsh présente une résolution préparée à l'avance, visant à retirer la gestion de l'organisation des mains du président pour la confier au conseil[61]. Hoskins appuie cette proposition, déclarant que le conseil n'est pas responsable devant les actionnaires. Pierson tente de calmer le jeu en suggérant de ne pas remettre en cause les décisions des actionnaires, mais un accord est trouvé pour reporter la discussion d'un mois.
Rutherford relate également un incident avec Johnson, accusé de fomenter des troubles et d'être à l'origine d'une conspiration pour perturber le travail au Bethel. Rutherford demande à Johnson de quitter le Bethel pour préserver la paix, mais ce dernier refuse, l'accusant d'usurpation et menaçant de faire appel au conseil d'administration[62]. Le lendemain, Johnson réitère ses accusations et menace de consulter des avocats pour agir contre Rutherford.
Lettre de convocation du conseil et tentatives de contrôle
Le 21 juin 1917, Rutherford reçoit une lettre signée par Hirsh et Hoskins, demandant la convocation d'une réunion du conseil d'administration avant le 27 juin[63]. Cette lettre fait suite aux tensions croissantes et aux tentatives de certains membres du conseil de prendre le contrôle de la gestion de la Société. Rutherford répond en personne à ces demandes, soulignant que la réunion prévue ne lui convient pas.
Règles du Bureau de la Société
La publication reproduit une série de correspondances et de déclarations internes concernant les règles de fonctionnement du Bureau des directeurs de la Watch Tower Bible and Tract Society[64]. Il est précisé que les réunions du Bureau doivent être convoquées selon des procédures strictes, et que les membres du Bureau doivent respecter des règles internes, notamment en matière d'accès aux locaux et de confidentialité. Une règle citée textuellement stipule que les employés du Bureau ne peuvent être admis dans les locaux en dehors des heures de travail, sauf pour des raisons officielles ou en présence d'un membre du Bureau ou d'un comité officiel[65].
Un incident est relaté où quatre frères, identifiés comme des officiers ou des représentants de comités, ont été surpris en train de tenir des conférences privées dans les locaux de la Société, en violation des règles établies. Ces réunions, qui se sont déroulées sur plusieurs jours, ont été qualifiées de « mauvais esprit » par l'auteur, qui souligne que les participants ont refusé à plusieurs reprises de quitter les lieux malgré les demandes répétées[66].
La publication mentionne également une tentative de saisie des bureaux de Londres par des individus non autorisés, rappelant un précédent historique où des mesures similaires avaient été prises pour protéger les intérêts de la Société[67].
Lettre de Brother Windom
Une lettre de Brother Windom est reproduite, dans laquelle il exprime son inquiétude face à la situation interne de la Société. Il affirme avoir tenté de réconcilier les parties en conflit, mais déplore que ses efforts aient été ignorés. Il met en garde contre les conséquences d'une division au sein de la direction, évoquant un risque de « naufrage » pour l'organisation si les désaccords persistent[68].
Windom souligne que les méthodes employées par certains membres du Bureau pour obtenir des fonds ou des soutiens sont contraires aux principes de la Société. Il exprime sa crainte que ces actions ne soient motivées par des intérêts personnels plutôt que par le bien commun. Il conclut en appelant à la patience et à la confiance en la volonté divine, tout en réaffirmant son soutien à la direction légitime de la Société[69].
Refus de tenir une réunion du Bureau
La publication relate le refus de quatre membres du Bureau de tenir une réunion prévue le 17 juillet 1917. Ces membres, identifiés comme J.D. Wright, A.I. Ritchie, I.F. Hoskins et R.H. Hirsh, adressent une lettre à Brother Pierson pour l'informer de leur décision de reporter la réunion au 20 juillet au plus tôt. Ils justifient ce report par des complications liées à des « rumeurs fausses et diffamatoires » ainsi que par des menaces de violence proférées à leur encontre par un représentant de la direction[70].
Cette décision est présentée comme une mesure de précaution, les auteurs de la lettre affirmant ne pas être en mesure de garantir un déroulement serein de la réunion avant cette date. Ils promettent d'informer Pierson lorsqu'ils estimeront que les conditions seront réunies pour une rencontre productive[71].
Statut légal du Bureau des directeurs
La publication aborde la question du statut légal du Bureau des directeurs de la Watch Tower Bible and Tract Society. Un avis juridique, rédigé par H.M. McCaughey, un avocat spécialisé en droit des sociétés, est cité pour clarifier la situation. Selon cet avis, les membres du Bureau doivent être élus annuellement par les actionnaires ou les membres de la Société, conformément à la loi de l'État de Pennsylvanie. Toute disposition contraire dans les statuts de la Société est considérée comme nulle et non avenue[72].
L'avis juridique précise que plusieurs membres actuels du Bureau, notamment J.D. Wright, I.F. Hoskins et A.I. Ritchie, ne sont pas légalement en fonction, car leur élection n'a pas été validée par les actionnaires. Leur mandat, initialement prévu pour une durée indéterminée, est jugé contraire à la loi, qui limite la durée du mandat des directeurs à un an. Par conséquent, leurs décisions et leurs actes en tant que membres du Bureau sont considérés comme nuls et sans effet juridique[73].
Concernant R.H. Hirsh, l'avis souligne que son élection en mars 1917 pour combler une vacance est également illégale. La vacance en question n'ayant pas été comblée dans les délais prévus par les statuts, le président de la Société était le seul habilité à nommer un remplaçant. De plus, la réunion au cours de laquelle Hirsh a été élu s'est tenue à New York, alors que les statuts stipulent que les réunions du Bureau doivent se dérouler en Pennsylvanie. Pour ces raisons, son élection est jugée « absolument et indiscutablement illégale et nulle »[74].
L'avis conclut en affirmant que seuls Joseph Franklin Rutherford, A.N. Pierson et William E. Van Amburgh, élus lors de la dernière assemblée générale, sont légalement autorisés à représenter la Société en tant que membres du Bureau[75].
Contenu
Cause déterminante pour la nomination de quatre membres du Conseil
Ce texte explique les raisons derrière la nomination de quatre nouveaux membres au Conseil d'administration de la Société Watch Tower[76]. La publication affirme que ces nominations ont été effectuées pour respecter une exigence légale stipulant que trois membres du Conseil devaient résider en Pennsylvanie[77]. Les frères George H. Fisher, de Scranton (Pennsylvanie), Walter E. Spill, d'Allegheny (Pennsylvanie), George H. Baer, également de Scranton, et Alexander H. Macmillan, de New York, ont été choisis pour compléter le Conseil, portant ainsi le nombre total de membres à sept[78].
La nomination de ces quatre frères a été formalisée par des acceptations écrites, et une réunion du Conseil d'administration a été convoquée pour le 5 juillet 1917[79]. Cependant, certains membres du Conseil initial, dont les frères Hirsh, Hoskins, Ritchie et Weight, ont refusé de participer à cette réunion, alléguant ne pas être prêts[80].
Statut légal
Cette section aborde le statut juridique de la Société Watch Tower et les actions entreprises par Joseph Franklin Rutherford pour maintenir la gestion de l'organisation conformément aux directives de Charles Taze Russell[81]. Rutherford affirme avoir agi en toute fidélité envers les responsabilités que le Seigneur lui avait confiées, et envers les frères à travers le monde qui comptaient sur lui pour diriger la Société de manière fidèle[82].
Il explique que, conscient des exigences légales, il a nommé les frères George H. Fisher, Walter E. Spill, George H. Baer et Alexander H. Macmillan comme membres du Conseil d'administration, afin de respecter la condition de résidence en Pennsylvanie[83]. Une réunion du Conseil a été convoquée pour le 5 juillet 1917, mais certains membres initiaux, dont les frères Hirsh, Hoskins, Ritchie et Weight, ont refusé d'y assister, invoquant un manque de préparation[84].
Lors de cette réunion, Rutherford a présenté un rapport écrit sur les activités de la Société depuis le décès de Russell. Après avoir entendu ce rapport, le Conseil a préparé et signé une résolution, dont une copie est reproduite en première page de ce document[85].
Par la suite, deux des quatre frères nouvellement nommés ont montré des intentions hostiles, cherchant à priver Rutherford de la gestion de la Société. Leur stratégie consistait à créer un sentiment d'opposition parmi les fidèles, en prétendant que Rutherford outrepassait la volonté du Conseil d'administration[86].
Aucune faute réelle trouvée
Ce passage souligne qu'aucune accusation sérieuse n'a été formulée contre Joseph Franklin Rutherford concernant une mauvaise gestion ou une mauvaise conduite des affaires de la Société Watch Tower[87]. La publication affirme que « les quatre frères susnommés » n'ont jamais présenté de charges prouvant que Rutherford avait mal géré ou mal administré la corporation[88]. Leur mécontentement semble provenir d'un désir soudain de recevoir des honneurs en tant que membres du Conseil d'administration et d'exercer une autorité dans la direction de l'organisation[89].
Leurs griefs et intentions
Ce texte détaille les griefs et les intentions des quatre frères opposés à Joseph Franklin Rutherford. Leur objectif déclaré était de destituer Rutherford de la position que Charles Taze Russell lui avait confiée, et ils envisageaient des mesures punitives contre lui[90]. Ne trouvant aucune faute sérieuse à lui reprocher, ces frères ont cherché à créer un sentiment d'opposition parmi les fidèles en prétendant que Rutherford outrepassait la volonté du Conseil d'administration[91].
Leur stratégie consistait à organiser des réunions pour mobiliser les fidèles contre Rutherford, puis à adopter une résolution visant à lui retirer la gestion de la Société. Ils ont convoqué une réunion du Conseil d'administration pour le 17 juillet, mais Rutherford a refusé de céder à leurs pressions, affirmant qu'il ne pouvait pas accepter de compromis qui iraient à l'encontre de la volonté divine[92].
La publication cite une lettre écrite par l'un des frères pèlerins, datée du 9 juillet 1917, qui exprime à la fois la joie et la préoccupation face à la loyauté des frères envers Rutherford. Cette lettre met en garde contre les conséquences possibles d'une rébellion contre la volonté du Christ, soulignant que cela pourrait entraîner une perte de la faveur divine[93].
Lettres de soutien de la famille du Temple
La publication reproduit plusieurs lettres adressées à Joseph Franklin Rutherford, alors président de la Société Watch Tower, exprimant le soutien et l'affection de membres de la famille du Temple de Brooklyn (Bethel). Ces missives, datées de juillet 1917, soulignent la loyauté des signataires envers Rutherford et leur confiance en son leadership spirituel. Les auteurs, identifiés comme « THE TEMPLE FAMILY » ou des individus tels que Louise Haunrox et Jess G. Heath, insistent sur leur prière pour que Dieu lui accorde force et sagesse face aux épreuves[94].
Une lettre collective, signée par des membres anonymes de la famille du Temple, affirme que Rutherford est perçu comme un représentant du Christ et que sa position est soutenue par la majorité des résidents de Bethel. Les signataires expriment leur gratitude pour son rôle dans la diffusion de la vérité et leur désir de le voir persévérer malgré les difficultés[95]. Une autre lettre, datée du 24 juillet 1917, compare la situation de Rutherford à celle du Christ, rappelant que même ce dernier avait besoin du soutien de ses amis. Les auteurs y réitèrent leur amour et leur confiance en sa capacité à surmonter cette épreuve grâce à la providence divine[96].
Des lettres individuelles, comme celle d'Ausca L. Daxzworoi, adoptent un ton plus personnel. Cette dernière demande pardon pour des propos qu'elle aurait tenus en défense de Rutherford, tout en réaffirmant sa confiance en la grâce divine et en l'efficacité du sang du Christ pour le salut. Elle souligne que ses actions n'étaient motivées ni par la rancœur ni par le jugement, mais par une foi inébranlable en la rédemption[97].
Accusations sans fondement
Rutherford répond à des accusations selon lesquelles il aurait ignoré le testament de Charles Taze Russell, en particulier concernant la gestion des actions de la Société Watch Tower. Il explique que le testament de Russell, rédigé en 1907, ne permettait pas le transfert des actions par voie testamentaire, une position confirmée par le juge Carpenter, avocat de Russell dans un litige antérieur. Cette interprétation avait également été appliquée lors de l'affaire du « Brooklyn Eagle », où les actions n'avaient pas été transférées malgré les dispositions du testament[98].
Rutherford précise que le conseil d'administration avait été informé de cette restriction peu après la mort de Russell et avait décidé de ne pas voter avec ces actions pour éviter tout risque de manipulation par des opposants à la vérité. Une opinion juridique avait été sollicitée pour confirmer cette décision, et les administrateurs avaient unanimement approuvé cette approche. Il souligne que son vote en faveur d'Albert Delmont Jones pour remplacer William E. Van Amburgh comme secrétaire-trésorier était conforme aux lois de l'État de New York et visait à protéger les intérêts de la Société[99].
Concernant la deuxième édition du livre commémoratif de la guerre, Rutherford explique que les membres du comité de rédaction avaient finalement accepté de publier une brève biographie le concernant, malgré ses réticences initiales. Il affirme avoir laissé la décision finale entre leurs mains, tout en assumant la responsabilité de ses actes[100].
Le septième volume né dans l'épreuve
La publication évoque une coïncidence symbolique liée à la parution du septième volume des Études dans les Écritures. Rutherford rappelle une déclaration de Russell selon laquelle ce volume serait offert à l'Église en un moment de grande détresse, pour la réconforter et l'encourager. Les Écritures annoncent en effet la présence de murmures et de plaintes parmi les fidèles, ce qui correspond à la situation actuelle de division au sein du mouvement[101].
Les premiers exemplaires du septième volume ont été distribués à Bethel au moment même où la crise atteignait son paroxysme, renforçant ainsi le caractère prophétique de cette coïncidence. Rutherford souligne que cette publication arrive à point nommé pour soutenir les fidèles dans leur foi, malgré les épreuves et les dissensions internes[102].
Résumé de la situation britannique par le frère Hemery
Cette section présente un compte rendu détaillé de la situation au sein de la filiale britannique de la Société Watch Tower, rédigé par le frère Hemery, responsable de la branche londonienne. Hemery décrit les tensions engendrées par les agissements de Paul Samuel Leo Johnson, un représentant de la Société envoyé en Grande-Bretagne pour superviser les activités locales. Johnson, après avoir reçu des instructions de Rutherford pour retourner aux États-Unis, a refusé d'obtempérer et a progressivement contesté l'autorité de ce dernier[103].
Hemery relate que Johnson a d'abord accepté sa révocation, mais qu'il a ensuite changé d'avis en affirmant que Rutherford n'avait plus aucune autorité sur lui. Johnson a également nié la légitimité de l'élection de Rutherford à la présidence de la Société, qualifiant cette décision d'illégale. Il a tenté de prendre le contrôle de la branche britannique, allant jusqu'à menacer de « pendre » les anciens qu'il avait précédemment « tués » symboliquement, et de réinstaller des frères qu'il avait lui-même démis de leurs fonctions[104].
Face à cette rébellion, Hemery a reçu des télégrammes de Rutherford et de la Société Watch Tower confirmant la révocation de Johnson et lui ordonnant de cesser toute activité au nom de l'organisation. Malgré ces instructions claires, Johnson a persisté dans son opposition, semant la division au sein de la maison et du bureau. Hemery a été contraint de s'opposer fermement à Johnson, ce qui a conduit ce dernier à le démettre de ses fonctions à plusieurs reprises, avant de finalement le suspendre[105].
Hemery souligne que certains membres du bureau et de la maison ont soutenu Johnson, croyant à tort que ses actions étaient justifiées. Ces collaborateurs ont tenté de l'isoler en interceptant son courrier et en limitant son accès au téléphone, tout en essayant de prendre le contrôle des finances de la filiale. Cependant, trois de ces frères ont finalement reconnu leur erreur et se sont excusés auprès de Hemery pour leur comportement[106].
La situation a entraîné un retard significatif dans les activités de la branche britannique, suscitant des interrogations parmi les fidèles à travers le pays. Johnson a même intenté une action en justice pour empêcher Hemery et ses associés de gérer les fonds de la Zion's Watch Tower, une démarche que Rutherford a fermement désavouée. Ce dernier a expliqué que Johnson n'avait jamais été mandaté pour interférer avec les affaires britanniques et que son comportement révélait un déséquilibre mental[107].
Hemery conclut en exprimant son soulagement que la situation commence à se normaliser, tout en reconnaissant que les conséquences de cette crise se feront sentir pendant un certain temps. Il transmet également un message de Rutherford aux congrégations britanniques, dans lequel ce dernier exprime sa tristesse face au comportement de Johnson, tout en affirmant que ces épreuves ont été permises par Dieu pour accomplir Sa volonté[108].
Dénonciation de l'autorité de Johnson et analyse des motivations
La publication poursuit le récit de la crise britannique en détaillant les dernières actions de Paul Samuel Leo Johnson. Ce dernier, après avoir été démis de ses fonctions, a continué à contester l'autorité de Rutherford et à affirmer sa propre légitimité en tant que « intendant » de la Société. Johnson a comparé sa situation à celle de Mardochée dans le livre d'Esther 8:15, suggérant qu'il avait été injustement écarté du pouvoir et qu'il était destiné à y revenir[109].
Hemery relate que Johnson a tenté de convaincre les frères britanniques de le soutenir, en affirmant que Rutherford n'avait plus aucune autorité. Certains frères ont exprimé leur sympathie pour Johnson, tandis que d'autres ont refusé de prendre parti. Hemery souligne que Johnson et ses partisans ont systématiquement intercepté son courrier et limité son accès aux communications, dans le but de l'isoler et de prendre le contrôle des finances de la filiale[110].
Rutherford, dans une lettre adressée à Hemery, a fermement désavoué Johnson, expliquant que ce dernier avait agi en dehors de son mandat et que son comportement révélait un déséquilibre mental. Rutherford a également précisé que les lettres de créance de Johnson, bien qu'elles aient été scellées et signées, ne lui donnaient pas le droit d'interférer avec les affaires de la branche britannique. Ces lettres avaient été émises principalement pour faciliter son entrée dans le pays, et non pour lui conférer un pouvoir de décision[111].
Hemery conclut en qualifiant cette crise de l'une des plus graves de l'histoire du mouvement, tout en exprimant sa conviction que Johnson a agi sous l'effet d'un déséquilibre mental et d'une surestimation de son importance dans le travail britannique. Il souligne que la situation commence à se rétablir, mais que les conséquences de cette rébellion se feront sentir pendant un certain temps[112].
Contenu
Notre résumé des preuves précédentes
Deuxième partie
La publication aborde les événements survenus au siège de Brooklyn, où Paul Samuel Leo Johnson (« Brother Johnson ») a fait l'objet de deux auditions devant le conseil d'administration et d'autres membres, totalisant quatre heures de discussions. À l'issue de ces auditions, tous les participants ont convenu que Johnson souffrait d'une forme de délire mental[113].
Pour protéger Johnson, les responsables du siège de Brooklyn (« Bethel ») ont choisi de ne pas divulguer ces informations, même aux membres de la famille Bethel. Johnson est resté discret pendant environ deux mois avant d'annoncer son intention de retourner en Grande-Bretagne. Lorsqu'il a été informé qu'il ne pouvait pas repartir, qu'il n'avait aucune mission là-bas et que les frères britanniques ne souhaitaient pas son retour, il a réagi avec agitation et a menacé de faire appel au conseil d'administration (« Board of Directors »). Il a exigé la convocation d'une réunion du conseil, ce que le président de la Société Watch Tower, Joseph Franklin Rutherford, a refusé[114].
La publication explique ensuite les motivations présumées derrière cette demande. Johnson espérait que le conseil d'administration annulerait la décision du président et l'autoriserait à retourner en Grande-Bretagne. Malgré les connaissances de certains membres du conseil (Hirsh, Hoskins, Wright et Ritchie) sur ses agissements en Grande-Bretagne, ces derniers ont accepté d'écouter sa requête et ont signé une pétition exigeant la convocation d'une réunion du conseil pour l'entendre[115].
Raisons suggérées
La publication avance plusieurs hypothèses pour expliquer l'alliance entre Johnson et certains membres du conseil d'administration. Charles Taze Russell avait nommé Alexander Hugh Macmillan (« Brother Macmillan ») comme représentant et assistant du président, avec une autorité étendue sur l'ensemble des activités de la Société. Cette décision avait suscité le mécontentement de certains membres, notamment Ritchie et Hoskins, qui avaient été rétrogradés ou déplacés de leurs postes respectifs. Le comité exécutif avait ensuite confirmé Macmillan dans ses fonctions, et Rutherford, devenu président, l'avait maintenu à ce poste[116].
Johnson, connu pour son éloquence persuasive, aurait convaincu ces membres du conseil que Rutherford usurpait un pouvoir qui aurait dû leur revenir. L'accusation d'« usurpation de pouvoir » était d'ailleurs un thème récurrent dans les lettres de Johnson. Son objectif était de faire en sorte que le conseil d'administration prenne le contrôle de la gestion de la Société, ce qui lui aurait permis d'être disculpé pour ses actions en Grande-Bretagne et d'être renvoyé dans ce pays[117].
La publication souligne que ces quatre membres du conseil (Hirsh, Hoskins, Wright et Ritchie) avaient tout intérêt à écarter Rutherford de la gestion. Johnson, en raison de ses compétences supérieures, aurait dicté la stratégie à suivre. Wright, en particulier, aurait été manipulé par les autres pour croire qu'il était ignoré en tant que membre du conseil et qu'il devait les soutenir pour préserver la dignité de l'institution[118].
Déroulement des événements à Brooklyn
La publication décrit comment Johnson et ses alliés ont tenté de semer le trouble parmi les membres de la congrégation de Brooklyn. Bien qu'ils aient refusé de participer aux tournées de prédication (« Pilgrim trips »), ils ont consacré leur temps à consulter des avocats et à saper l'autorité de la direction de la Société. Johnson, en particulier, a commencé à rendre visite aux membres pour leur faire part d'accusations contre la gestion de la Société, suivant la même méthode qu'il avait employée en Grande-Bretagne[119].
Le 18 juillet, Hoskins a annulé une réunion prévue à Philadelphie pour rencontrer Johnson et d'autres frères. Ces derniers, très respectés par la congrégation locale, espéraient obtenir son soutien. Lors de cette réunion, ils ont formulé des accusations contre Rutherford, Van Amburgh et d'autres responsables. La publication précise que, pour protéger les intérêts des membres, certains détails de ces accusations ne sont pas divulgués. Johnson et ses alliés ont également tenté, lors d'une réunion de la congrégation de Brooklyn tenue en l'absence de Rutherford, de le destituer de ses fonctions de président. Cette tentative a échoué[120].
À son retour, Rutherford a convoqué une réunion pour le mercredi 18 juillet. Les opposants, prêts à en découdre, ont assisté à cette réunion avec l'intention de réaliser leur objectif. Cependant, leur leader a perdu courage, et ils n'ont pas osé poursuivre leur plan. La réunion s'est transformée en une « Love Feast » (repas fraternel), et les opposants sont repartis déçus[121].
Leur stratégie visait à discréditer Rutherford auprès du plus grand nombre possible de membres, puis à faire adopter une résolution le destituant de la gestion de la Société. Ils avaient même consulté des avocats pour préparer cette manœuvre. Johnson avait déclaré qu'ils savaient comment procéder contre Rutherford. Une nouvelle fois, leurs plans ont été contrecarrés[122].
La publication révèle ensuite que Johnson a tenté de se rapprocher des membres de la famille Bethel, suivant la même tactique qu'il avait employée en Grande-Bretagne. Bien qu'il n'ait pas vu sa femme depuis novembre et que celle-ci soit malade, il a refusé l'offre de la Société de lui payer un billet pour Columbus. En revanche, il a trouvé le temps et l'énergie pour parcourir le pays et semer la discorde. Il a vécu au Bethel pendant plusieurs semaines, en violation ouverte de l'ordre de Rutherford de quitter les lieux. Voyant que ses plans échouaient, Johnson a adopté une nouvelle approche[123].
Le 20 juillet, il s'est présenté à Rutherford en tant que médiateur, exprimant le désir de rétablir la paix. Rutherford, conscient de ses véritables intentions, l'a laissé s'exprimer. Johnson a alors suggéré que cette affaire devait être réglée rapidement, car si elle était portée devant la congrégation, Rutherford serait discrédité. Cette préoccupation semblait nouvelle pour Johnson, qui n'avait pas hésité à discréditer Rutherford publiquement et en privé auparavant. Il est soudainement devenu soucieux du bien-être de Rutherford, alors que lui-même et ses alliés (Hirsh et Hoskins) avaient agi de la même manière. Rutherford a répondu que son seul objectif était de remplir son devoir, de protéger les intérêts de la Société et de plaire à Dieu, sans se soucier de l'opinion publique. Il a rappelé à Johnson que ce dernier était à l'origine de ces troubles, car il souhaitait retourner en Grande-Bretagne et que Rutherford avait refusé de l'y renvoyer[124].
Johnson a reconnu que les troubles étaient une conséquence du refus de Rutherford de lui accorder une nouvelle audition devant le conseil d'administration pour envisager son retour en Grande-Bretagne.
La publication conclut en affirmant qu'il est difficile d'accuser Rutherford d'avoir agi par intérêt personnel ou par des motifs cachés. Un avocat spécialisé en droit des sociétés de Philadelphie lui avait conseillé que les quatre membres du conseil en question n'étaient pas légalement en fonction et qu'il avait l'autorité légale de nommer un nouveau conseil. Rutherford a donc constitué un nouveau conseil d'administration, non par intérêt personnel, mais pour protéger les intérêts de la Société. Ce conseil était composé de frères en qui Russell avait toute confiance : le docteur Spill, J.A. Bohnet, George H. Fisher, A.H. Macmillan, A.I. Pierson, W.E. Van Amburgh et Rutherford lui-même. La publication exprime sa conviction que les membres à travers le pays ont confiance en ces frères pour sauvegarder les intérêts de la Société[125].
Ce nouveau conseil a décidé de se réunir une fois par mois pour superviser les affaires de la Société. La « Peoples Pulpit Association », une corporation légale basée à New York, détient tous les pouvoirs de gestion. Rutherford a demandé à ce conseil de travailler avec lui en tant que comité exécutif[126].
Contenu
Appel à une réunion spéciale du conseil d'administration
Ce document reproduit une convocation officielle adressée à Joseph Franklin Rutherford, Andrew N. Pierson et William E. Van Amburgh, les informant d'une réunion extraordinaire du conseil d'administration de la Watch Tower Bible and Tract Society[127]. Cette réunion, prévue le 28 juillet 1917 à 15 heures à l'hôtel St. George de Brooklyn, est motivée par la volonté d'une majorité des administrateurs de prendre des mesures pour empêcher toute ingérence ou contrôle de la gestion de la Société par les personnes se présentant comme un conseil d'administration concurrent[128].
Six points précis sont énumérés comme ordre du jour : 1. Empêcher toute tentative d'interférence ou de contrôle de la gestion de la Société par des individus se revendiquant comme administrateurs[129]. 2. Interdire aux dirigeants de la Société de distribuer des fonds sans l'accord et sous la direction du conseil d'administration légitime[130]. 3. Restreindre tout dirigeant agissant au-delà des pouvoirs conférés par la charte, les statuts ou la loi[131]. 4. Empêcher tout dirigeant de disposer des registres, livres ou documents de la Société sans le consentement du conseil[132]. 5. Interdire le versement de fonds à la *Peoples Pulpit Association* sans l'approbation du conseil[133]. 6. Prendre toute mesure nécessaire pour garantir le respect de ces restrictions[134].
La convocation est signée par quatre administrateurs : J. D. Wright, J. F. Hoskins, A. L. Ritchie et R. H. Hirsh[135]. Elle est justifiée par le fait que le président de la Société, Joseph Franklin Rutherford, aurait agi de manière unilatérale en considérant que la gestion des affaires de la Société relevait exclusivement de lui-même et de certains associés ne composant pas le conseil d'administration officiel[136].
Réaction et analyse de Rutherford
Joseph Franklin Rutherford répond à cette crise en exposant les motivations des opposants, qu'il qualifie de conspirateurs cherchant à prendre le contrôle de la Société pour des raisons personnelles plutôt que pour le bien de l'œuvre[137]. Il souligne que ces derniers n'ont jamais proposé d'amélioration concrète dans la gestion de la Société, mais ont plutôt adopté une stratégie de « régner ou ruiner » (*rule or ruin*)[138].
Rutherford rappelle qu'il a refusé une proposition de réconciliation de la part de Hirsh, qui consistait à réintégrer les opposants au conseil d'administration en échange d'une rétractation de leurs accusations[139]. Il interprète cette offre comme une preuve supplémentaire de leur volonté de contrôle plutôt que de repentir sincère. Il évoque également des menaces proférées par l'un des opposants, selon lesquelles ils recourraient aux tribunaux civils pour paralyser les activités de la Société et bloquer ses fonds[140].
Pour illustrer la gravité de la situation, Rutherford cite une déclaration d'Alfred I. Ritchie, l'un des opposants, qui aurait affirmé que s'il avait été élu à un poste à Pittsburgh, il se serait considéré comme appartenant à la « Grande Compagnie » (*Great Company class*), une catégorie spirituelle mentionnée dans les enseignements des Étudiants de la Bible[141]. Rutherford s'interroge sur les motivations actuelles de Ritchie, suggérant qu'il chercherait désormais à rejoindre cette même catégorie en prenant le contrôle de la Société[142].
Il décrit cette crise comme une épreuve douloureuse pour la famille de Bethel et un obstacle majeur au travail en cours, tout en exprimant sa confiance dans la providence divine pour surmonter cette épreuve[143]. Il recommande aux lecteurs de relire un article intitulé *« The Hour of Temptation »*, publié par Charles Taze Russell peu avant sa mort, dont les propos lui semblent prophétiques et particulièrement pertinents dans ce contexte[144].
Rutherford exhorte les fidèles à éviter toute amertume et à rester unis dans l'amour, rappelant que cette période de trouble est aussi une occasion de purification et de préparation pour le service divin[145]. Il souligne que son mandat de président expire dans cinq mois et s'engage à tout faire pour préserver l'intégrité de la Société jusqu'à cette échéance, laissant ensuite aux fidèles le soin de décider de la suite sous la direction divine[146].
Il conclut en demandant les prières des lecteurs pour obtenir la sagesse et la grâce nécessaires à l'accomplissement de ses responsabilités, tout en réaffirmant son attachement à la volonté de Dieu et son absence d'ambition personnelle[147].
Approbation des actions de Rutherford
Cette section reproduit une déclaration d'approbation signée par plusieurs membres influents de la communauté des Étudiants de la Bible, soutenant les actions de Joseph Franklin Rutherford en tant que président de la Watch Tower Bible and Tract Society[148]. Les signataires affirment avoir examiné attentivement les documents présentés et comparé les lettres avec les originaux, tout en étant personnellement informés des faits décrits[149].
Ils interprètent cette crise comme une manœuvre subtile de l'Adversaire (*Adversary*), c'est-à-dire Satan, visant à renverser l'œuvre des Étudiants de la Bible, qu'ils décrivent comme contribuant à la chute rapide de son empire[150]. Ils citent un passage biblique pour souligner que si Dieu est pour eux, personne ne peut s'opposer à eux : *« Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? »* (Romains 8:31)[151].
Les signataires de cette approbation sont : - William E. Van Amburgh, associé au Tabernacle de Brooklyn et à Bethel[152]. - D. J. Cohen, ancien de la congrégation de Brooklyn[153].
Illustrations du numéro
Références
- ↑ Harvest Siftings Part 1 (1917), p. 1.
- ↑ Harvest Siftings Part 1 (1917), p. 15.
- ↑ « Rutherford's Coup: The Watchtower Succession Crisis of 1917 and Its Aftermath », dokumen.pub.
- ↑ Harvest Siftings Part 1 (1917), p. 16.
- ↑ Page Paul Johnson sur ce wiki.
- ↑ Harvest Siftings Part 1 (1917), pp. 4–6.
- ↑ Harvest Siftings Part 1 (1917), p. 20.
- ↑ Harvest Siftings Part 1 (1917), p. 22.
- ↑ Joseph Franklin Rutherford sur ce wiki, citant Penton (1997), p. 50.
- ↑ Harvest Siftings Part 1 (1917), p. 24.
- ↑ Harvest Siftings Part 1 (1917), p. 24.
- ↑ Harvest Siftings Part 1 (1917), p. 11.
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