Basculer le menu
Changer de menu des préférences
Basculer le menu personnel
Non connecté(e)
Votre adresse IP sera visible au public si vous faites des modifications.

Condition féminine

De Tj-encyclopédie
Condition féminine

En s'appuyant sur leur compréhension d'un certain nombre de versets bibliques, les Témoins de Jéhovah estiment que la femme a un rôle différent de celui de l'homme au sein du cadre familial, religieux et social. Elle est pour eux complémentaire de l'homme et doit lui être soumise.[1] Cette soumission implique un certain nombre de particularités dans le rôle spécifique qu'elle tient au sein de la structure familiale, dans la congrégation et par conséquent, dans la société. De ce fait, des critiques du mouvement estiment que la Société Watch Tower a un point de vue désuet sur le rôle de la femme, n'accordant pas une place valorisante à celle-ci et ne respectant pas ainsi la parité entre les deux sexes.

Le point de vue adopté par le mouvement sur la place et le rôle de la femme a été globalement assez consistant au fil du temps[2] et semble s'être bien stabilisé.[3]

Dès les premières années de la Société Watch Tower, il fut précisé dans les publications que, sur la base de certains passages des lettres pauliniennes, la femme ne pouvait pas enseigner en public, hormis dans un cadre privé et en prédiction; elle devait également être soumise à son mari. Toutefois, dans les faits, des femmes occupaient alors des fonctions importantes dans l'organisation à l'époque de Russell: dès 1884, Maria Russell, son épouse, fut la secrétaire-trésorière,[4] prononça des allocutions dans différentes congrégations — notamment lorsqu'elle défendit son mari lors du schisme de 1894 —, participa à l'élaboration de la théologie et rédigea des articles dans La Tour de Garde jusqu'en 1897; la même année, elle dirigea aussi, aux côtés de ses sœurs, un groupe féminin dans l'Église d'Allegheny.

De même, Rose J. Ball fut l'une des directrices de la Watch Tower à partir de 1894 et participa au recueil de chants Zion's Glad Songs, paru en 1908; Gertrude Woodcock Seibert fut aussi rédactrice de poèmes qui parurent dans le magazine La Tour de Garde dans les années 1910 et furent compilés dans le recueil Poems of Dawn, et apparemment composa aussi certains cantiques. Quant à Elizabeth Horne, l'une des premières Étudiantes de la Bible d'Angleterre, elle joua un rôle très important dans le mouvement: elle eut de fonctions en matière d'organisation au sein de l'ecclesia de Londres et fut conviée par les époux Russell à venir en Amérique pour y apprendre des méthodes d'organisation qui lui serait utile pour la direction de la branche londonienne. Ce voyage "d'affaires" lui fut payé par les Russell et, au moment où se produisit la dissension de 1894, Horne était en train de diriger le mouvement depuis la Maison de la Bible, le couple de dirigeants étant alors en voyage. Elle fut assistée dans cette tâche par Charlie Ball, le frère de Rose. En conséquence, Horne participa de façon significative à la croissance du groupe.[5]

En dépit de cette place accordée aux femmes dans l'organisation à cette époque, une publication jéhoviste de 1973 rapporte que Russell, alors en tournée dans les îles Britanniques dans les années 1900, "exprim[a] sa désapprobation" lorsqu'il apprit qu'"à Glasgow et dans d'autres congrégations, certaines femmes avaient joué des rôles importants, présidant, par exemple, l'école du dimanche tenue pour les enfants". Il mit un terme à cette situation, ce qui est présenté comme démarche ayant rendu le mouvement "plus conforme aux exigences bibliques", et entraînant quelques remous: "Certaines sœurs s'offusquèrent de cette nouvelle façon de comprendre la place de la femme".[6] Ainsi, il apparaît que des femmes occupaient des fonctions au début de l'histoire des Étudiants de la Bible, mais que les tribulations matrimoniales du pasteur l'ont poussé à revoir la place et le rôle de la femme au sein de l'église.

En 1904, Russell écrivit que, selon la Bible, les personnes choisies pour occuper des fonctions dans l'antique Israël et dans la congrégation du Ier siècle étaient tous des hommes (prêtres, apôtres); la féminité de la femme pouvait la pousser à enseigner des erreurs, il valait donc mieux qu'elle s'en abstienne; elle était toutefois apte à participer aux élections des anciens. Dans tous les cas, la soumission de la femme était vue comme étant temporaire: à partir du règne millénaire du Christ, l'égalité entre les sexes reviendrait.[7] En 1906, Russell expliqua que selon lui, le travail de colporteur n'était pas forcément destiné à une épouse, à moins que le mari y soit favorable, car en effectuant ce travail elle en viendrait à négliger ce dernier ainsi que sa maison, expliquant qu'"elle a un devoir d'épouse" qu'elle "ne doit pas violer", devoir incluant la prise en charge de la maisonnée.[8]

Dans son testament, Russell précisa au sujet de ses actions de vote à la Watch Tower Bible and Tract Society qu'il les remettait entre les mains de cinq femmes qu'il cita nommément: il s'agissait de "sœurs E. Louisa Hamilton, Almeta M. Nation Robison, J.G. Herr, C. Tomlins, Alice C. James". De même, pour le déroulement de son enterrement, il s'en remit entièrement à sa sœur Margaret Land et aux filles de celles-ci Alice et May, précisant qu'elle pourraient éventuellement être "aidées et conseillées par les frères, si elles le désir[ai]ent". Ce furent d'ailleurs des femmes, notamment sa sœur et Laura M. Whitehouse qui travaillait pour lui au sein de la Solon Society, qui furent témoins de son testament. Ainsi, bien qu'affirmant que la femme ne devait pas enseigner en public, Russell accordait malgré tout une grande importance aux femmes puisque nombre d'entre elles collaboraient étroitement avec lui. Toutefois, l'auteure Barbara Harrison estime que Russell employait un "ton misogyne" dans les publications, et que, s'il est vrai qu'il nomma plusieurs femmes comme exécutrices testamentaires, c'était davantage parce qu'il se doutait qu'elles exécuteraient sans murmurer ses volontés, étant ses servantes "dignes de confiance".[9]

Voir aussi Personnalité de Rutherford

Par la suite, Joseph Rutherford, le successeur de Russell à la tête de la Watch Tower, estima que le fait de mettre en avant les femmes dans les affaires de la religion contribuait à détruire le caractère sacré de la maison et détournait les hommes de Dieu.[10] Selon lui, les femmes ne devaient pas être l'objet de romantisme ou d'adulation. Elles conservaient une bonne position en s'activant dans l'activité de prédication et en restant soumise à la fois au foyer et dans la congrégation; le mieux étaient qu'elles restent seules et qu'elles soient pionniers. Au pire, les femmes pouvaient être considérées comme étant des 'Jézabel' hautaines (personnage biblique, épouse du roi israélite Achab, et qui était connue pour son arrogance) qui perturbent l'ordre théocratique au sein de l'organisation des Témoins de Jehovah.[11]

En 1922, L'Âge d'Or présentait comme une "ruse subtile du Serpent" le fait qu'"à notre époque les femmes se battent pour l'égalité parfaite avec les hommes à tous les égards", car "l'opinion publique, à travers un sens mal compris de "chevalerie", approuve le féminisme par la flatterie stupide, leurrant les femmes dans une conviction secrète de leur supériorité innée".[12]

En se basant que des passages comme Ézéchiel 13:17 dans lequel le prophète s'adressait aux filles d'Israël, Rutherford condamna les mouvements pour l'égalité entre les sexes qui émergeaient alors. Il critiqua le Congrès des États-Unis qui avait participé à la libération de la femme en 1919-20, faisant remarquer que cela s'était produit juste après que Satan ait été chassé des cieux. Les femmes seraient aussi responsables de l'affaiblissement de la virilité des hommes — ce qui est jugé grave, compte tenu de 1 Corinthiens 6:9 —, et d'une diminution de leur pouvoir, que ce soit en religion, en famille et en politique. Selon Rutherford, le fait de se lever pour saluer une femme qui entre dans une pièce, ou encore d'ôter son chapeau en guise de révérence, revenait à accorder trop d'importance à une femme, et constituait un "stratagème de Satan pour détourner les gens de Dieu".[13] Ainsi, les comportements de gentleman tout à fait normaux étaient proscrits.

Dans cette optique, Rutherford condamna la fête des Mères, car selon lui, cette fête, bien qu'en apparence innocente, était une habile ruse de Satan destinée à amener les gens au "culte de la créature".[14] Ainsi, Rutherford dépréciait les femmes et ne se privait pas de l'exprimer;[15][16] par exemple, lors d'un congrès de 1941 dans le Missouri, il cita la description de la femme faite par Rudyard Kipling, à savoir que celle-ci était "une loque et un tas d'os et une tignasse",[17] et cette citation fut reprise dans La Tour de Garde.[18] Toutefois, malgré de telles consignes misogynes, Rutherford était connu comme étant un coureur de jupons et eut probablement deux maîtresses: sa diététicienne Berta L. Teel et sa sténographe Bonnie Boyd Heath, ce qui ne l'empêcha pas de délaisser sa propre femme, Mary Rutherford, avec qui il ne vivait pas.

Toutefois, Nathan Homer Knorr, le président suivant, a réhabilité la place de la femme et les épouses furent en général bien traitées au sein de la communauté.[19]

Le modèle familial au sein des Témoins de Jéhovah est de type patriarcal : c'est le mari et père qui constitue la tête et prend les décisions importantes.[20][21] La femme se doit de lui être soumise et de le considérer comme son « chef légitime »,[22] une disposition que les femmes jéhovistes québécoises interrogées par la sociologue Rachel Genest ne vivent généralement pas comme une discrimination, la rationalisant comme une distribution des rôles voulue par Jéhovah ;[23] Genest relève néanmoins une asymétrie fondamentale : ces femmes ont les mêmes obligations que les hommes — prédication, respect des principes bibliques, investissement religieux — sans bénéficier des mêmes droits ni des mêmes fonctions.[24] La femme est en outre attendue dans les tâches domestiques et l'éducation des enfants,[25] une répartition que la sociologue australienne Miriam Hughes, elle-même ancienne Témoin de Jéhovah excommuniée, documente comme reposant entièrement sur la femme, le mari ne participant ni aux travaux ménagers ni à l'éducation des enfants, cette absence étant directement légitimée par la doctrine de soumission.[26] La femme doit également s'habiller avec modestie et, selon le portrait de la femme capable décrit en Proverbes 31:10-31, ce rôle est présenté par le mouvement comme tout à fait honorable.[27] Une différence de croyance n'autorise pas une femme à quitter son mari pour une séparation légale ou un divorce — hormis si le mari s'oppose farouchement à la foi de son épouse, la maltraite au point de mettre sa santé ou sa vie en danger, ou la trompe —[28] et Hughes signale que des cas de violences conjugales ont été portés à la connaissance d'anciens de congrégation qui ont choisi de ne pas intervenir.[29]

Les études supérieures sont par ailleurs activement découragées par la Société Watch Tower, ce qui place les femmes dans une situation de dépendance économique structurelle. Miriam Hughes documente que les femmes qu'elle a interrogées ont pour la plupart renoncé à toute formation qualifiante, non par choix délibéré mais parce que l'organisation avait rendu toute alternative à la vie jéhoviste psychologiquement inconcevable.[30] Genest confirme ce constat pour le contexte québécois : les répondantes de son enquête sont peu scolarisées et occupent des emplois ne demandant pas de hauts niveaux de formation, privilégiant un emploi à temps partiel pour consacrer davantage de temps à la prédication.[31]

Au sein de la congrégation

modifier modifier le wikicode

Dans la congrégation, la femme ne peut accéder à aucune fonction de surveillance — ancien, assistant ministériel — celles-ci étant exclusivement réservées aux hommes, et ne peut a fortiori faire partie du Collège Central. Elle ne peut pas enseigner en public lors des réunions en prononçant des discours ou en dirigeant des parties du programme ; elle peut donner des commentaires et effectuer des sujets en tant qu'élève, mais dans ce cas elle s'adresse non pas à l'auditoire mais à une interlocutrice.[32] La sociologue Rachel Genest relève l'asymétrie que cette organisation produit : les femmes sont astreintes aux mêmes obligations que les hommes, notamment la prédication, sans avoir accès aux mêmes fonctions ; les répondantes de son enquête n'y voient pourtant pas de discrimination, estimant que les rôles sont simplement distribués différemment par Jéhovah, certaines allant jusqu'à exprimer un soulagement de ne pas avoir à préparer les réunions.[33] Le raisonnement de la Watch Tower est que les chrétiens qui enseignaient au Ier siècle étaient tous des hommes, mais qu'il existait aussi des prophétesses tant dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament ; l'organisation en déduit que si l'enseignement au sein des congrégations est limité aux hommes, les femmes peuvent en revanche participer au ministère public.[34] La plus grande partie de cette œuvre de prédication est d'ailleurs effectuée par des femmes, compte tenu de leur plus grande disponibilité en semaine.[35]

Si, en l'absence d'hommes, une femme doit remplir un rôle lié au culte normalement dévolu à l'homme, elle doit se couvrir la tête en signe de soumission.[36] Genest note une légère évolution dans cette pratique : là où les femmes devaient autrefois se couvrir la tête dès qu'un homme était présent lors d'études bibliques, cette obligation ne s'applique désormais qu'en présence d'un homme baptisé, sans qu'il soit possible de déterminer si ce changement reflète une volonté d'évolution à l'égard des femmes ou une simple relecture d'un principe biblique de la part de la Société.[37]

Éventuellement, la femme peut être membre ointe, c'est-à-dire avoir l'espérance céleste et faire partie des 144 000.[38] Elle peut également occuper des postes importants dans d'autres instances jéhovistes, comme par exemple être à la tête du Cercle européen des Témoins de Jéhovah anciens déportés et internés (CETJAD), rôle assumé par Ruth Danner, elle-même ancienne déportée.[39]

Barbara Harrison estime que le jéhovisme, qu'elle juge « explicitement anti-féministe », peut néanmoins séduire les femmes en situation de fragilité — celles déçues en amour, vivant dans la pauvreté, ayant peur du choix ou du monde qui les entoure — en leur offrant un cadre de réponses et un sentiment d'appartenance ; par leur participation au porte-à-porte, elles ont le sentiment d'être entendues et de véhiculer un message d'espoir.[40] Miriam Hughes prolonge cette analyse en montrant que c'est précisément ce qui attire les femmes dans la foi — la sécurité, le sentiment d'appartenance, des réponses aux questions existentielles — qui finit souvent par les en éloigner : une fois pleinement acculturées, elles prennent conscience de l'étendue des contrôles exercés sur leur vie, et le coût social de quitter l'organisation — perte simultanée de la famille, des amis et de l'identité — devient le principal mécanisme de rétention.[41]

Voir article détaillé Viol

À partir de 1964, la Watch Tower a enseigné que si une femme ne criait pas, ne se débattait pas ou ne fuyait pas lors d'une tentative de viol, elle devenait complice de son agresseur, commettait la fornication et était donc passible de l'excommunication.[42] Cette doctrine s'inscrit dans le cadre plus large d'un contrôle doctrinal permanent exercé sur le corps et la sexualité des femmes au sein de l'organisation : la sociologue Miriam Hughes montre que ce contrôle traverse l'ensemble de la vie des femmes jéhovistes, du rapport à la menstruation — présentée dans les publications comme une forme d'impureté — jusqu'aux relations conjugales, créant chez nombre d'entre elles un sentiment durable de dissociation entre leur corps et leur identité.[43] La prise de position de 1964 sur le viol a eu pour conséquence la mort ou la mutilation de nombreuses jeunes femmes violées — au Malawi et au Mozambique notamment — qui avaient suivi les consignes de la Société Watch Tower.[44][45] Hughes signale par ailleurs que des violences conjugales ont été portées à la connaissance d'anciens de congrégation qui ont choisi de ne pas intervenir, révélant un continuum entre la doctrine institutionnelle sur le corps féminin et la tolérance de fait envers les violences domestiques.[46]

Depuis 1993, une Témoin de Jéhovah violée qui n'a pas crié n'est plus considérée comme coupable de fornication et n'est plus passible d'excommunication.[47][48]

Certains détracteurs du mouvement estiment que la Société Watch Tower a un point de vue désuet sur le rôle de la femme, n'accordant pas une place valorisante à celle-ci et ne respectant pas ainsi la parité entre les deux sexes.[49]

Dans son ouvrage autobiographique, Dany Bouchard, une ancienne fidèle, s'est plainte du rôle attribué à la femme dans l'organisation, en évoquant notamment la soumission au mari, les interdictions d'enseigner en public à la Salle du Royaume et de venir en pantalon aux réunions hebdomadaires, estimant que les Témoins de Jéhovah ont mis en place pour les femmes « un schéma moyennâgeux proche de l'inquisition ».[50] L'ex-membre Dominique Dott abonde dans ce sens : « Maintenant que je ne suis plus dans l'orbe du groupe, je mesure le côté exécrable et humiliant de cette phallocratie. Si celle-ci ne s'exerçait que dans un cadre religieux, ce serait moindre mal ; le problème est que ce principe d'un autre âge s'applique à tous les aspects de la vie d'un adepte puisque son identité est l'adeptat. »[51]

Ces témoignages trouvent un écho dans les travaux académiques. Barbara Harrison, qui juge le jéhovisme « explicitement anti-féministe », observe que les femmes Témoins tiennent deux discours : celui des publications, à destination du monde non-Témoin, dans lequel elles s'affichent heureuses et épanouies, et celui qu'elles tiennent entre elles dans la réalité quotidienne, se soutenant et se témoignant mutuellement de la sympathie.[52] La sociologue Rachel Genest confirme partiellement ce double discours : les femmes québécoises qu'elle a interrogées, encore membres et pratiquantes, décrivent une vie épanouie et n'expriment pas de sentiment de discrimination, mais Genest relève que cette satisfaction est indissociable d'une intériorisation profonde du cadre doctrinal qui rend difficile toute perception critique de sa propre condition.[53]

C'est précisément ce que documente Miriam Hughes à partir du vécu de femmes ayant quitté l'organisation : une fois ce cadre brisé, les séquelles sont durables. Hughes décrit des difficultés profondes à établir des relations intimes saines, une culpabilité corporelle ancrée dans le discours de la Société sur la menstruation comme impureté et la sexualité comme péché lié à la chute d'Ève, ainsi qu'un isolement social total consécutif à l'excommunication — perte simultanée de la famille, des amis et de l'identité.[54] Harrison avait déjà noté que le système jéhoviste engendre à la fois le narcissisme et le sentiment de supériorité, mais aussi l'auto-dépréciation et la culpabilité, et que certaines femmes qui expérimentent ces deux groupes de sentiments finissent par développer ce qu'elle décrit comme une forme de personnalité clivée.[55] Les femmes Témoins talentueuses renoncent souvent à leurs atouts pour se soumettre aux exigences de leur religion,[56] une observation que Hughes prolonge en montrant que ce renoncement n'est pas vécu comme un sacrifice librement consenti mais comme le résultat d'un conditionnement progressif dont les femmes ne prennent conscience qu'après avoir quitté l'organisation.[57]

Les travaux universitaires consacrés à la condition des femmes au sein des Témoins de Jéhovah sont rares. Deux études se distinguent toutefois par leur rigueur méthodologique et leur complémentarité : le mémoire de maîtrise de la sociologue québécoise Rachel Genest, soutenu à l'Université de Sherbrooke en 2016, et la thèse de doctorat de la sociologue australienne Miriam Hughes, soutenue à l'University of South Australia en 2006. Les deux travaux se complètent précisément parce qu'ils observent des populations opposées : Genest interroge des femmes encore membres et pratiquantes dans une congrégation francophone du Québec, dont l'intériorisation du cadre doctrinal influe nécessairement sur la perception qu'elles ont de leur propre condition ; Hughes interroge des femmes ayant quitté l'organisation, parfois excommuniées, dont le recul critique permet de mettre au jour ce que le discours officiel tend à occulter. La divergence de leurs conclusions n'est donc pas une contradiction mais un effet de méthode : elles éclairent deux faces d'une même réalité.

Rachel Genest : le vécu des femmes qui restent

modifier modifier le wikicode

S'appuyant sur une analyse systématique des revues La Tour de Garde et La Tour de Garde (édition d'étude) publiées entre 2013 et 2015, complétée par un questionnaire administré à des femmes membres d'une congrégation québécoise, Genest utilise le concept de représentations sociales pour dégager les droits, devoirs, rôles et fonctions des femmes au sein de l'organisation.[58]

Son constat central est celui d'une asymétrie fondamentale : les femmes ont les mêmes obligations que les hommes — prédication, respect des principes bibliques, investissement religieux — sans bénéficier des mêmes droits ni des mêmes fonctions. Les postes de pouvoir, les fonctions décisionnelles et l'enseignement devant un auditoire leur sont interdits, et ce de façon non négociable selon la Société Watch Tower.[59] Pourtant, les répondantes de son enquête n'expriment pas de sentiment de discrimination : elles acceptent cette différence en la rationalisant comme une distribution des rôles voulue par Jéhovah pour une meilleure organisation, certaines allant jusqu'à exprimer un soulagement de ne pas avoir à préparer les réunions.[60]

Dans la vie privée, les femmes interrogées se consacrent principalement aux tâches ménagères, à l'éducation des enfants et au soutien de leur époux, conformément au modèle prescrit par les publications. Genest note cependant une évolution par rapport aux études antérieures : contrairement aux femmes interrogées par Lucie Noël dans les années 1980, qui étaient pour la plupart femmes au foyer, les répondantes de Genest exercent majoritairement un emploi — mais à temps partiel, afin de consacrer davantage de temps à la prédication.[61] Elles sont par ailleurs peu scolarisées, ce que Genest attribue en partie au fait que la Société Watch Tower ne valorise pas les études supérieures.[62]

Genest conclut à une certaine évolution du statut des femmes au fil du temps, mais juge cette évolution « très minime » : ce qui ressort comme non négociable est l'interdiction faite aux femmes d'accéder à des postes de hiérarchie ou de pouvoir au sein de l'organisation, une interdiction qu'aucune des répondantes n'a contestée ni même regrettée.[63]

Miriam Hughes : le vécu des femmes qui partent

modifier modifier le wikicode

Hughes aborde la question depuis une position d'insider-outsider : elle-même ancienne Témoin de Jéhovah, baptisée à 24 ans et excommuniée à 29 après une séparation conjugale, elle conduit sa recherche à partir d'entretiens avec trois ex-membres australiennes et de dix-sept questionnaires recueillis auprès de femmes ayant quitté l'organisation, complétés par une analyse approfondie des publications de la Société Watch Tower.[64]

Sa thèse centrale est que les Témoins de Jéhovah constituent une forme de fondamentalisme chrétien légaliste-littéraliste, dont la caractéristique principale n'est pas doctrinale mais comportementale : l'organisation exerce un contrôle permanent sur les comportements de ses membres, et ce contrôle se concentre en priorité sur les femmes, leurs corps et leur sexualité.[65] Ce contrôle commence dès la conversion — souvent vécue non comme un choix libre mais comme le résultat de pressions familiales ou d'un besoin d'appartenance — et se prolonge dans tous les aspects de la vie : division des tâches domestiques entièrement à la charge de la femme, découragement actif des études supérieures créant une dépendance économique structurelle, et surveillance doctrinale de la sexualité.[66]

Sur ce dernier point, Hughes documente des séquelles particulièrement profondes. Le discours de la Société sur la menstruation — présentée dans les publications comme une forme d'impureté — et sur la sexualité comme péché lié à la chute d'Ève engendre chez de nombreuses femmes un sentiment durable de dissociation entre leur corps et leur identité, qu'elles décrivent comme le fait de vivre dans un « corps étranger ».[67] Ces effets persistent longtemps après le départ de l'organisation : les femmes interrogées par Hughes décrivent des difficultés durables à établir des relations intimes saines, à ressentir du plaisir sans culpabilité, et à transmettre à leurs propres enfants des repères relationnels qu'elles n'ont elles-mêmes jamais reçus.[68]

L'excommunication elle-même constitue un traumatisme social majeur : elle entraîne une rupture totale avec l'ensemble du réseau social construit au sein de l'organisation — famille, amis, identité — et s'accompagne fréquemment de rumeurs propagées dans la congrégation, Hughes en ayant elle-même fait l'expérience.[69] Le coût social considérable de ce départ constitue d'ailleurs, selon Hughes, le principal mécanisme de rétention de l'organisation : davantage que la conviction doctrinale, c'est la peur de perdre simultanément sa famille, ses amis et son identité qui maintient les membres dans la foi.[70]

La confrontation des deux travaux est éclairante. Ce que Genest documente comme une acceptation sereine de la différence des rôles, Hughes le documente comme le résultat d'un conditionnement progressif dont les femmes ne prennent conscience qu'après avoir quitté l'organisation. Ce que Genest observe comme un équilibre conjugal satisfaisant — les répondantes décrivent des maris aidants et des couples épanouis — Hughes le documente comme une réalité bien plus contrastée, où la division des tâches repose entièrement sur la femme et où des violences conjugales peuvent être couvertes par les instances de la congrégation. Ce que Genest interprète comme une évolution minime mais réelle du statut des femmes, Hughes le replace dans une continuité historique plus longue, montrant que les constructions de genre au sein de l'organisation puisent directement dans les écrits de Russell et Rutherford et n'ont que superficiellement évolué depuis un siècle.

La divergence des deux études tient moins à une contradiction qu'à un effet de temporalité : Genest photographie le présent vécu de femmes encore immergées dans le cadre doctrinal ; Hughes documente ce que ce cadre laisse comme traces une fois qu'il s'est brisé. Les deux lectures sont nécessaires pour rendre compte de la complexité de la condition féminine au sein des Témoins de Jéhovah.

La femme dans les premières publications

modifier modifier le wikicode
Publication et titre Description du contenu et commentaire
La Tour de Garde (angl.), février 1881, p. 8 R 194 Une question des lecteurs demande à l'éditeur d'expliquer 1 Corinthiens 14:34 qui déclare que la femme doit apprendre en silence. Dans la courte réponse, il est admis que "ce n'est pas à nous pour dire pourquoi, quand Dieu n'apporte aucune raison" et affirme aussi ne pas être en mesure d'expliquer pourquoi Jésus n'a pas envoyé prêcher les femmes de foi qui l'ont cru, mais seulement des hommes. Bien que reconnaissant des bonnes actions accomplies par les femmes, il est dit que ce passage de la Bible ne peut être ignoré et donc qu'il doit être suivi.
La Tour de Garde (angl.), mai 1881, p. 8 R 227 Une question des lecteurs demande une explication de trois textes dont Actes 1:14 et 1 Corinthiens 11:5. En réponse, il est dit que les femmes du temps des apôtres furent approuvées et appréciées par eux et par le Seigneur, mais qu'elles ne prenaient la parole que dans de petites réunions. Le passage de 1 Cor. 14:34, qui dit que la femme apprenne en silence et qu'elle n'enseigne pas en public, est interprété comme faisant référence aux réunions publiques, dans lesquelles il y a fréquemment des débats. Dans ce cadre-là, il serait déplacé, selon Paul, qu'une femme prenne la parole. Toutefois, cette règle ne doit pas être poussée à l'extrême, et l'éditeur pense que ce serait une erreur d'interdire à une femme de prier ou d'enseigner dans des réunions chrétiennes privées. L'homme et la femme représentent respectivement le Christ et son épouse, l'Église, et l'homme est ainsi à la tête de la congrégation, voilà pourquoi il a davantage de fonctions publiques dans la congrégation. Toutefois, les fonctions des personnes des deux sexes sont "tout aussi acceptables à Dieu".
La Tour de Garde (angl.), juin 1885, p. 7 R 766 Selon l'article "God's order", la règle contenue en 1 Timothée 2:12 résulte du principe d'autorité du mari dans le couple. Mais cela ne veut pas dire que la femme ne puisse pas annoncer la bonne nouvelle, car ce passage doit être harmonisé avec d'autres déclarations de l'apôtre ("Il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni libre, il n'y a ni mâle ni femelle"), et d'Isaïe (tous sont oints pour annoncer la bonne nouvelle). La femme ne peut donc pas occuper une fonction d'autorité ou de commandement. Elle peut prêcher, mais le faire avec une modestie empreinte de conviction. Puis l'article reprend le contenu de The Watchtower de mai 1881 (voir ci-dessus), et conclut en déclarant que ces explications sont destinées à répondre aux questions de sœurs qui s'interrogeaient sur leur droit à prêcher sans enfreindre l'enseignement de l'apôtre Paul. (L'article est signé par Maria Russell.)
La Tour de Garde (angl.), octobre / novembre 1888, pp. 6-8, R 1075,76 L'article reprend ce qui est dit dans La Tour de Garde (angl.) de juin 1885. (L'article est signé par Maria Russell.)

Dans le cadre du couple

modifier modifier le wikicode
Publication et titre Description du contenu et commentaire
La Tour de Garde (angl.), juin 1885, p. 6 R 765-66 Commentant Éphésiens 5:23, l'article "God's order" déclare notamment : "Les préjugés, l'opinion publique et l'abus de pouvoir, ont rendu cette expression et d'autres similaires faites par les Apôtres fidèles, très impopulaires. Et ce n'est pas surprenant, dans la chute et le désordre de la condition de l'humanité. L'apôtre Paul est diversement accusé d'être un contempteur des femmes, et s'exprimant sans l'autorité divine, et cela même parmi les chrétiens. Mais quand il est examiné correctement, Paul, comme d'habitude, se trouve en train de donner une expression fidèle à l'ordre divin dictée par la sagesse infaillible pour le plus grand bonheur et de tous".

L'épouse doit collaborer en harmonie avec son mari, et "celle qui deviendrait la partenaire d'un homme dans la vie, devrait voir qu'elle est prête à remplir cette position selon la disposition divine". Si la femme a davantage de capacités et de jugement que son mari, elle doit malgré tout l'aider discrètement avec modestie; il faudrait prendre en compte cela avant de s'engager dans le mariage. Par contre, si la volonté du mari est en conflit avec celle du Seigneur, l'épouse, en tant que "nouvelle créature" fiancée au Christ, doit se positionner pour le Seigneur. Bien que l'épouse doit être soumise à son mari, cela ne constitue pas de l'esclavage domestique, qui est le résultat du péché.

Dans le couple, la femme doit "chercher avec une fierté légitime la force virile et la gloire de son mari", et lui doit "considérer avec admiration et affection sa grâce féminine - pas égaux et semblables à tous égards, mais chacun possédant des qualités de cœur et d'esprit qui les rendent compagnons l'un pour l'autre". "La supériorité de l'homme réside dans sa plus grande force, à la fois physique et mentale", ce qui est voulu par Dieu. "Dans la condition actuelle imparfaite, de nombreuses femmes sont supérieures à beaucoup d'hommes, mais de telle femmes devraient être absolument sûres de ne pas devenir des épouses de ces hommes; car, ce faisant, elles doivent soit violer l'ordre divin (Éphésiens 5:22), soit se soumettre à un inférieur, ce qui n'est pas non plus en harmonie avec la conception du Seigneur". La femme doit se comporter de façon similaire à l'épouse du Christ. (L'article est signée par Maria.)

La Tour de Garde (angl.), octobre / novembre 1888, pp. 6-8, R 1075,76 L'article reprend ce qui est dit dans La Tour de Garde (angl.) de juin 1885. La sphère de la femme chrétienne diffère quelque peu de celle des frères, mais qu'elle "n'est en aucun cas un sens restreinte, comme beaucoup semblent le considérer". L'épouse doit être le joyeux co-travailleur de l'homme en harmonie avec la volonté de celui-ci. Dans le cas où la femme a plus d'aptitudes que l'homme, elle devrait prendre cela en compte avant le mariage, et si celui-ci a déjà été contracté, il faut que l'épouse fasse de son mieux avec modestie. Le mari qui demande à sa femme quelque chose qui n'est pas chrétien ne doit pas être écouté, car l'allégeance de la chrétienne va d'abord au Seigneur. La soumission de la femme ne signifie pas servilité, et elle s'y pliera "comme à la disposition de Dieu pour leur bien mutuel, et plus loin, [et] elle se fera un plaisir de servir par amour". L'homme est supérieur à la femme qui est le "vase faible". (L'article est signé par Maria Russell.)

Dans les autres domaines

modifier modifier le wikicode
Publication et titre Description du contenu et commentaire
La Tour de Garde (angl.), mars 1889, p. 4, R 1104 L'article "As becometh women professing Godliness" s'adresse aux "sœurs en Christ qui ont des talents, grands ou petits, dont elles demandent de faire usage dans l'intérêt des travaux de grande moisson". Elles doivent, dans toutes leurs activités, manifester des qualités telles que la modestie dans l'attitude, l'habillement. Elles peuvent aller voir les malades, s'occuper des enfants de leur quartier, visiter les différentes églises, écrire des lettres à des amis ou des inconnus, préparer des repas, et disperser la vérité en laissant des publications. Il faut éviter les commérages et savoir rester simples. (L'article est signé par Maria Russell.)

Ressources sur le sujet

modifier modifier le wikicode
  • Blandre, Bernard (septembre-novembre 1995), "La place des femmes dans les minorités religieuses chrétiennes", Mouvements religieux, Sarreguemines: Association d'Étude et d'Information sur les Mouvements Religieux (ISSN 0242-7931)
  • Genest, Rachel (2016), Statut des femmes chez les Témoins de Jéhovah : regard sur les fonctions, rôles, obligations, droits et devoirs sur le plan de la vie privée et de la vie publique, mémoire de maîtrise, Université de Sherbrooke, Centre d'études du religieux contemporain, sous la direction de Patrick Snyder.
  • Harrison, Barbara Grizzuti (1978) (anglais), Visions of Glory: A History and a Memory of Jehovah's Witnesses, New York: Simon and Schuster (ISBN 0-671-25101-5)
  • Hughes, Miriam (2006) (anglais), From Eve to Jezebel: Jehovah's Witnesses and Christian Fundamentalism. The Construction and Reconstruction of Women's Gendered Identities within the Faith, thèse de doctorat, School of Education, University of South Australia.
  • Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Jehovahs Witnesses Net (2003) (anglais), "History of Head Covering for JW Women", jehovahs-witness.net. Consulté le 11 mars 2012 — liste des publications ayant expliqué en quelles circonstances la femme doit se couvrir la tête
  • Penton, James M. (1997, 2è éd.) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press (ISBN 0-8020-7973-3)
  1. La Tour de Garde, 1er mars 2005, p. 16, § 5:
    "Les chrétiennes ne dédaignent pas leurs maris ni ne cherchent à minimiser la disposition biblique relative à l'autorité dans le mariage. Au contraire, elles soutiennent leurs maris et leur sont soumises, elles coopèrent avec eux, et de cette manière les encouragent. Quand l'homme et la femme agissent avec autant d'amour, leur mariage ne peut que réussir, et tous deux puisent de la joie dans leur vie commune."
  2. Harrison, 1978, p. 73
  3. Blandre, 1995, p. 11
  4. Statuts de la Watch Tower Bible and Tract Society, pp. 1-3; cité dans WTBTS (1971), Les Témoins de Jéhovah dans les desseins divins, Watch Tower Bible & Tract Society, chapitre 4, p. 27
  5. Zydek, Fredrick (2010, 2è éd.) (anglais), Charles Taze Russell: His Life and Time. The Man, the Millennium and the Message, Winthrop Press, pp. 134,147 (ISBN 978-1-4499-5157-3)
  6. WTBTS (1973), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 90
  7. Russell, Charles T. (1904), La Nouvelle Création, p. 282; cité par Blandre, 1995, pp. 5,6
  8. Discours du 27 juillet 1906 lors de la convention d'Asbury Park, New Jersey, 1906 Souvenir Report from the Conventions of the Watch Tower Bible and Tract Society, heraldmag.org
  9. Harrison, 1978, p. 81
  10. L'Âge d'Or (anglais), 9 mai 1934, p. 489:
    "Putting women to the fore in the affairs of religion and the councils of state has much to do with destroying the sacredness of the home and with turning men away from God."
  11. Penton, 1997, p. 262
  12. L'Âge d'Or (anglais), 1er mars 1922, pp. 345-48, "Christian Science", par O.R. Rosenkrans Jr.
  13. Wills, Tony (2006, 2è éd.) (anglais), A People for His Name: A History of Jehovah's Witnesses and an Evaluation, Morisville: Lulu Enterprises, p. 139 (ISBN 978-1-4303-0100-4)
  14. Gruss, Edmond C. (2003) (anglais), The Four Presidents of the Watch Tower Society, Xulon Press, p. 213 (ISBN 978-1594671319). L'ouvrage cite comme référence les publications suivantes: Vindication I, 1931, pp. 156,158,159; The Golden Age, 9 mai 1934, pp. 489,490; Let God Be True, deuxième édition, 1952, p. 24
  15. "The Role of Women", Jehovah's Witnesses and the Problem of Mental Illness, Jerry Bergman, Clayton, Californie : Witness Inc., 1992, pp. 246-54
  16. Gruss, Edmond C. (2003) (anglais), The Four Presidents of The Watch Tower Society, Xulon Press, p. 30 (ISBN 978-1594671319)
  17. Penton, 1997, p. 66
  18. La Tour de Garde (anglais), 15 septembre 1941, p. 287:
    "In the Kingdom the 'great multitude' will look to the Lord to guide as to selecting each a mate for himself. Why, then, should a man who has the prospect before him of being of the great multitude now tie himself up to a stack of bones and a hank of hair?"
  19. Penton, 1997, p. 267
  20. La Tour de Garde, 15 août 1980, p. 7
  21. WTBTS, Étude perspicace des Écritures vol.2, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 220
  22. Blandre, Bernard (1991), Les Témoins de Jéhovah, éditions Brepols, p. 99
  23. Genest, Rachel (2016), Statut des femmes chez les Témoins de Jéhovah, mémoire de maîtrise, Université de Sherbrooke, p. 353.
  24. Genest (2016), pp. 353-355.
  25. Blandre (1991), p. 99
  26. Hughes, Miriam (2006), From Eve to Jezebel: Jehovah's Witnesses and Christian Fundamentalism, thèse de doctorat, University of South Australia, pp. 224-230.
  27. WTBTS, Étude perspicace des Écritures, vol.2, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 691
  28. Blandre (1991), p. 99
  29. Hughes (2006), pp. 226-227.
  30. Hughes, Miriam (2006), From Eve to Jezebel: Jehovah's Witnesses and Christian Fundamentalism, thèse de doctorat, University of South Australia, pp. 145-149.
  31. Genest (2016), pp. 182-184.
  32. Lucretius (12 octobre 2006), « Sois belle et tais-toi - la femme entre vase et potiche », tj-revelation.org.
  33. Genest, Rachel (2016), Statut des femmes chez les Témoins de Jéhovah, mémoire de maîtrise, Université de Sherbrooke, pp. 353-355.
  34. Blandre, Bernard (1995), « La place des femmes dans les minorités religieuses chrétiennes », Mouvements religieux, p. 7.
  35. Penton, James M. (1997, 2è éd.), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, Toronto: University of Toronto Press, p. 268.
  36. WTBTS, Comment raisonner à partir des Écritures, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 160.
  37. Genest (2016), p. 356.
  38. WTBTS, Comment raisonner à partir des Écritures, Watch Tower Bible & Tract Society, pp. 158-159.
  39. Barbey, Philippe (2003), Les Témoins de Jéhovah - Pour un christianisme original, L'Harmattan, p. 109.
  40. Harrison, Barbara Grizzuti (1978), Visions of Glory: A History and a Memory of Jehovah's Witnesses, New York: Simon and Schuster, pp. 82-83.
  41. Hughes (2006), pp. 197-199.
  42. La Tour de Garde, 1er octobre 1964, pp. 607-608.
  43. Hughes, Miriam (2006), From Eve to Jezebel: Jehovah's Witnesses and Christian Fundamentalism, thèse de doctorat, University of South Australia, pp. 215-223.
  44. Luc, Jacques, « Criez, filles africaines! », aggelia.be.
  45. Wilson, Diane (26 juillet 1994), « Rape and Jehovah's Witnesses », freeminds.org.
  46. Hughes (2006), pp. 226-227.
  47. Réveillez-vous !, 8 mars 1993, pp. 4-5.
  48. La Tour de Garde, 1er avril 1995, p. 20.
  49. « La femme et la Watchtower », unelueur.org, version archivée du 23 décembre 2008.
  50. Bouchard, Dany (2001), Dans l'enfer des Témoins de Jéhovah, p. 47.
  51. Dott, Dominique (2009), Les Témoins de Jéhovah, théocratie apocalyptique, Biarritz: Atlantica, p. 350.
  52. Harrison, Barbara Grizzuti (1978), Visions of Glory: A History and a Memory of Jehovah's Witnesses, New York: Simon and Schuster, pp. 84-85.
  53. Genest, Rachel (2016), Statut des femmes chez les Témoins de Jéhovah, mémoire de maîtrise, Université de Sherbrooke, pp. 353-355.
  54. Hughes, Miriam (2006), From Eve to Jezebel: Jehovah's Witnesses and Christian Fundamentalism, thèse de doctorat, University of South Australia, pp. 215-235.
  55. Harrison (1978), pp. 87-88.
  56. Harrison (1978), p. 88.
  57. Hughes (2006), pp. 231-235.
  58. Genest, Rachel (2016), Statut des femmes chez les Témoins de Jéhovah : regard sur les fonctions, rôles, obligations, droits et devoirs sur le plan de la vie privée et de la vie publique, mémoire de maîtrise, Université de Sherbrooke, p. 89.
  59. Genest (2016), pp. 353-355.
  60. Genest (2016), p. 353.
  61. Genest (2016), pp. 184-185.
  62. Genest (2016), pp. 182-183.
  63. Genest (2016), pp. 462-464.
  64. Hughes, Miriam (2006), From Eve to Jezebel: Jehovah's Witnesses and Christian Fundamentalism. The Construction and Reconstruction of Women's Gendered Identities within the Faith, thèse de doctorat, University of South Australia, pp. 200-204.
  65. Hughes (2006), pp. 140-143.
  66. Hughes (2006), pp. 205-215.
  67. Hughes (2006), pp. 215-223.
  68. Hughes (2006), pp. 228-235.
  69. Hughes (2006), pp. 7-9.
  70. Hughes (2006), pp. 197-199.
  • "Condition féminine chez les Témoins de Jéhovah" sur Wikipedia