Basculer le menu
Changer de menu des préférences
Basculer le menu personnel
Non connecté(e)
Votre adresse IP sera visible au public si vous faites des modifications.

La Tour de Garde du 15 novembre 1940

De Tj-encyclopédie
La Tour de Garde du 15 novembre 1940
Revue La Tour de Garde
Date 1940
Année 1940
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro est dominé par une longue étude typologique centrée sur le drame prophétique de Débora, Barak et Sisera tel que rapporté dans le livre des Juges. La persécution mondiale que subissent les Témoins de Jéhovah en 1940 — interdiction de publication au Canada, violences aux États-Unis, suppression du message du Royaume dans toute l'Europe occupée — y est interprétée comme l'accomplissement d'un scénario préfiguré dans les Écritures hébraïques, dont le dénouement imminent est identifié à la « bataille du grand jour du Dieu Tout-Puissant ».[1]

La convention tenue à Detroit du 24 au 28 juillet 1940 occupe une place centrale dans cette lecture prophétique : qualifiée de plus grande convention jamais tenue par des chrétiens, elle est présentée comme la démonstration concrète de l'unité du peuple de la Théocratie, unité que le drame d'Éhud aurait préfigurée.[2] La Hiérarchie catholique romaine est désignée, avec une précision inhabituellement développée, comme la force visible conduisant la coalition des adversaires — figurée par Sisera à la tête des chars de fer de Jabin — contre le Gouvernement Théocratique.[3]

Analyse

Croyances

Une chronologie 1914-1919 posée comme acquise

L'ensemble des développements doctrinaux de ce numéro repose sur une séquence de dates traitée non comme une thèse à démontrer mais comme un socle disponible : la naissance du Royaume à la fin des « temps des Gentils » en 1914, la venue du Christ au temple en 1918 et une fuite de l'« organisation » au désert datée du 27 mars 1919.[4] Le calcul aboutissant à octobre 1914 procède de l'application des 2 520 ans à une destruction de Jérusalem fixée en 607 avant notre ère ; ce chiffre n'est ici ni rappelé ni justifié, il sert de point fixe à partir duquel les textes prophétiques reçoivent leur affectation.[5] L'apport propre de ce numéro tient à la précision inhabituelle de la datation : là où La Tour de Garde du 15 octobre 1940 situait la fuite de la « femme » en 1918 (voir Évolution doctrinale : Apocalypse 12), le 27 mars 1919 est ici retenu comme point de départ exact, au lendemain de la libération des dirigeants de la Société Watch Tower survenue le 26 mars 1919.[6]

Ce déplacement d'une année mérite attention, car il rattache l'horloge prophétique non plus à un événement céleste supposé mais à une décision administrative interne : la formulation de plans pour reprendre le témoignage, le lendemain d'une élargissement judiciaire.[7] Les 1 260 jours d'Apocalypse 12:6 et le « temps, des temps et la moitié d'un temps » d'Apocalypse 12:14 désignent dans le texte une même durée, ce que la lecture retenue admet explicitement ;[8] mais aucune source extérieure au mouvement ne rattache cette durée à un point de départ situé en mars 1919. Le chiffre biblique reçoit ainsi son ancrage temporel d'un fait organisationnel, non l'inverse.

La même opération se lit dans le traitement de 1918. La désorganisation de la Société, l'emprisonnement de ses dirigeants et la paralysie des congrégations sont identifiés à la mort des deux témoins d'Apocalypse 11:7-10, leur libération valant résurrection.[9] Cette lecture prolonge celle déjà posée un mois plus tôt (voir Évolution doctrinale : Apocalypse 11) ; son apport ici est de la souder à Apocalypse 12, de sorte qu'un seul épisode judiciaire — les mandats d'arrêt de mai 1918 et l'élargissement de mars 1919 — accomplit simultanément deux prophéties distinctes du même livre. À cette imputation s'ajoute celle, plus sévère, formulée deux semaines auparavant : la stérilité du témoignage de 1918-1919 y était attribuée à la crainte et à la paresse des consacrés eux-mêmes, non aux poursuites (voir Chronologie historique : 1918). Les deux lectures coexistent sans être articulées — l'une fait de la période un accomplissement prophétique nécessaire, l'autre une faute morale imputable aux fidèles.

La venue du Christ au temple en 1918, appuyée sur Malachie 3:1-3, produit ici une division entre « serviteur fidèle et avisé » et « méchant serviteur » selon Matthieu 24:45-49, dont le critère discriminant est nommément le culte rendu à Charles Taze Russell.[10] Le jugement annoncé par Malachie visait un sacerdoce présentant des offrandes impures ; sa transposition avait déjà servi, deux semaines plus tôt, à définir l'offrande agréée comme la proclamation du Royaume (voir Évolution doctrinale : Malachie 3). Ici le raffinage devient rétrospectif : il sert à légitimer, vingt-deux ans après coup, la scission consécutive à la crise de 1917.

Le drame des Juges et l'assignation d'antitypes

Le livre des Juges fournit à l'étude principale son armature : Barak figure le Christ, Débora l'organisation de Jéhovah, Jaël les gens de bonne volonté, Sisera le « démonisme » et Jabin le Diable associé à Gog.[11] Le récit biblique présente pourtant une répartition des rôles sensiblement différente : Débora, prophétesse et seule femme juge d'Israël, siégeant sous un palmier entre Rama et Béthel, est celle qui convoque Barak, lui ordonne de monter au mont Tabor avec dix mille hommes de Nephthali et de Zabulon, et lui annonce que l'honneur de la victoire reviendra à une femme parce qu'il a exigé qu'elle l'accompagne.[12] L'assignation typologique inverse donc la hiérarchie du texte : la figure qui commande dans le récit devient l'organisation, tandis que celui qui obéit et hésite devient le Christ.

Le procédé n'est pas propre à ce numéro. Rutherford puise dans les livres historiques d'Israël depuis 1925, convertissant personnes, événements et institutions en préfigurations d'une situation présente, selon la règle « le type prend fin, l'antitype commence ». Son rendement est ici particulièrement visible : l'identification de Sisera à la « religion organisée » repose sur une étymologie — « ordre de bataille » — et sur celle de sa résidence, Harosheth.[13] Or *Harosheth-ha-goyim*, rendu « Harosheth des Gentils » dans la version anglaise autorisée, signifie selon l'hypothèse la plus courante « forge des nations », d'autres chercheurs rattachant la racine *charash* à l'idée de forêt, la Septante traduisant d'ailleurs par « forêt » ; sa localisation demeure inconnue, une hypothèse la situant à Tell el-'Amr, à environ douze milles au nord-ouest de Megiddo.[14][15] Le glissement de « forge » à « ouvrage des nations », puis de « ouvrage » à caractère commercial, puis de ce caractère à la Cité du Vatican, suppose trois transpositions successives dont aucune n'est argumentée.

La même méthode régit la lecture des trois signes confiés à Moïse, répartis entre politique, religion et commerce.[16] Le texte d'Exode 4:1-9 les présente comme des signes d'accréditation destinés à faire croire Israël, et le troisième visait ceux qui tenaient le Nil pour une divinité, afin qu'ils reconnaissent la supériorité du Dieu de Moïse.[17] La grille adoptée écarte cette fonction d'accréditation pour ne retenir qu'une valeur de dénonciation — une réorientation déjà relevée pour la main lépreuse dans La Tour de Garde du 1er novembre 1940 (voir Évolution doctrinale : Exode 4). Ce numéro complète la série en attribuant au troisième signe le commerce, achevant ainsi la tripartition de l'organisation adverse.

Le caractère révisable de ces attributions est explicitement assumé : la signification de la « femme » aurait été donnée en 1925, celle du commerce en 1927 avec la brochure Freedom for the People[note 1], celle du drame d'Éhud « récemment ».[18] Dater ainsi les compréhensions produit un effet double : chaque révision passée valide la méthode au lieu de la fragiliser, et chaque interprétation présente reste par construction susceptible d'être remplacée sans que l'autorité de l'instance qui la formule en soit affectée.

Religion, politique, commerce : un adversaire tripartite

L'identification de la « religion » comme institution satanique, distincte du christianisme, n'est pas une nouveauté de ce numéro : Rutherford l'avait construite à partir de 1936 en présentant la religion comme un piège et un racket, puis dans Religion and Christianity[note 2] en 1937. L'apport propre de ces pages est d'en fournir un support typologique : Sisera, pratiquant du « démonisme », figure la religion organisée qui mène l'ordre de bataille et entraîne derrière elle les forces politiques, commerciales, judiciaires et militaires.[19] La polémique cesse d'être une dénonciation et devient une position dans un récit prophétique où l'issue est fixée d'avance.

La Hiérarchie catholique reçoit un triple marquage scripturaire : prostituée chevauchant la bête d'Apocalypse 17, entretenant son « racket financier » avec les nations selon Apocalypse 18:3, et groupe dominant de l'« abomination de la désolation » de Daniel 11:31 et Matthieu 24:15-16.[20] Sur ce dernier point, un infléchissement notable se produit. Deux semaines auparavant, l'abomination désignait la Société des Nations puis l'appareil totalitaire lui ayant succédé (voir Évolution doctrinale : Matthieu 24) ; ici le groupe dominant de cette abomination devient la Hiérarchie elle-même. Le symbole se déplace donc une seconde fois — d'abord de l'institution genevoise vers le totalitarisme, puis du totalitarisme vers l'institution religieuse qui le chevaucherait.

L'effondrement annoncé du commerce complète le dispositif : la chute de l'Égypte décrite en Ézéchiel 29:1-3 et Ézéchiel 31:2-15 annonce que les gouvernements tomberont avec la puissance commerciale qui les contrôle.[21] Le texte d'Ézéchiel condamne Pharaon, « grand dragon couché au milieu de ses fleuves », pour avoir revendiqué d'avoir fait le Nil lui-même, et l'allégorie du cèdre abattu au chapitre 31 vise l'orgueil des puissances arrogantes, Assyrie puis Égypte.[22][23] Le grief d'usurpation de la souveraineté divine, central dans l'original, est ici converti en dénonciation d'un système économique, ce qui rapproche l'exégèse d'une critique sociale sans en adopter les catégories.

Har-Maguédôn comme instrument de classement du présent

La « bataille du grand jour du Dieu Tout-Puissant » structure le propos de bout en bout et fournit le critère de tri entre « brebis » et « boucs », appliqué aux contemporains selon leur attitude envers les prédicateurs du Royaume.[24] La formule provient d'Apocalypse 16:14, où trois esprits impurs comparés à des grenouilles sortent de la bouche du dragon, de la bête et du faux prophète pour rassembler les rois de la terre ; l'helléniste M. R. Vincent observe que le terme rendu « bataille » signifie plutôt « guerre », la sixième coupe décrivant la préparation du conflit et non le conflit lui-même.[25] Cette structure ternaire des esprits trompeurs correspond précisément à la tripartition religion-politique-commerce développée dans ces pages, sans que le rapprochement soit établi explicitement.

La finalité assignée à ce dénouement n'est pas le salut des hommes mais la vindication du nom divin, le Psaume 83 étant érigé en prière prophétique du fidèle et Psaume 83:18 en sommet argumentatif.[26] La vindication comme doctrine première remonte chez Rutherford à 1929 ; sa mise en forme liturgique ici — une prière que chaque serviteur est invité à faire sienne — transpose la doctrine du registre de l'exposé à celui de la pratique dévotionnelle.

La théologie du courage adossée à Josué 1:9 mérite un examen particulier, car elle inverse une qualification morale ordinaire. Dans le texte de Josué, l'injonction au courage a valeur d'impératif divin fondé sur la présence promise, et la crainte, réaction humaine naturelle, ne devient rébellion qu'en tant qu'elle conduit à l'inaction ou au doute contre les promesses.[27][28] Ici, ceux qui cèdent à la peur sont décrits comme tombant sous la coupe du fascisme et voués à l'annihilation figurée par la mer Morte antitypique.[29] La crainte cesse d'être une faiblesse à surmonter pour devenir un motif de destruction définitive — formulation d'autant plus lourde de conséquences qu'elle est adressée, en novembre 1940, à des lecteurs exposés aux violences collectives consécutives à l'arrêt Minersville School District v. Gobitis du 3 juin 1940 (voir Chronologie historique : 1940).

Christ Jésus est désigné comme « Grand Josué » transmettant cette exhortation.[30] Le rapprochement possède une base philologique réelle : Josué dérive de l'hébreu *Yehoshua*, « Jéhovah est salut », Moïse ayant renommé ainsi Hoshéa fils de Noun en y adjoignant le nom divin, et la forme grecque du nom est précisément Jésus.[31] Mais la typologie chrétienne traditionnelle voit dans Josué conduisant Israël au-delà du Jourdain une figure du Christ menant les hommes à la vie ; l'accent porte ici sur l'exécution de la vengeance annoncée en Deutéronome 32:43. Ce verset promet pourtant conjointement la vengeance contre les adversaires et une propitiation pour la terre et le peuple, les commentateurs soulignant que la seconde partie signifie réconciliation et purification.[32] La retenue de la seule dimension vindicative, au détriment de la dimension expiatoire du même verset, prolonge ce qui avait déjà été observé pour le bâton de Moïse dans La Tour de Garde du 15 octobre 1940 : le Christ qui en résulte a pour attribut premier l'exécution du jugement.

La « grande multitude » survivant à ce dénouement est identifiée à la terre sèche d'Exode 4:9 sur laquelle le reste doit déverser la vérité.[33] Cette classe terrestre, issue de l'innovation doctrinale de l'assemblée de Washington du 3 juin 1935, est traitée comme donnée acquise (voir Évolution doctrinale : Apocalypse 7) ; son apport propre ici est d'être insérée dans la typologie mosaïque, ce qui lui confère un rôle actif — support du témoignage — et non seulement un statut d'espérance.

Persécution prédite et infalsifiabilité doctrinale

Les répressions subies sont présentées comme l'accomplissement de Matthieu 24:9, Luc 21:12 et Marc 13:9, et comme nécessaires pour que les serviteurs prouvent leur intégrité.[34] Les péricopes synoptiques convoquées décrivent des chrétiens livrés aux conseils, battus dans les synagogues et comparaissant devant gouverneurs et rois, Marc employant trois fois le verbe *paradidōmi*, « livrer » ;[35] Calvin y voyait la croix que les croyants encourent à cause du témoignage de l'Évangile.[36] L'application aux faits de 1940 est donc classique dans sa forme ; sa particularité tient à ce qu'elle serve simultanément d'explication et de validation.

Deux justifications sont avancées à la permission divine de cette persécution : offrir à chacun l'occasion de se ranger du côté du Diable, et permettre aux fidèles de prouver leur intégrité.[37] La conséquence logique est qu'aucune configuration du rapport au monde ne peut infirmer le système : l'hostilité confirme l'élection, son absence confirmerait la protection divine. C'est exactement ce que Évolution doctrinale : Apocalypse 12 établissait déjà à propos du numéro du 15 octobre. Ce numéro durcit le mécanisme en ajoutant un cran : l'interdiction de publication au Canada — le pays étant accusé d'avoir installé au pouvoir un dictateur catholique — est présentée comme une confirmation supplémentaire de l'imminence de la délivrance.[38] Une mesure de répression devient ainsi non seulement prévue, mais indice de proximité du dénouement, ce qui transforme chaque aggravation en donnée chronologique favorable.

Le sociologue Bryan Wilson a classé les Témoins de Jéhovah parmi les mouvements de type « conversionniste » puis, dans sa typologie affinée, comme secte de rejet du monde ; la valorisation du coût social de l'adhésion y constitue un ressort de cohésion documenté pour l'ensemble des groupes de cette catégorie. L'« œuvre étrange » de Jéhovah, tirée d'Ésaïe 28:21, fournit à ce dispositif son cadre théologique : elle désigne le jugement retourné contre le peuple qui se réclame de Dieu, et enveloppe ici la prédication des dernières heures jusque dans les propos rapportés de prédicatrices emprisonnées reprenant l'expression à leur compte.[39] Le vocabulaire doctrinal produit ainsi la grille par laquelle les fidèles interprètent spontanément leur propre expérience judiciaire.

L'obligation de proclamation, rattachée à Matthieu 24:14 et datée de 1922, est désignée comme la cause même de l'hostilité rencontrée.[40] Cette datation renvoie à la convention de Cedar Point tenue du 5 au 13 septembre 1922, dont Chronologie historique : 1922 rappelle qu'elle fonde à la fois la condamnation des Églises et la réorganisation interne. L'articulation est ici pleinement explicite : la même activité qui accomplit la prophétie provoque la persécution qui, à son tour, accomplit une autre prophétie.

Nourriture spirituelle et désaffiliation de la figure fondatrice

Le « désert » d'Apocalypse 12:14 est relu comme la condition où le reste est nourri par La Tour de Garde et les publications apparentées, les deux ailes du grand aigle figurant l'amour et la puissance divins.[41] Le texte johannique renvoie manifestement à l'Exode : Dieu portant Israël sur des ailes d'aigle en Exode 19:4, l'aigle excitant sa nichée en Deutéronome 32:11, motifs que Richard Bauckham identifie comme des reprises explicites du récit de la sortie d'Égypte.[42] L'assignation du rôle nourricier à un périodique substitue à une action divine directe un canal éditorial déterminé : le désert n'est plus le lieu d'une dépendance immédiate à Dieu mais celui d'une dépendance à une production imprimée.

Ce transfert prend tout son sens rapproché du traitement réservé à Russell. La vénération dont il fait l'objet chez certains anciens associés est qualifiée de « religion » incompatible avec la volonté divine, et la fondation du mouvement attribuée à Jéhovah seul selon Ésaïe 43:10-12, le Christ étant le « témoin fidèle et véritable ».[43] Le même verset d'Ésaïe avait servi de base scripturaire à l'adoption du nom « Témoins de Jéhovah » lors de la convention de Columbus le 26 juillet 1931 ; son emploi ici est plus étroitement polémique, puisqu'il sert à réfuter nommément l'accusation d'avoir répudié Russell.[44]

L'opération est double et cohérente. Russell est maintenu comme « vrai et fidèle serviteur » mort dans la foi en 1916, ce qui préserve la continuité historique, mais dépouillé de toute qualité fondatrice, ce qui interdit de faire de ses écrits une norme concurrente.[45] Le mouvement d'abandon du corpus russellien était engagé depuis la répudiation de la Grande Pyramide en 1928 et la campagne de 1926 contre le « développement du caractère » ; ce numéro en fournit la justification exégétique la plus explicite, en faisant du refus d'honorer un homme le critère même qui sépare le « serviteur fidèle » du « méchant serviteur » lors du jugement de 1918.[46] La dénonciation du culte de la personnalité et l'instauration d'un canal de vérité impersonnel constituent ainsi les deux faces d'un même geste : l'autorité retirée à un individu n'est pas redistribuée aux fidèles, elle est concentrée dans l'organe qui les nourrit.

Organisation et histoire

La mort de Russell, le tri de 1918 et le déplacement de l'origine

L'exposé typologique consacré à Débora et Barak s'interrompt, au fil du développement, pour raconter l'histoire récente du mouvement : Charles Taze Russell, présenté comme le plus éminent des consacrés qui proclamaient la venue du Roi Christ et regardaient vers 1914, est déclaré mort dans la foi en 1916, et sa disparition marque le début d'une division parmi ses associés.[47] Le grief retenu contre les dissidents n'est pas doctrinal mais cultuel : animés du désir d'être honorés des hommes, ils auraient fait de Russell un objet d'honneur, d'adoration et de vénération, manquant à reconnaître la suprématie du nom de Jéhovah.[48] Une fois cette pratique rangée sous la catégorie de « religion » — c'est-à-dire, dans le vocabulaire de l'organisation depuis le milieu des années 1930, un piège et un racket incompatibles avec la volonté divine[49] —, la fidélité à la mémoire du premier président devient elle-même la faute qui disqualifie.

L'opération est délicate, car elle expose la direction à l'accusation inverse. Elle est formulée en toutes lettres et immédiatement démentie : la prétention selon laquelle La Tour de Garde aurait répudié « le Pasteur Russell, fondateur des Témoins de Jéhovah » est écartée, Russell restant reconnu comme un vrai et fidèle serviteur de Christ, mais la fondation du mouvement étant attribuée à Jéhovah seul sur la base d'Ésaïe 43:10-12.[50] Le verset invoqué n'est pas choisi au hasard : c'est celui-là même qui avait servi, lors de l'assemblée de Columbus du 26 juillet 1931, à adopter la désignation collective de Témoins de Jéhovah.[51] Le démenti permet donc de conserver l'héritage tout en le rendant inutilisable contre la direction en place : on ne répudie pas Russell, on lui retire simplement la qualité de fondateur que ses partisans lui prêtaient.

Reste à sanctionner la séparation. L'année 1918 remplit cette fonction : la venue du Christ au temple, annoncée par Malachie 3:1-3, y aurait produit une division complète entre les « approuvés », identifiés à la classe du « serviteur fidèle et avisé », et ceux qui persistaient dans la religion, rangés dans la classe du « méchant serviteur » de Matthieu 24:45-49.[52] Le grief est élargi en amont : jusqu'en 1918, tous les consacrés auraient été plus ou moins contaminés par les pratiques religieuses, louanges adressées à un homme et crainte révérencielle des puissances politiques au point de modérer la proclamation du Royaume.[53] Ce reproche d'un témoignage étouffé par la peur rejoint l'exégèse de la main lépreuse de Moïse développée quinze jours plus tôt, où la période 1918-1919 est déjà tenue pour un temps de stérilité imputable à la crainte des consacrés et non aux poursuites frappant la direction, comme l'établit la fiche Chronologie historique : 1918. Le dispositif est ainsi complet : la dissidence est datée, nommée et condamnée avant toute discussion de ses arguments.

L'emprisonnement de 1918 et la libération du 26 mars 1919 comme borne prophétique

Le même numéro revient sur ces événements dans un autre registre, celui du calcul. Au printemps de 1918, la persécution aurait atteint un degré tel que de nombreux « enfants de Sion » furent emprisonnés, certains tués, la Société Watch Tower désorganisée, ses dirigeants incarcérés et l'ensemble de l'organisation paralysée et découragée — état assimilé à la mort des deux témoins d'Apocalypse 11:7-10.[54] Les faits sous-jacents sont vérifiables : les mandats contre les responsables de Brooklyn furent délivrés le 7 mai 1918 et leur libération intervint le 26 mars 1919.[55]

Ce qui distingue le traitement de 1940, c'est la précision de la datation et l'usage qui en est fait. La libération est fixée au 26 mars 1919 et la formulation de plans destinés à soutenir le « reste » et à reprendre le témoignage au lendemain même, le 27 mars 1919 ; cette seconde date est posée comme point de départ de la fuite de la « femme » au désert.[56] L'enjeu n'est pas commémoratif : les 1 260 jours d'Apocalypse 12:6 et le « temps, des temps et la moitié d'un temps » d'Apocalypse 12:14, tenus pour une même durée de quarante-deux mois de trente jours, doivent bien commencer quelque part, et c'est une décision administrative prise dans un bureau de Brooklyn qui fournit le terminus a quo.[57] L'ancrage de 1919 n'est pas neuf — la fiche Évolution doctrinale : Apocalypse 12 montre que la lecture d'Apocalypse 12 comme récit de deux organisations rivales remonte au numéro du 1er mars 1925 —, mais la datation au jour près du 27 mars 1919 déplace le point d'application : la prophétie se règle désormais sur le calendrier interne de l'institution. Un procès perdu et une année de prison deviennent ainsi la phase basse attendue d'un cycle, donc une confirmation supplémentaire de l'élection.

1922, les révélations datées et le canal éditorial unique

La périodisation se poursuit vers l'aval. C'est depuis 1922 que les serviteurs de Jéhovah sont présentés comme engagés activement dans la proclamation de l'Évangile du Royaume selon Matthieu 24:14, et c'est à cette même date qu'une conspiration des ennemis de Dieu se serait formée contre eux.[58] L'événement désigné est l'assemblée de Cedar Point du 5 au 13 septembre 1922, dont sortit le mot d'ordre de proclamation publique du Royaume ; la fiche Chronologie historique : 1922 en retrace les usages successifs. Le reproche fait aux partisans de Russell et la date de relance de l'activité s'articulent ici : ce qui commence en 1922 n'est pas seulement une campagne, c'est le régime d'activité dont la direction tire son mandat.

Chaque progrès doctrinal ultérieur reçoit ensuite sa date et son support imprimé. L'identification de la « femme » d'Apocalypse 12 à l'organisation universelle de Jéhovah est présentée comme une révélation accordée en 1925[59] — renvoi implicite à l'article « La naissance de la nation » du 1er mars 1925, que Rutherford fit paraître contre l'avis du comité de rédaction.[60] De même, la révélation que le commerce constitue le soutien principal de l'organisation visible de Satan est rattachée à la parution en 1927 de la brochure Freedom for the People[note 3], vérité ensuite approfondie dans les livres Prophecy, Light et Vindication.[61] L'existence de cette brochure de Rutherford datée de 1927 est attestée par les exemplaires encore en circulation.[62]

Cette chronologie n'est intelligible que parce qu'un seul canal est reconnu pour la transmettre. Le « désert » où la « femme » s'est réfugiée est défini comme la condition dans laquelle le « reste » est nourri du message de la vérité du Royaume fourni par La Tour de Garde et les publications apparentées, les deux ailes du grand aigle d'Apocalypse 12:14 figurant l'amour et la puissance divins qui protègent ce reste.[63] L'image reprend celle d'Exode 19:4, où Dieu porte Israël hors d'Égypte sur des ailes d'aigle, motif que les commentateurs rattachent effectivement à la thématique de l'Exode dans Apocalypse 12.[64] Datation des révélations et exclusivité éditoriale forment un seul dispositif : la vérité progresse au rythme fixé par le siège, et l'aliment spirituel ne circule que par ses presses.

Un appareil de prédication standardisé et sa circulation internationale

Les récits d'activité rassemblés dans les dernières pages décrivent un outillage identique d'un territoire à l'autre. À Standish, dans le Lancashire, l'équipe opère avec une voiture sonorisée dont le haut-parleur est fixé au toit et diffuse une conférence enregistrée intitulée « Prière modèle » avant d'entreprendre le porte-à-porte.[65] Ailleurs, la sollicitation individuelle s'accompagne d'une contribution monétaire, un homme remettant vingt-cinq cents pour obtenir le livre Salvation.[66] Disques phonographiques, conférences préenregistrées, véhicule équipé et barème de contribution constituent un ensemble reproductible, qui ne dépend ni du talent oratoire ni de l'initiative locale du prédicateur.

Le versant éditorial de cet appareil fonctionne dans les deux sens. Une lettre de J. H. Corr, résidant en Éire, adressée à Rutherford, atteste la réception du livre Religion hors des États-Unis, accueilli comme un réquisitoire contre la religion organisée.[67] La catégorie de « religion » ainsi visée est celle que Rutherford avait construite depuis ses discours du milieu des années 1930, où la religion est distinguée du christianisme pour être qualifiée de piège et de racket.[68] La publication d'une telle lettre dans les colonnes du périodique boucle le circuit : le siège fournit le livre, le lecteur d'un pays lointain en renvoie l'accusé de réception, et l'organe central en fait la preuve de l'efficacité de sa propre production.

Interdictions d'État de 1940 et judiciarisation des conflits locaux

L'état des lieux dressé fin 1940 est celui d'une organisation légalement empêchée sur la majeure partie de son aire d'activité : toute l'Europe aurait supprimé la publication du message du Royaume, l'Angleterre seule continuant de montrer de la faveur aux Témoins de Jéhovah, tandis que le Canada aurait installé au pouvoir, contrairement à la volonté de son peuple, un « dictateur catholique romain » appliquant des décrets visant spécifiquement ceux qui prêchent le Gouvernement Théocratique.[69] L'antériorité québécoise de ce type de mesure est documentée : la loi dite du cadenas, adoptée le 24 mars 1937, autorisait la fermeture des locaux et la saisie des écrits jugés subversifs.[70] Aux États-Unis, la persécution est décrite comme se poursuivant du fait de fonctionnaires assermentés, de foules et de prêtres catholiques détruisant les biens et chassant les fidèles de leurs foyers[71] — vague de violences dont la fiche Chronologie historique : 1940 rappelle qu'elle suivit l'arrêt Minersville School District v. Gobitis du 3 juin 1940 et fit l'objet d'une déclaration publique du procureur général adjoint Francis Biddle le 16 juin suivant.

Ce qui caractérise le traitement de ces faits, c'est l'attribution d'une cause unique à des mesures d'origines pourtant très diverses : l'interdiction canadienne est imputée exclusivement à la Hiérarchie catholique, désignée comme le principal agent du Diable sur la terre.[72] La grille est ensuite vérifiée à l'échelon local. Le rapport de l'opération de Standish du dimanche 26 mai relate l'agression du Témoin Finney par un nommé Cheetham, domicilié au 105 Pepper Lane, et les tentatives d'arracher le haut-parleur du véhicule ; l'affaire vient devant le tribunal de Chorley le 18 juin, toutes les charges sont rejetées et les adversaires condamnés à au moins trois guinées d'honoraires d'avocat.[73] Le niveau de détail — noms, adresses, montants, déroulé du contre-interrogatoire conduit par le responsable de zone lui-même — donne à l'incident valeur de pièce justificative dans un dossier plus large. Le bilan des vingt années écoulées fonctionne comme clé de lecture : la proclamation du message aurait mis au jour la corruption des « escrocs religieux », ce qui expliquerait la fureur de l'ennemi et le rassemblement d'une foule de « boucs » hostiles aux « brebis ».[74] Le sociologue Bryan Wilson a rangé les Témoins de Jéhovah parmi les sectes de rejet du monde, pour lesquelles l'hostilité extérieure ne constitue pas une anomalie à expliquer mais une donnée attendue, confirmant la frontière entre le groupe et la société environnante.[75]

Detroit, la cellule et Dunkerque : la continuité de l'œuvre comme preuve

Au moment même où la publication est interdite dans la plus grande partie de l'Europe et au Canada, une démonstration de force est produite à l'échelle nord-américaine : la convention tenue du 24 au 28 juillet 1940 à Detroit et dans plusieurs villes reliées par fils terrestres est qualifiée de plus grande convention jamais tenue par des chrétiens sur la terre, et présentée comme la preuve de la faveur et de la protection divines accordées aux serviteurs de Jéhovah face à une opposition sans précédent.[76] Le dispositif de liaison téléphonique entre villes permet de convertir une contrainte — la dispersion imposée par l'hostilité locale — en indice de puissance organisationnelle, l'unité du peuple théocratique étant dite manifestée à cette occasion.[77]

La même figure est déclinée à l'échelle individuelle, ce qui en révèle la fonction. Deux prédicatrices détenues dix jours emploient leur incarcération à conduire des études avec les autres prisonniers, à distribuer les brochures Salvation et Refugees ainsi que des numéros de The Watchtower et de Consolation, et font jouer le phonographe à la demande du shérif lui-même ; la convention théocratique est explicitement créditée du renforcement de leur courage.[78] Sur les plages de Dunkerque, des Témoins de Jéhovah parmi les réfugiés sortent de leurs abris creusés dans le sable entre deux passages des bombardiers pour faire tourner des disques phonographiques.[79] Salle comble, cellule de prison, plage bombardée : le même outil — le disque, la brochure, l'étude — circule dans les trois situations. La non-interruption de l'activité en toutes circonstances constitue l'argument apologétique central, et son corollaire est qu'aucune configuration du rapport au monde ne peut infirmer le système, puisque la liberté d'agir prouve la faveur divine et l'empêchement prouve l'élection.

  1. Titre original anglais : Freedom for the People ; en français : « La liberté pour le peuple ».
  2. Titre original anglais : Religion and Christianity ; en français : « Religion et christianisme ».
  3. Titre original anglais ; en français : « La liberté pour le peuple ».

Contenu

Drame de la vengeance (première partie)

Drame de la vengeance

L'article s'ouvre sur le verset de Deutéronome 32:43, convoqué comme texte prophétique fondateur : Jéhovah y est présenté comme celui qui venge le sang de ses serviteurs et fait miséricorde à son peuple.[80] L'époque contemporaine est identifiée aux « derniers jours », au motif que le Diable, sachant son temps compté, chercherait à anéantir quiconque a résolu de servir Jéhovah.[81] Le conflit en cours est présenté comme un affrontement entre le totalitarisme et la Théocratie, qualifié de lutte à mort devant s'achever prochainement.[82]

Les serviteurs fidèles de Jéhovah sont assurés de la victoire totale de la Théocratie, tandis que tous ceux qui cèdent à la peur sont décrits comme tombant sous la coupe du fascisme — désigné comme un autre nom du « démonisme » — et voués à une annihilation complète, figurée par la mer Morte antitypique.[83] À l'inverse, ceux qui demeurent fermes sont assurés de partager la victoire du Roi Théocratique. Le verset de Josué 1:9 est cité pour illustrer l'exhortation au courage adressée par Jéhovah, par l'intermédiaire du Christ Jésus présenté comme le « Grand Josué », à son peuple de l'alliance.[84]

Le courage est défini comme la conscience d'être soutenu par la puissance toute-puissante, protégé par la bannière de l'amour et conduit par la sagesse parfaite.[85] Les vingt années passées de proclamation du message du Royaume sont présentées comme ayant mis au jour la corruption des « escrocs religieux et diffamateurs » du saint nom de Dieu, ce qui aurait suscité la fureur de l'ennemi et rassemblé une foule de « boucs » hostiles aux « brebis » du Seigneur.[86] Récemment, le Très-Haut aurait révélé à son peuple la signification du drame prophétique dans lequel Éhud avait joué un rôle important.[87]

Sur la page suivante, cette révélation est présentée comme une grande consolation pour les fidèles dans les dernières heures de l'« œuvre étrange » divine.[88] L'unité complète du peuple de la Théocratie, préfigurée dans le drame d'Éhud, est vue comme manifestée lors de la convention tenue du 24 au 28 juillet 1940.[89]

Les adversaires de la Théocratie sont décrits comme une coalition formée par Satan et son lieutenant Gog, conduisant des légions de démons invisibles soutenus par une foule de religieux « démonisés » sur la terre.[90] Les religieux catholiques romains y sont qualifiés de plus redoutables, alliés aux nazis, fascistes, communistes et autres « boucs » fanatiques et hypocrites.[91] La persécution mondiale des serviteurs de Dieu est présentée comme sans précédent dans l'histoire des nations ; toute l'Europe aurait supprimé la publication du message du Royaume, seule l'Angleterre continuant de montrer de la faveur aux Témoins de Jéhovah.[92]

Le Canada est mis en cause : « le Canada, contrairement à la volonté de son peuple, aurait installé au pouvoir un dictateur catholique romain » qui, sans égard à la raison ni au droit, ferait appliquer ses décrets visant spécifiquement ceux qui prêchent le Gouvernement Théocratique.[93] Cette interdiction de publication du message du Royaume au Canada est attribuée exclusivement à la Hiérarchie catholique, désignée comme le principal agent du Diable sur la terre ; cette situation est paradoxalement présentée comme une confirmation supplémentaire de l'imminence de la délivrance.[94]

Aux États-Unis, la persécution des fidèles est décrite comme se poursuivant sans motif valable.[95] Des fonctionnaires ayant prêté serment, des foules fanatisées et des prêtres catholiques sont présentés comme détruisant les biens des Témoins de Jéhovah, les chassant de leurs foyers et les persécutant cruellement, au motif qu'ils proclament le nom et le Royaume de Dieu.[96] Ces événements sont interprétés comme l'accomplissement des paroles prophétiques de Jésus en Matthieu 24:9, Luc 21:12 et Marc 13:9.[97]

Deux raisons sont avancées pour expliquer que le Seigneur permette cette persécution : permettre à quiconque le souhaite de se ranger du côté du Diable, et offrir aux serviteurs de Dieu l'occasion de prouver leur intégrité à son égard, comme le Christ lui-même fut soumis à l'épreuve la plus sévère.[98] La délivrance des fidèles est annoncée comme certaine et prochaine, et l'accomplissement de la prophétie confiée par Dieu à Moïse est déclaré inéluctable.[99]

La structure prophétique du drame est précisée à travers la désignation de ses protagonistes.[100] Barak figure le Christ Jésus, vindicateur de Jéhovah ; Débora la prophétesse figure l'organisation de Jéhovah ; Jaël représente les gens de bonne volonté qui soutiennent les Témoins de Jéhovah et se placent sous la protection du grand Roi Théocratique.[101] En face d'eux, Jabin le roi cananéen figure le Diable et Gog, son chef d'état-major et meneur des forces démoniaques ; Sisera figure le « démonisme », désignant en particulier les organisations religieuses — y compris la Hiérarchie — ainsi que les forces politiques, commerciales et militaires incarnées dans le totalitarisme qui déferle sur la terre.[102]

La conspiration décrite est présentée comme dirigée contre le grand Théocrate et ses serviteurs, ceux qu'elle figure étant accusés de tenter activement de détruire les Témoins de Jéhovah et tous ceux qui soutiennent le Gouvernement Théocratique.[103] La prière consignée au Psaume 83 est mise dans la bouche de chaque serviteur fidèle comme une prière prophétique dont la finalité première est la vindication du nom du Très-Haut : « Dont le nom seul est JÉHOVAH » (Psaume 83:18).[104] Cette prière, liée au drame de Débora et Barak, trouverait son accomplissement ultime lors de la « bataille du grand jour du Dieu Tout-Puissant ».[105]

Depuis 1922, les serviteurs fidèles de Jéhovah sont présentés comme engagés activement dans la proclamation de l'Évangile du Royaume — le message du Gouvernement Théocratique — conformément à Matthieu 24:14.[106] C'est à cette époque qu'une conspiration aurait été formée par les ennemis de Dieu sur la terre, dont le but serait d'anéantir les Témoins de Jéhovah et d'empêcher le fonctionnement de la Théocratie.[107] Le Diable est présenté comme l'organisateur de ce mouvement, dont la violence s'est accrue en proportion du zèle des serviteurs de Dieu.[108] Le Psaume 83, décrivant des nations coalisées pour la destruction du peuple élu, est cité comme la prophétie qui illustre cette coalition réunissant religieux, politiques, commerciaux et militaires.[109]

La convention tenue à Detroit et dans plusieurs villes reliées par fils terrestres du 24 au 28 juillet 1940 est présentée comme une démonstration éclatante de la faveur et de la protection divines accordées aux serviteurs de Jéhovah, face à l'opposition sans précédent qu'ils ont rencontrée de la part de leurs ennemis.[110] Cet événement est qualifié de plus grande convention jamais tenue par des chrétiens sur la terre, ce qui rendrait d'autant plus opportune la récitation de la prière du Psaume 83.[111]

L'interprétation typologique se développe ensuite à travers l'examen du drame prophétique de Débora et Barak. Les Israélites, peuple typique de Dieu, tombés à nouveau sous l'influence du « démonisme » après la mort d'Éhud, figurent les chrétiens consacrés liés par une alliance avec Jéhovah.[112] Charles Taze Russell, désigné comme le plus éminent parmi les consacrés qui proclamaient la venue du Roi Christ et regardaient vers 1914, est décrit comme un vrai et fidèle serviteur de Christ Jésus, mort dans la foi en 1916.[113] Sa mort est présentée comme le début d'une division parmi ses associés : certains, animés par le désir d'être honorés des hommes, auraient élevé Russell au rang d'objet d'honneur, d'adoration et de vénération, manquant ainsi à reconnaître la suprématie du nom de Jéhovah.[114]

Cette pratique d'honorer les hommes est qualifiée de forme de « religion » incompatible avec la volonté du Seigneur.[115] Jusqu'en 1918, tous les consacrés sont présentés comme s'étant plus ou moins contaminés par la religion et les pratiques religieuses : louanges à un homme en particulier, crainte révérencielle des puissances politiques au point de modérer la proclamation du Royaume de Dieu.[116] La venue du Christ Jésus au temple de Jéhovah en 1918, annoncée en Malachie 3:1-3, aurait provoqué une division complète entre les « approuvés » — désignés comme la classe du « serviteur fidèle et avisé » — et ceux qui persistaient dans la religion, qualifiés de classe du « méchant serviteur », selon Matthieu 24:45-49.[117]

La prétention selon laquelle La Tour de Garde aurait « répudié le Pasteur Russell, fondateur des Témoins de Jéhovah » est formellement démentie : Russell y est reconnu comme un vrai et fidèle serviteur de Christ, mais la fondation des Témoins de Jéhovah est attribuée à Jéhovah Dieu seul, conformément à Ésaïe 43:10-12, Christ Jésus étant désigné comme le témoin fidèle et véritable, chef de son corps (Apocalypse 1:5 ; Apocalypse 3:14 ; Colossiens 1:18).[118]

L'analyse typologique des personnages du drame se poursuit. Jabin ayant régné à Hatsor — ville située au nord du lac de Galilée, à l'ouest des eaux de Mérom — est identifié, dans sa version « deuxième Jabin », au Diable lui-même ou au prince démoniaque Gog (Ézéchiel 38:2-3), son général Sisera occupant le devant de la scène comme représentant visible de Gog sur la terre.[119] Le nom de Sisera est interprété comme signifiant « ordre de bataille » ; ce personnage, pratiquant du « démonisme », figure ce qui est désigné communément comme la « religion organisée ».[120] C'est la religion organisée qui serait en tête du combat visible contre le Gouvernement Théocratique, incitant les forces politiques, commerciales, judiciaires et militaires contre les Témoins de Jéhovah.[121]

La mère de Sisera figure l'organisation démoniaque dont Satan est le chef, organisation qui enfante et organise la religion sur la terre contre la Théocratie — opposition présentée comme ayant atteint le sommet de sa puissance, rendant imminent le conflit final.[122]

La Hiérarchie catholique romaine est désignée comme la plus puissante de toutes les religions sur la terre et comme menant en tête l'« ordre de bataille » contre la Théocratie, chevauchant la bête du totalitarisme conformément à l'image de Apocalypse 17.[123] Dans l'« abomination de la désolation » prophétisée par Daniel et le Christ Jésus, elle est identifiée au groupe dominant — Daniel 11:31 ; Daniel 12:11 ; Matthieu 24:15-16.[124]

La ville de Harosheth, résidence du capitaine Sisera, située sur la rive nord du fleuve Kishon à environ quinze miles au nord-ouest de Megiddo, est interprétée comme une figure de la Hiérarchie catholique romaine établie à la Cité du Vatican : son nom, signifiant « ouvrage des nations », son caractère industriel et fortement commercialisé correspondraient à l'institution vaticane qui, sous couvert de religion, entretiendrait « son racket financier » avec toutes les nations de la terre, selon Apocalypse 18:3.[125]

Après 1 260 jours

Un extrait du Telegraph-Register du 13 octobre 1939, dans lequel un prélat catholique distingué commente les événements d'Europe et évoque la possible réalisation des prophéties de l'Apocalypse, sert de point de départ à l'étude.[126] Ce commentaire catholique, identifiant la femme d'Apocalypse 12 à l'Église catholique romaine et son fils au Christ, est déclaré contredit par le fait qu'Hitler est lui-même catholique romain et présenté comme l'agent favorisé du pape pour restaurer le « Saint-Empire romain » et l'autorité universelle pontificale par l'intermédiaire des dictateurs totalitaires.[127]

L'interprétation proposée s'appuie sur une révélation présentée comme accordée en 1925 : la « femme » désigne l'organisation universelle de Jéhovah, qui en son temps donna naissance au « fils mâle », c'est-à-dire au Royaume ou Gouvernement Théocratique sous Christ Jésus, né à la fin des « temps des Gentils » en 1914.[128] Les membres oints fidèles de cette organisation sont présentés comme le « reste de sa semence » présent sur la terre, engendré conformément à Ésaïe 66:8 : « Une nation peut-elle naître en un jour ? Car aussitôt que Sion a travaillé, elle a enfanté ses fils ».[129]

La période de 1 260 jours mentionnée en Apocalypse 12:6 et Apocalypse 12:14 — désignée comme « un temps, des temps et la moitié d'un temps », soit trois ans et demi ou quarante-deux mois de trente jours — est identifiée à la période que l'organisation de Dieu passa dans le « désert ».[130] Après la guerre dans les cieux, Satan et ses démons auraient été totalement exclus des cieux, incapables de poursuivre leurs opérations offensives contre les armées célestes, et précipités sur la terre.[131] Sa fureur se serait alors retournée contre la « femme » de Dieu, c'est-à-dire son organisation, et contre le « reste de sa semence » sur la terre.[132]

Au printemps de 1918, la persécution aurait atteint un tel degré que de nombreux enfants de Sion furent emprisonnés et que certains furent tués ; la Société Watch Tower, proclamant le Royaume du Seigneur, aurait été désorganisée, ses dirigeants emprisonnés et l'ensemble de l'organisation des témoins paralysée et découragée, à l'image de la mort des deux témoins (Apocalypse 11:7-10).[133] Le 26 mars 1919, les dirigeants de la Société auraient été libérés, et dès le lendemain, le 27 mars 1919, des plans auraient été formulés pour soutenir le « reste » de Dieu et poursuivre le témoignage du Royaume — date à partir de laquelle est situé le début de la fuite de la « femme » de Dieu dans le désert.[134]

Le « désert » figure la condition préparée par la providence divine pour le « reste » sur la terre, nourri du message de la vérité du Royaume fourni par La Tour de Garde et les publications apparentées, comme Jéhovah avait porté son peuple sur des ailes d'aigle (Exode 19:4).[135] Les deux ailes du grand aigle (Apocalypse 12:14) sont interprétées comme symbolisant l'amour et la puissance divins exercés pour nourrir, bouclier et protéger le reste fidèle de Sion contre les ruses de l'ennemi.[136] Ce nourrissage accompli par le Christ Jésus au temple de Dieu est présenté comme le fondement de la croissance des membres de l'organisation en témoins commissionnés, selon Ésaïe 40:11 et Michée 5:4.[137]

L'échec du commercialisme

Le commerce, ou « commercialisme », est présenté comme l'un des signes marquants de l'époque, dont l'échec était annoncé depuis des millénaires par le troisième signe accompli par Moïse devant Pharaon : l'eau tirée du Nil, grande artère commerciale de l'Égypte, versée sur la terre sèche et devenant du sang (Exode 4:9).[138] Les trois signes de Moïse figurent les trois composantes de l'organisation de Satan : le premier signe, accompli avec son bâton, concerne le pouvoir politique ; le second, accompli avec sa main, touche la religion ; le troisième, lié au Nil, vise le commerce.[139] Pharaon y est interprété comme représentant Satan, « le dieu de ce monde », et l'Égypte comme la partie visible de son organisation commerciale, Satan lui-même s'étant approprié ce fleuve selon Ézéchiel 29:1-3.[140]

La guerre mondiale de 1914-1918 est attribuée principalement à l'élément commercial de l'organisation de Satan, responsable de la propagande, des difficultés économiques et des souffrances des nations.[141] De même que les Égyptiens croyaient que les eaux du Nil étaient bonnes à boire, les peuples du monde, y compris nombre de chrétiens de profession, auraient cru que le commerce mondial était indispensable et vivifiant, au point que certains consacrés à Dieu s'y seraient engagés avant d'en recueillir la souffrance.[142]

La terre sèche sur laquelle Moïse versa l'eau du Nil est interprétée comme représentant les personnes de bonne volonté vivant dans le monde sans appartenir à l'organisation officielle de Satan, et en particulier les « autres brebis » que le Bon Pasteur Christ Jésus rassemble — celles qui formeront la « grande multitude » survivant à la bataille d'Harmaguédon et demeurant dans la « nouvelle terre ».[143] C'est sur ces personnes aimant l'ordre et animées d'un sincère désir de voir la justice établie que le « reste » oint doit déverser la vérité, et ce en présence des représentants de Satan, afin que tous aient l'occasion de reconnaître que Jéhovah est Dieu.[144]

L'avertissement de 1 Timothée 6:9-10 est cité pour rappeler que le désir de richesse entraîne les hommes dans la tentation et la perdition : « l'amour de l'argent est la racine de tous les maux ».[145] Les religieux qui se réclament du nom du Seigneur tout en se tournant vers les méthodes commerciales sont désignés comme ayant fait de leur maison de religion une « caverne de voleurs » (Jérémie 7:11), à l'image des changeurs chassés du temple par Jésus (Matthieu 21:12-13 ; Marc 11:15-17).[146]

La révélation que le commerce est le soutien principal de l'organisation visible de Satan aurait été donnée à son peuple à partir de 1927, lors de la parution de la brochure Freedom for the People,[147] vérité approfondie ensuite dans les livres Prophecy, Light et Vindication.[148] L'Égypte antique figure l'aspect commercial et militaire de l'organisation satanique moderne, et sa chute devant l'exécuteur de Jéhovah, telle que décrite en Ézéchiel 31:2-15, annonce que lorsque la puissance commerciale du monde s'effondrera, les gouvernements des nations — que le Grand Commerce contrôle — tomberont avec elle, préparant la terre à être purifiée par Jéhovah pour que des hommes obéissants y vivent dans le bonheur pour toujours.[149]

La bonté aimante de Jéhovah

Une lettre adressée à Rutherford par un certain J. H. Corr, identifié comme résidant en Éire (Irlande), exprime la joie que procure au « reste » la lecture du nouveau livre Religion, présenté comme un terrible réquisitoire contre la religion organisée mais aussi comme une manifestation de la bonté aimante de Dieu envers ses serviteurs fidèles.[150] L'auteur de la lettre évoque que des exclamations de joie lui échappaient spontanément à la lecture, citant les mots de Paul « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; encore une fois, je le dis, réjouissez-vous », et soulignant que l'expansion du Gouvernement Théocratique s'accompagne d'une joie croissante dans les cœurs de ceux qui le servent fidèlement.[151] Une phrase de la page 232 du livre est citée comme résumant toute la question : « Ceux qui ont travaillé joyeusement, regardant toujours à la louange de Jéhovah, ont reçu leur salaire ».[152]

Les Témoins de Jéhovah sous les bombardements aériens

Un témoignage rapporté depuis Londres décrit la rencontre entre une colporteuse et un soldat récemment rentré de Dunkerque. Ce dernier reconnaît dans l'activité de la messagère quelque chose qu'il avait observé sur les plages françaises lors de l'évacuation : un petit groupe de réfugiés qui, entre deux passages des bombardiers nazis, sortaient de leurs abris creusés dans le sable pour faire tourner des disques phonographiques et réconforter les soldats et les civils en attente d'embarquement.[153] Le soldat déclare que « ils étaient merveilleux par le courage dont ils faisaient preuve et l'aide merveilleuse qu'ils apportaient aux enfants », soulignant que des dizaines de personnes, saisies de peur à chaque passage des avions, trouvaient dans ces « bonnes gens » un secours pratique et une source d'inspiration.[154] Il est précisé que parmi les nombreux réfugiés présents à Dunkerque se trouvaient effectivement plusieurs Témoins de Jéhovah, et que cet épisode illustre l'effet de leur travail fidèle et courageux sur un témoin oculaire.[155]

Un deuxième témoignage, intitulé dans le document « Études modèles en prison »,[156] relate l'emprisonnement pendant dix jours de deux prédicatrices qui profitent de leur détention pour conduire des études avec les autres prisonniers, distribuer les brochures Salvation et Refugees ainsi que des numéros de The Watchtower et de Consolation, et faire jouer le phonographe à la demande du shérif lui-même. Ce dernier est rapporté comme ayant déclaré par la suite que les deux femmes n'auraient pas dû se trouver là du tout, et la convention théocratique est présentée comme ayant renforcé leur courage et leur zèle pour poursuivre ce qu'elles désignent elles-mêmes comme un « étrange travail » jusqu'à ce que Jéhovah permette à l'ennemi de les arrêter de nouveau.[157]

Un troisième témoignage, placé sous le titre évocateur tiré de Apocalypse 9:10 sur la queue venimeuse de la sauterelle, décrit un couple de ménage ayant d'abord décliné la visite d'un prédicateur, avant que le mari, changeant d'avis, ne coure jusqu'à la voiture en chaussettes pour demander le livre Salvation, remet une contribution de vingt-cinq cents et repart en souriant, invitant à revenir.[158]

Action catholique à Standish, Lancashire

Un rapport de zone daté du dimanche 26 mai relate une opération de prédication au moyen d'une voiture sonorisée dans un quartier de logements sociaux à Standish, dans le Lancashire.[159] Après la diffusion de la conférence enregistrée intitulée « Prière modèle » et une tournée de porte-à-porte sans incident, le retour à proximité d'une église catholique au moment de la sortie des fidèles provoque un rassemblement hostile : deux femmes entament une altercation, une foule se forme rapidement, et un meneur du nom de Cheetham, du 105 Pepper Lane, Standish, assène un violent coup de poing au Témoin Finney, tandis que plusieurs personnes tentent d'arracher le haut-parleur fixé au toit du véhicule et d'en sectionner le câble.[160] Le responsable de zone rapporte avoir reçu lui-même un coup qui lui fait saigner le nez avant de s'échapper en voiture pendant que ses compagnons retiennent la foule.[161]

L'affaire est portée devant le tribunal de Chorley le 18 juin. Toutes les charges sont rejetées, bien que la partie adverse ait déposé une plainte en retour contre le responsable de zone. Le récit souligne le contraste entre les dépositions des Témoins, jugées concordantes et convaincantes, et celles des témoins catholiques, dont une femme sourde contredit par inadvertance le récit commun de ses coreligionnaires en ignorant ce qu'ils avaient déclaré, se mettant à crier et à insulter lors du contre-interrogatoire au point de devoir être retenue par un officier de police.[162] Cheetham lui-même, soumis à un contre-interrogatoire conduit par le responsable de zone en personne, est décrit comme ayant formulé ses dénégations à voix basse, les yeux baissés, sans jamais regarder son interlocuteur en face.[163] Les adversaires sont néanmoins condamnés à s'acquitter d'au moins trois guinées d'honoraires d'avocat.[164]

Téléchargement

📄 Télécharger le PDF OCRisé de ce numéro

Références


  1. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339-342.
  2. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340, 342.
  3. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 344.
  4. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  5. Revelation 12, Wikipédia, consulté en 2026.
  6. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  7. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  8. Revelation 12:6, BibleHub, consulté en 2026.
  9. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  10. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  11. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 341.
  12. Judges 4:4-14 KJV, Bible Study Tools, consulté en 2026.
  13. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 344.
  14. Harosheth Haggoyim, Wikipédia, consulté en 2026.
  15. Harosheth-Goiim, Jewish Virtual Library, consulté en 2026.
  16. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 350.
  17. Exodus 4 Commentary: Moses' Commission from God, Enduring Word, consulté en 2026.
  18. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  19. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 344.
  20. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 344.
  21. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  22. Ezekiel 29:3 KJV, King James Bible Online, consulté en 2026.
  23. Ezekiel 31 Commentary: Egypt Will Fall as Assyria Did Before, Enduring Word, consulté en 2026.
  24. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  25. What does Revelation 16:14 mean?, BibleRef.com, consulté en 2026.
  26. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 341.
  27. Joshua 1:9, Bible Study Tools, consulté en 2026.
  28. Joshua 1:9 — Exhaustive Verse Summary, Viable Faith, consulté en 2026.
  29. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  30. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  31. Joshua (name), Wikipédia, consulté en 2026.
  32. Deuteronomy 32:43 Commentaries, BibleHub, consulté en 2026.
  33. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 350.
  34. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  35. Mark 13:9 — Verse-by-Verse Bible Commentary, StudyLight.org, consulté en 2026.
  36. Matthew 24:9-14; Mark 13:9-13; Luke 21:12-19, Jean Calvin, CCEL, consulté en 2026.
  37. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  38. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  39. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  40. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 341.
  41. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  42. Revelation 12:14 Commentaries, BibleHub, consulté en 2026.
  43. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  44. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  45. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  46. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  47. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  48. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  49. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  50. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  51. Jehovah's Witnesses, consulté en 2025.
  52. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  53. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  54. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  55. Joseph Franklin Rutherford, consulté en 2025.
  56. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  57. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  58. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 341-342.
  59. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  60. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  61. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  62. Exemplaires de publications de J. F. Rutherford, consulté en 2025.
  63. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  64. Revelation 12:14 Commentaries, consulté en 2025.
  65. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  66. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  67. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  68. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  69. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  70. Padlock Law, consulté en 2025.
  71. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  72. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  73. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  74. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  75. Bryan R. Wilson, consulté en 2025.
  76. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  77. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  78. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  79. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  80. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  81. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  82. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  83. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  84. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  85. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  86. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  87. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 339.
  88. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  89. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  90. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  91. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  92. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  93. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  94. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  95. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  96. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  97. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  98. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  99. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 340.
  100. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 341.
  101. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 341.
  102. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 341.
  103. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 341.
  104. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 341.
  105. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 341.
  106. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 341.
  107. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  108. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  109. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  110. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  111. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  112. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  113. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  114. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 342.
  115. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  116. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  117. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  118. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 343.
  119. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 344.
  120. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 344.
  121. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 344.
  122. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 344.
  123. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 344.
  124. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 344.
  125. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 344.
  126. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 347.
  127. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  128. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  129. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  130. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  131. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  132. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  133. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  134. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  135. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  136. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  137. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 348.
  138. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 350.
  139. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 350.
  140. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 350.
  141. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 350.
  142. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 350.
  143. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 350.
  144. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  145. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  146. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  147. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  148. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  149. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  150. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  151. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  152. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 351.
  153. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  154. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  155. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  156. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  157. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  158. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  159. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  160. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  161. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  162. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  163. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.
  164. La Tour de Garde du 15 novembre 1940, p. 352.

Catégorie:1940