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==Ressemblances et différences==
==Ressemblances et différences==
Fondée par Mary Baker Eddy, cette église est née aux États-Unis en 1879, c'est-à-dire sensiblement au même moment et dans le même contexte que les Étudiants de la Bible. Elle a pour emblème le même [[Symboles religieux|symbole]] que celui des Étudiants de la Bible de l'époque de Russell, à savoir la croix et la couronne. Toutefois, si la Science chrétienne est très connue dans son pays d'origine, elle n'a toutefois pas réussi à se développer dans le monde entier de façon aussi spectaculaire que les Témoins de Jéhovah, son audience se limitant à environ {{unité|400000}} membres actuellement. Elle possède une abondante littérature qui n'atteint pas cependant la masse de celle produite par la Watch Tower, même si certains de ses médias grand public sont très connus et appréciés (par exemple, le journal ''The Christian Science Monitor'', qui se vit décerner le prix Pulitzer à sept reprises).<ref name="Brose">Brose, Alberta Jeanne (1982) (anglais), ''Jehovah's Witnesses: Recruitement and Enculturation in a Millenial Sect'' [thèse], University of California, Riverside, pp. 182-86</ref>
Fondée par Mary Baker Eddy, cette église est née aux États-Unis en 1879, c'est-à-dire sensiblement au même moment et dans le même contexte que les Étudiants de la Bible. Elle a pour emblème le même [[Symboles religieux|symbole]] que celui des Étudiants de la Bible de l'époque de Russell, à savoir la croix et la couronne. Toutefois, si la Science chrétienne est très connue dans son pays d'origine, elle n'a toutefois pas réussi à se développer dans le monde entier de façon aussi spectaculaire que les Témoins de Jéhovah, son audience se limitant à environ {{unité|400000}} membres actuellement. Elle possède une abondante littérature qui n'atteint cependant pas la masse de celle produite par la Watch Tower, même si certains de ses médias grand public sont très connus et appréciés (par exemple, le journal ''The Christian Science Monitor'', qui se vit décerner le prix Pulitzer à sept reprises).<ref name="Brose">Brose, Alberta Jeanne (1982) (anglais), ''Jehovah's Witnesses: Recruitement and Enculturation in a Millenial Sect'' [thèse], University of California, Riverside, pp. 182-86</ref>


Tout comme les Témoins, la Science chrétienne a fait l'objet de vives controverses à cause des risques que sa doctrine guérisseuse peut faire courir à ses adeptes, pouvant conduire au rejet des soins médicaux, ce qui amène de nombreux critiques à associer les deux mouvements sur cette question.<ref>Robinson, B.A. (2010) (anglais), "[http://www.religioustolerance.org/medical2.htm Two Christian Groups that Oppose Medical Care]", Religious Tolerance. Consulté le 30 mai 2012</ref>
Tout comme les Témoins, la Science chrétienne a fait l'objet de vives controverses à cause des risques que sa doctrine guérisseuse peut faire courir à ses adeptes, pouvant conduire au rejet des soins médicaux, ce qui amène de nombreux critiques à associer les deux mouvements sur cette question.<ref>Robinson, B.A. (2010) (anglais), "[http://www.religioustolerance.org/medical2.htm Two Christian Groups that Oppose Medical Care]", Religious Tolerance. Consulté le 30 mai 2012</ref>
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Outre dans ''La Tour de Garde'' où il ne se passait pas environ trois mois sans critiques de la Science chrétienne, Russell fit des mentions défavorables de celle-ci dans les volumes 5 et 6 des ''[[Études dans les Écritures]]'', lui consacrant même un sous-titre dans ''La Nouvelle Création''.<ref>Russell, Charles T. (1904) (anglais), ''La Nouvelle Création'', Watch Tower Bible & Tract Society, p. 624</ref> En 1897, la brochure ''What Say the Scriptures about Spiritualism'' critiqua également la Science chrétienne.<ref>Russell, Charles T. (1897) (anglais), ''What Say the Scriptures about Spiritualism'', Watch Tower Bible, pp. 34,44,55,74,77,97</ref> L.W. Jones, un disciple qui compila de façon thématique les réponses de Russell sur des questions bien particulières en se basant notamment sur les rapports de convention, rapporta qu'en 1912, on demanda au pasteur s'il avait été un élève de Mary Baker Eddy, ce qui provoqua des rires, et bien sûr une réponse négative suivie d'applaudissements. En 1908, une question sur les miracles effectués au nom de Jésus fut l'occasion de critiquer la Science chrétienne, et en 1910, à une question de savoir s'il était convenable d'assister à un culte d'une autre confession, Russell déclara qu'il imaginerait difficilement pouvoir retirer un quelconque profit de l'assistance à une réunion de la Science chrétienne.<ref>Jones, L.W. (anglais), ''What Pastor Russell Said'', pp. 70,492-95,511</ref> En 1914, le livret du ''[[Photo-Drame de la Création]]'' (p. 87) présenta une photographie d'une église de la Science chrétienne.
Outre dans ''La Tour de Garde'' où il ne se passait pas environ trois mois sans critiques de la Science chrétienne, Russell fit des mentions défavorables de celle-ci dans les volumes 5 et 6 des ''[[Études dans les Écritures]]'', lui consacrant même un sous-titre dans ''La Nouvelle Création''.<ref>Russell, Charles T. (1904) (anglais), ''La Nouvelle Création'', Watch Tower Bible & Tract Society, p. 624</ref> En 1897, la brochure ''What Say the Scriptures about Spiritualism'' critiqua également la Science chrétienne.<ref>Russell, Charles T. (1897) (anglais), ''What Say the Scriptures about Spiritualism'', Watch Tower Bible, pp. 34,44,55,74,77,97</ref> L.W. Jones, un disciple qui compila de façon thématique les réponses de Russell sur des questions bien particulières en se basant notamment sur les rapports de convention, rapporta qu'en 1912, on demanda au pasteur s'il avait été un élève de Mary Baker Eddy, ce qui provoqua des rires, et bien sûr une réponse négative suivie d'applaudissements. En 1908, une question sur les miracles effectués au nom de Jésus fut l'occasion de critiquer la Science chrétienne, et en 1910, à une question de savoir s'il était convenable d'assister à un culte d'une autre confession, Russell déclara qu'il imaginerait difficilement pouvoir retirer un quelconque profit de l'assistance à une réunion de la Science chrétienne.<ref>Jones, L.W. (anglais), ''What Pastor Russell Said'', pp. 70,492-95,511</ref> En 1914, le livret du ''[[Photo-Drame de la Création]]'' (p. 87) présenta une photographie d'une église de la Science chrétienne.


Cette critique se poursuivit, quoique de façon moins obsessionnelle, sous la présidence de [[Joseph Rutherford]], qui fit republier certains articles dans les ''Tour de Garde'' ultérieures. On trouve également quelques mentions défavorables dans ''[[Le Mystère Accompli]]'', publié en 1917, ainsi que dans ''Vindication III'' où la Science est considérée comme l'une des plus subtiles formes de l'adoration satanique,<ref>Rutherford, Joseph F. (1932) (anglais), ''Vindication III'', Watch Tower Bible & Tract Society, p. 84</ref> et dans ''The Way to Paradise'' de [[William Van Amburgh]], publié en 1925.<ref>Van Amburg, William E. (1925) (anglais), ''The Way to Paradise'', Watch Tower Bible & Tract Society, p. 170</ref>
Cette critique se poursuivit, quoique de façon moins obsessionnelle, sous la présidence de [[Joseph Rutherford]], qui fit republier certains articles dans les ''Tour de Garde'' ultérieures. On trouve également quelques mentions défavorables dans ''[[Le Mystère Accompli]]'', publié en 1917, ainsi que dans ''Vindication III'' où la Science chrétienne est considérée comme l'une des plus subtiles formes de l'adoration satanique,<ref>Rutherford, Joseph F. (1932) (anglais), ''Vindication III'', Watch Tower Bible & Tract Society, p. 84</ref> et dans ''The Way to Paradise'' de [[William Van Amburgh]], publié en 1925.<ref>Van Amburg, William E. (1925) (anglais), ''The Way to Paradise'', Watch Tower Bible & Tract Society, p. 170</ref>


En 1964, Mary Baker Eddy fut le sujet d'un article de sept pages dans ''La Tour de Garde''.<ref>''La Tour de Garde'', 1964, pp. 682-88</ref>
En 1964, Mary Baker Eddy fut le sujet d'un article de sept pages dans ''La Tour de Garde''.<ref>''La Tour de Garde'', 1964, pp. 682-88</ref>

Version du 3 juin 2012 à 16:56

Mary Baker Eddy, fondatrice de la Science chrétienne

La Science chrétienne (en anglais: Christian Science), également connue sous le nom d'Église du Christ, Scientiste est une église chrétienne fondée en 1879 à Boston par Mary Baker Eddy. Celle-ci affirme avoir redécouvert en 1866, à l'occasion d'un grave problème de santé, les principes de guérison qui permettaient au Christ de guérir, et selon elle, ces principes pouvaient toujours être expérimentés aujourd'hui. Elle écrivit en 1875 l'ouvrage Science et santé avec la clef des Écritures sur lequel repose, en partie avec la Bible qu'il est censé expliquer, la doctrine de la religion qu'elle a établie. Un examen de cette église révèle quelques similitudes avec le mouvement des Étudiants de la Bible/Témoins de Jéhovah, permettant de mettre en perspective et ainsi de relativiser les revendications de ces derniers de constituer une organisation unique. De plus, la Science chrétienne a fait l'objet d'un très grand nombre d'articles dans la littérature des Étudiants de la Bible des premières décennies, ce qui permet non seulement de souligner l'évolution de la Société Watch Tower au fil des décennies dans sa critique des religions, mais aussi de constater les limites des reproches adressés qui, souvent, peuvent tout aussi bien s'appliquer à la Watch Tower.

Ressemblances et différences

Fondée par Mary Baker Eddy, cette église est née aux États-Unis en 1879, c'est-à-dire sensiblement au même moment et dans le même contexte que les Étudiants de la Bible. Elle a pour emblème le même symbole que celui des Étudiants de la Bible de l'époque de Russell, à savoir la croix et la couronne. Toutefois, si la Science chrétienne est très connue dans son pays d'origine, elle n'a toutefois pas réussi à se développer dans le monde entier de façon aussi spectaculaire que les Témoins de Jéhovah, son audience se limitant à environ 400 000 membres actuellement. Elle possède une abondante littérature qui n'atteint cependant pas la masse de celle produite par la Watch Tower, même si certains de ses médias grand public sont très connus et appréciés (par exemple, le journal The Christian Science Monitor, qui se vit décerner le prix Pulitzer à sept reprises).[1]

Tout comme les Témoins, la Science chrétienne a fait l'objet de vives controverses à cause des risques que sa doctrine guérisseuse peut faire courir à ses adeptes, pouvant conduire au rejet des soins médicaux, ce qui amène de nombreux critiques à associer les deux mouvements sur cette question.[2]

En effet, la Science chrétienne enseigne que la maladie est une illusion, et préconise la guérison par la foi seule, ce qui a conduit à des décès, notamment d'enfants. En effet, les bons fidèles sont censés "supprimer tous les traitements chirurgicaux ou médicaux quelconques que la science a inventés" et "ne doivent pas non plus apprendre un mot de pharmacie ou d'hygiène",[3] rejetant en particulier les médicaments, même si dans les faits, cette église a fait de nombreuses concessions dans ce domaine pour se conformer aux lois du pays; de plus, le recours à la médecine n'engendre pas de sanction (contrairement à l'acceptation d'une transfusion qui rend l'adepte passible d'exclusion chez les Témoins). Concrètement, un premier procès contre une praticienne scientiste chrétienne eut lieu aux États-Unis en 1888 lorsqu'elle laissa mourir sa fille d'une hémorragie.[4] En 1988, le procès retentissant Commonwealth v. Twitchell condamna pour homicide involontaire des parents adeptes qui laissèrent mourir leur enfant de deux ans, atteint d'une péritonite.[5] L'association Children's Healthcare Is a Legal Duty présente la biographie de sept enfants de scientistes chrétiens décédés aux États-Unis, faute de soins médicaux.[6] L'auteur Caroline Fraser estime que "le refus de nombreux parents scientistes chrétiens de demander l'aide de médecins pour leurs enfants gravement malades a provoqué de nombreuses morts douloureuses et inutiles et à un nombre croissant d'actions en justice devenues onéreuses pour l'Église et ses membres".[7]

Mary Baker Eddy eut également de nombreux points communs avec Charles Taze Russell dans sa personnalité et son parcours de vie. Elle vécut une enfance marquée par une éducation religieuse très rigide dans le calvinisme, tout en ayant un vif intérêt pour les questions spirituelles; toutefois, elle remit en cause des dogmes de sa religion, notamment la prédestination et, expérimentant toutes sortes de difficultés, fit la découverte d'un système de guérison qui devint une nouvelle voie religieuse. Or, sous bien des aspects, la jeunesse de Russell témoigne d'un cheminement religieux similaire. De plus, le psychologue Jean-Claude Maes, qui se base sur l'ouvrage La guérison par l'esprit, estime qu'elle regroupait plusieurs critères qui permettent de l'identifier comme un "gourou" ayant imposé ses idées: une tendance à la monomanie, l'existence d'une biographie officielle valorisante et d'une autre, officieuse, qui la présente sous un jour moins favorable, une séparation de l'intérieur et de l’extérieur (ceux qui sont pour ou contre elle), une propagande intense pour faire connaître ses idées, la mise en place progressive d'une structure pyramidale, une critique de ceux qui l'ont abandonnée, etc.[8] Tout ceci n'est pas sans rappeler Russell.

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Église mère de la Science chrétienne, à Boston, Massachusetts

De plus, tout comme chez les Témoins où le pouvoir est centralisé, la Science chrétienne est dirigé au niveau mondial par l'Église mère de Boston, et son influence concerne tous les aspects de l'existence. Selon la sociologue Anne-Cécile Bégot, l'affiliation à ce mouvement a un caractère exclusif: dans toute sa vie, le fidèle doit constamment se référer aux enseignements de son église. Ces enseignements sont "incontournables", "imprescriptibles", et "personne ne peut les modifier mais surtout personne ne peut les contester ou les critiquer". Les réunions ne constituent pas des débats publics; "les églises locales n'ont aucune autonomie en matière doctrinale" et "la cérémonie dominicale ne laisse place à aucune improvisation", tout étant prévu par la direction de Boston.[9] Toutefois, de nombreuses religions fonctionnent sur un tel mode d'organisation, et cela ne constitue pas en soi un indice de sectarisme, pour autant que la direction d'un mouvement ne soit pas particulièrement coercitive sur l'adepte (par exemple, en recourant à des sanctions étendues).

L'engagement au sein de la Science chrétienne est moins poussé que chez les Témoins de Jéhovah: il n'y a pas de participation requise au prosélytisme (ce qui explique en partie son déclin), et la communauté est moins forte, et il n'y a pas d'activités prévues en dehors des deux réunions hebdomadaires. Elle ne demande pas à ses adhérents de ne plus fréquenter les non-membres.[1] Par rapport à la Watch Tower, la Science chrétienne a davantage développé une culture qui lui est propre (importants relais médiatiques, bâtiments historiques, librairies) et participe au dialogue avec d'autres religions. Du point de vue sociologique, la Science chrétienne s'apparente davantage à une dénomination qu'à une secte: la soumission à l'autorité et la rupture avec l'environnement sont loin d'être aussi marquées que dans les écrits eddyiques; le mouvement protestataire des premiers temps s'est nettement assagi.[10] Selon le sociologue James A. Beckford, la Science chrétienne est un mouvement de type "individualiste" (à la limite du type "activiste"), caractérisé par un assez haut degré de consensus parmi les membres sur les objectifs du groupe, une faible structure de la direction, un désintérêt pour le côté organisationnel, un faible degré d'activisme collectif, une faible emprise sur les membres, une conception fluide de l'adeptat, de bonnes relations avec les pouvoirs séculiers et la conformité aux valeurs de la société; quant à la Watch Tower, Beckford la classe dans les groupes de type "totalisant", dont les caractéristiques sont presque toutes à l'opposé et typiques des sectes pures et dures.[11]

La Science chrétienne n'est généralement plus contestée socialement (les rapports parlementaires belges et français ne la mentionnent pas), bien que les églises majoritaires la considèrent comme une secte d'un point de vue théologique sur des points doctrinaux parfois similaires aux Témoins: mise en place d'un intermédiaire entre le fidèle et Dieu (le mouvement/un livre), suppression des sacrements, rejet de la Trinité telle qu'elle est traditionnellement comprise, etc.[12][13][14]

Dans les publications

Présentation générale

Si toutes les dénominations du christianisme furent critiquées dans les écrits de Russell, la Science chrétienne fit l'objet d'une dénonciation bien plus récurrente et précise dans les publications des Étudiants de la Bible. Parmi les raisons de cette dénonciation si prononcée figure notamment le fait que la Science chrétienne rejette l'idée d'un monde matériel bien réel, ce qui, pour Russell, contrevenait à Romains 1:20.[15] De plus, cette église, par son rejet de la matière et de la maladie, relativisait voire niait la doctrine de la rançon, ce qui suscitait la colère de Russell, étant donné l'importance qu'il accordait à cette doctrine (qui l'avait séparé de nombre de ses anciens collaborateurs dont Nelson Barbour, Albert Jones et John Paton). En effet, selon Russell, "les scientistes chrétiens répudient tout péché, et, par conséquent, tout rédemption du péché, et donc montrent clairement qu'ils n'ont ni part ni lot avec le Christ ou avec son message ou sa puissance".[16]

En outre, Russell estimait que les guérisons de cette église trouvaient leur origine dans les forces occultes, donc dans le spiritisme. Enfin, la Science chrétienne alors naissante se dispersait rapidement et était selon Russell d'autant plus dangereuse que son nom était trompeur, pouvant induire en erreur les personnes recherchant le vrai christianisme. Une édition spéciale de La Tour de Garde datée du 1er mai 1903 fut consacrée à la Science chrétienne, et dans les années suivantes il était recommandé aux lecteurs de demander gratuitement autant des copies que possible de ce numéro et de les donner à leurs amis.[17][18]

Outre dans La Tour de Garde où il ne se passait pas environ trois mois sans critiques de la Science chrétienne, Russell fit des mentions défavorables de celle-ci dans les volumes 5 et 6 des Études dans les Écritures, lui consacrant même un sous-titre dans La Nouvelle Création.[19] En 1897, la brochure What Say the Scriptures about Spiritualism critiqua également la Science chrétienne.[20] L.W. Jones, un disciple qui compila de façon thématique les réponses de Russell sur des questions bien particulières en se basant notamment sur les rapports de convention, rapporta qu'en 1912, on demanda au pasteur s'il avait été un élève de Mary Baker Eddy, ce qui provoqua des rires, et bien sûr une réponse négative suivie d'applaudissements. En 1908, une question sur les miracles effectués au nom de Jésus fut l'occasion de critiquer la Science chrétienne, et en 1910, à une question de savoir s'il était convenable d'assister à un culte d'une autre confession, Russell déclara qu'il imaginerait difficilement pouvoir retirer un quelconque profit de l'assistance à une réunion de la Science chrétienne.[21] En 1914, le livret du Photo-Drame de la Création (p. 87) présenta une photographie d'une église de la Science chrétienne.

Cette critique se poursuivit, quoique de façon moins obsessionnelle, sous la présidence de Joseph Rutherford, qui fit republier certains articles dans les Tour de Garde ultérieures. On trouve également quelques mentions défavorables dans Le Mystère Accompli, publié en 1917, ainsi que dans Vindication III où la Science chrétienne est considérée comme l'une des plus subtiles formes de l'adoration satanique,[22] et dans The Way to Paradise de William Van Amburgh, publié en 1925.[23]

En 1964, Mary Baker Eddy fut le sujet d'un article de sept pages dans La Tour de Garde.[24]

Actuellement, la Science chrétienne ne fait plus l'objet d'une dénonciation particulière dans les publications jéhovistes; si elle est de temps à autre mentionnée (ce qui arrive très rarement), elle n'est plus vilipendée, mais simplement citée afin d'illustrer un point de doctrine — généralement, la négation du mal — qui est réfuté dans la suite de l'article, mais sans exprimer une quelconque condamnation de cette église. Désormais, le mouvement se contente de critiquer globalement "Babylone de Grande", sans mettre en avant une religion en particulier. Par exemple, dans les années 1980, la doctrine de Mary Baker Eddy fut considérée comme une tentative "visant à laver Dieu" de l'accusation de tolérer le mal,[25][26] et l'Église de la Science chrétienne fut présentée comme l'un des "derniers enfants de la Réforme", sans critique: il est simplement dit qu'Eddy "enseigne que le spirituel prévaut sur le physique, et que le péché, la maladie, la mort, ainsi que d’autres maux, sont des illusions qu'il est possible de vaincre grâce à la connaissance de la vérité et en adoptant un état d’esprit optimiste en harmonie avec l'Entendement, c'est-à-dire Dieu".[27]

À noter toutefois que le Mouvement Missionnaire Intérieur Laïque, fidèle aux idées de Russell, continue de critiquer nommément la Science chrétienne.[28]

Courtes mentions

En juillet 1886, un premier article classa la doctrine de la Science chrétienne parmi les dispositifs du Diable dont le but est de nier la rançon du Christ. À partir de ce moment, la dénonciation de la Science chrétienne fut récurrente à un niveau sans doute bien plus élevée que celle d'autres religions. En janvier 1889, une lettre rapporte qu'"une amie très chère" de l'auteur était "en train de se remettre de ce piège terrible de la Science chrétienne, qui avait été sous son pouvoir jusqu'à ce que son cœur et son esprit soient presque détournés du Christ".[29]

Voici quelques mentions de la Science chrétienne dans La Tour de Garde, jusqu'en 1916, sachant que cette liste est incomplète:

Régulièrement classée dans la même catégorie que la théosophie, l'évolution, la haute critique, l'universalisme, la Science chrétienne fut présentée comme un "bel exemple" de théories diverses utilisées par le Diable,[30] une "tromperie", qui a "une identité commune" avec d'autres, à savoir la négation de la rançon,[31] une "peste spirituelle de fausse doctrine, avec une sophistique subtile, [qui] détruit la foi",[32] qui "rejette Jésus comme son racheteur",[33] "qui prend le nom de Dieu et du Christ en vain", utilisant le nom de chrétien comme un "manteau" et "dont les doctrines trompeuses sapent les fondations mêmes du christianisme",[34] qui fait partie des "lueurs phosphorescentes de l'erreur",[35] une "tromperie",[36] un des "mouvements anti-chrétiens"[37] dont les bergers sont des "loups" afin de "dissuader les brebis de toute foi dans l'inspiration des Saintes Écritures",[38] une "vaine philosophie et une science appelée ainsi à tort",[39] dont les praticiens sont "les propres docteurs de Satan",[40] qui "n'a rien de chrétien ni de scientifique", l'une des manifestations du Diable contre lesquelles les chrétiens ont été mis en garde,[41] qui n'est pas la voix mentionnée en Esaïe 30:21,[42] un des "écueils de l'erreur",[43] un "piège",[44] faisant partie des "sectes pernicieuses, reniant le Maître qui les a rachetés", déformant les Écritures, les pervertissant, portant atteinte à leur enseignement, et les remplaçant par des philosophies humaines",[45] étant "en opposition subtile avec le Seigneur et sa Parole de Vérité" qui constitue l'un des "efforts de Satan pour compenser le pouvoir de Dieu",[46] faisant partie des "méthodes de guérison non bibliques",[47] qui "utilise le nom du Christ de manière trompeuse",[48] une attaque de Satan présentée sous forme de découverte scientifique,[49] l'une des formes par lesquelles opèrent "les esprits menteurs et séducteurs",[50] un moyen de Satan pour piéger,[51] une secte guidée par le même esprit que d'autres, Satan,[52] reliée au spiritisme, et "par l'absurdité même de ses revendications, attire les curieux, et par son innocuité apparente et ses "bonnes œuvres", piège ceux qui ne sont pas mis en garde et les ignorants, qui ne connaissent pas "les profondeurs de Satan",[53] une "théorie qui déforme les Écritures",[54] et dans laquelle il faut aider les gens à "empêcher de trébucher",[55] faisant partie de ces "voix fausses" ou "faux bergers",[56] comptant parmi les formes d'"incrédulité subversive",[57] parmi les "faux arguments et sophismes", la plus "subtile" et "soutenue par la puissance de l'adversaire",[58] une "influence satanique pour tromper",[59] un nouveau dispositif utilisé par "les esprits déchus [pour] induire en erreur un grand nombre",[60] un "nouvel évangile",[61] qui nie l'existence de Satan et de ce fait rend les personnes vulnérables à ses tromperies,[62] une "œuvre formidable" destinée à égarer même les élus,[63] l'une des derniers modes de Satan, qui, "sous le couvert de la morale, cherche à détruire à la fois le sens commun et le christianisme parmi les gens du Seigneur",[64] utilisée par le Diable pour "flageller le ministère" et y mettre fin,[65] une "déformation" de notre époque[66] dans laquelle "les chrétiens peuvent y reconnaître l'œuvre des démons",[67] qui "dénatur[e] sans cesse les faits jusqu'à ce que le sens de la vérité sur tous les sujets semble être perverti",[68] une forte illusion qui, avec d'autres, se produisent afin de tester ce qui correspondait alors à la congrégation de Laodicée (Apocalypse 3:14),[69] une "plaie",[70] une "absurdité"[71] qui enivre et intoxique,[72] une vaine philosophie de tradition humaine,[73] qui tord tout, faisant que deux et deux font neuf,[74] une œuvre des ténèbres.[75]

La Tour de Garde relève que Marc 16:15 ne figure pas dans les plus vieux manuscrits grecs, et qu'ainsi la base du système de la Science chrétienne s'effondre.[76] En 1916, il est fait référence à "nos amis scientistes chrétiens", étant précisé que "beaucoup d'entre eux sont des gens très nobles, des gens estimables, à certains égards, et pourtant, à notre avis ils soutiennent certaines doctrines qui ne sont pas des questions de foi, mais de la crédulité", et que cela est aussi valable pour les mormons et les adventistes du septième jour.[77]

Articles de fond

Publication Contenu
La Tour de Garde (anglais), juillet 1886, R867, p. 4, "Other Devices" Considérée comme un "piège", la Science chrétienne est présentée comme affirmant que "toute maladie du corps peut et doit être guérie par la puissance de l'esprit, la volonté", que les soins sont accomplis par la puissance de la volonté, et non par la foi en la puissance de Dieu. Dans ce genre de cas, quand le recouvrement de la santé n'arrive pas, le patient est mis en cause avec un manque de la détermination. Sous l'impulsion de Satan, "les soi-disant "scientistes chrétiens" (sans Jésus-Christ), et leurs soi-disant "séances" ne sont qu'une étape dans la direction du spiritisme".
La Tour de Garde (anglais), octobre 1886, R894,895, pp. 5,6, "Christian Science and Mind Cure" L'article dit que certains lecteurs désiraient que le sujet soit réexaminé, affirmant que, contrairement aux guérisseurs de l'esprit, les scientistes chrétiens ne nient pas Dieu et le Christ et reconnaissent leurs mérites dans les soins. L'article affirme à nouveau que les guérisseurs de l'esprit et les scientistes chrétiens fonctionnent sur le même schéma, mais que ces derniers sont plus prudents en s'appelant chrétiens, afin d'être populaires, et en citant la Bible tout en la reliant à leur "science". La fondatrice, Mary Baker Eddy, enseigne sa "science" pour 300 dollars et six leçons de théologie pour 200 dollars: "si le prix est un bon critère pour jauger la valeur de cette "autre évangile" et de son professeur, il est certainement très en avance sur celle de Jésus et les apôtres et leur message". La doctrine de la Science chrétienne enseigne que l'humain est un être immatériel et que la maladie n'est qu'illusion, faisant de cette religion le vrai Sauveur amenant à la perfection. Mary Baker Eddy est présentée comme supérieure à Jésus. Des citations du Christian Science Journal de juillet 1886 sont ensuite reproduites; il en est conclu que la Science chrétienne est "anti-chrétienne — en opposition au Christ, le remplaçant lui et ses paroles par les faux enseignements de cette femme et sa science faussement nommée ainsi, ce qui rend caduques les paroles de Dieu sur le péché, la mort, la rançon, le mode de délivrance du Libérateur", et que Dieu "n'est pas considéré comme un être personnel, mais comme un principe du bien". Il est dit que "la soi-disant "Science chrétienne" est en soi indigne de tant d'attention de notre part", car ce "système est un mélange de très peu de vérité avec beaucoup de théories, et comme un tout, est directement opposée à la vérité".
La Tour de Garde (anglais), juillet 1888, R1048, p. 5, ""Mind Healing" and "Christian Science"" La Science chrétienne est présentée comme étant un système "frauduleux et trompeur", à l'image de son nom. Elle est "carrément anti-chrétienne", "contre le Christ et contre les vérités que le Christ et ses apôtres ont enseignées", niant l'œuvre de Jésus en faveur des humains. Elle cite la Bible de la même manière que le Diable lorsqu'il tenta Jésus, c'est-à-dire en utilisant des citations hors contexte. "Ainsi, ne connaissent pas le sens général des passages cités, trop de gens souvent ne prennent pas le temps de bien examiner le contexte, mais avalent leur théorie en entier, en supposant que leurs enseignants sont honnêtes, et que les passages cités sont correctement appliqués." Alors que la matière est jugée illusoire, l'argent ne l'est pas dans ce culte qui fait payer ses services. Ce mouvement est jugé dangereux parce qu'il ne renie pas la Bible ouvertement, mais en sous-main.
La Tour de Garde (anglais), mai 1891, R1304, pp. 71-76, "A Seasonable Word on Christian Science", W.E. Page + réponse; repris dans La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1903, pp. 132-36 W.E. Page déclara avoir souvent été au contact de la Science chrétienne et la considérer comme étant une "mauvaise herbe la plus nocive". En écho à cette lettre, Russell (?) explique qu'il n'est pas difficile de savoir quelle position adopter vis-à-vis des vieilles sectes qui présentent leurs enseignements de façon explicite; en revanche, il convient de démasquer cette "nouvelle forme d'erreur subtile" qu'est la Science chrétienne. Cela est d'autant plus grave que "beaucoup de ses adeptes sont aimables, des gens bien intentionnés, mais ils sont complètement aveuglés par les perversions du système", et il faut donc les "libérer de cette domination du diable" qui les mantient par les "chaînes de l'ignorance et du préjugé". L'auteur estime donc qu'il est nécessaire d'examiner le sujet en profondeur à partir des écrits mêmes du mouvement qu'il nomme "hérésie".

Mary Baker Eddy est accusée, exemples à l'appui, d'utiliser un néo-langage trompeur, ayant "très habilement jeté les bases de son chef-d'œuvre pour ce qui est de jongler avec les mots"; "sûrement n'importe quel enseignement qui doit reposer sur des significations particulières placées sur des "termes d'usage courant" devrait susciter des soupçons", Jésus n'ayant pas procédé ainsi. Puis sont examinées quelques "vérités" qu'Eddy "a perverties":

Elle a redéfini Dieu comme étant un principe, mot qu'elle définit comme "vie, vérité, amour, substance et intelligence", et réduisant ainsi Dieu à la simple somme de qualités des êtres vivants et le détrônant de ses qualités de Créateur. "Ceux qui sont induits en erreur par ces enseignements sont rapidement embrumés de telle sorte qu'ils soient complètement incapables de discerner entre le traitement honnête des Écritures et cette perversion lamentable."

Ensuite, Eddy a déifié l'homme en tordant le sens du mot "entité" qu'elle redéfinit comme "la nature particulière de l'être, et Dieu, sans l'image et la ressemblance de lui-même, à savoir l'homme, serait néant". Citations à l'appui, Russell estime que "sûrement la fierté et la vantardise ne peuvent supposer davantage que ce qui est revendiqué ici. Aucun des "doux" ne s'arrogerait une telle position et de la vertu à eux-mêmes"; une "telle exaltation de l'homme" constitue une "folie" qui "nécessite une perversion de l'enseignement biblique tout entier". Selon Russell, "pour dissiper les soupçons qui pourraient surgir si ces travaux étaient réalisés trop brusquement, l'approche sa fait très progressivement, et l'erreur est introduite en vertu de hautes prétentions à la spiritualité et à l'enseignement". De ce fait, le récit de Genèse 3:1-5 est redéfinit de façon allégorique, la chute de l'homme étant spiritualisée. Il s'ensuit que l'homme n'aurait pas vraiment besoin de la rançon de Jésus, ni de la résurrection physique, ce qui amènerait de nouvelles redéfinitions de ces termes.

L'article conclut ainsi: "Nous n'hésitons pas à marquer ce système tout entier de la soi-disant Science chrétienne comme une autre forme de spiritualisme mis en avant par le père du mensonge, qui est un menteur dès le commencement. Qu'il y ait un pouvoir, même surhumain, en elle, nous l'admettons, mais nous croyons qu'il est la puissance de Satan, le grand séducteur des hommes, qui sera utilisé uniquement pour la destruction de l'homme".

La Tour de Garde (anglais), 1er août 1892, R1643,1644, pp. 120-22, "Christian Science, Theosophy, etc" "La Science chrétienne est un nom tout à fait impropre, car il est dépourvu d'éléments scientifiques, et se contente d'utiliser le préfixe du nom chrétien afin de détruire et de tromper le peuple de Dieu, car pour eux, le Christ n'était pas un Sauveur, ni un sauveur nécessaire: il était simplement un homme bon, un scientiste chrétien qui comprit imparfaitement la nouvelle science qu'il présenta, mais qui dans ces derniers temps a été perfectionné et entièrement mis en avant par Mme le docteur Eddy de Boston, Massachusetts. Comme exposé par ses diverses écoles, elle enseigne l'immortalité de toutes choses, et a pour devise, pour ainsi dire, l'expression, "tout est vie, la mort n'existe pas!" Ainsi, ils parlent le mensonge de Satan, "Vous ne mourrez point.""
La Tour de Garde (anglais), 15 avril 1895, R1792, p. 92, "View from the Tower" "La Science chrétienne se développe rapidement. L'enseignement des partisans de cette secte non biblique les amène à des positions particulières. À Burlington, en Iowa, les disciples de cette théorie ont demandé que les autorités excusent leurs enfants de fréquenter les cours de physiologie, en soutenant qu'il n'y a pas de telles choses comme un corps matériel: ils ne veulent pas que leurs enfants soient instruits à croire que les poumons, le foie et l'estomac comme existant réellement. De tous les modes stupides que les gens intelligents se sont rendus coupables de prôner, cet engouement de la Science chrétienne semble le plus idiot: son nom même est un terme impropre, car ils nient le Christ. S'ils n'ont pas d'organisme corporel, il semble que c'est un gaspillage aveugle d'argent pour acheter des aliments — ils pourraient mieux utiliser leur argent pour la propagation de leurs doctrines... Sonnez l'alarme!"
La Tour de Garde (anglais), 1er août 1896, R2013, p. 177, ""Mind Healing" and "Christian Science"" La Science chrétienne est présentée comme un système aussi "frauduleux et trompeur que son nom, si l'on admet que quelques âmes honnêtes sont peut-être parmi ses avocats, ayant été trompées et induites en erreur par elle". Il n'y a rien de chrétien dans ce mouvement qui est considéré comme "anti-chrétien", et s'il est vrai qu'il parle du Christ, il le fait au même titre que les spirites qui le considèrent comme une éminent médium. Il dénie la rançon et le péché originel, et ne cite les Écritures qu'afin de "tromper quelques-uns des enfants de la lumière", comme le fit Satan en Matthieu 4. Il diffère de l'assistance mentale pour la guérison, n'étant ni en accord avec la raison ni avec les Écritures. "En fait, nous estimons que les théories de ces scientistes (?) ne peut pas avoir émané d'un cerveau sain". De plus, si la matière n'est qu'illusion selon la Science chrétienne, en revanche l'argent qu'elle demande pour ses prestations est, lui, bien réel. Le but de Satan à travers ce mouvement et d'autres est d'amener au reniement de la rançon, fondement de la foi chrétienne.
La Tour de Garde (anglais), 15 novembre 1898, R2384, p. 332, "The Influences of Evil Passions" "Quand la dernière fois nous avons parlé du sujet de l'influence de l'esprit sur le corps pour la santé ou pour la maladie, certains semblent avoir l'impression que c'était une concession de notre part pour les théories de la soi-disant "Science chrétienne", qui prétend être une "cure de l'esprit" pure et simple. Mais nous répondons non, il n'y a pas la moindre sympathie entre le point de vue que nous venons d'exprimer et la théorie de la "Science chrétienne". Les deux théories sont exactement contraires. La "Science chrétienne" enseigne qu'il n'y a pas de douleur, pas de maladie, pas de souffrance, pas de mort, sinon que les gens les imaginent. Leur système de guérison, c'est que les gens devraient se mentir à eux-mêmes et s'en tenir à ces mensonges jusqu'à ce que par l'anti-suggestion, l'auto-hypnotisation soit effectuée et qu'ils croient au mensonge."
La Tour de Garde (anglais), 15 février 1899, R2240, pp. 61,62, puis 15 juillet 1900, R2669, pp. 222,223, "Christian Science Misbeliefs" "Parmi les diverses fausses doctrines d'aujourd'hui, aucune ne semble plus incompatible du point de vue de la science et du christianisme que le système qui effrontément, avec un air de défi et dans la perversion de la vérité et de conscience, unit ces deux mots, comme son nom." La Science chrétienne abuse de l'ignorance des gens en leur faisant croire qu'elle est basée sur la Bible alors qu'elle est en opposition avec elle; d'ailleurs, "un scientiste chrétien en plein développement ne peut pas être un chrétien, dans tous les sens scripturaires du mot", car: 1/ il dénie l'existence de Dieu et donc de son Fils, et Mary Baker Eddy se pose comme étant plus grande que Jésus, "comme un éléphant est supérieure à une souris, bien qu'il y ait certaines ressemblances"; 2/ il nie le péché et ses conséquences, et donc, logiquement, la rançon. Seuls ceux qui sont "bibliquement ignorants ou mentalement faibles" peuvent être attirés par ces "absurdités". Les attraits de la Science chrétienne sont: 1/ "comme un vêtement de lumière", elle se pare "de douceur et de gentillesse dans ses paroles et ses manières", alors qu'elle est motivée par l'ambition et l'amour de l'argent, ce qui permet de juger l'arbre à ces fruits; d'ailleurs, "très peu de pauvres de ce monde ont été trompés par les doctrines de la Science chrétienne, ou guéri de la maladie par son traitement"; 2/ la guérison de la maladie sans médicament, et parfois presque par miracle, qui attirent les gens qui souffrent; or, ces guérisons viennent du Diable, puisque le mouvement répudie les principes du christianisme. À la question de savoir pourquoi le Diable effectue une telle œuvre, la réponse est qu'il "prend ainsi le vêtement d'un ange de lumière et de miséricorde, afin de ne pas conduire à la Lumière du monde — de ne pas les conduire à la croix du Christ — de ne pas les conduire à la Bible — mais de les en éloigner, à un autre espoir de salut, à un autre enseignant: à tromper, si possible, même les élus".
La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1900, R2629, p. 142, "Questions and Answers: About Magnetic, Hypnotic Cures, Etc" En réponse à une question, il est dit que la Science chrétienne demande "à se mentir à soi-même et de croire au mensonge, et donc peu à peu devenir un menteur, auto-trompé et trompant les autres en ce qui concerne toutes les affaires de la vie. Nous ne pouvons pas croire qu'un quelconque cours si opposé à ce que les Écritures désigne puisse être de Dieu". En conclusion, "nous demandons instamment à tous les peuples du Seigneur d'être sur leurs gardes contre les guérisseurs de l'esprit, les guérisseurs magnétiques, etc, en particulier lorsque, comme dans le cas de la Science chrétienne, l'esprit doit être abandonné et croire un mensonge".
La Tour de Garde (anglais), 15 octobre 1902, R3095, p. 315, "We Are Not Ignorant of His Devices" Une lettre d'une adepte est reproduite, dans laquelle elle raconte sa tentation de l'adversaire" de faire confiance à la Science chrétienne, alors que sa mère était très malade. Toutefois, l'Étudiante de la Bible admet que "de toutes les bêtises, la Science chrétienne est la pire", et que ses adeptes "doivent avoir un ramollissement du cerveau".
La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1903, R3187, p. 136, "A Christian Science Prayer" et "A United Presbyterian View" Russell critique vigoureusement un ministre presbytérien qui, ayant examiné la Science chrétienne pendant cinq années, estime que son erreur principale réside dans sa négation de la médecine, mais conclut par une note positive sur ce mouvement. Russell est scandalisé qu'il n'ait pas relevé la négation du péché, de la chute des humains, de la rançon, etc, et estime donc que ce "berger" est "ignorant des doctrines du Christ".
La Tour de Garde (anglais), 1er septembre 1904, R3422, p. 266, "A Doctor's Examination of Christian Science" Le Dr John W. Churchman, de l'hôpital Johns Hopkins de Baltimore, contribua à ce qui fut considéré alors comme étant "peut-être l'examen le plus complet et fiable jamais réalisé sur la Science chrétienne". Il dit présenter quatre séries de preuves démontrant la "fausseté fondamentale" de la Science chrétienne: 1/ d'un point de vue historique, elle "défie les canons de l'histoire, quand elle clame une origine révélée", car "le système ne parvient pas à s'aligner sur le passé"; 2/ d'un point de vue philosophique, l'"idéalisme intransigeant" d'Eddy "se présente comme une explication", mais est en réalité "une fraude totale": nier l'existence de la matière et affirmer que c'est une illusion n'est qu'une autre façon d'affirmer son existence; "vous êtes libérés par votre suggestion d'en expliquer le fait, mais contraint par elle à expliquer l'illusion". "Si tous les phénomènes psychiques sont des rêves, pourquoi dois-je reconnaître certains phénomènes psychiques comme des rêves?" Les grands philosophes reconnurent cette insuffisance; or, selon Eddy, le "témoignage des sens est tout à fait inacceptable: non pas parce qu'il ne parvient pas à être définitif, mais parce qu'il est essentiellement faux"; 3/ d'un point de vue scientifique, Eddy est incapable de prouver à l'aide de statistiques, contrairement à ce qu'elle affirme, que la longévité humaine s'est accrue comme preuve de la vérité; son point de vue sur l'action des médicaments est infondé; 4/ d'un point de vue religieux, la doctrine d'Eddy est "blasphématoire", notamment parce qu'elle nie la souffrance.
La Tour de Garde (anglais), 1er septembre 1908, R4231, pp. 260,261, "Mrs Eddy's Absurd Ideas of the Bible" Une critique des enseignements de Mary Baker Eddy par l'écrivain Georgine Milmine est présentée, celle-ci citant abondamment Science et Santé. Selon elle, "Eddy dit que sa théorie de l'univers est fondée non pas sur la sagesse humaine, mais sur la Bible", mais qu'elle "utilise à la fois l'addition et la soustraction de façon très libérale pour obtenir la corroboration de la Bible". Eddy affirme que "la Bible peut être interprétée de deux façons", à savoir "littéralement et spirituellement", et qu'elle présente l'interprétation spirituelle. Partant du principe que tout est Dieu et qu'il n'y a pas de matière, elle "reconstruit la Bible pour qu'elle s'accorde avec ces déclarations". Si Eddy insiste sur le fait que la Bible est le récit de la vérité, une étude de son exégèse montre qu'elle n'accepte que les éléments venant à l'appui de sa théorie, le reste étant "jeté comme masse de transcription erronée". Elle réécrit le récit de la Création, donnant une interprétation spirituelle de chaque événement pour les faire cadrer avec sa théologie. Elle affirme que "le Christ n'est pas venu pour sauver l'humanité du péché, mais pour nous montrer que le péché est une chose imaginée par l'esprit mortel et que c'est une illusion qui peut être surmontée, comme la maladie et la mort"; elle rejette la Trinité et redéfinit le Saint-Esprit comme étant la Science chrétienne. Elle a révisé plusieurs fois la prière du Seigneur, la nouvelle version apparaissant à Milmine davantage comme une "énumération un peu sèche des propriétés de la Divinité plutôt qu'une supplication". Milmine reproche également à Eddy d'avoir redéfinit bon nombre de termes bibliques, dont les mots "époux", "mort", "mère", etc.
La Tour de Garde (anglais), 1er octobre 1908, R4250, p. 292, "Churches Plunging into Hypnotism" Deux ministres de la Nouvelle Angleterre décident d'utiliser des méthodes analogues à celles des spirites, des Eddyists, des mormons et des hypnotiseurs concernant les soins, et ont rencontré un certains succès. Sont reproduits de extraits d'un long article paru dans le Kansas City Star, expliquant que le révérend A.T. Osbron s'efforçait d'utiliser l'hypnotisme pour retrouver son emprise sur sa congrégation méthodiste alors sur le déclin. Dans cet article, il était dit notamment: "La raison pour laquelle la Science chrétienne compte ses convertis par milliers alors que l'église orthodoxe se plaint d'une chute de ses effectifs est la suivante: la Science chrétienne tend à offrir de l'aide aux affligés, du repos pour ceux qui peinent et la santé, la richesse et la prospérité pour tous. Son coup de main est étendue maintenant. Sa promesse de bonheur est dans cette vie. (...) Personne ne peut nier que, dans la pratique, les scientistes chrétiens font beaucoup de bien — qu'ils soulagent la douleur et guérissent certaines maladies! Ce sont des faits indubitables. (...) Ma méthode n'est en aucun cas celle de la Science chrétienne. Les scientistes nient la réalité de la douleur, de la maladie et du péché. Je crois qu'ils sont très réels. Mais je sais aussi que beaucoup de souffrance peut être soulagée et de nombreux maux physiques guéris par la suggestion et la prière."
La Tour de Garde (anglais), 15 septembre 1909, R4171, p. 275, "The Roman Catholic Reply to Christian Science" Le révérend L.A. Lambert, un catholique, explique que la conception de Dieu dans la Science chrétienne est différente de celle du christianisme, qu'elle nie la réalité de la matière, qu'il s'agit d'un panthéisme pur, qui nie la création, qui explique que l'esprit humain est une expression de l'esprit divin, dont les théories de guérison n'ont aucune base dans le Nouveau Testament, dont les témoignages de guérison ne peuvent être pris au sérieux puisqu'elle dénie le fait que les sens soient des témoins fiables. Lambert conclut que la Science chrétienne est "l'antithèse du christianisme"; elle est "une révolte contre le matérialisme brut. Elle en est l'extrême opposé. Le matérialisme nie l'existence de tout ce qui n'est pas de la matière: la Science chrétienne nie l'existence de tout ce qui n'est pas l'esprit. Tous deux sont des erreurs, à égale distance de la vérité, qui est que les êtres matériels et spirituels existent tous deux".
La Tour de Garde (anglais), 15 janvier 1911, R4743, p. 19, "New Danger in Christian Science" Puisque la Science chrétienne enseigne que "la mort est une erreur mortelle", il faut en conclure que ses adeptes, aussi bien que Mary Baker Eddy, n'ont pas été fidèles, suivant leur propre théorie, puisqu'ils sont morts ou mourront, indiquant qu'ils ont fait naufrage pour ce qui est de leur foi. Si les scientistes chrétiens ne sont pas "sciemment ligués avec Satan et prêts à propager ses mensonges", en revanche "l'illusion de la Science chrétienne vient de Satan", et non de Dieu, contredisant sa Parole. Satan se servit encore davantage d'Eddy après la mort qu'avant celle-ci, asservissant des gens bien intentionnés mais trompés, citant à l'appui de cette affirmation une déclaration de l'une des disciples d'Eddy les plus éminentes, Augusta E. Stetson: selon elle, Eddy se manifestera prochainement dans le monde tout comme Jésus fut ressuscité sur terre, ce qui signifie pour Russell que ce sont des "anges déchus" qui la personnifieront; de plus, les enseignements de la Science chrétienne vont davantage se modeler sur l'idée d'un millénium très proche puisqu'Eddy a incarné le retour du Christ qui précéderait cette période de mille ans, ce qui, selon Russell, trompera encore un peu plus.
La Tour de Garde (anglais), 1er juin 1913, R5247, p. 165, "Influence of Thought upon Health" Les scientistes chrétiens disent: "Comme un homme pense dans son cœur, ainsi il est", et "ils tirent un certain bénéfice de ce point de vue. Ils disent que si quelqu'un réfléchit à des choses bonnes, nobles, il sera influencé ainsi. Nous pensons que nos amis scientistes chrétiens ont en partie raison et en partie tort. Ils soutiennent que si quelqu'un croit aller bien, il ira bien; que si quelqu'un croit être malade, il sera malade. Il y une part la vérité dans ce point de vue". Si "l'esprit a quelque chose à voir avec notre état", il n'empêche que "l'erreur commise par nos amis scientistes chrétiens est qu'ils soutiennent ce principe de façon trop étendue".

=> C'est la première fois qu'un article se montre si mesuré dans son approche de la Science chrétienne et de ces partisans. Peut-être certains d'entre eux étaient-ils alors intéressés par les Étudiants de la Bible ("nos amis")...

La Tour de Garde (anglais), 1er avril 1914, pp. 105,106, "The Photo-Drama of Creation" Une femme ayant visionné le Photo-Drame de la Création déclara avoir été guérie par la Science chrétienne et avoir reçu le pouvoir de guérison des autres. De ce fait, elle donna librement de l'argent pour construction d'églises à Boston et à New York, de sorte qu'elle n'avait presque plus rien matériellement, sinon son revenu de guérisseur. Toutefois, elle déclara ne pas avoir été satisfaite, et retomba malade de la même maladie que celle dont elle avait été précédemment guérie. Elle dit avoir trouvé la vérité grâce au Photo-Drame et, avec son père, rendit visite à Russell.
La Tour de Garde (anglais), 15 novembre 1915, R5800, p. 342, "Delusions of Christian Science and Theosophy" La Science chrétienne est citée, avec la théosophie, "parmi les dispositifs populaires les plus raffinés du grand adversaire, et de tous les pouvoirs des ténèbres", participant à "déchirer en lambeaux toute la Vérité", portant "tous les signes distinctifs du "père du mensonge" (Jean 8:44)". Le nom "Christian Science" est "impropre" pour désigner les enseignements d'Eddy, car ceux-ci sont "dépourvus d'éléments scientifiques, et le mot 'chrétien' lié comme partie du nom donné à ses théories n'est qu'un calcul de Satan pour tromper et de détruire le peuple de Dieu". La Science chrétienne enseigne que "le Christ n'est pas un sauveur, ni un sauveur nécessaire. Christ était seulement un homme bon, un scientiste chrétien", qui ne comprit qu'imparfaitement la nouvelle science qu'il présenta et qu'Eddy expliqua pleinement. Selon elle, "tout est vie, il n'y a pas de mort!", tout comme Satan le fit croire en Éden.

Analyse de la présentation dans les publications

En se basant sur les articles traitant en profondeur de la Science chrétienne (cf. tableau ci-dessus) sans relever les jugements de valeur, on peut dresser la liste des reproches adressés par les rédacteurs de La Tour de Garde contre ce mouvement ainsi que les procédés employés.

Reproche Commentaire
Mise en cause du manque de foi du malade s'il ne guérit pas cf. La Tour de Garde, juillet 1886

Or, ce rejet systématique de la faute sur l'adepte plutôt que sur le mouvement qui, de ce fait, se déresponsabilise de tout, est typique des méthodes de la Société Watch Tower: si l'adepte n'est pas heureux, c'est qu'il n'a pas un bon état d'esprit, qu'il a commis un péché caché ou qu'il n'a pas bien appliqué les directives de l'organisation, et non que celles-ci ne sont pas réalistes ou ne contribuent pas toujours au bien-être de l'individu; s'il tombe malade parce qu'il s'est démené dans le service, c'est lui qui n'a pas été raisonnable, et non l'organisation qui pourtant cherche à le culpabiliser en citant des exemples extrêmes d'adeptes zélés; s'il a nourri de faux espoirs par rapport à une date (cf. 1975), c'est lui qui a mal interprété les publications; s'il a des doutes, c'est forcément sa foi qui est faible, et non l'organisation qui se trompe, etc.

Prétention de se baser sur la Bible et de s'identifier comme chrétien; nom trompeur cf. La Tour de Garde, octobre 1886, 1er août 1896, 15 février 1899

La Watch Tower juge ici la Science chrétienne en fonction de sa propre compréhension de la Bible, compréhension qui elle-même ne fait pas l'unanimité parmi les chrétiens. En effet, les Témoins de Jéhovah sont aussi critiqués de la même manière: les églises majoritaires leur reprochent de s'affirmer chrétiens tout en niant ce qu'elles considèrent comme des dogmes essentiels à la foi chrétienne, notamment la Trinité. De plus, la prétention de la Watch Tower de transformer ses adeptes en "Étudiants de la Bible" puis des "Témoins de Jéhovah" après 1931 est également discutable, puisqu'en fait à l'époque de Russell le mouvement examinait la Bible à travers les Études dans les Écritures, et les adeptes actuels sont en fait davantage des Témoins de la Watch Tower, puisque c'est elle qu'ils suivent via son Collège Central.

Côté mercantile de ses activités religieuses cf. La Tour de Garde, octobre 1886, juillet 1888, 15 février 1899

Si la Watch Tower remet ses publications gracieusement, il n'empêche qu'elle est une organisation qui brasse beaucoup d'argent et fait tout pour obtenir le maximum de rentabilité avec le minimum de coût et de temps (cf. le "bénévolat" poussé à l'extrême dans les Béthels, ceux-ci s'apparentant davantage à des entreprises très efficaces qu'à des ordres religieux). De plus, elle fait des profits en plaçant son argent dans diverses sociétés et est très soucieuse de ne pas payer de taxe par exemple sur la vente de sa littérature religieuse au point de s'impliquer dans le procès concernant l'évangélique Jimmy Swaggart (voir Liste de compromis de la Société Watch Tower).

Citations de la Bible hors contexte cf. La Tour de Garde, juillet 1888

Pourtant, la Watch Tower elle-même base la majorité de son enseignement sur quelques versets totalement décontextualisés auxquels elle fait parfois subir des puissants contre-sens. Ainsi, les applications qu'elle fait de plusieurs versets (Proverbes 4:18; Matthieu 24:45-47; Jean 10:16; Actes 15:28,29, etc) pour soutenir certains de ses dogmes n'ont souvent plus grand chose à voir avec l'idée que le rédacteur voulait exprimer, car le passage est presque systématiquement considéré de façon isolé.

Utilisation d'un néo-langage cf. La Tour de Garde, mai 1891, 1er septembre 1908

Et pourtant, la Watch Tower redéfinit elle aussi certains mots pour les faire cadrer avec sa propre vision: ainsi, des mots tels que "amour", "maturité spirituelle" ou encore "vérité" sont extrêmement malmenés au point d'en venir à signifier pour la Watch Tower parfois le contraire de leur acception usuelle (cf. article détaillé Utilisation d'un néo-langage).

Manifestation d'une certaine vantardise de la part d'Eddy, qui se croirait supérieure à Jésus cf. La Tour de Garde, mai 1891, 15 février 1899

Pourtant, Russell lui-même, et aujourd'hui la Watch Tower, se considèrent comme étant l'esclave fidèle et avisé, étant le seul canal utilisé par Dieu pour faire connaître ses desseins, ce qui est au moins plus orgueilleux. Elle affirme interpréter correctement la Bible et ses interprétations sont obligatoires — même si elles sont parfois contradictoires au fil du temps —, ce qui signifie qu'en réalité celles-ci ont la priorité sur le texte biblique qui lui, ne change pas. La Watch Tower s'est déjà identifié au Christ, le remplaçant même, en estimant que les paroles contenues en Jean 6:68 ("À qui irions-nous?"), adressées par Pierre à Christ, s'appliquait à elle, allant jusqu'à affirmer ceci: "Nous serons poussés à servir fidèlement Jéhovah avec son organisation [c'est-à-dire la Watch Tower, via son Collège Central] si nous nous souvenons qu'il n'y a pas d'autre endroit où nous pourrions aller pour obtenir la vie éternelle".[78] De plus, tous ceux qui, parmi les rangs des Témoins de Jéhovah, ont tenté de remettre en question ces prétentions, même en apportant des preuves irréfutables, ont dû subir les foudres de l'organisation, exprimées notamment par la mesure d'exclusion.

Caractère sympathique des adeptes qui sont trompés, ce qui constitue un piège cf. La Tour de Garde, mai 1891, 15 février 1899

La Watch Tower sait bien mettre en avant les qualités des adeptes, et notamment l'amour dans ses rangs — que celui-ci soit réel ou fantasmé — pour prétendre être la vraie organisation. Combien de personnes sont entrées chez les Témoins de Jéhovah précisément à cause du caractère chaleureux a priori du groupe, mettant ainsi le côté social en priorité par rapport à la recherche de la "vérité"?

Caractère incongru de certains ses dogmes et incohérence entre les croyances et les actions cf. La Tour de Garde, 15 avril 1895, 1er août 1896, 15 octobre 1902, 15 janvier 1911

Outre le caractère souvent très subjectif dans le fait de considérer comme ridicules certaines croyances ou pratiques d'une autre religion que la sienne, il est à noter que la Watch Tower, elle aussi, soutient des points de vue parfois très inconfortables ou franchement discutables, telle que -607 comme date de destruction de Jérusalem en dépit du consensus général, ou le refus des transfusions sanguines. De plus, agit-elle en conformité avec ses croyances lorsqu'elle enseigne une fin imminente du présent système de choses actuel, et ceci alors qu'elle continue d'établir des projets au niveau immobilier (cf. déplacement des quartier généraux à Warwick pour 2014)?

Obligation à se mentir à soi-même et à vivre dans la mensonge cf. La Tour de Garde, 15 novembre 1898, 1er mai 1900

La Watch Tower a, par ses méthodes radicales de censure du doute et ses exigences d'uniformisation parmi les adeptes, contraint nombre d'entre eux à vivre "dans le mensonge", en étant plus ou moins hypocrites, condamnés à vivre une double vie: d'un côté, publiquement, ils jouent plus ou moins consciemment le rôle du bon adepte convaincu qui feint d'adhérer à l'ensemble des dogmes, et d'un autre côté, dans l'intimité ils s'autorisent quelques infractions aux règles avec lesquelles ils ne sont pas d'accord ou manquent de foi, mais n'expriment rien par peur de perdre leurs amis et leur famille. Certains se mentent à eux-mêmes en feignant d'ignorer leurs propres doutes et peuvent ainsi contribuer à un profond malaise dans leur existence.

Recours uniquement aux passages bibliques susceptibles de soutenir les doctrines La Tour de Garde, 1er septembre 1908

La Watch Tower fait la même chose: par exemple, pour soutenir la croyance en un Paradis terrestre, elle cite des passages de l'Ancien Testament, mais en omet d'autres bien dérangeants tels que Luc 13:28 ou Hébreux 11:16; de même, concernant la date de destruction de Jérusalem, elle ne cite jamais Zacharie 1:7,12;7:1-5 qui contredirait sa théologie. Ces versets ne sont que très rarement expliqués dans ses propres publications. En fait, le néophyte n'a pas conscience que l'"étude biblique" qu'il accepte lorsqu'un adepte se présente à son domicile est en réalité un examen de la théologie jéhoviste par le truchement d'un livre qui a sélectionné les versets pouvant soutenir celle-ci, tout en passant sous silence les autres qui ne vont pas dans son sens.

Enfin, on peut noter que la Watch Tower n'hésite pas à citer des ministres des religions de la "chrétienté", des journalistes ou des médecins quand ceux-ci expriment des avis défavorables sur la Science chrétienne (cf. La Tour de Garde, 1er septembre 1904, 1er septembre 1908, 15 septembre 1909), alors qu'elle fustige leurs propos dans le cas où ceux-ci seraient trop sympathiques à son égard (cf. La Tour de Garde, 1er mai 1903).

Liens externes

Références

  1. 1,0 et 1,1 Brose, Alberta Jeanne (1982) (anglais), Jehovah's Witnesses: Recruitement and Enculturation in a Millenial Sect [thèse], University of California, Riverside, pp. 182-86
  2. Robinson, B.A. (2010) (anglais), "Two Christian Groups that Oppose Medical Care", Religious Tolerance. Consulté le 30 mai 2012
  3. Janet, Pierre (1919), Les médications psychologiques, p. 63
  4. The New York Times (22 mai 1888) (anglais), "Mrs Corner on Trial", p. 1, format pdf. Consulté le 30 mai 2012
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