La macroévolution n’a jamais été observé

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Argument

Rien ne prouve la macroévolution.

Source

Réponses scientifiques

  1. On peut observer dans cet argument, l'une des plus grandes contradictions dans la théologie de la Watchtower. Si la macroévolution n'existe pas, comment peuvent-ils donc affirmer dans le même temps qu'il a suffit à Noé de rassembler "seulement 43 espèces de mammifères, 74 espèces d'oiseaux et 10 espèces de reptiles pour produire la grande variété d'espèces des créatures connues d'aujourd'hui"? - Étude perspicace des Écritures, Vol 1, p.327. Ces espèces auraient suffit a donner naissance aux millions d'espèces actuellement vivantes [1]. Le livre Étude perspicace des Écritures assure qu’il aurait fallu seulement un couple de bovidés et un couple d’équidés qui aurait donné les bisons, les vaches et les gazelles (qui ne sont pas interféconds)et les zèbres, les poneys et les étalons arabes ! Nous aurions eu ainsi une macro-évolution planétaire extraordinaire en l'espace de seulement 40 siècles depuis le Déluge. Sur une hypothèse basse d'un million de nouvelles espèces sur 4000 ans, cela fait plus de 250 nouvelles espèces par an, soit 5 par semaine. Même le plus fervent des évolutionnistes n'affirmerait jamais une telle chose.
  2. La distinction entre la microévolution et la macroévolution est une invention de non-darwiniens (et reprise par les créationnistes). La macroévolution (ou macro-évolution) n'est pas un terme scientifique. Le terme de microévolution est généralement utilisée pour signifier que l'axe d'étude porte sur les modifications ayant lieu au sein d'une population donnée, et observées le plus souvent sur une courte échelle de temps (typiquement quelques générations). Dans ce cadre, l'étude s'intéresse surtout à la modification des fréquences alléliques dans de petites populations isolées. Ces changements peuvent avoir plusieurs moteurs, qui agissent simultanément, dont notamment les mutations, la sélection naturelle ou artificielle, et la dérive génétique. Le terme de macroévolution est généralement utilisé en paléontologie pour indiquer que le niveau d'étude porte sur des changements au-dessus du niveau de l'espèce, comme le clade, etc, et porte principalement sur le phénomène de spéciation et l'évolution dans le temps des groupes d'espèces[2]. Le problème de ces définitions floues est qu'en l'absence de définition technique qui font l'objet d'un consensus, la macroévolution peut ne jamais être démontrée. En effet il suffit à chaque fois de changer les variables de définition pour prouver qu'elle n'existe pas.
  3. Si on parle de modifications radicales de la morphologie, alors c'est faux. La biologie d'aujourd'hui à mis en évidence les gènes Hox, dont les mutations ponctuelles ont de vastes conséquences sur la morphologie externe des organismes. La littérature scientifique regorge de ces mutants dits homéotiques. Plus la génétique du développement avance, plus il est facile de comprendre comment on peut produire, grâce à une action simple sur des gènes dits "maitres", des modifications assez radicales de la forme ou de l'organisation générales des êtres vivants . Voici la mise au point de Guillaume Lecointre[3]
    6. Les objections de la macro-évolution

    Une critique récurrente émanant des créationnistes consiste à récuser la possibilité de changements organiques de grande amplitude et dans un temps relativement court :"Les évolutionnistes expliquent bien la micro-évolution, mais pas la macro-évolution." Cette critique vient d'une ignorance des progrès de la génétique du développement embryonnaire. Disons-le tout de suite, la biologie d'aujourd'hui a mis en évidence des gènes dits "architectes" - gènes Hox - dont les mutations ponctuelles ont de vastes conséquences sur la morphologie externe des organismes. La littérature scientifique regorge de ces mutants dits homéotiques. Par exemple, le sens d'enroulement de la coquille d'un gastéropode tient à l'expression d'un gène. Plus la génétique du développement avance - et elle avance très vite depuis une vingtaine d'années - plus il est facile de comprendre comment on peut produire, grâce à une action simple sur les gènes qualifiés de "maitres", des modifications assez radicales de la forme ou de l'organisation générale des êtres vivants.
    Par ailleurs, on entend parfois dire que le gradualisme de Darwin conviendrait pour décrire les phénomènes micro-évolutifs, alors que le saltationnisme présumé d'Eldredge et Gould conviendrait pour décrire les phénomènes macro-évolutifs. Cette opposition est maladroite. Rappelons que le modèle des équilibres ponctués de Gould et Eldredge (voir chapitre 3, section 6.3.4) permet d'interpréter les stases et les brusques discontinuités apparente du registre fossile par une spéciation péripatrique suivi d'une colonisation et d'un remplacement d'une forme par sa forme-sœur. Ce modèle n'a besoin de contraindre ni l'ampleur ni le tempo des modifications organiques. Il suffit juste qu'il y ait une vitesse de changement organique entre deux lignées soeurs : l'espèce souche reste en stase, tandis que son espèce-sœur, dont elle est momentanément séparée, change vite (que ce changement soit régulier ou non). Une fois disparu l'obstacle séparant les deux espèces, c'est le remplacement de la première par la seconde qui crée un effet apparent de "saut" dans le registre fossile, sans qu'il y ait nécessairement besoin d'un véritable "saut" macro-évolutif dans le processus de changement organique - autrement dit, sans que l'on n'ait à invoquer une forme de mutationnisme.
  4. Une anecdote arrivée au professeur John Burdon Sanderson Haldane, l'un des 3 leaders du néo-darwinisme, suite à une lecture publique de ses travaux permet de comprendre les problèmes de compréhension de la "macro-évolution" chez les créationnistes :
    - La dame sceptique à propos de l'évolution: Professeur Haldane, malgré les milliards d'années qui furent donnés, d'après vous, à l'évolution, je ne peux simplement pas croire qu'il soit possible qu'une simple cellule donne un corps humain complexe. Un corps comportant des milliards de cellules organisées en os, muscles et nerfs, un coeur qui pompe sans s'arrêter pendant des décennies, des kilomètres et des kilomètres de vaisseaux sanguins, le système rénale et un cerveau capable de penser, parler et de ressentir.
    - J.B.S.Haldane: Mais madame, vous l'avez fait vous-même. Et il ne vous a fallu que 9 mois.[4]

Erreurs de cet argument

  • Contradiction (il y a eu macroévolution après le déluge - la macroévolution n'a jamais existé)
  • Absence de définition
  • Mensonge par omission (on occulte les faits prouvant les changements radicaux)

Liens externes

Voir aussi

Bibliographie

Références

  1. Arrowup.png L'Institut Français de la Biodiversité estime que les êtres vivants terrestres représentent entre 5 et 30 millions le nombre d’espèces vivantes sur la planète
  2. Arrowup.png Article sur Wikipédia détaillé
  3. Arrowup.png Guide Critique de l'Evolution, sous la direction de Guillaume Lecointre, p.108 et p.187, 2009
  4. Arrowup.png Anecdote rapportée dans le livre The Greatest Show on Earth, The evidence for evolution par Richard Dawkins, p.211, 2009